LIVRE IV, CHAPITRE IX
Au récit de Ptolémée, on' fit quarante mille prisonniers ; on enleva deux cent trente mille vaches, qui surpassaient en hauteur et en beauté toutes celles connues. Alexandre fit réserver les plus rares pour les faire passer en Macédoine.
CFUPÏTRE IX.
Expédition contre les Agsacëniens.— Passage cIm Gqrée. — Siège de Mas^gues.— Reddition deMassagues; massacre de s«3 habitants. --Siège et prise d'Ores et de B»sire.
Alexandre s'avance contre les Assacëniens , qui Tatten Jaient avec (rente mille hommes de pied, deux mille chevaux et trente éléphants. Cratérus, ayant rebâti Arigée, selon Tordre d* Alexandre, vient le retrouver avec Finfanterie pesamment améa^ et les machines de si^e.
Alexandre, suivi de la cavalerie des hétaïres, des archers à cheval, des bandes de Cœnus et de Polysperchon , de mille agriens et des gens de traits , traverse le territoire des Gurécns , passe le Gurée * avec beaucoup de peine, vu h profondeur du fleuve, la rapidifé de son cours, et le glissant des cailloux arrondis qui remplissent son lit.
A rapproche d'Alexandre, les* barbares n'osant l'attendre en batailfe rangée , se dé* bandent et courent se renfermer dans leurs villes , résolus de s'y défendre.
Le roi se dirige d'abord vers Hassagues, leur çapitalet^Déjà son armée campait sous les remparts, lorsque, renforcés de sept mille stipendiaires, venus d(^ l'intérieur de l'Inde, les barbares fondent sur les Macédoniens.
Alexandi*ene voulantpoint engager iecombat sous leur isi^rs, derrière lesquels ils pouvaient se retirer trop sûrement, et pour les attirer en plaine , fit feire à leur approche un mouvement en arrière auxjtfaeédoniens, qui furent occuper une hauteur à sept stades "" du Gurée, où il avait résolu de camper. L'audace des ennemis est rehaussée par la retraite des Grecs ; ils ne gaident plus leurs rangs , et courent ea désordre sur ceux d'Alexandre. Arrivés à la portée
» Flenve.
* Près d'an quart de liene.
EXPÉDITIONS DALEXAKDRE.
fit iT. l.-C«
du trait , Alexandre donne le àgnsi^ la phalange se retourne et se précipite sur eux. Les gens de trait à cheval, les agrienset les archers, avaient engagé la mêlée, oii le désordre redoubla par le choc de la phalange. Surpris , épouvantés , les Indiens lâchent pied aussitôt, se retirent précipitamment dans la ville , après avoir perdu deux cents des leurs.
Alexandre fait approcher sa phalange des remparts, une flèche lui effleure la cheville du pied.
Le lendemain il iait battre les mjirs par les machines; une partie est renversée ; les Macédoniens s'avancent par la brèdie ; les Indiens la défendent avec courage; Alexandre fait sonner la retraite.
Le deuxième jour on donne Tassant avec un nouvel acharnement. On fait avancer contre les murs une tour de bois, chargée de soldats qui lancent sur les assiégés une grêle de flèches et de traits. La brèche , défendue avec une égale résistance, ne peut être forcée.
Le troisième jour la phalange monte de nouveau à fassaut ; on abaisse de la tour un pont, qu'on jette sur les débris des remparts : on s'était servi de celte machine pour prendre Tyr. Les Hypaspisies passent 1^ premiers; on se précipite en foule et avec ardeur sur le pont qui rompt.sous le poids, et tombeavec les Macédoniens. Les barbares, ranimés par cet accident, lancent sur eux des pierres, des traits, tout ce dont ils peuvent s'armer , poussent de grands cris, lesatiaquentde do^sus les remparts, tandis que d'autres, sortant par les portes étroites ménagées entre les tours des murs , viennent les accabler dans leur désastre.
Alexandre fait ébranler aussitôt le corps d'Alcétas, pour sauver les blessés et favoriser la retraite.
Le quatrième jour , oi) jette un nouveau pont; les Indiens développent la même vigueur de résistance; mais voyant leur chef tomber sous un trait , et qu'ils avaient perdu la meilleure pariiedes leurs, tandis que l'autre était blessée, ils envoient un héraut à Alexandre. Résolu de conserver la vie à ces braves, il les reçoit sou» la condition qu'ils serviraient dans ses troupes. Ils sortent en armes, et viennent camper sur une hauteur en face du camp des Macédoniens , dans l'intention de fuir pendant la nuit, pour
ne point porter leA armes contre leurs compatriotes. Instruit de leur résolution, Alexan* dre les fait cerner dans l'ombre , et massacrer jusqu'au dernier.
Il entre ensuite dans la ville dégarnie de défenseurs, et s'y rend maître delà mère et de la fille d'Assacénus. Alexandre ne perdit dans ce siège, que vingt-cinq Sommes.
11 détabhe Cœnus vers la ville de Bazire, Comptant sur sa reddition , à la nouvelle de la prise de Massagues. Attalus, AIoétas et Démétrius, hiparque S doivent tirer une circonvallation'autour de la ville d'Ores, et la bloquer jusqu'à son arrivée. Les habitants de cette dernière font une sortie, mais Alcétas et les Macédoniens les repoussent facilement , et les renferment dans la ville.
Cœnus ne réussit point dans son entreprise: les habitants de Bazire se confiant dans la force de leur place , en effet , elle s'élevait sur une hauteur entourée de tous côtés par une forte muraille , rejetèrent la proposition de se rendre. Alexandre y marche.
U apprend en route que plusieurs des barbares voisins, détachés par Abissare, doivent se jeter dans Ores. Aussitôt il charge Cœnus d'élever un fort près de Bazire, d'y laisser une garnison pour bloquer les habitants , et de le rejoindre avec le reste de ses troupes. Ceux de Bazire, après le départ de Cœnus, méprisant le petit nombre de Macédoniens , font une sortie; une action vive s'engage; cinq cents barbares sont tués; soixante et dix sont foits prisonjDiers ; le reste est repoussé en désordre dans les murs, oii les Grecs du fort, soutenus par ce succès, les renferment plus étroitement.
D'un autre côté, Alexandre termina facilement le siège d'Ores; la place fut prise du prenuer assaut : il y trouve des éléphants dont il s'empare.
A cette nouvelle , ceux de Bazire perdent courage, et, abandonnant leur ville au milieu de la nuit , se réfugient avec les autres barbares sur le rocher d'Aorne.
' Commandant de cavalerie.
^osiikm inaœesdble du rocher d'Aome; rédnetion de plosiearB places. ^ Siège du roeber d'Aonie, — Reddition de la plaoe ; masncre de sa garnison. — Marche Ters rindoi; chasse anx éléphanti; constracticA .de hargnes.
Cette roche est le plus fort boulevart du pays. On assure que le fils de Jupiter , Hercule, ne put en triompher.
Ce rocher à de tour deux cents stades \ et sa moindre élévation e%t de onze^; on n'y peut monter que par un esAlier taillé dans le roc ; de son sommet coule une source pure et abondante : on y trouve un bois et une étendue de terres labourables I dont le produit peut suffire a la subsistance de mille hommes.
Ces renseignements , et surtout la tradition concernant Heroule , enflamment Alexandre. Il jette des {jarnisons dans Ores et Massagues , pour contenir ce pays et rebùtir la vill^ d/è Cazire. Éphestionet Perdiccas, après avoir élevé les murs d'Orobate, y laissent une garniton , et tirent vers Tlndas , où ils font toutes fes dispositions pour le passage. Nicanor, Tua des hétaïres , est nommé satrape du pays eiHleçà du fleuve.
Alexandre marche lui-même vers.FIndus; soumet « par composition, laviRede Peucéliotis, qui se trouve sur son passage, et peu éloignée du fleuve; 0 y laisse une garnison macédonienne sous les ordres de PhMippe»
Il prend plusieurs autres petite^, places sur les bords de Tlndus , accompagné de Goghée et d'Assagète, hy parques de la province.
Arrivé à Embolime , ville voisine^u rocher d* Aorne , il y laisse une partie de Tarmée sous le commandement de Gratérus, avec ordre d'y amasser des vivres et les provisions nécessaires pour un long séjour , afin que les Macédoniens pussent, au sortir de cetl^ ville, prolonger le siège d* Aorne , si la place n'est emportée d'assaut.
Lui-même, à la tête des archers, des agriens, de la bande de Cœnus, de deux cents hétaïres, de cent archers à cheval , des soldats les plus prompts et les plus légèrement armés de la
'eiienet.
* 15 à 1400 pas.
Arrien.
S27it.i.^ UVRE IV, CHAPITRE X. 4S