‹ Choix de textes égyptiensChapitre 8 sur 12 · PAPYRUS DE BERLIN N° VIL · texte numérisé non relu

PAPYRUS DE BERLIN N° VIL

Le texte hiératique a été transcrit en hiéroglyphes et traduit par Paul Pier ret, dans ses Etudes ëgyptologiques, p. 1 et suiv. Paris 1873. (P. J. de H.).

Page 1 ... levé et couché, tu te lèves en paix, tu te lèves

Page 2 lig. 5 ... qui s'est procréé lui-même, incréé.

Tout ce qui existe dans le monde provient du fait de sa volonté.

Auteur de ses propres formes ;

Géniteur enfantant toutes choses ;

Fécondateur créant les êtres.

Salut à toi, Ptah-Totnen !

Dieu grand dont l'image est cachée ;

Découvre ta face, lève toi en paix !

père des pères de tous les dieux !

Le disque céleste est son œil ;

La terre s'illumine de ses clartés. En paix !

L'adoré de la déesse Nou,

Le du dieu Seb;

Qui a commencé toutes choses après avoir (créé) le monde. En

paix !

Noum, mère qui a enfanté les dieux, Fécondateur qui a formé tous les hommes, Et qui les fait vivre. En paix !

Grand Noun, qui a créé la nourriture, Et fait prospérer la végétation. En paix !

Qui a recueilli le Nil et l'Océan De l'eau qui vient des montagnes. En paix !

Qui a fondé la terre, les montagnes, les pays ;

Qui les rend verdoyants par l'eau qui vient du ciel. En paix ! Qui a fait le vent,

Et animé la flamme du souffle de sa bouche. En paix ! Ligne 19 Guide des siècles et de l'éternité, Seigneur des aliments ;

Qui donne des provisions à qui il lui plaît. En paix ! Qui écoute les prières qu'on lui adresse.

Tous les humains tremblent devant lui ; Toutes les âmes divines le révèrent avec crainte dans tous les

pays. En paix !

Viens au Pharaon, ô Ptah !

Viens à lui, ô dieu aux formes multiples !

Salut à toi et à tes ordres divins !

Tu agissais lorsque tu étais membre divin,

Toi, qui construisis tes membres toi-même.

Le ciel n'existait pas ;

La terre n'existait pas ;

L'eau ne coulait pas.

Tu as organisé le monde,

Tu'as rassemblé tes chairs ;

Tu as compté tes membres,

Et tu te trouvais seul, occupant une place,

Dieu formant le monde.

Tu n'eus pas de père, étant engendré de ton acte (propre) ;

Tu n'eus pas de mère, étant enfanté de ta jonction avec toi-même.

Être doué, investi, à ton apparition, de la force agissante,

Tu es celui qui se tient sur la terre par ses racines ;

Qui lui donne ensuite son organisation, %

Lorsque tu es sous ton apparence de Totnen,

Sous ta forme de réunisseur des deux mondes.

Créateur de ta bouche,

Producteur de tes mains,

Tu l'as retiré {le monde) du Noun,àlapointe de tes deux mains.

Pour adorer tes beautés,

Ton fils grandit dans son œuvre.

28 Tu détruis les ténèbres de la nuit par la lumière de tes yeux ;

Ferme pour accomplir ton devoir,

Tu parcours le ciel à ton gré.

Voyageur, voyageur ! Ascenseur, ascenseur !

Embellisseur des heures dans leurs barques !

Il (Ion fils) brille (à son lever) sur ta tête ;

Il se couche sur tes mains ;

Tu le guides sur les chemins mystérieux.

Ses deux baris divines voguent sur le ciel,

Par le souffle sorti de sa bouche.

Tes deux pieds portent sur la terre,

Ta tête au haut du ciel,

Sous ta forme (de dieu) qui est dans le ciel inférieur.

Tu soutiens les choses que tu as créées ;

Tu progresses par ta propre force ;

Tu es supporté par la vigueur de tes bras.

A toi l'oblation !

Ton nom est permanent sur ta retraite mystérieuse.

Le ciel est au-dessus de toi ;

Le ciel inférieur (l'enfer) est au-dessous de toi.

Ton fils bienfaisant te cache.

On ne connaît pas les formes qui sont dans tes membres.

Ta force soulève les eaux au haut du ciel ;

Le rugissement de ta bouche est dans l'orage ;

Ton souffle sur les montagnes.

L'eau de la végétation couvre les arbres qui sont sur la terre

• entière,

Du pourtour des deux mondes du dessus l'Ouat-oér (l'océan)

Jusqu'au bras de Nou.

37 Les mondes sont ouverts sous. ton action ;

Ils circulent sur la route que tu as dite ;

Ils ne transgressent pas (la route) que tu leur as ordonnée et

que tu leur as ouverte .

Tout ce qui vit, n'est-il pas de tes doigts ?

De ton nez sort le souffle,

De ta bouche, l'eau.

Les végétaux croissent à ta suite ;

Tu enrichis la terre ;

Tu combles les dieux et les hommes ;

Les troupeaux se voient dans la campagne.

Tu te couches, et les ténèbres sont ; A la clarté de tes yeux se fait la lumière, Tu jetés des rayons du dedans de ton œil.

Comme ta sainteté, ô dieu Her....,tes deux yeux s'assemblent, Et les astres se mettent en marche. v

A la vue de tes deux yeux ils circulent en leurs deux saisons. Ton œil droit est le disque solaire ; Ton œil gauche est la lune.

Tes guides, les Akhirnon-Oértou, sont en allégresse, ainsi que

les divins Oérou,

Lorsqu'ils t'aperçoivent sous toutes tes formes magnifiques.

Tes nautonniers, ils te rendent gloire ;

Les ordres divins de ta paut-apc adressent des acclamations à

ton lever, 46 Des exultations à ton coucher dans la Contrée de Vie. Ils te disent : Gloire ! Gloire !

Tu ouvres les voies du ciel et de la terre ; Tu t'élèves sur ta barque toi-même à ton lever, Toi, le plus élevé des dieux.

Tu détruis la nuée obscure, En faisant l'office du ciel inférieur, Afin de faire entrer les âmes à l'occident, Lorsque tu te couches dans le Manoim.

Tu rassembles l'espèce humaine dans Auker ; Tu fais sortir ceux qui sont dans leurs fosses funéraires ; Tu fais l'office des Occidentaux ; Tu détruis les ennemis d'Osiris ; Tu fais taire la déesse qui se lamente ;

Tu accordes les souffles à qui t'invoque en secret (from the

tomb) .

On se tourne lorsqu'on t'aperçoit,

Esprit doué de la puissance d'anéantir les formes (des choses)

provenant de toi, On t'adore à ton coucher.

Les anciens d'entre eux disent :

« Soit donnée à lui l'acclamation, La prostration à celui qui les fait vivre, Tremblement devant lui !

Qu'il lui soit fait des invocations, (A) ce dieu bienfaisant de nos arcanes !

Oh, faisons lui des invocations ! »

56 Dieu qui a soulevé le ciel,

Dont le disque vogue sur le sein de Nou,

Et s'introduit dans le sein de Nou,

En son nom de Ra ;

Celui qui a formé les dieux, les hommes, toutes les générations ;

Qui a fait toutes les terres, les régions et le grand Océan,

En son nom de Kheper-to [créateur du monde].

Celui qui a amené le Nil de son trou mystérieux ;

Qui fait végéter les plantes,

Qui a fait toutes les choses sorties de lui,

En son nom de Noun-Oer ;

Qui a recueilli le Noun du ciel ;

Qui a fait sortir l'eau du sommet des montagnes,

Afin de faire vivre la race intelligente,

En son nom d'auteur de la vie ;

Qui a fait le ciel inférieur {V enfer),

Pour l'effet de détruire le brûlement des âmes dans leurs tombes,

En son nom de Roi des mondes,

De Roi des siècles et de l'éternité.

Seigneur de la vie dans Matestes,

Supérieur de l'hypogée d'Aker,

En son nom de Supérieur du ciel inférieur.

La terre fertile est de sa création ; Il a disposé les régions et toutes les terres cultivées, Arrêtant le frauduleux dès qu'il commence, .

En son nom d'organisateur des régions. Espijt divin du jour, Lion divin de la nuit, Qui se féconde de ses actes excellents, En son nom d'Être des Êtres.

Seigneur de la Vérité, Antiques sont ses grâces ; Le très-vaillant sur son lieu grand, En son nom de Seigneur de la Vérité.

65 Venez ! faisons-lui des acclamations !

Donnons gloire à son émanation auguste,

En tous ses noms excellents !

toi qui ouvres les chemins !

toi qui déclos les clôtures !

toi qui brilles en Soleil !

toi qui te formes en Khepra !

Ceux qui sont dans le double horizon,

C'est toi qui les réveilles.

Tu leur fais parcourir le chemin du ciel (Non),

Tu les présentes au Très-Grand

Pour accomplir les actes des siècles, les devoirs de l'éternité .

Enfant, enfanté chaque jour !

Vieillard à l'extrémité des siècles !

Vieillard qui a parcouru l'éternité !

Toi qui es si bas qu'on voit toutes ses (tes) faces,

Toi qui es si élevé qu'on ne peut t'atteindre !

Seigneur du lieu mystérieux dont le nom est caché ;

Le caché dont on ignore la forme ;

Le maître des années qui donne la vie à qui il lui plaît ;

Celui qui ordonne l'anéantissement de quiconque lui est hostile ;

Viens, ouvre les voies !

Ouvre les sentiers de l'éternité !

Déclos les portes de l'enfer et du NouiU

Toi qui fais l'office de ceux qui y sont,

Donne la vie,

Fais durer les années pour les hommes auprès des dieux ;

Qu'ils t'adressent paisiblement leurs adorations,

(Mehen) se dresse devant ta face ; 78 La maîtresse de la crainte est installée sur ta tête. Tes nochers sont en adoration ; Ton fils aîné est adoré sous ta forme (propre), Toi qui es le plus beau des dieux, En ta forme de créateur des créations.

Ton fils t'adresse la parole :

Splendide es-tu, mon père, duquel je suis sorti ; Auteur des familles humaines, Créant dans le Noun, J'ai soulevé le ciel, J 'ai relevé la terre ; Je vogue sur le sein de Nou ; Je parcours les chemins mystérieux.

Il m'a écarté de mes ennemis, Voulant que je voyage sur la voie élevée ;

Et je touche à ;

Salut à toi, dieu grand,

Seigneur des têtes vivantes,

Terreur des deux horizons,

Aux formes saintes,

Qui élèves la double plume !

Seigneur des ornements,

Grand Sahou dans son Sanctuaire !

Salut à toi, Ptah !

Salut à ces dieux qui sont avec toi !

On a grandi en présence de ta nature divine double. 87 Tu triomphes par ta vérité ;

Thoth l'apporte à toi ;

Tu reposes en elle ;

Il est parmi les hommes, il est auprès des dieux,

Lorsqu'ils vivent, lorsqu'ils meurent.

Sans cesse il donne la main à leur existence ;

Ils sont en lui éternellement ;

Ils sont en lui, ceux qui adorent dans le lieu du Khoa auguste.

Les dieux d'en bas,

Les dieux d'en haut,

Sont en suspens à ses terreurs, à sa crainte.

C'est ce dieu qui prend soin de vous ;

Faites des acclamations à sa puissance !

Vous reposez auprès de ses deux yeux ;

Ses paroles sont à pondérer le monde ; '

Il a fait grand son nom :

Auteur des fléaux, à la face terrible.

Son âme redoutable gouverne parmi les dieux ;

La force de sa vérité est grande parmi les familles divines.

Sage dès son commencement,

Sa puissance fut subite.

Il a imposé son tremblement aux dieux ;

Ils vénèrent en son nom le lieu mystérieux,

C'est lui qui a produit la végétation des mondes par son action

bienfaisante ; 97 II a dressé les échines, consolidé les têtes ;

Il a^détruit la^fraude, anéanti le mensonge.

La douceur de l'air sort à son gré,

Horus-Set, double Seigneur, qui réunit les sceptres.

Qui calme la grande déesse dans ses fureurs,

Qui apporte (la vérité) à son fils Ra.

Il dirige les humains et les dieux par la sagesse de sa puissance.

Oh! viens diriger le roi de la Haute- et de la Basse-Egypte,

Nefer-ka-ra Sotep-en-Ra, De la même manière que tu diriges les dieux qui sont auprès

de toi I Toi, tu es leur roi;

Ta Majesté (commande) à toutes les nations, Car tu règnes, le puissant des puissants, en maître à ton gré. . Tu as fait le haut être au-dessous de toi ;

Tu es pour les siècles

10? Accorde-lui la vie qui est en toi pour les siècles ! Qu'elle soit avec lui éternellement, Avec le roi Nefer-ka-raSopet-en-ra qui t'aime, ô Totnen ! Fais qu'il partage la vie de Ra, Lui, qui est dans le monde des vivants !

Allonge ses années dans les triomphes !

Que la vie soit à sa dévotion !

Le fils du soleil, Ramses Meri-amon, Qu'il soit honoré !

Renforce-le, guide-le éternellement !

Paroles dites par une personne lavée et purifiée, et qui s'est fumiguée avec de l'encens. Le soleil se couchant, qu'elle mette de l'encens sur le feu à Ptah.

STÈLE DE PIANKHI-MERIAMON.

Cette inscription, publiée par Mariette dans ses Monuments divers, pi. 1 à 6, a été analysée par E. de Rougé (Revue archêo* 1863) et traduite par lui dans sa Chrestomathie égypt., 4 e fascicule ; elle a été traduite en allemand par Lauth {Mémoires de l'académie royale de Bavière, 1870) et par Brugsch (Geschichte Aegyptens, p. 681 et suiv., 1877), et en anglais par F. C. Cook {Records ofthe Past, t. II, p. 79). (P. J. de H.).

L'an 21, au mois de Thoth, sous la Majesté du roi de la Haute et de la Basse-Egypte, Piankhi-Meriamon, vivant à toujours, Ordre : Sa Majesté dit : « Écoutez ce que j'ai fait de plus que les ancêtres, moi le roi, d'issue divine, image vivante de Tum. » Au sortir du sein maternel, glaive en souverain,

les chefs le redoutaient, (de son père),

intelligence de sa mère, destiné à régner dès l'œuf, le dieu bon, aimé des dieux, le fils du soleil, formé de ses mains, Piankhi-Meriamon .

On vint dire à Sa Majesté : 11 se passe que YOér de l'occident, le grand commandant de la ville de Neter, Tafnekht, est

dans le nome de Ka-heseb, dans Hap, dans

dans An, dans Pa-noub, dans Memphis. Il s'est emparé de l'occident tout entier, depuis les localités reculées jusqu'à Tataui. Il remonte le fleuve avec une nombreuse armée. Les deux pays réunis sont auprès de lui. Les commandants et les gouverneurs de châteaux sont comme des chiens auprès de ses pieds. N'ont pas fermé leurs murailles (les villes)

des nomes du midi : Meritum, Pa-sekhem-kheper-ra, Neter-ha- Sebek, Pamadj, Teknash; toutes les villes de l'occident ont ouvert leurs portes, de peur de lui. Il s'est tourné vers les nomes de l'orient et ils lui ont ouvert de la même manière : Habennou, Ta-ioudji, Souten-ha, Pa-neb-ape-ah. Il a

5 investi Souten-khenen et Ta mise en état de blocus, ne laissant pas sortir les sortants, ne laissant pas entrer les entrants, et combattant journellement. Il la ravage sur tout son pourtour. Quiconque des chefs connaît son mur, il rétablit sur son partage, commandant et gouverneur de châteaux. Voilà qu'il. . . .

6 le cœur enflé, émerveillé. Il arrive que les Oérou, les commandants et les chefs des troupes qui sont dans leurs villes envoient vers Sa Majesté continuellement pour dire : « Ne gardestu pas le silence sur cela ? Le pays méridional est-il donc dans l'oubli ? Les nomes de la Thébaïde, Tafnekht s'en emparera ; il ne trouvera personne qui résistera à son bras. Nimrout

7 le commandant de Ha-oér, a abattu la muraille de Nefrous; il a renversé sa ville lui-même, de crainte qu'il {Tafnekht) ne s'y mette à la bloquer comme une autre ville. Aussi, lui, est-il parti pour être à ses pieds. Il a violé la foi de Sa Majesté. Voilà qu'il est avec lui, comme un (de ses serviteurs,),

8 dans le nome de Uabuab. Il lui donne des approvisionnements autant qu'il en veut, en toute espèce de choses qu'il trouve. » Alors Sa Majesté manda aux commandants et aux chefs de l'armée qui étaient en Egypte, au général Pouaram , ainsi qu'au général Lamerskani, ainsi qu'à tous les généraux de Sa Majesté qui étaient en Egypte : « Passez aux hostilités, disposez le combat autour de la ville de (Oun),

9 saisissant ses hommes, ses bestiaux, ses barques sur le fleuve; ne laissez pas aller les cultivateurs aux champs ; ne laissez pas labourer les laboureurs; bloquez la partie antérieure de Oun et combattez-y continuellement. » Ils firent ainsi. Alors Sa Majesté amena une armée en Egypte en l'exhortant beaucoup : « (Partez)

10 la nuit, comme s'il s'agissait d'un jeu ; attaquez avant qu'il (l'ennemi) ne voie à disposer le combat de loin. S'il dit : « Que mon infanterie et ma cavalerie se replient sur une autre ville », oh ! établissez-vous alors sur le trajet de son armée et attaquez avant qu'il n'ait parlé. S'il arrive que se préparent ses forces dans une autre ville,

11 que les commandants se retournent contre elles. Il a amené dans ses forces les Tahennou, guerriers méritant approbation ; que Ton dispose contre eux la guerre de mon ancêtre ! disant : nous ne savons pas qui il nomme dans la revue des soldats ! Selle Kennou, la première cavale de récurie;

12 qu'elle fasse le massacre dans la bataille. Tu le sais, Ammon, ô dieu qui nous commande ! Quand vous arriverez au sanctuaire de Thèbes, en face des Apetou, entrez dans l'eau ; baignez- vous dans le fleuve ; revêtez-vous près du canal Tap ; déposez l'arc, ôtez la flèche ; qu'aucun chef

13 ne s'oppose au Seigneur de la vaillance ; il n'est point de force dans l'homme qui le méconnait. Il fait un bras brisé en un fortde-bras ; il fait fuir un grand nombre devant un petit nombre ; seul, il s'empare de mille. Aspergez-vous avec l'eau de son autel ; prosternez-vous devant lui ; dites-

14 lui : « Accorde-nous la voie du combat à l'ombre de ton glaive. A toi viennent les générations ; celui qui craint devient en redouté de plusieurs. »

Ils se prosternèrent devant Sa Majesté : « Ton nom, ne formet-il pas pour nous un glaive ? Ta pensée n'affer mit-elle pas les guerriers ? ton pain n'est-il pas dans notre ventre partout ? ta liqueur

15 n'éteint-elle pas notre soif? ta vaillance ne nous donne-t-elle pas l 'arme de la victoire et n'a-t-on pas de l'effroi au souvenir de ton nom ? Une armée ne subsistera pas dont le général est un fuyard! Qui est donc pareil à toi? Tu es le roi victorieux agissant de ses mains, le directeur de l'œuvre de la bataille. » Ils partirent en descendant le fleuve

16 et arrivèrent à Thèbes; ils firent tout ainsi qu'avait dit Sa Majesté ; ils partirent en descendant le fleuve et rencontrèrent des vaisseaux nombreux ayant remonté le fleuve avec des soldats, des marins et tous les vaillants généraux du pays du Nord, munis d'armes

17 pour combattre contre l'armée de Sa Majesté. On fit un grand

carnage parmi eux ; on n'en connaît pas le nombre ;*on prit leurs guerriers avec leurs navires et on les amena prisonniers vivants à l'endroit où était Sa Majesté. Ils partirent ensuite pour Soutenkhenen pour y porter la guerre. On le fit savoir aux commandants et aux Sonten du pays septentrional qui étaient alors le roi Nimrout et

18 le roi Ouauput; YOér de Ma, Sheshonk, de Pa-Osiris-neb-tattou ; et le grand chef de Ma, Djet-amen-aufankh, de Pa-baï-neb tattou ; avec son fils aîné qui était le chef des soldats de Pa-thothaper-hehou ; l'armée du prince héritier Bek-en-nefi, et son fils

aîné, le chef de Ma,

19 Nesena-sekhem-âa, du nome de Ka-heseb ; et tous les Oérou portant la plume, qui étaient au pays septentrional, ainsi que le roi Osorkon qui commandait dans Pa-bast et dans le territoire de Nefer-ra. Tous les commandants, tous les gouverneurs de châteaux de l'occident, de l'orient et des îles intérieures, s'étaient assemblés d'une volonté unique aux pieds du grand chef de l'occident, gouverneur des châteaux du pays du nord, prophète de Neith, dame de Sais, et

20 Sam de Ptah, Tafnekht. Ils s'avancèrent contre eux et en firent un grand massacre, plus grand que toutes choses, en prenant leurs navires sur le fleuve. Ceux qui restèrent partirent par eau, et abordèrent à l'occident, au-delà de Pa-peka. Le lendemain matin, l'armée de Sa Majesté partit par eau

21 contre eux. Les deux armées se choquèrent. Alors ils tuèrent parmi eux beaucoup d'hommes et de chevaux ; on n'en sait pas le nombre. De l'effroi qu'eurent ceux qui restaient, ils prirent la fuite vers la Basse-Egypte, dans une grande défaite, manquant de tout.

Compte du massacre fait parmi eux : hommes, individus

22 (resté en blanc). Le roi Nimrout remonta vers le sud,

lorsqu'il eut appris que Hermopolis était au pouvoir des braves soldats * de l'armée de Sa Majesté, et que ses hommes et ses troupeaux étaient pris. Alors il entra dans la ville de Oun. Les soldats de Sa Majesté étaient sur le fleuve, au mouillage

1 Le déterminatif de neferui est fautif.

23 de Oun. Alors ils apprirent cela. Ils bloquèrent Oun des quatre côtés, ne laissant pas sortir les sortants, ne laissant pas entrer

les entrants. Ils envoyèrent informer Sa Majesté le roi de la Haute et de la Basse-Egypte, Pianchi-Meriamon, de toute l'épouvante qu'ils avaient inspirée aux forces du roi (Nimrout). Voici que le roi devint furieux contre eux comme une panthère : « Laissera-t-on subsister

24 les débris de l'armée du pays du nord ? Laissera-t-on sortir un d'entre eux pour qu'il dise qu'il est parti ? Ne les fera-t-on pas périr dans le carnage au quel ils sont parvenus ? Par ma vie ! par l'amour de Phra ! par la faveur de mon père Ammon ! je vais descendre le fleuve moi même ; je renverserai

25 ce qu'il a fait; je ferai reculer sa marche, combattant jusqu'à la fin des temps. Après avoir accompli les cérémonies de la fête du commencement de l'année {fêle au nom royal), je présenterai l'offrande à mon père Ammon dans sa bonne panégyrie où il fait son exode magnifique, le jour de la fête du commencement de l'année. Je partirai en paix pour voir Ammon dans sa bonne panégyrie de la fête d'Apet ; je le ferai sortir dans son symbole divin

26 vers l'Apet méridionale, dans sa bonne panégyrie de la fête d'Apet, la nuit, pendant la panégyrie établie dans la Thébaïde, panégyrie que lui fit Phra la première fois ; je le ferai sortir vers sa demeure, le portant sur son trône ; le jour où l'on fait rentrer le dieu, le 2 d'Athyr, je ferai sentir aux deux pays septentrionaux le goût de mes doigts. » Voilà que l'armée qui était restée en

27 Egypte, entendit l'acharnement montré par le roi contre el'e. Alors ils attaquèrent la métropole du nome Ouab-Ouab, Pamadj, et s'en emparèrent comme un torrent d'eau. Ils envoyèrent vers le roi ; il ne se calma pas pour cela. Ils attaquèrent alors Ta-tahen (dite) Oér-Nakhtou ; ils la trouvèrent remplie

28 de guerriers de tous les braves du pays du Nord. Ils firent un bélier et le ramenèrent contre elle ; son mur renversé; on fit un

grand carnage parmi eux ; on n'en sait pas le nombre ; [il y avait] aussi le fils du chef de Ma, Tafnekht. Ils envoyèrent à ce sujet au roi ; il ne se calma pas pour cela.

29 Alors ils attaquèrent Ha-bennou ; elle ouvrit son enceinte et l'armée de Sa Majesté y entra. Alors ils mandèrent au roi ; il ne se calma pas pour cela. Le 9 d'Athyr, Sa Majesté partit en descendant vers Thèbes, et inclut une panégyrie d'Ammon dans la panégyrie d'Apet. Sa Majesté repartit en

30 descendant le fleuve, vers la ville de Oun. Sa Majesté sortit de la cabine de la barque, fit harnacher les cavales et monta sur le char. La terreur de Sa Majesté, qui atteignait jusqu'aux Sati, mit tous les cœurs sous sa crainte. Voilà que le roi sortit pour se jeter sur les hai'sseurs

31 de ses troupes, furieux contre eux comme une panthère : « Estce qu'ils résistent ? Attaquez ces contempteurs de mon mandat ; l'année ayant clos sa fin, ma crainte sera placée d#ns l'Egypte du Nord ; on les châtiera hautement, sans coup férir. » Sa tente fut plantée au Sud-Ouest d'Hermopolis magna. On la bloqua

32 continuellement, faisant des redoutes pour l'enserrer d'un rempart, élevant des estrades pour porter plus haut les archers, afin qu'ils lancent leurs flèches ; faisant des balistes pour jeter des pierres, afinjde tuer des hommes parmi eux continuellement. Il arriva qu'en trois jours Oun fut puante à respirer et

33 infectée de son odeur. Alors la ville de Oun se rendit, s'humiliant devant le roi. Des messagers en sortirent avec toute espèce de belles choses à voir : de l'or, des pierreries de toute espèce,

des étoffes en (Sa Majesté) se leva, ayant sur sa tête

l'urseus qui répand la terreur. Ils ne cessèrent pas pendant plusieurs jours de supplier son royal diadème. Alors il

34 (Nimrout) envoya sa femme, royale épouse, royale fille, Nastent, pour supplier les épouses royales, les royales concubines, les filles royales et les sœurs royales. Elle se prosterna dans la demeure des femmes devant les royales épouses : « Allons au dieu, royales épouses, royales filles, royales sœurs ! apaisez

l'Horus, seigneur du palais, dont les esprits sont grands et la

parole triomphante ! qu'il nous

{lacune de 10 lignes, de L 35 à l. 50)

51 (Nimrout parle ici) (Si tu refuses)

52 la voie de la vie, c'est comme s'il pleuvait des traits. Je suis (à tes pieds ; soumises sont les provinces)

53 du Midi, courbées celles du Nord . Reçois-nous à ton ombre • Est-il dangereux (celui qui vient)

54 avec ses offrandes ? C'est un cœur fort qui repousse son maître dans lequel sont les esprits du dieu ; il voit du feu dans un étang (d'eau pure).

55 Un vieillard n'est pas regardé comme au-dessus de son père et ses nomes ne sont remplis que d'enfants.» Alors il se prosterna devant Sa Majesté (et dit) :

56 a Horus, seigneur du palais ! je suis l'un des esclaves du roi qui sont taxés de produits pour le trésor ;

57 «compte leurs tributs ! je t'en fais plus qu'eux. » Alors il s'acquitta d'argent, d'or, de lapis, de mafek, de bronze, de pierreries en grand nombre.

58 Voici qu'on remplit le trésor de ce tribut. 11 amena aussi un cheval de la main droite, (tenant) un sistre dans la main gauche, un sistre d'or et de lapis. Alors le roi sortit

59 de son palais ; il alla au temple de Thoth, seigneur d'Hermopolis ; il sacrifia des vaches, des taureaux et des oies à son père Thoth, seigneur d'Hermopolis, et aux huit dieux, dans le temple

60 de Sesennou. Les troupes de Oun se réjouirent. Les Khennou dirent :

« Heureux est l'Horus qui séjourne dans sa

61 ville, le fils du Soleil, Piankhi ! Tu nous as mis en fête comme si tu avais protégé le nome de Oun. » Le roi partit pour

62 la demeure du roi Nimrout. Il s'empara l de toutes les chambres du palais royal, de son trésor et de ses magasins. Il fit venir

1 Le signe hiéroglyphique est fautif.

63 à lui les femmes et les filles royales. Elles l'invoquèrent à la manière des femmes. Il ne tourna pas sa face vers

64 elles. Le roi alla à l'écurie des chevaux et au dépôt des jeunes chevaux. Il vit (qu'on les laissait)

65 souffrir de faim. Il dit : « Par l'amour de Phra ! par la jeunesse de mon souffle de vie ! il manque de me plaire, ce 'crime) qui laisse

66 affamer mes chevaux, plus que tout crime que tu as commis. Ne t'obstine pas. Que je sois apprécié ! Que la crainte du maître soit chez

G7 tous les hommes ! Est-ce que tu ignores que l'ombre divine est sur moi ? On n'échappe pas à ma volonté. Oh ! si

68 un autre à moi inconnu me faisait cela, ne le ferais-je pas mettre au gibet ? Moi, enfanté dans le sein, étant encore dans l'œuf

divin, la semence

69 du dieu était en moi. Par sa personne ! Je n'ai rien fait sans qu'il le sache. C'est lui qui m'ordonnait d'agir. » Voilà qu'il destina ses biens pour le trésor,

70 ses greniers pour la divine propriété d'Amen-em-apetou. — Vint le souverain de Soutenkhenen, Pef-nife-aa-bast, avec ses tributs

71 pour la divine maison royale : or, argent, pierreries de toutes espèce, avec chevaux de choix de l'écurie officielle. 11 se prosterna devant sa Majesté, en disant : Salut à toi, Horus !

72 roi puissant ! taureau qui épouvante les taureaux ! L'abîme m'a saisi ; je suis plongé dans l'obscurité ; que me soit accordée

73 la lumière du jour ! Je n'ai pas trouvé, au jour du dénûment, un ami qui se levât au jour de la bataille, excepté toi, ô roi victorieux ! Repousse

74 de moi les ténèbres ! Je serai ton serviteur ainsi que mes sujets. Soutenkhenen est tributaire

75 de ton palais, car tu es l'image de Harmachis qui est au-dessus des Akhimou-Sekou ; tel il est, tel tu es comme roi ; il ne défaillit point,

76 tu ne défaillis pas, ô roi de la Haute et de la Basse-Egypte, Piankhi, vivant à jamais ! » Le roi descendit le fleuve Ap-sha, à l'endroit où

77 est le Ro-hun. Il trouva la ville de Sekhem-kheper-ra dont les murs étaient relevés. Elle avait clos son rempart qui était rempli de hardis combattants du pays du Nord. Sa Majesté leur envoya dire : « Vivants dans la mort ! Insensés

78 misérables ! vivants dans la mort ! S'il se passe un instant sans que vous m'ouvriez, alors vous serez au nombre des abattus, sous l'indignation de ma Majesté ! Ne fermez pas les portes de votre vie pour rechercher le billot de décapitation aujourd'hui même, comme aimant la mort et haïssant la vie !

79 (Acceptez) la vie devant le pays entier ! » Ils envoyèrent dire à Sa Majesté : « Puisque l'ombre du dieu est sur ta tête, et que le fils de Nou te donne ses deux bras, ce que désire ton cœur se réalise sur-le-champ, comme ce qui sort de la bouche du dieu ; car lui, il t'a engendré en dieu pour nous voir à la merci de tes mains. Comme toute la ville et tout ce qu'il y a dans ses maisons

80 (est en ton pouvoir), que l'entrant entre et que sortent les sortants. » Sa Majesté fit ce qu'il lui plût. Alors ils sortirent avec le fils du chef de Ma, Tafnekht. Les troupes du roi y entrèrent. Il ne frappa aucun des hommes qu'il trouva

81 (en elle. Il envoya des scribes) et des officiers pour sceller ses richesses ; on destina ses trésors pour le trésor royal, ses greniers pour la divine propriété de son père Ammon-Ra, seigneur des sièges du monde. Le roi continua sa route en descendant le fleuve. Il trouva Meri-Toum, demeure de Sokar, seigneur de la lumière du matin, laquelle était fermée ; impossible d'y pénétrer ; elle avait préparé le combat dans son intérieur. Prit

gg la crainte et le respect avaient . fermé leur

bouche. Alors sa Majesté leur envoya dire : « Vous avez deux voies devant vous ; choisissez selon votre inclination : ouvrez, et vous vivrez, fermez, et vous périrez ! Je ne passe pas devant

une ville fermée. » Ils ouvrirent sur-le-champ. Le roi entra dans la ville. Il offrit

83 à Meahi dans Sehat. Il réserva ses trésors et

ses greniers pour la divine propriété d'Amen-ein-apetou. Le roi descendit le fleuve vers Ta-taui. Il trouva la muraille fermée et les remparts remplis de guerriers valeureux du pays du Nord. Voilà qu'ils ouvrirent leurs clôtures et se prosternèrent

84 (devant Sa Majesté. Ils dirent à) Sa Majesté : « Ton père {dieu) a voulu que tu fusses sa substance (même). Tu est le maître des deux mondes, le maître de ceux qui les habitent, le maître de ceux à venir. » Lorsque Sa Majesté fut partie, on fit une grande oblation. aux dieux qui sont en cette ville, en vaches, jeunes taureaux, oies et toute espèce de choses bonnes et pures. Puis on destina ses trésors pour le trésor public, ses greniers pour la divine propriété

85 (d'Ammon-Ra. Le roi s'approcha de la ville de) Memphis. Alors il envoya vers elle, en disant : « Ne ferme pas ! ne résiste pas ! sanctuaire du dieu Shou de la première fois ; mon entrée, c'est son entrée.; ma sortie, c'est sa sortie. Que ma marche ne soit pas opposée. J'offrirai une oblation à Ptah et aux dieux de Memphis ; je comblerai le dieu Sokar dans la chambre mystérieuse. Je verrai le dieu de Anbou-res-f et je partirai en paix,

86 (laissant la ville de) Memphis sauve et en bon état ; les enfants (même) ne pleureront pas ! Regardez les nomes (\u midi ; il n'y a été tué personne que les impies qui outrageaient dieu ; on les avait livrés au supplice, les corrompus de cœur. » Voici qu'ils fermèrent leurs clôtures et firent sortir des soldats vers quelques uns des soldats de Sa Majesté, en ouvriers, architectes, marins,

87 (qui se dirigeaient vers) le port de Memphis. Voici que le chef de Sais arriva à Memphis pendant les ténèbres, exhortant son armée, ses marins, tous les généraux de ses troupes, en tout : 8,000 hommes, et les encourageant beaucoup : « Memphis est pleine de troupes de l'élite du pays du nord, (et remplie) d'orge,

do blé et de toute espèce de grains ; les greniers débordent et

88 les armes (sont nombreuses ; on a renforcé) la muraille, en bâtissant un bastion immense, faitd'aprèsla science des ingénieurs ; le fleuve entoure le côté est ; on ne peut pas attaquer par là. Les parcs à bétail sont remplis de bœufs ; le trésor public est muni de toutes choses : argent, or, bronze, vêtements, encens, miel, résine odoriférante. Je pars. Je laisse ces choses aux chefs de la Basse-Egypte et je leur ouvre leurs nomes. Je dois

89 pour revenir. » Il s'assit sur son cheval et ne désira pas son char ; il partit de peur de Sa Majesté. — Le lendemain matin, le roi arriva devant Memphis et aborda au nord de la ville. Il trouva l'eau élevée jusqu'au rempart. Des barques de transport abordèrent jusqu'au

90 (mouillage) de Memphis. Alors le roi la vit dans sa force ; un rempart élevé, reconstruit à neuf, et des bastions bien fortifiés: on ne trouva pas de chemin pour l'attaquer. Chacun disait son avis dans l'armée de Sa Majesté sur toute espèce de moyen d'attaque. Chacun disait : « Bloquons-la

91 (sans l'attaquer), car ses troupes sont nombreuses. » D'autres disaient : « Faisons une chaussée contre elle ; élevons le sol plus que ses remparts ; assemblons une plateforme ; dressons des mats, faisons des voiles contre elle dans son pourtour ; séparons-la de cette manière de tous côtés, au moyen d'épaulements avec

92 du côté flu nord, afin d'élever le sol au-dessus de

son rempart ; nous trouverons ainsi un chemin pour nos pieds. » Alors Sa Majesté devient furieuse comme la panthère. Elle dit : Par ma vie ! par mon amour pour Phra ! par les . bontés de mon père Ammon pour moi ! Je trouve que ces choses arrivent ainsi, en cette affaire, par la volonté d' Ammon. Voilà ce qu'ont dit les gens

93 (de cette ville), et les nomes méridionaux lui ont ouvert de loin. Ammon n'inspirait pas leurs cœurs ; ils méconnaissaient sa volonté. Mais il a fait ainsi pour manifester ses esprits, pour mon-

trer sa puissance redoutable. Je vais prendre la ville comme une flaque d'eau ! Je veux <}ue

94 » Alors Sa Majesté fit partir ses barques de

transport et ses troupes pour attaquer le port de Memphis. Ils lui amenèrent tous les vaisseaux : djoi, makhen, seheri et des liai autant qu'il y en avait. Le débarquement eut lieu au port de Memphis, l'avant-garde débarquant dans ses maisons.

95 (Mais pas) un petit enfant ne pleura par le fait d'aucun des soldats de Sa Majesté. Le roi vint piloter lui-même les barques de transport tant qu'il y en avait. Sa Majesté ordonna à ses troupes : « Faites attention ; entourez les remparts, et entrez dans les maisons par le fleuve. Si l'un de vous entre pardessus la muraille, on ne tiendra pas devant sa voie.

96 ne faites pas rétrograder les généraux ; cela serait méprisable. Or, fermons le midi, abordons le nord et installonsnous à Makhitau. » Alors Memphis fut prise comme une flaque d'eau ; on y tua beaucoup d'hommes et on amena des prisonniers vivants à l'endroit où était Sa Majesté..

97 (Lorsque le soleil) se leva le jour suivant, Sa Majesté y envoya un homme pour prendre soin des temples du dieu, ayant la haute-main sur le sanctuaire des dieux, pour pourvoir aux libations des divins seigneurs de Memphis, pour purifier Memphis par le natron et l'encens, et pour rétablir les prêtres à leur place habituelle. Le roi se dirigea vers le temple de

98 (Ptah) ; il fit sa purification dans la chapelle de l'adoration, et accomplit tous les rites obligatoires qui sont faits par un roi. Il entra dans le temple, et y fit une grande oblation à son père Ptah-Anbou-res-f, en bœufs, jeunes taureaux, oies et toutes sortes de bonnes choses. Puis, Sa Majesté partit pour sa demeure. Alors tous les territoires qui étaient dans les environs de Memphis, apprirent (cela) : Heri-pa-temi, Peni-na-

99 Ouaa, la villa de Biou, la bourgade de Bi, dont les habitants ouvrirent leurs remparts et s'éloignèrent en fuyant ; on ne sait où ils allèrent. Ouapout vint avec le chef de Ma, Makanashou, le noble chef Petisis et

100 tous les commandants du pays septentrional, apportant leurs présents, pour contempler les beautés de Sa Majesté. Alors furent attribués les trésors publics et les greniers de Memphis aux propriétés divines d'Ammon, de Ptah et des ordres divins de Memphis. Le lendemain matin, le roi alla vers l'Orient. On fit à Tum dans Kherau

101 et aux ordres divins dans le temple des ordres divins dans lequel se trouve le Amhu des dieux, une oblation en bœufs, jeunes taureaux et oies, pour qu'ils accordent Vie, Santé, Force, au roi de la Haute et de la Basse-Egypte , Piankhi, vivant à toujours. Sa Majesté partit pour Héliopolis par la montagne de

• Kherau, sur la route du dieu Sep vers Kherau. Le roi alla vers sa tente, (plantée) à l'occident de Mer-ti. Il fit sa purification et se baigna

102 dans le bassin d'eau fraîche ; il lava sa face dans le lait de Noun {Veau du Nil), dans lequel Phra se lave la face. Il alla aux hautes dunes de sable dans Héliopolis. Il fit une grande offrande sur les hautes dunes de sable dans Héliopolis devant Phra à son lever, en vaches blanches, lait, parfum Anti, encens et toute espèce de

103 substances douces d'odeur. Lorsqu'il vint vers la demeure de Phra, le gouverneur du temple le salua, et le Kherheb supérieur lui rendit l'honneur divin qui chasse du roi les influences fatales. Le lieu de l'adoration fut préparé, le voile disposé, et il fut purifié par l'encens et l'eau froide ; on lui présenta les fleurs symboliques de Ha-benben, et on lui apporta des semences fraiches. Il monta

104 l'escalier vers le grand reposoir pour contempler Phra dans Ha-benben, lui, lui-même. Le roi demeura seul ; il tira les deux verrous et ouvrit les portes ; il vit son père Phra dans Habenben le saint, et la barque de Phra, et la barque de Tum. Il referma les portes, appliqua l'argile, y posa

105 lui-même le sceau royal, et ordonna aux prêtres : « J'ai vérifié le sceau ; qu'aucun autre des rois n'y entre !» Il se tenait de-

bout et (les prêtres) se prosternèrent devant Sa Majesté, en disant : « Qu'à jamais il n'arrive aucun mal à l'Horus qui aime Héliopolis. » Il entra ensuite dans lo temple de Tum, afin de servir l'image

106 de son père Tum-Khepra, seigneur d'Héliopolis. — Le roi Osorkon vint pour voir les beautés de Sa Majesté. — Le lendemain matin, Sa Majesté se rendit au port ; la meilleure de ses barques de transport partit pour le port de Ka-kem. La tente de Sa Majesté fut plantée au midi de Kahani, à l'orient du nome de

107 Ka-kem. Les rois et les chefs du pays du Nord, tous les Oérou,

ptérophores, tous les magistrats, tous les Souten-rekh de l'occident, de l'orient et des îles intérieures vinrent pour contempler les beautés de Sa Majesté. Le Repa Petisis se prosterna

108 devant Sa Majesté, en disant : « Viens à Ka-kem ; contemple le dieu Khent-Khetti ; donne tes soins à la déesse Khoui ; acquittetoi d'une offrande à Horus, dans son temple, en bœufs, jeunes taureaux et oies ! Entre dans ma demeure ; je t'ouvre mon trésor encombré des biens de mon père ; je te donnerai de l'or jusqu'aux limites de ton désir,

109 du mafek entassé devant toi, des chevaux nombreux, les meilleurs de ma petite et de ma grande écurie. » Le roi alla au temple d'Horus-KhenfrKhetti, et fit accomplir une offrande de bœufs, déjeunes taureaux et d'oies à son père Horus-Khent- Khetti, seigneur de Kam-Oér. Il alla à la demeure du Repa Petisis qui lui fit l'offrande d'or,

110 de lapis, de mafek, d'une grande quantité de toute espèce de choses, d'étoffes, de toiles royales en toutes quantité, de lits entourés de cotonnades, de l'huile en jarres, d'étalons et de juments, les meilleurs de son écurie. Il (Petisis) se purifia par un serment en la présence de ces rois et de ces grands chefs du pays

111 septentrional : « Quiconque d'entre vous cache ses chevaux et couvre ses objets précieux, mourra de la mort de son père ! Je

dis cela pour votre intimidation. Agissez donc d'après tout ce que vous savez de moi. Oui, dites : « J'ai caché à Sa Majesté une partie des choses

112 de la maison de mon père : or, argent avec pierreries, toute espèce de vases, menfi pour bracelets, or pour colliers, et périscélides garnis de pierreries, toute espèce d'amulettes des membres, couronnes pour la tête, anneaux pour les oreilles, tous joyaux du roi, tout vase de la toilette royale en or et pierrerie ; tout cela, autant qu'il y en a, j'offre

113 devant le roi. Les toiles royales et les étoffes, par milliers, sont les meilleurs de ma maison . Je sais que tu t'apaiseras pour cela. Va à l'écurie et choisis, à ton gré, les chevaux qui te plaisent. » Alors Sa Majesté fit ainsi. Les rois et les chefs dirent à Sa Majesté : « Nous partons pour nos villes; nous ouvrirons nos

114 trésors-; nous choisirons ce que tu désires, et nous t'amènerons les prémisses de nos écuries, les meilleurs de nos chevaux. » Alors Sa Majesté fit ainsi.

Tableau de leurs noms :

Le roi Osorkon de Pa-beset et du territoire de Ra-nefer ; Le roi Ouapot de Tentremou et de Taanta ; Le chef {ha) Djet-amen-aufankh de

115 Mendes qui est le grenier de Phra ;

Son fils aîné, commandant de l'armée dans Pa-Thoth-apreheh,

(Hermqpolts du Delta) Ankh-Hor ;

Le chef Makanash de Neter-teb (Sebennys), de Pa-hebi et de

Samhut (Samanhoad) ;

Le chef de Ma, Patenef de Pa-septi, du grenier du Mur blanc ;

116 Le chef de Ma, Pema de Busiris ;

Le chef de Ma, Nasnekati, dans Ka-heseb ;

Le chef de Ma, Nekht-Hor-na-shenuou de Pa-kerer ;

Le Oér de Ma, Penta-oér ;

Le Oér de Ma, Pentabekhen ;

Le prophète d'Horus, seigneur de Létopolis,

1 17 Pet-Hor-Samtui ;

Le chef Hurubas de Pa-sekhelniebt-sa et de Pa-sekhet-neb-

ruhesaui ;

Le chef Djet-khiaou de Khent-nefer ;

Le chef Pabesa de Kherau et de Pa-hapi,

apportant tous leurs tributs excellents

118 en or, argent , lits entourés de cotonnades, parfum anti

119 en jarres (en bracelets), beaux joyaux, chevaux,

120^ après cela on vint dire

121 à Sa Majesté : « l'armée Il aentouré

122 il a mis le feu au trésor au milieu du

fleuve ; il a enveloppé la ville de Meset

123 de troupes » Le roi envoya ses troupes

124 pour voir ce qui était arrivé par le fait du pervers (ennemi) du Repa Pétisis. On vint rapporter

^25 à Sa Majesté, en disant : « Nous avons tué tous les hommes que nous avons trouvés là. » Sa Majesté donna des récompenses

126 au Repa Pétisis. Voici que le royal chef de Ma, Tafnekht, apprit ces choses. Il fit

127 partir un messager pour le lieu où était Sa Majesté, afin de l'adoucir, en disant . « La paix avec toi ! Que je ne voie pas ta face aux

128 jours d'irritation ! Je ne tiens pas devant ta flamme ; je redoute ta terreur, car toi, tu est le dieu Noubdans le pays méridional, le dieu Month,

129 taureau victorieux. Est-il une chose à laquelle tu t'appliques, que tu ne réussisses pas à exécuter ? J'avais atteint les îles de la

130 Méditerranée, et j'ai eu peur de tes esprits sur cette parole brûlante que tu agissais en ennemi contre moi. Est-ce que n'est pas apaisé

131 le cœur de ta Majesté par ce que tu as fais contre moi ? car je suis un vrai malheureux. Ne me frappe pas plus que l'infraction, pas plus que le crime ; mesure à la

132 balance, compte par le poids ; tu les multiplies pour moi en

triple. Jette la semence, tu la recuilleras en la saison. N'abatspas

133 un bois pour ses feuilles. Par la prospérité de ton être ! Ta crainte est dans mon sein ; ta terreur est dans mes os ! Je ne m'assieds plus dans

134 une maison de boissons. On ne m'apporte plus de harpe ; mais je mange le pain de l'affamé, je bois l'eau de

135 l'altéré {c'est-à-dire : je vis d'aumônes). Depuis qu'il est arrivé que tu as entendu mon nom, la maladie est dans mes os ; ma tête est chauve,

136 mes vêtements sont usés. Puisse Neith être propitiée pour moi, détournant ta venue contre moi, ta face contre moi

137 Mon être se brise. Purifie le serviteur, ne l'immole pas ! Prends tous mes biens pour le trésor,

138 l'or et les pierreries et les meilleurs de mes chevaux. Paie-toi de tout. Que vienne à moi

139 un messager, au plus vite, qui détruise la crainte dans mon cœur ! Oui, je sortirai devant lui vers le temple. Je me purifierai par un serment ! »

140 Sa Majesté envoya le Ker-heb supérieur, Pet-amen-nesa-toui et .le chef militaire Pouaram.

141 II (Tafnekht) les gratifia d'argent, d'or, d'étoffes, de pierreries, de toutes sortes. 11 sortit vers le temple et adora le dieu.

142 II se purifia par un serment sacré, en disant : « Je ne violerai pas l'ordre du roi ; je ne pervertirai pas ses

143 paroles ; je ne causerai pas de préjudice à un chef sans toi ; j'agirai selon les ordres

144 du roi ; je ne violerai pas sa volonté. » Alors Sa Majesté se calma sur cela. On vint dire

145 à Sa Majesté : « La ville de Neter-ha-Sebek a ouvert ses portes, celle de Matennou s'est rendue ; il n'y a plus de

146 nome fermé contre Sa Majesté parmi les nomes du midi, du nord, de l'occident et de l'orient. Les îles intérieures se sont rendues de peur du roi ;

147 elles offrent leurs biens dans le lieu où est Sa Majesté, comme sujets de la cour. » Le lendemain matin,

148 les deux Haq de la Haute-Egypte et les deux Haq de la Basse- Egypte vinrent, couronnés de leurs diadèmes à aspics, pour se prosterner devant les esprits

149 de Sa Majesté. Puis aussi les rois et les chefs du pays septentrional vinrent pour voir les beautés de Sa Majesté.

150 Leurs jambes étaient comme des jambes de femmes. Ils n'entrèrent pas dans le palais, parce qu'ils étaient impurs et qu'ils

151 mangeaient du poisson, ce qui est une abomination dans la demeure royale. Mais le roi Nimrout entra

152 dans la demeure royale, parce qu'il était pur et ne mangeait pas de poisson. Ils se tinrent

153 debout ensemble sans entrer au palais. Alors furent chargées des navires avec argent, or, bronze,

454 étoffes, toute espèce de choses du pays du Nord, toute espèce de produits de Kharou (Syrie) et toute espèce de parfums de Taneter.

155 Sa Majesté remonta le fleuve, le cœur joyeux, tout son entourage se livrant à l'allégresse ; l'occident et l'orient reprirent disposition

156 à la joie, à l'exemple du roi. Jubilants et pleins d'allégresse, ils disaient : « Haq annihilateur ! à Haq annihilateur !

157 Piankhi, ô Haq annihilateur ! Tu es venu, et tu t'es rendu souverain du pays du Nord. Tu as changé les mâles

158 en femelles. Joie à la mère qui a enfanté un (tel) mâle ! Celle qui était féconde de toi est dans la vallée funéraire. Gloire lui soit rendue,

159 à la génisse qui a enfanté le taureau ! Tu existera pour des siècles ; ta victoire sera durable, o souverain, ami de la Thébaïde ! »

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