XII. Carobvscs offrit ensuiK» des sacrifices
m AV. i.-c-
on égorgea des vîcUmes : leor sang ne coula point ; il en fut alarmé. Peu de temps après Roxane accoucha d'un enfant sans léte ; Cambyses, encore plus alarmé de ce nouveau prodige, consulta les mages : ceax-ci lui répondirent que ces prodiges Tavertissaient qu'il ne laisserait pasd*héritier de sa couronne. Sa mère, lui ayant apparu, lui annonça que son fratricide ne demeurerait pas impuni. Cette menace redoubla ses inquiétudes; il en fut de plus en plus abattu. Étant allé à Babylone , tandis qu*il s'amusait pour passer le temps à doler un morceau de bois avec un couteau, il se blessa le muscle de la cuisse. 11 en mourut le onzième jour, après un règne de dix-huit ans.
X111. Bagapates et Ai tasyras avaient résolu, avant la mojrt de Gambyses, de mettre le mage sur le trône. Ils y réussirent , 'et le mage régna après la mort de ce prince. Ixabates fit transporter le corps do Gambyses en Perse. Trouvant à son retour le mage sur le trône, sous le nom de Tanyoxarcès, il répandît mue nouvelle dans Tarmée, et après Tavoir diffamé , il se réfugia dans le temple. On l'en arracha, et il eut la tète tranchée.
XIY. Sept seigneurs des plus illustres d'entre les Perses , Onupbas, Idemes, Norondabaies, Mardonius, Barissès, Artaphernes et Darius , fils d'Hystaspes, conspirèrent contre le mage. Après s*étre mutuellement donné leur foi, ils prirent pour adjoints Artasyras même et Bagapates. Gelui-ci avait en sa garde toutes les clefs du palais royal. Il leur ouvrit les portes. Étant entrés par son moyen, ils trouvèrent le mage couché avec une courtisane de Babylone. Dès qu'il les aperçut , il sauta en bas du lit, et ne trouvant point d'armes sous ses mains, ))arGe que Bagapates avait eu la précaution d'enlever secrètement tout ce qu'il y en avait dans les appartements, il brisa un siège d'or, en prit un pied, avec lequel il se défendit; sa résistance ne fut pas longue. Les sept conjurés le percèrent de plusieurs coups, sous lesquels il expira, après un règne de sept mois.
XV. Après la mort dti mage, Darius, l'un des sept conjurés , monta sur le trône, suivant la convention faite entre eux. Son cheval lui acquit la couronne, parce qu'il eut Tindusirie de le fiiire hennir le premierau lever du soleil.
PAR GTËSIAS. ."M»
Les Perses oâèbrent encore aujourd'hui la fête de la Magophonie le même jour que le mage Sphendadates fut tué.
Darius se fit faire un tombeau sur le mont à deux cimes. Lorsquonreutachevé.illuiprit envie de le voir; mais il en fut dissuadé par les Ghaldéens , et par son père et par sa mère. Quant ù ceux-ci , ils voulurent contenter leur curiosité. Il leur en coûta la vie. Les prêtres qui les guindaient au haut de la montagne , ayant aperçu des serpents, en furent si effrayés, qu'ils lâchèrent les cordes. Le prince et la prin-» cesse se tuèrent en tombant. Get accident causa beaucoup de chagrin à Darius. Il fit couper la tête aux quarante personnes chargées de guinder au haut de la montagne son père et sa mère.
XVI. Darius ordonna à Ariaramnès , satrape deGappadoce, de marcher contre les Scythes, et de les réduire en servitude , hommes et fem* mes. Ariaramnès passa en Scythie sur trente bâtiments à cinquante rames. Il fit les Scythes prisonniers, suivant les ordres qu'il en avait reçus , et même il se saisit de Marsagétès, frère du roi des Scytjies , que ce prince avait fait mettre dans les fers , pour quelque sujet de mécontentement.
XVII. Scytharoès, roi des Scythes, en fut fort irrité. 11 écrivit à Darius en termes injurieux , et celui-ci lui fit réponse sur le même ton. Enfin Darius mit sur pied une armée de huit cent mille hommes; et ayant fait construire des ponts de bateaux sur le Bosphore etsurl'Ister , il passa dans le pays des Scy thés, et marclia contre eux pendant quinze jours. Ges deux rois s'envoyèrent réciproquement des arcs. Geux des Scythes étaient les plus forts. Gette raison fit prendre la fuite à Darius. Il repassa sur les ponts de bateaux , et les fit rompre en diligence , avant même que toute son armée eût repassé; de sorte que Scytharcès fit égorger quatre-vingt mille hommes, qu'il avait laissés en Europe. Darius, ayant repassé le Bosphore, fit brûler les maisons et les temples des Ghaleédoniens , parce qu'ils avaient tenté de rompre la partie du pont qoi était de leur côté , et parce qu'ils avaient renversé l'autel qu'il avait fait élever à Jupiter Diabétérien , pendant qu'il était en route.
XVIII. Datis, commandant de la flotte des Mèdes , passa du Pont dans les tles de la Grèce
|Ddiy& MilUades étant ailé à sa r^contre à Marathon, les Perses frtrenlbatiu&; lkti\s hjir jQl^^e péril çkm^ le copil^t, et Top refusa de i^(ke $0Q oorps au)( Pi^rses , qui le redepiondèrent ^vec iostancç.
^\X. Darius étant relourné en Pcur^e, et fyant pffeU des sacrifices aux di^ux, U fut attaqvé d'une maiarlie , dont il mourut au bput ^e doiw jours. Il avait douze ans lorsqu U ip^Ata lur le tr^ne » et il çn r^gna lrenteret-un« ^rt^yras lyiauvut aussi» Quant à Bagapate^» i^ vécut encore lept ans , pendant lesquels il demeura tpMÎpurs aitprè§ du totnbeau d^ Darius.
XX. Xerxës «uoc^a à Siarius son père. Ar- (apanii^9 fils d'Artaisyra^ , n*eut pas moins de crédit auprès de ce prince que son père et Afardoiliius Tancien n'en avaiej^t eu auprès de Darius. Natacas fut le plus puissant de tous le^ ^nuque»; U jouissait de la plus grande Saveur. ijLerxès qpou^ Amestriç , fille d'Onopbas. 11 ço eut d'aboçd un fils, nomm^Dariîeus ; deux ans aprinB » U cm eut un second , qu'on appela Hys- Vasp^s ; puis un troisième 9 qui fut nommé Arto- :ierxès. H eut aussi deux filles , dont lune s'appiela Amytis, du nom de sa grand'mère, et l'autre Rhodogune.
XXI. Xerxès entreprit une expédition eon* tiie les Grecs, parc^ que 1^ Chalcédoniens , comme je lai dit plus Uaut , avaient tenté de rompre le pont du Bosphore ^ qu'ils avaient renversé Tautel que Darius avait élevé, et parce qae les Athéniens » ayant lue Datis à la journée de Haraihon , avaient refusé de rendre son corps aux Perses. U alla d abord à Babylone, et VQulut voir le tombeau de Bélitanas. Il le vil ÇQ effet par le moyen de Mardonius ; mais il ne put rem|)Ur le cercueil dhuile , comme Texigait rinscription.
XXII. U se rendit ensuite à Ecbatanes , où il reçut la Qouvelibe de la révolte des Babyloniens et de la mort de Zopyre , son général , qu'ils avalent tué^
% Çe^ ain^ que Ctésias raconte toutes oes f chosç^ ; ! fit «n c^la il s'éloigne d'Hérodote. ](Çar, à re;i^cepi4jpn du prodige de. la mule^ » qu^ mit ba^ un poulain , ce que celui-ci dit de > Zopyre, Ctésias l'attribue à M^gabyae» qui
* G'osl Pholius ^Qî parle.
« était gendre 4e Xentès ; dbvt il avait épousé i la fille Amytis.»
Babylone fut donc prise par Mégabyze ; Xer- ^ lui fit plusieurs présents, et entre autres celui d'une mule d'or du puids de six talents : ce qui est chez les Perses le don le plus précieux qMC le roi puisse fiaire.
XXllI- Xerxès, ayant levé une armée de huit cent mille combattants , sans compter les chars armés en guerre» et ayant équipé miHe trirè» mes» passa en Grèce siu* un pont de bateaux, qu'il avait Suit construire à Abydos. Cefutdans ce temps-là que Démarate , roi de Lacédémone, vint le trouver pour la première fois » et il passa d'Asie en Europe avec ce prince. Démarate le détourna par ses discours d'attaquer Lacédémone. Xerxès, étant arrivé au pas des Thermopyles, envoya contre Léonidas , général des Lacédémoniens, Artapane, qui oom* mandait un corps de dix mille hommes. Ce corps de troupes fut complètement battu ; îi péirit beaucoup de monde du côté des Perses, et les Lac^émoniens ne perdirent du leur que deux ou trois hommes. Xerxès livra un second combat avec vingt mille hommes. Ces troupes furent encore vaincuçs. Pour les animer au combat, il les y fit ramener à grands coups de fouet. Elles n'en furent pas moins défaites. Le lendemain , il ordonna à cinqiiante mille hommes de recommencer le combat ; cet effort fut aussi inutile que les précédents ; il cess') pour-lors les attaques.
XXIV. Thorax de Tbessalie, Calliades et TimaphiTues , les hommes les plus puissants qu'il y eût parmi les Trachiniens , étaient :ilors au camp des Perses avec leurs troupes. Xerxès les manda près de lui avec Démarate et Hégias d'Éphèse , afin d'avoir leurs avis dans les circonstances présentes. Us lui répondirent qu'on ne vaincrait jamais ce corps de troupes lacédémoniennes» à mo'ns qu'on ne les enveloppât. U fit donc marcher quarante mille Perses sous la conduite de ces deux Trachiniens. Ils pénétrèrent par des chemins très-difficiles ; et ayant loumé les Lacédémoniens , ils les prirent à dos. Ceux-ci, quoique enveloppe^ de tous les côtés, ne s'en défendirent pas avec moins de courage. Il»; périrent tous en combattant vaillamment.
XXV. Xerxès envoya ensuite contre les Pla- ' téens cent vingt mille hommes, commandés par
Iferéonîns, à IfL soHiciiaUQn ei par )e conseil àe» Tbobaihs , qui Tavaient animé contre eux. Pausanias de Lacédëmone vint a la renconirc oeMardoniQsavec trois cents SparU^itcs, mill^ Lacédémoniens des villes voisines de Sparte, et six mille hommes des ouires parties de la Grèce. Les Persc^ furent battus; et Mardopius, ayant été blessé, prit la fuite. Xerxès envoya ensuite ce général pour piller le temple de Delphes ; mais il périt accablé par une gré)e d'une grosseur prodigieuse. Xerxès fut très-afSigéde sa mort.
XXYI. |.e roi marcha ensuite contre Mbènes. Iles Atl^éniens ne jugèrent pas i^ propos de Fatttndre. Ils armèrent cent ^ix iriromes , sur lesquelles ils embarquèrent ce qu'ils avaient de; phis précieux, et se retirèrent à Salamine. Xerxès, ayant trouvé la ville sans habitante, la prit et la brûla, excepté la citadelle, qui tin| quelque temps. Elle fut défendue pqr un petit nombre de citoyens qu*on y avait laissas. Mais ceux-ci ayant pris la fuite pendant la nuit , la dladeHe fut enfin prise ,^ et les Perses y mirent aussi le feu.
Xerxès partitd'Athènes, etserenditau temple d*Hercules, Tendroit le plus étroit de TAtiique. Il essaya d*y faire une chaussée, et de la pousser jusqu'à Salamine, dans le dessein de passer par terre dans cette Hé. Mais par le conftei{ de Thémistocles et d'Aristides d'Athènes, ou fit venir de Crète des archers. Il y eut ensuite un combat naval entre les Perses et les Grecs. Les Perses avaient plus de mille vaisseaux commandes par Onophas , et les Grecs u^n avaientque sept cents. Ceux-ci néanmoins remportèrent la victoire; et les Perses perdi* rentcinq œuts vaisseaux. Xerxès prit là fuite par les conseils artificieux d^4ristides et dç Thémistocles. Dans tous les autres combats, H péril du côté des Perses cent vingt mille kcÂnmf^.
XXVIL Xerxès était repassé en Asie, et déjà en roule pour se rendre à Sardes, lorsqu'il commanda à l^afayse d'aller piller le temple de Delphes. Sur le refus de Mégiibyze , Xerxès chargea l'eunuque Matacasde cette expédition, avec ordre d'insulter Apollon et de mettre tout au pillage. Celui-ci exécuta les ordres du roi, et bientôt après il revint le trouver, après avoir tott{ yiiHé,