‹ Choix des historiens grecsChapitre 165 sur 286 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Conjuration des Adolescents.— Hermolaûs, frappé de verges , conspire poor se venger d'Alexandre.~Décoaverte da complot; a?ea et motif des conjurés; prétendue complicité de GaUJstliène.--Snpplice des adolescente et da philosophe.

Selon un usage établi par Philippe , les enfonts des Macédoniens élevés en dignité, étalent choisis pour remplir auprès du roi les fonctions d'officiers de l'intérieur pendant le jour, et de gardes de sa personne pendant la nuit. Ils lui amenaient ses chevaux , que devaient l^r remettre les Hippocomes; ils relevaient sur. son cheval à la manière des Perses , etj'accompa* gnaient à la chasse. On distingtiait parmi eux, Hermolaûs 2, qui paraissait attaché à la philosophie, et particulièrement à Gallisthène. On raconte que , suivant Alexandre à la chasse du sanglier, Hermolaiis prévint le prince et tua la béte. Celui-ci, irrité de se voir enlever l'honneur de la chasse , fit battre Hermolaiis de verges , en présence de ses camarades; on lui ôta son cheval. L'adolescent communique son ressentiment,^ à Çostraie ^ , so|i égal , son

' Fils de Pythonacte.

' Fils de Sopolis.

* flb d'Aroyntas.

amant ; la vie lui est insupportable , s'il ne venge l'injure qu'il a reçue d'Alexandre; l'amour de Sostrate lui fait partager la vengeance. Ils engagent Aniîpàtre*, Épimène% Anticlès* et Philotas^. Le tour de la garde d'Antîpatre étant arrivé, on arrêta d'égorger Alexandre pendant la nuit; mais ce soir-là même, Alexandre prolongea la débauche jusqu'au point du jour.

Arislobule diffère : il prétend qu'une femme nommée Syra , qui se mêlait de divination , avait suivi Alexandre et les Grecs, qui s'en étaient d'abord amusés ; mais que, l'événement ayant justifié plusieurs de ses prédictions , elle avait cessé d'être méprisée , et avait obtenu d'entrer jour et nuit dans la tente du roi , et même d'y rester pendant son sommeij. Le prince se retira le soir du festin, lorsque, accourant et comme remplie de la divinité, elle le conjura de retourner à table et d'y passer la nuit. Alexandre crut céder aux ordres célestes : son absence trompe les conjurés ; l'un d'entre eux, Épimène, conte tout le secret le lendemain à Chariclès', son amant; Chariclès le redît à Enryloque^. Euryloque se rend aussitôt dans la tente d'Alexandre, et révèle toute la conjuration à Ptolémée \ Alexandre , instruit par ce dernier fait, arrêter tous ceux. qu'Euryloque a dénoncés. Les douleurs de la question leur arrachent l'aveu du projet ^t les noms de tous leurs complices; et même, selon Arislobule et Ptolémée, ils avaient été excités par Gallisthène; mais, selon d'autres écrivains, Alexandre céda moins aux soupçons et à la délation qu'à sa haine contre Gallisthène , redoublée.encore par la liaison de ce philosophe avec Hermolaiis *. Celui-ci conduit devant les Macédoniens : Oui , j'ai conjuré contre Alexan-

' Fils d'Asdépiodore.

* Fils d'Arsée.

3 Fils de Théocrite.

4 Fils de Gursis de Thraoe.

" Fils de Ménandre.

« Frère d'Epimène.

T Fils de Lagus , garde de li parsonne da prince.

"On empoisonna celte liaison aux yeox d'Alexandre; on alla jujiqu'à dire que le jeune homme • ayant demandé < ment il pouvait devenir le plos célèbre des boa>" philosophe avait répondu : t £a toant celni ^ « ^ » de droit à la célébrilé > , calomnie absurde, <*^ ^ ' rait pas fait la plus légèra infpre«ioB sur loi • » «'*' ♦^ été répandue avant la aoènç de r^KiUiéa^

436 EXPÉDITIONS BALëXAMDBE.

» drQ; un }io»me libre ne peut supporter lou-

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> tragfe, » £t rappelant alors tous les crimes du tyran, la mort injuste de Philoias, celle de Parménion et des autres, Tassassinat de Clitus» plus affreux encore» celte affectation de revêtir la parure asiatique, cette adoration forcer ^ ce§ scènes de débauche et d'ivresse. € Voilà, » ajouta-t-il, ce que jenai pu supporter, voilà » ce qui m*avait iospiro le dessein de rendre la i liberté aux Macédoniens. »

A ces mots , Hermolaiis et ses complicessont saisis et lapidés. Selon Aristobule, Callisth^e, cbargé de fers, liittralnéà la suite de l'armée, y tomba malade et mourut. Selon Ptolémée, il fii^t sa vie daus les tortures et sur une croix , tant est grande la diversité des récits. Les historiens témoins des faits, ne s'aiccordant pas même entre eux, l'iocertitude est encore plus marquée diez les autres. Je crois avoir présenté assez de détails; j'ai rassemblé tous ceux qui ont quelque analogie entre eux , et j*ai rapp((^rté à la mort deClitus quelques événements qui la suivirent de prè$.

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CHAPmiE VI.

DéCûte et piort de ftpilamèae.— ProposUion* des ScyMm et du «oi des Chorasmiens.— Défeeiioo des Sogdi^ns vers l'Oxiis ; leur réduction.— Succès de Spilamènc : nouyel échec vengé fiar Cratérius.— Défaite de Spitainène massacré par les siens.

Les envoyés d'Alexandre dans la Scythie reviennent accompagnés d'une nouvelle députation que le successeur du roi sc^llie lui envoyait à son agençaient. Les députés Venaient l'assurer d!une entière soumission, lui appor* taient les. plus grands présents, et lui offraient la tille de leur prince en mariage, comme un gage d'amitié et d'alliance. Que si cette offre n'était point acceptée, Içur roi propo^it aux officiers de l'armée et à ceux qui étaient le plus chers au conquérant , les iilies des premiers de la Scythie; que, si on l'exigeait, il viendrait lui-inéme prendre les oixlres d'Alexandre.

Pharasniane, roi des Chorasmieos, vint sur ces entrefaites trouver Alexandre avec quinze cenl« chevaux ; il annonçait qu'il était voisin de la Golchide et de la contrée des Amazones; que

si le dessein d' Alexandre était de tourner ses armes de ce côté ^ et de soumettre les nations voisines du PootrEuxin » il offrait d'être son guide, et de le défrayer dans la route.

Alexandre répondit d'abord à la dépiitation des Scythes avec bienveillance; et, appropriant son discours aux cir^onst^nceis , il écarte k projet d'un hymen étranger. Après de justes éloges donnés à Pharasmane et l'avoir reçu au nombre de ses alliés, il lui dit qu'il n entrait point dans ses vues de se diriger vers le Poot t mais vers l'Inde dont la conquête rangerait toute l'Asie sous ses lois; que, l'Asie soumise, il rentrerait dans^la Grèce par l'Hellespont et la Propontide , et tournerait vers r£u:pn avec toutes ses forces de terre et de mer, qu'il réclamerait alors les promesses de Pharasn^ne* 11 le renvoie et l'adjoint au Perse Artaba^ae , qu'il avait no^imé satrape des Bactriens et des peuples voisins.

Alexandre marche de nouveau vers l'Oxus, contre les Sogdiens retirés dans leurs places fortes , après avoir relise d'obéir an satrape qu'il leur avait donné. Il campe aux bords du fleuve : on vit, dit-on, sourdre près de la tente d'Alexandre deux fontaines, l'une d'eau vive, et l'nutre d'huile. Ptolémée, averti le premier de ce, prodige, en instruit Alexandre, qai sacrifie après avoir consulté les devins. Aristandre lui prédit d.e grands travaux et la victoire.

If poussé vers les Sogdiens avec une partie de Tarmée, après avoir laissé Polysperchon , Attalus , Gorgias et Méléagre avec une partie de ses troupes dans la baetriane^ pour prévenir lesiroiibles, contenir les barbares et combattre les révoltés. U divise son armée en cmq corps; le premier, sous la conduite d'Ëphestion; le second, sous Ptolémée; le troisième, sous Perdiccas; le quatrième, sous CœnuBet Arta« baze ; et , dirigeant lui-même le cinquième , il s'avance vers Haracande. Les autres se porl^ rent de dif %ents côtés, et^ faisant le siège des places , contraignirait les révoltés a se rendre par force ou par composition. Ces différents corps, après avoir parcouru la Sogdiane, se réunissent sous les œursdeMaracande. Ephes* tion est chargé de conduire ^ colonies dias les villes de la Sogdioiie ; Xœnus et Artabaze, marchent vei% lesScyihes, chez lesquels Spitamène s'était réfugia.

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