‹ Choix des historiens grecsChapitre 190 sur 286 · LIVRE VI, CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

LIVRE VI, CHAPITRE VIL

par l'amas des eaux qui coulent des environs. L'Indus , grossi par ce lac , y ressemble à une mer; ii y nourrit des poissons plus grands que ceux de la Méditerranée. Après avoir mouillé à Tune 4^s^baies désignées par les guides, il y laisse tous les bàiimenls de transport , et son armée, sous lesordresde Léonnatus; lui-même conduit les trîacontères et les birèmes, et franchissant lemboucbure, s'arancede ce côté dans la mer. Ce bras lui parut d'une navigation plus facile que l'autre.

Il aborde, et descendant sur le rivage à la tête de quelques chevaux , il va reconnaître là côte. Après avoir battu le pays pendant trois jours, il rejoint la flotte, et fait creuser des puits sur le rivage pour s'approvisionner d'eau.

Il s'embarque, et retourne à Patala, détache une partie de son armée pour achever les travaux , revient au lac , y feit établir un pont et des chantiers , y laisse des troupes avec des vivres pour quatre mois, et tous les objets nécessaires à la navigation. La saison n'y était point favorable ; les vents étésîens soufflaient alors, non pas du septentrion cçmme dans nos contrées , mais du c6(é de la mer et du midi. Cette mer n'est navigable, au rapport des Indiens, que depuis le coucher des pléiades à l'entrée de l'hiver jusqu'à son solstice; alors il tombe des pluies abondantes, à la suite desquelles s'élève un vent doux et favorable à la naWgation. Nénrque attendait cette époque \

Alexandre quitte PsÀala. s'avance vers le fleuve Arûbius, et suivi' des hypaspistes, delà moitié des archers, des hétaïres à pied, dcr Tagéma des hétaïres à cheval , d'un détachement de chaque corps de cavalerie et de tous les archers à cheval, il tourne à gauche vers rOcéan , et fait creuser des puits pour approvisionner d'^eau son armée : il court sur les Oritiens, peupkyy3)re depuis un temps. immémorial, et qiiifirVSit dédaigné de lui rendre hommage; Éphestion conduit le reste des troupes.

> Le témoignage d*Arrien n'est point équivoque stu* le temps du départ do .la flotte macédonienne : c Lorsque » les yentf étésiens (annuels), qui soufflent de la mer sur > la terre , et qui , rcguant pendant toute cette saison » rendent la navigation impraticable, les Macédoniens » leyèrent l'ancre, le 20 du mois de boédromion , Cépbi- » sodore étant archonte à Athènes. » Arr,, ïndic.

Les Barbares indépendants qui habitaient les bords de l'Arabius, n'ayant ni la force de combattre Alexandre, ni la volonté de se ren« dre, fuient ù son approche dans le désert.

Alexandre, après avoir traversé le fleuve, qui est peu considérable , et les déserts pendant la nuit, arrive au point du jour dans un pays cultivée Prenant avec lui sa cavalerie , dont il étend et développe les rangs pour couvrir une grande partie de terrain » il laisse en arrière son infanterie, qui doit le suivre^ en ordre de bataille , et entre dans le pays des Oritiens*. On massacre tous ceux qui ont pris les armes ; on fait un grand nombre de prisonniers; on campe aux bords d'une petite rivière. Alexandre pousse en avant aussitôt l'arrivée d'Éphes* tion.

II touche à la capitale du pays, nommée Rambacia; frappé de sa situation, il résolut d'y jeter une colonie, qui en ferait une ville florissante; Ephestion est chargé de l'exécution.

Prenant avec lui la moitié, des hypaspistes et des agriens, Tagéma de la cavalerie et les archers à cheval, il arrive à un défilé sur la frontière des Oritiens et des Gédrosiens qui , fîunis et campés dans ce passage, lattendaient en bataille rangée pour le lui disputer.

A l'approche d'Alexandre ils abandonnent leur position et/uient. Les principaux des Oritiens marchent cependant au-devant d'Alexandre,et viennent se soumettre avec toute la contrée. Il les engage à rassembler les fugitif, et leur assurer qu'ils n'ont rien ù craindre. 11 lenr Monne pour satrape Apollophane, près duquel il laisse, sous Ic^ ordres de Léonnatus, tous les agriens, quelques archers, quelques chevaux et d'autres Grec^stifiendiaires de toutes armes, avec ordre, en attendant l'arrivée de la flotte, de s'occuper à repeupler la ville, à régler l'administration , de manière que les peuplés s'accoutument à leur nouveau gouvernement.

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