‹ Choix des historiens grecsChapitre 171 sur 286 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Eipédition jusqn*à,rindii«. — Députalion de Is ville de Nysa; à quellei conditions eUe obtient sa lit)er(é.— Atesandre monte lar le Mérof. — Arrivée aux bords de rindui.

Entre le Gophès et l'Indus , se présente la

ville de Nysa, fondée, dit-on, par fi ccbus vainqueur de l'Inde.

Quel est ce Baccbus, et quand a-t-il porté la guerre dans l'Inde? était-il venu de Thèbes ou de Tmole (en ^.ydle) ? Obligé de traverser les nations les plus belliqueuses alors inconmies aux Gr^cs, comment n|A*t-il soumis que les

s««.j.^:. - LIVRE V, CHAPITRE I.

Indiens? Il ne fout point percer trop avant dans tout ce que la table rapporte des dieux. Les récits les plus incroyables cessent de Tétre , lorsque les fiiits appartiennent à quelque divinité.

Alexandre, arrivé devant cette vijle, vit venir k sa r«|fionf re une dëputation de trente principaux citoyens , à la tète desquels était Acupbisy le premier d'entre eux; ils lui demandent de respecter , en l'honneur du dieu , la liberté de leur ville. Arrivés dans la tente d'Alexandre , ils le trouvent couvert de ses armes et de poussière , le casque en tète et la lance à la main. A cet aspect , ils se prosternent épouvantés» et gardent un long silence.

Alexandre les relève avec bienveillance et es encourage. Alor% Aouphis : c Au nom de DîonysuSy daignez, prince, laisser à la ville de Nysa sa liberté et ses lois. Le grand Dîonysus , prêt à retourner dans la Grèce, après la conquête deTInde , fonda cette ville , monument éternel de sa course triomphale. Il la peuplades compagnons éméritcs de son expédition. Héros! c'est ainsi que vous ovczfbndé une Alexandrie sur le Caucase , une antre en Egypte; c'est ainsi que tant de villes portent ou porteront le nom d*un conquérant déjà plusgrandque Bacchus. Qe dieu appela notre ville Nysa , en mémoire de sa nourrice ; ce Dom s'étend à toute la contrée : cette monta* gne, qui domine nos murs, porte celui de Héros ^ et rappelle l'origine'de notre fondateur. > Depuis ce temps , les habitants de Nysa sont libres et se gouvernent par leurs lois. Le dieu nous a kiissé un témoignage de sa faveur, ce n'est que dans notre contrée que croît le lierre, inconnu dans tout le reste de l'Inde. >

Le discours d'Acupbisftit agréable à Alexandre; ilcrut| ou voulut faire croire ce qu'on rapportait de Bacchus, fier d'avoir marché sur ses traces , au-delà desquelles il comptait s'élancer; espérant aussi que, par une noble émulatbn des travaux de Bacchus , les Macédoniens seraient prêts à tout entreprendre. Il conservaauxhabitantsdeNysaleurs franchises.

Il s'informe ensuite de leur état politique ; il

applaudit à leur constitution, elle est aristocratique; et il exige qu'on lui livre comme otages trois cents équestres et cent membresdu conseil des trois cents^. Acuphis était du nombredeces derniers ; il le nomme hyparque. Lequel souriant : € Eh comment une cité, d^ourvue

> dç cent hommes de bien , pourra-t-elle se

• gouverner? Si son salut vous est cher, prenez

> trois cents et plus de nos équestres; etau lieu » d'exiger cent de nos meilleurs citoyens, de-

• mandez-en deux cents des plus mauvais,

> le seul moyen d^assurer è notre cité la eon- 1 servation de son ancien éclat. • >

L^ prudente énergie de ce conseil ne déplut point à Alexandre, q«i se contenta des trois cents équestres. Acuphis lui envoya son Ris et son petit-fils.

Alexandre, curieux de visiter les monuments en la gloire de Dionysus, dont le pays des Nyséens est peuplé,, monte sur le Héros , suivi do la cavalerie des hétaires et de l'agrma des phalanges : le . lierre et le laurier y crols^ saient en abondance, on y trouve des bois sombres et peuplés (le fauves, f^s Macédoniens reconnurent avec transport le lierre qu'ils n'avaient pas vu depuis îpBgterops. £ii eff^t , il n'en croit pas dans l'Inde ^ même aux lieux où Ion trouve la yjgne : ils gp i'svtj^i A^ gyi|--

Isinde^ ^t 4^ çgi^i^fm^, ^wmum t^ liym-

nés de Baccfaua, qu'ils appellent par iqus ses noms. Alexandre y sacrifie, et invité les hétaire§ à iia f^tin. Op rSïUW^e fl^^'i^M Jes premimdes Maçéçjonleps, Qpurp|[||ié§ ri^)ier»« dan? cette orgie , pt çofïjpie $;»i§js ij^ fur^ufs dionysiaques, çwror«Jt ep ^fip^gntf îyf çj 4 frénëtiq^ii^s.

Ce fai| , je ^p pçiis pj la çeviifiçf n| |ç Itfîr jqter, Je ne partage ccpen(lapt p.o|flt Tepiploii d'Ératosihènq^, qqi prétend qup toi^} I^ 1^^ neurs ^efld^s alors à la di>îi]J|é J^'éi^iegf qu'gn hommage détpqrni^ qqi ^'adressait -4 l'ofgueil d'Alexandre, auquel on applaudissait; il ajoute à l'appui mille fablc$ des Grecs. Un antre qu'ils trouvent chez les Pârqpaojisadeç est célm de prométbée ; c'est là que l'infortuné a étéatt^ebé, qu^un ai^Ie déchirait ses entrailles'^

■ GoiMe. Baocbiis, selon la fable', lartlt de la cnioede Jupiter.

' Arrien emploie toujours , an lieu des ééaomtut^htmê éftr»B|;èret , In déttanbiaUoQt geeaqiMtet it^ f DeiOfrèoe, ^FaMeaitroQomlqw.

et qu'Hercule vint rompre ses fers et immoler ]*aigle. Ces vaches , marqaées dune massif» anoonceot le séjour d'Hercule daos les Indes. Ils transportaient ainsi le Caucase du nord à lorient» et donnèrent son nom à la montagne dcParopamise, pour imprimer un nouveau lustre aux exploits d'Alexandre. Ératosthène fait la même critique du voyage de Dionysus; je laisse aux lecteurs à prononcer.

Alexandre, arrivé aux bords de Flndus»

trouve le pont dressé par Éphestion, plusieurs petits bâtiments et deux triacontères , des présents de Taxile \ deux cents talents d'argent, trois mille bœnfis, dix millç moutons, trente éléphants. Taxile y joint sept cents hommes de cavalerie indienne auxiliaire, et lui foit remettre les clefe de la capitale , située entre l'Indus et THydaspe*'

Alexandre sacrifie aux dieux , fait célébrer des jeux gymniques et équestres : les augures sont fevorables.

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