LIVRE VII, CHAPITRE Itl
Deux fleoves, l'Ëuphrate et le Tygre, enferment celte partie de FAssyrie , qui , par celte raison, a reçu le nom de Mésopotamie. Le Tygre> dont le niveau est beaucoup plus bas que celui de TËuphrate; recueille plusieurs épanchements de ce dernier, et grossi du tribut d'autres fleuves qu'il reçoit , va se décharger dans le golfe Persique. Profond, resserré par la hauteur de ses bords qui ne lui permet point d'en sortir, enflé par des eaux qu'il ne perd pas , il n'est guéable sur aucun de ses points.
L'Ëuphrate, au contraire, plus élevé, inonde les terres à la hauteur desquelles il se trouve; il est partagé naturellement ou artificiellement en plusieurs ruisseaux ; quelques-uns ne sont que des saignées pratiquées par les riverains à certaines époques de Tannée , pour suppléer aux bienfaits des pluies rares dans ces contrées. Voilà pourquoi FEnpbrate est moins pur et moins considérable à la fin de son cours.
Alexandreremonle le Tygrejusqu'à l'endroit où Ephestion , campé sur ses bords , l'attendait avec son armée. Il continue sa navigation vers Opis , fondée sur les rives du fleuve ; il fait briser toutes les digues que. les Persies, assez mauvais marins , avaient construites pour se garantir d'une attaque par mer, et pour interdire en ce cas, à l'ennemi, la navigation du Tygre. t Ce moyen de défense , dît AJexan- » dre,jie convient qu'à des hommçs quinesa- 1 vent point manier les armes, i Effectivement cette défense était misérable, il la fit détruire en un instant.