‹ Choix des historiens grecsChapitre 114 sur 286 · EXTRAIT DE L'HISTOIRE DE PERSE · texte numérisé non relu

EXTRAIT DE L'HISTOIRE DE PERSE

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C'est ainsi que finit le dix-huitième livre de Phistoire de Gtésias. Dans ie dii-neuvième il raconte que Darius mourut de maladie h Babylone, après avoir régné trente-cinq ans.

LVII. Arsacës, étant monté sur le trône, . changea de nom et se fit appeler Artoxerxès. On coupa la langue à Oudiastès , en la lui tirant , non pas en devant, mais en arrière ; il en mourut. Son fils Mitradates fut établi sairape en sa place. Gela se fit à Finsiigation de Statira; Parysatis en conçut beaucoup de chagrin. Gyros , accusé par Tissapheines auprès d* Artoxerxès, eut recours à sa mère, et par ce moyen il parvint à se faire absoudre. Déshonoré, il se retira dans son gouvernement, pour se disposer à la révolte. Satibarzanès accusa Orontesde privauté criminelle avec Parysatis, quoique la conduite de cette princesse fût irréprochable. Il en coûta la vie à Orontes. La reine mère, indignée contre le roi, fit em)X)isonner ie fils de Téritouchmès.

c Gtésias foit ici mention de celui qui, contre 1 k loi, ensevelit le corps de son père par le » feu , et de là il conclut qu'Hellanicus et Hércf dote sont convaincus de mensonge. >

LVIIL Gyrus s'étant révolté contre son frère, il leva des troupes chez les Grecs et parmi les barbares. Gléarque commandait les Grecs; Syennésis, roi de Gilicie, donna des secours à Gyrus et ù Artoxerxès. Gtésias passe ensuite aux harangues que firent à leurs propres troupes ces deux princes pour les animer à faire leur devoir. Ménon de Thessalie était toujours en différend avec Gléarque de Lacédémone, qui commandait les troupes grecques, parce que Gyrus suivait en tout les conseils de Gléarque, et qu'il ne faisait aucun cas de ceux de Ménon. On voyait tous les jours arriver au camp de Gyrus beaucoup de transfuges, qui abandonnaient le parti d'Artoterxès, et du côté de Gyrus il n'en passait point dans le camp du roi. Ce fiit pour empêcher cette désertion que le roi fit jeter dans la cendre un barbare qui songeait a passer du côté de son frère. Gtésias raconte ensuite comment Gyrus attaqua Tarmée du roi , la victoire qu'il remporta, et comment il périt, pour n'avoir pas suivi les conseils de Gléarque. Il ajoute ensuite tes traitements indignes que fit le roi au corps de son frère» qu'il lui coupa lai-méme la téte^

et la main dont il l'avait frappé » et les porta comme en triomphe. Gléarque de Lacédémone se retira la nuit avec les Gi^ecs qu'il commandait, et 8*étant emparé de Tune des viUes qui j appartenaient à Parysatis, le roi traita avec lui.

LIX. Parysatis partit pour Babylooe, pleurant la mort de Gyrus, et ayant recouvré, quoique avec bien de la peine , la tête et la main de ce prince, elle les envoya à Suses, où elle leur fit donner la sépulture. Bagapatès avait coupé, par l'ordre du roi, la tête à Gyrus. Ge prince jouant un jour aux dés avec sa mère à de certaines conditions^ elle gagna et reçut Bagapatès. Lorsqu'elle Teutenson pouvoir, elle le fit écorcher et mettre en croix. Enfin , cédant aux prières d* Artoxerxès, elle cessa de pleurer la mort de son fils. Le roi récompensa celui qui lui avait apporté la tiare de son fr^e, et traita avec distinction le Garien qui prétendait ravoir blessé. Parysatis le fit mourir dans les tourments. Mitradates s*étant vanté à table d'avoir tué Gyrus, la mère de ce prince le demanda au roi , et l'ayant obt^u , elle le fit aussi expirer dans les supplices, c Tels sont

> les sujets des dix-neuvième et vingtième 9 livres. >

LX . c Les vingt-unième , vingt-deuxième et à vingt-troisième livres terminent cette histoire,

> et renferment ces faits > : Tissapbernes tend des embûches aux Grecs par l'entremise de Ménon de Thessalie , qu'il s'était attaché. Il se rendit , par son moyen , maître de Gléarque et des autres chefs, quoiqu'ils se tinssent snr leurs gardes. Mais il usa de tant d'artifiees et de serments , que les troupes , trompées par Ménon, forcèrent Gléarque d'aller trouver Tissapbernes. Proxène de Béotie , qui avait été abusé comme les autres, l'y exhortait aussi. Gléarque fut envoyé, avec ha autres chefs, à Artoxerxès à Babylooe , les fers aux pieds. A son arrivée» toute la ville accourut pour le voir. Gtésias lui-même, qui était médecin de Parysatis , lui rendit tous les services qu'il put , eC tâcha de lui adoucir la rigueur de sa prison. Parysatis lui aurait rendu la liberté, et lui aurait même permis de retourner en son pays, si la reine Statira n'eût déterminé le roi à loi ôter la vie. Gléarque fut misa mort, et il parut

à cetteoccasion un prodige aatourde son corps.

400 iv. J.-G.

DE CrÉSIAS.

Un venl violent» s'éiani devë» porta sur le corps deClearque unegrande quantité de terre, dont il lui fitun tombeau. On lit périr aussrlesautres Grecs qui avaient été envoyés avec lui à Babylone , excepté M éoon.

LXI. Ctésias raconte ensuite les insultes que fit Parysatis à Staiira, Tempoisonnenient de cette dernière princesse qui se fit de cette ma* nière » quoiqu elle fût continuellement sur ses gardes contre ce genre de mort. Parysatis , étant à lable avec elle, se s^vit d'un couteau dontlabmeétaitd'unoAté frottée de poison,etde l'autre ne réuit pas. Elle partagea en deux avec ce couteau un deces petits oiseaux que les Perses nomment rfiindaces , et qui ne sont pas plus gros qu'un oeuf. Parysatis prend pour elle la moitié de l'oiseau qui n'avait pas touché au poison, la mange, et présente en même temps à Slatira l'autre moitié , qui était empoiaonnée. Statira voyant la reine mère manger la moitié de cet oiseau , mangea l'autre moitié sans se défier de rien ; mais le poison fit son effet , et elle en mourut. Le roi, irrité, fit mettre à Is torture les eunuques de sa mère , et les fit mourir. Gingé, qui avait toute sa confiance, fut aussi arrêtée. Traduite en justice, die fut absoute ; mais le roi la condamna à expirer dans les toui'ments : ce qui acheva de rendre la mère et le fils irréconciliables.

LXII. Ctésias raconte ensuiteque le tombeau de terres amoncelées que Parysatis ;kvait fait élever secrètement à Cléarque par ses eunuques , parut pendant huit ans tout couvert de palmiers.

LXni. Ctésias parle ensuitede la cause qui brouilla Artoxerxès avec Evagoras , roi de Salamine; des envoyés que celui-ci lui dépêcha à lui, Ctésias , afin que par son moyen ils eussent des lettres d'AbnIitès; de la lettre de Ctésias à Évagoras, oit il lui parle de sa réoonciliatioa avec Anaxagoras, roideCypre, et des autres lettrer que ce même Ctésias écrività ce prince , et qui lui furent rendues. Il rapporte ensuite la harangue de Conon à Évagoras, dans laquelle il persoade à ce prince d'aller trouver le roi ; la lettre d'Évagoras» sur les honneurs qu'il

avait reçus du roi; celle de Gonon à Ctésias, et la soumission d'Ëvagoras , qui consent à payer un tribut au roi ; plusieurs dépêches du roi de Salamine à Ctésias; le discours de Ctésias au roi, au sujet de Conon , et la lettre qu'il hii écrivit; les présents que fit Évagoras à Satibarzanés, et l'arrivée de ses envoyés en Cypre ; une lettre de Conon au roi de Perse, et uneattU*edumêmeàClésias; la détention des députés de Lacédémone ; une lettre dii roi à Conon ei aux Lacédémoniens , que Ctésias reçut ordre de leur porter lui-même; le commandement de la flotte du roi donné à Conon , et dans lequel il fut installé par Phar* nabaze.

LXIV. Ctésias raconte ensuite son arrivée à Cnide, sa patrie. De là il passe à Lacédémone, et de cette ville à Rhodes, où il a une dispute avec les envoyés de Lacédémone. 11. part d'Éphèse pour Bactres, et se rend dans l'Inde » oit il marque le nombre de stathmes ou mansions, de journées, de parasanges. Enfin, il. termine son ouvrage par le catalogue des rois^ depuis Ninus et Sémiramis jusqu'à Artoxerxès. < Le style de Ctésias est clair et simple , ce qui lui donne beaucoup d'agrément. 11 emploie le dialecte ionien , non pas perpé» tuellement comme Hérodote , mais seulement en quelques expressions; et il ne s'écarte pan de son sujet pai* des disgressions à contretemps, comme cet hisiorien. Quoiqu'il re* proche à Hérodote beaucoup de fiables, il n'est pas exempt lui-même de ce défaut » surtout dans son histoire de Tlnde. Le principal agrément de son histoire (consiste dans la manière dont il raconte les événements.» tantôt en surprenant le lecteur par des récita auxquels on ne s'attendait pas , tantôt en émouvant les passions , et beaucoup plus encoréen se servantdu fabuleux pourlembellir. Quant à sa diction , elle est le plus souvent décousue, et il se sert fréquemment d'exprès* sions basses; bien éloigné en cela d'Hérodote» dont la narration daire, vive et variée, se soutientégalement partout, etcertde règle et de modèle du dialecte ionien. >

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