CHAPITRE VI
ReciMmaissance dn bras droit de rindw.; flnx et. reflux inconnus anx Grecs. — Sacrifices dans l'ile de GiJIuto et en pleine mer ; retour à Patala. — - Bras gauche de rindus : lac. Retour à Palata.— Excursion contre les Oritiens et les Ârabites.
L'Indus se partage en deux grands fleuves, . qui gardent son nom jusqu'à leur embouchure, et qui embrassent Ytie, Alexandre y faif^uvrir un port et des chantiers. L'ouvrage avancé, il résolut de s'embarquer sur le bras droit du fleuve pour descendre à la mer.
Il détache en avant Léonnatus, avec mille chevaux et huk nulle homtnes d'infanterie, qui doivent le côtoyer dans l'île.
Alexandre, suivi de sesl)âtiments les plus légers, de tous les triacontères , des birèmes , de quelques bâtiments de transport , s'avance sur le bras droit du fleuve. Cette navigatjon ne fut point sans danger ; il n'avait aucun guide, tous les Indiens de ces bords les ayant abandonnés.
Le lendemain s'élevèrent une tempête et un vent contraire qui refoulait les vagues, et faisait entrechoquer les vaisseaux , de maqière qu'il y en eut d'endommagés et même d'entr'ouverts, dont l'équipage eut peine à se saijver.
On fabrique de nouveaux bâtiments ; des détachements de troupes légères sont envoyés à la découverte dans les terres ; on iait prisonniers quelques ludiens , qui servent de guides.
Parvenu à l'endroitoù le fleuve a plus dedeux cents stades de largeur ^ un vent de mer venant à souffler avec violence, et l'effort des rames devenant inutile , on s'abrita dans une baie que les Indiens indiquèrent. Un nouveau sujet de crainte vient frapper lesGrecs , qui
* Six Jicucs.
l'océan. L'onde se retire et laisse d'abord les 'vaisseaux à sec; elle revient au bout d'un temps déterminé, les emporte ; les bâtiments se choquent , quelques-uns sont jetés sur la rive, les autres sont entraînés.
On répare à la hâte le dommage. Alexandre enyoiedeux bâtiments .de charge le long du fleuve pqjtir reconnaître une île où , selon ses guides, il fallait mouiller en route. Cette île s'appelle Cillute ; elle est étendue , on y trouve des^sources , elle présente un port commode. Alexandre y fait diriger toute sa flotte; suivi de ses meilleurs bâtiments , il continue sa navigation pour reconnaître l'embouchure du fleuve, et si la traversée en est facile; à deux cents stades de l'île, il en découvre une nouvelle avancée dans la mer. Remorquant vers la première, il y fifcorde^et sacrifie aux dieux , selon l'oraclç -qu'il prétend avoir reçu d'Animon. Il cingle le lendemain vers la seconde île , et là, il immole à d'autres dieux, selon d'autres rites , de nouvelles victimes , en continuant de Supposer la volonté des oracles.
Il s'avance au-delà de l'embouchure de Tlndus , et en pleine mer , pour découvrir ,. disaitil y quelques nouveaux parages , mais au fond pour se vanter, je le pense du moins, d'avoir foulé les ondes de la grande mer qui baigne les Indes. 11 précipita dans les^ots les taureaux immolés 5 Neptune et les coupes d'or après las Tibations. « Dieu puissant ! protégez » la course de Néarque dans le Golfe Persîque,
> jusqu'à l'embouchure du Tygre ! Assurez son
> retour ! •
Alexandre revient à Patala^ y trouve le fort élevé , et Python de retour avec ses troupes , après avoir rempli sa commission. Épheslîon continue les travaux du port et des chantiers : c'e^ là qu'Alexandre comptait laisser une partie de sa flotte.
Dirigeant alors sa navigation sur le bras gauche de Tlndus , il <;herche à reconnaître si la descente en est plus facile. La distance d'une embouchure à î'autrg est d'environ dix-huit cents stades. Arrivé non loin de l'endroit où rindus se jeitc dans la mer, il trouve un vaste lac * , formé soit de l'épanchementdu fleuve, soit
' Ce tac , ainsi qne tout parait Tannoucer, n*est plus qu'une baie, dans laquelle se décharge le bras oriental.
S8aiT.j.-c.