‹ Choix des historiens grecsChapitre 160 sur 286 · LIVRE IVrCHAPlTRE IF · texte numérisé non relu

LIVRE IVrCHAPlTRE IF

II parœurt Fespace de quinze cents slades en trois jours; le matin du quatrième, il arrive près de la vilfe.

Instruit de l'approche d'Alexandre, Spitamène, sans attendre son arrivée , lève le siège et prend la fuite. Alexandre le poursuit vivement : il arrive sur le théâtre de la défaite des siens, fait ensevelir les morts à la hâle, et pousse les Scythes jusque dans leurs déserts. Revenant ensuite sur ses pas , il ravage leur territoire, extermine les barbares qu*il trouve sur les hauteurs, et qui avaient pris parti contre les Grecs. Il parcourt ainsi tout le pays qu'arrose le Polytimète jusqu'à l'entrée du désert où ses eaux disparaissent, ce qui lui est commun avec plusieurs autres grands fleuves, tels que TÉpardus qui arrose le pays des Mardes, l'Arius qui donne son nom à celui des Ariens, et FEtymandre qui coule chez les Evergètes * , fleuves qui ne le cèdent point en

bustes que ceux d'Andromaque , déjà épuisés par de longues routes , et par Ib manque de fourrages. Il presse donc vivement les Grecs, soit qu'ils résistent , soit qu'ils reculent ; quelques-uns tombent percés de flèches : beaucoup d'autres étant blessés , les Macédoniens se retirent en bataillon carré près du fleuve Polytimète vers une forêt qui en était voisine , pour éviter les traits de l'ennemi , et disposer leur infanterie avec plus d'avantage. Garanus, chef d'un corps de cavalerie , sans consulter Andromaque , tente le passage du fleuve croyant trouver au-delà une position plus favorable. L'in^ fanterie, sans en avoir reçu Tordre, s'ébranle, la terreur les précipite dans le fleuve , la difficulté d'aborder redouble le désordre.

Les barbares, profitant de la faute des Macédoniens , les pressent et s'avancent sur eux jusque dans le fleuve , y rejettent ceux qui sont passés , écartent les autres du rivage à coups de traits , les prennent en tète , en flanc et en 1 grandeur au Pénée dont les ondes , après avoir

queue. Les Macédoniens enveloppés cherchent à se rallier dans une île du fleuve ; les Scythes et la cavalerie de Spitamène les cernent, ils sont tous percés à coups de flèches ; on égorge le petit nombre d'entre eux faits prisonniers. Aristobule prétend que les Macédoniens donnèrent dans une embuscade disposée par les Scythes dans un jardin; qu'alors Pharnuque voulu t sedémettredu commandementet lecéder aux autres chefs , comme s'entendant mieux au métier d'interprète qu'à celui de général ; mais qu'il réclama en vain les généraux macédoniens, au nom de leur amitié pour Alexandre ; qu'Andromaque, Garanus etMénédéme refusèrent de céder à ses instances , soit qu'ils craignissent de désobéir au roi , ou de se charger d'une si grande responsabilité, n'ignorant pas qu'ilsauraient alors personnellement à porter tout le poids de la défaite; que les Scythes , profitant de ce trouble, les avaient alors accablés et massacrés , sans qu'il pût se sauver plus de quarante chevaux et de trois cents fantassins.

Profondément affligé de ce revers , Alexandre veut conduire l'armée contre Spitamène; prenant ,avec lui la moitié de ses hétaires à cheval , tous les Hypaspistes , les archers, les agriens et le corps le plus léger de la phalange, il marche veis Haracande, devant laquelle SpiOimène était retourné mettre le siège.

baigné la Thessalie, se précipitent dans^ la mer. Le Polytimète est encore plus considérable, i *

Après cette incursion, Alexandre vient à Bactres pour y prendre ses quartiers d'hiver. Phratapherne, satrape des P^rthes, et Stazaiior envoyés dans le pays des Ariens pour s'assurer d'Arzame , ramènent chargé de fers , ainsi que Barzanes, élevé par Bessus au rang de satrape des Parthes , et quelques-uns de ses partisans.

On vit arriver des côtes Épocille, Mélamnidas et Ptolémée, général des Thraces, qui venaient d'escorter jusqu'aux bords de la mer les alliés et l'argent donné à Menés, tandis qu'arrivant de la Grèce , Asandre et Néarque , amenaient de nouvelles recrues : Asclépiodore commandant de la flotte et le satrape de Syrie les suivent avec d'autres bandes.

Alexandre ayant convoqué tous les chefs de. l'armée , fait amener Bessus en leur présence , lui reproche sa perfidie envers Darius, lui fait couper le nez et les oreilles, et l'envoie pour être supplicié à Ecbatane, où le commerce rassemblait en foule les Mèdes et les Perses*.

Je suis loin d'approuver cette vengeance horrible , cette mutilation atroce à laquelle Alexan-

' Agrlaipes.

4S» EXPÉDITIONS D'ALEXANDRE. sMAt.i.c

dre ne se fùl jamais porte, s'il s'y eût été en- , Alexandre , toutes les têtes échauffées par le

traîné par Texeniple des souverains mèdes, perses ou autres barbares dont il revêtit Torgaeil avec les dépouilles. Je n'approuve pas non plus la changement de costume en un prince de la race des Héradides, qui préfère celui des Mèdes à celui de ses pères, et qui ne rougit pas de remplacer le casque du vainqueur par la tiare des Perses vaincus.

Au reste , les hauts faits d'Alexandre nous donnent une grande leçon. Qu'un mortel soit comblé de tous les dons de la nature , quâl brille par l'éclat de sa naissance , que sa fortune et ses vertus guerrières remportent sur celles d'Alexandre , qu'il subjugue l'Afrique et l'Asie comme celui*ci se 1 était proposé, qu'il joigne l'Europe à son empire, il n'aura rien tait pour le bonheur, si, même au milieu des succès les plus inouis , il ne conserve la plus grande modération.

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