XIV. Il était déjà en mérehey tafaqaHneanr
3fa HISTOIRE D'HÉRODOTE:
rier, yvâi à toutfl» jamb^ lui annoncer qa*un . autre corps de mille Lacédémoniens allait du CÛté de M^ares. Aussitôt il délibéra sur les moyens de l'iotercepter comme il le désirait; il rehrOussa chemin avec son armée et la conduisit vers MégareSy faisant prendre les devants à la' cavalerie, qui parcourut loute la Mégaride. Cette armée, ne pénétra pas plus avant en Europe du côté de l'occident.
XV. Un courrier étant ensuite venu lui apprendre que les Grecs étaient assemblés à ri^thme , il retourna sur 8« s pas, prenant sa route par Decélée. Les bœolarques * avaient mandé les voisins des Asof>iens pour lui servir de guides. Ceux-ci le œnduisirent à Sphendaiées, et de là à Tanagre , oii il passa la nuit. Le lendemain ayant tourné ver^i Sâ>los, il arriva sur les terres des Thébains , et les ravagea , quoiqu'ils fussent dans les intcTéts des Perses. Aussi ne fut ce pas par haine contre eux, mais p:u ce qu*il était dans la nécessité de fortifier son camp» afin d*y trouver un asile en cas qu*il livrât bataille, et que Tévénement ne répondit pas à ses espérances. Le camp des Perses commençait à Eryihres , passaii près d*Hysies , et s'étendait jusqu'au territoire de Platées , le long de i'Asope. Le mur qu'il fit élever norcupait pas toute cette étendue, mais environ dix stades en carré. Tandis que les barbares étaient occupés à ce travail, Auagi- DUS de Thèbes, fils de Phrynon , fit les apprêts d'un grand festin , auquel il invita Hardonius, avec cinquante Perses des plus qualifiés , qui se rendirent à Thèbes , où le rt^pas se donna.
XVL Quanta ce qui s'y passa, je le tiens de
Thersandre, l'un des principaux citoyens d'Or-
cbomène. Il me raconta que lui-même avait été
invité à ce repas par Attaginus ; que cinquante
Thébainsen avaient étéaussi priés; qu'à table on
u était point séparément» mais que sur chaque
Ut il y avait un Perse et un Tbébain ; que le
. repas fini , comme on buvait à l'envi l'un de
l'autre , le Perse qui était avec lui sur le
même lit lui demanda en grec de quel pays
il éuit , et que , lui ayant répondu qu'il était
d'Orchomène, le Perse lui dit alors : « Puisque
» nous sommes à la même table , et que nous
9 avons part aux mêmes libations, je veux vous
> laisser un témoignage de mes sentiments qui
« Lc&oHigistrfU dçs Béotienf «
479 AT. j.- Cime rappelle à votre souvenir, afin qu'instruit vous-même aussi de ce qui doit arriver, vous puissiez prendre le parti qui vous sera le plus avantageux. Voyez-vous ces Perses qui sont à table , et cette armée que nous avons laissée campée sur les boi*ds du fleuve? eh bien ! de tous ces honinoes , il n'en restera dans peu qu'un très-petit nombre. » En disant cela, le Perse répandait beaucoup de larmes , Thersandre , étonné de ce discours, lui dit : c Ne iaudrait-il point communiquer cela à Mardonius , et aux Perses les plus distingués après lia ? —Non » mon cher hôte 9 répondit le Perse ; ce que Dieu a résolu , l'homme ne peut le détourner : car personne n'ajoute foi aux mei leurs avis. Grand nombre de Perses sont instruits de ce que je vous afiprends ; cepi'ntJant , enchaînés par la nécessité , nous suivons Mardouius. Le plus cruel chagrin pour l'homuie , c'est de voir que le sage n'a pas la moindie autorité. > Voilà ce que je liens de Thersandre 'Orchofiiène , à qui j'ai ouï dire aussi qu'il avait raconte lu même chose à plusieurs autres personnes avant la baiaille de Platées.
XVIL Pendant que Mardonius campait en Béotie * , tous les Grecs de ce pays , attachés aux intérêts des Perses» lui donnèrent des iroufies p et firent une irruption avec lui dans TAttique , exce|»té les Phocidiens » qui ne se trouvèrent point à cette expéd'tioo : car s'ils ava'ent pris avec chaleur le parti des Uèdes ^, c'était moins volontairement que par nécessité. Ils vinrent, quelques jours après le retour de Mardcmius à Thèbes , avec mille hommes pesanmient armés, commandés par Ilarmocydes , un de leurs plus illustres citoyens. Lorsqu'ils furent aussi arrivés à Thèl)es, Mardonius leur envoya dire, par des cavaliers» de camper en leur particulier dans la plaine. Ils le firent , et aussitôt parut toute la cavalerie perse. Le bruit courut ensuite parmi les Grecs campés avec les Perses que cette cavalerie allait les tuer à coups de javelots. Ce même bruit s'étant aussi répandu dans le camp
' U s'agit da premier campement.
* Cela ne coDiredit point ce qu'il a raconté liv. tui , S XXX, etc. Il y a grande apparence que ce forent les Phocidiens qu'ils surprirent près <les montagnes. Yojei même ivre, S xxxiii.
179 AT. j.. CALLIOPE.
des Phocidiens , Harmocydes i leur commandant, le$ anima par ce discours : c Phocidiens,
> leur dit-ii , les Thessuliens nous ont calom-
> niés, comme je le soupçonne, et notre perle
> est assurée. C'est mainleiiaul qu'il faut que » chacun de nous montre sa valeur : car il vaut
> mieux mourir en attaquant et en se défendant
> avec courage que d>' se laisser tuer honteu-
> sèment. Que les Perses apprennent qu'ils ne
> sont que des bai bares , et que ceux doni ils
> ont tramé la perte sont des Grecs. > XVIIL Ce fui ainsi qu'llarmocydesanim» les
siens. Lorsque la cavalerie les eut investis, elle fondit sur eux , comme si elle eût voulu les exterminer. Déjà les iraits étaient prêts à partir , et peut-être y en eut-il quelques-uns de lancés. Alors les Phocidiens serrèrent extrêmement leurs rangs , et firent face de tous côtés. A celle vue» les barbares tournèrent bi ide et se retirèrent. Je ne puis assurer si cette cavalerie était venue dans le dessein de nia^sicrer les Phocidiens à la prière des Th('Ssalions , ni si les barbares , voyant ces mille hommes se mettre en défense , et crai^jnanl d'en recevoir qutl(|ue échec , se retirèrent, comme s'ils en avaient reçu l'ordre du général, ou si le général voulait éprouver leur oou- TSigf'' Quoi qu'il en soit , la cavalerie s'éiant rct rée, Mardonius leur fit dire par un héraut: c Soyez tranquilles , Phocidiens ; vous vous
> êtes montrés gens de cœur , et non pas tels
> qu'on me Tuvait dit. Conduisez-vous mainte-
> nant avec ardeur dans cette guerre ; vos ser-
> vices ne l'emporteront jamais sur la généro- » site du roi ni sur la mienne. > Voilà ce qui se passa à l'égard des Phocidiens.
XIX. Les Lacédémoniens ne furent pas plus tôt arrivés à l'isthme , qu'ils y assirent leur camp. Sur celte nouvelle, les peuples du Péloponnèse, les mieux intentionnés pour la patrie, se mirent en marche, ainsi que ceux qui avaient été témoins du départ des Spartiates ; les uns et les autres ne voulant pas que les Lacédémoniens eussent en cela quelque avantage sur eux. Les sacrifices étant favorables , ils sortirent tous de lis hme , et arrivèrent à Eleusis. On renouTtlaencetendroitlessaerifices ; et comme ils ne présageaient rien que d'heureux, ils continuèrent leur march^^ accompagnés des Athéniens , qni , ayant passé de Salamine sur le