CHAPITRE IL
Retour à Siue; exactions des satrapei; leur ponition. — Mariage d'Alexandre et âeë officiera de Farmée. — Ubéralftë d'Alexandre.— Jaloniie des Macédoniens contn les Épigones.*- Navigation snr TEiiiée, anx emboaboaciiQres da Tygre, et sor ce fleuve.
Alexandre envoie Atropates dans son gou-» vernement, et prend le chemin de Suse. Il condamne à mort Abulitèi, et son fils Oxatrei pour avoir maWersë danê leur administration. Les satrapes qu'Alexandre avait établrs sur les nations conquîtes s étaient rendus coupables d'une infinité de saci iléges envers les temples et les tomi)eaux , et de concussions envers les peuples. Ib espéraient que l'expédition dans rinde traînerait en longueur; qu'Alexan** dre succomberait contre tant de nations ennemies , contre les éléphants , et qu'il périrait au delà de i'Iudus ou de l'Hyphase. Les malheurs surtout que l'armée éprouva dans la Gédrosie, semblaient avoir enhardi la licence des satra>pes, qui, dès lors, ne craignirent plus le retour d* Alexandre. Cf'lui-ci, de son côté, trop porté à accueillir toutes les délations, punit du dernier supplice (2) Igs fautes les plus légères, sur la pensée que les coupables avaient projeté d'en commettre de plus grandes.
Il fit ensuite célébrer à Suse plusieurs mariages. 11 y épousa Barsiue, la fille aînée de Da*» rius, et donna Drypetis, autre fille du roi persan, à Ephestion qu'il voulait allier avec lui. Déjà époux de ftoxane, fille do Bactrien Oxyarte, il le devint encore, si Ion en croit Aristobule, de Parisatis , la plus jeune des filles d'Ochus« Craténis épousa Amastrioe, fille d'Oxyarte, frère de Darius; Perdiccas, la fille d'Atropatds^ satrape des Méd^; Ptolémée le somatophylax, Artacama, une des filles d'Artabase; l'autre ^ Artonis, fut donnée au secrétaire Eumènes; Néarque eut la fille de Barsine et de Mentor; Seleucus celle du Bactriea Spitamenès. Lesa«* très hétaïres forent également unis à quatrevingts filles des Persans «t des Mèdes les plus illustres. La cérémonie se fit à ta m anière des Perses,
Après un festin oit tous les prétendants étaient placés sninmt leurs grades, on «oieaa f
EXPÉDITIONS D'ALEXANDRE
près de chacun d'eux > leurs ffancées dont ils reçurent la main, et qu* ils embrassèrent ensuivant l'exemple du prince. Il n'y eut pour tous ces mariages qu'une cérémonie, dans laquelle on crut voir le témoignage le plus populaire de rattachement et de l'amitié d'Alexandre pour les siens. Chacun d'eux enmena sa femme. Alexandre dota ces Persannes, et fit aussi des présents de noce à tous les Macédoniens qui épousèrent des Asiatiques, et dont les noms inscrits sur des registres se montaient à plus de dix mille.
Il voulut en outre acquitter les dettes de ses soldats '. Il demanda, à cet effet, un état de ce qui était dû par chacun' d'eux; peu voulurent d'abord faire cette déclaration ; le plus grand nombre craignait qu* Alexandre ne l'eût demandée pour connaître les soldats qui dépensaient plus que leur paie. On fait part au prince de ce refus; celui-ci blâmant la défiance du soldat : « Un roi, dit-il, ne doit jamais man- » quer de parole à ses sujeis ; chacun de ceux-ci » doivent toujours compter sur la parole de leur j roi. n II fait dresser dans le camp des tables chargées d'or; on paie tous les créanciers qui se présentent ; on déchire toutes les obligations; on ne prend pas même les noms de ceux qui les ont souscrites. Og ne douta plus de la parole d'Alexandre , et on lui sut plus de gré de ceite délicatesse que de ses libéralités mêmes, qui s'élevèrent, dit-on, à vingt mille talents. II en combla beaucoup d'autres de présents proportionnés à leurs grades, ou à leurs vertus guerrières ; décerna plusieurs couronnes d'or à ceux qui sétaient le plus distingués; à Peucestas, qui l'avait couvert de son bouclier chez les Malliens; à Léonnatus, qui l'avait défendu dans la même occasion , qui courut les plus grands dangers dans l'Inde, vainquit les Oritiens et leurs voisins, et les contint dans l'obéissance; à Néarque, pour avoir ramené la flotte depuis l'Indus jusqu'au Tygre; à Onésicrite , pilote du vaisseau royal ; à Ephestion et aux autres gardes de sa personne.
Les satrapes des pays vaincus et des villes fondées par Alexandre viennent le trouver, lui amènent trente mille jeunes gens dans la
' Diodore place ceUe libéralité d'AIeiandre à l'époqae où les vétérans furent renvoyés. Il ne parle que dei dettes I de ceox-ci , et les évalue à dix mille talents.
fleur de leur printemps, et tous du même âge. Alexandre les appelle ses Épigones, c'està-dire sa postérité, ils sont tous instruits dans la tactique des Grecs dont ils portent Tarmure. Les Macédoniens virent d'un mauvais œil leur arrivée, c Alexandre, disaient-ils, ne cherche que les moyens de se passer de ses vieux soldats. Quelle honte ! il a revêtu la robe longue et traînante des UèdeS; ses noces mêmes, auxquelles nous^ avons participé avec éclat, ont été célel)rées à la manière des Perses ; il se plait à entendre le langage barbare de Peucestas qui balbutie le Persan ; Bactriens, Sogdiens, Arachotes, Zarangues, Ariens, Parthes ou cavaliers persans, qu'on appelle É vaques % tout ce qu'il y a de plus robuste et de plus distingué chez les Barba< res , grossit indifféremment la cavalerie des hétaïres , dont il vient de créer un cinquième corps composé en grande partie d'étrangers. DVt-il pas admis dans l'agéma, Gophès ^, Hydarne, Artibole 3, Phradasmènes et les fils do Phrataphernes , satrape des Parthes et de l'Hyrcanie; Itanes^, Roxanès, frère de l'épouse du prince; dEgobares et son frère Mithrobée ; tous rangés sous le commandement du Bactrien Hydaspe, et armés de piques macédoniennes au lieu de javelots : Alexandre embrasse les mœurs des Barbares ; il a oublié, il méprise les institutions des Macédoniens, i Éphestion est chargé de conduire la plus grande partie de l'infanterie vers le golfe Perque. La flotte touche au pays des Susiens; Alexandre s'y embarque avec leshypaspistes, l'agéma et une partie dô la cavalerie des hétaii'es. Il descend l'Ealée^squ'àla mer, ayant laissé sur le fleuve les vaisseaux pesants ou endommagés, pour monter les plus légers , avec lesquels il cingle, en rasant la côte, vers Tembouchure du Tygre. Le reste de la flotte doit se rendre dans le Tygre par le canal qui le joint à l'Eulée 5.
* Saques, selon Grooovius.
* Fils d'Artabase.
' Tous deux fils de Mazée.
4 FUS d'Oxyârte.
* Alexandre ayant rencontré un pirate qui commeltait des désor4res sur ces côtes , il luLdemanda quel droit il croyait avoit^d'inFester ainsi les mers. — c Le même que > toi de désoler l'uniwrs : mais parce que je le fais avec
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