LIVRE III, CHAPITRE V
Faveirir par l'inspection des entrailles des animaux, et le consulta par iui-nf^éme. Pilha{;ore lui répondit qu il follait l'instruire du nom de ceux qu*il redoutait. Celait Alexandre et Éphestion. Piibagore consulta d'abord les entrailles sur le sort d'Épbestion, et comme il nianquait un des lobes du foie, il répondit qu'il n'y avait rien à craindre d'Éphestion , menacé d'une mort prochaine. Cette lettre arriva , de Babylone à Ecbatane, la veille même de la mort d'Éphestion. Le devin consulta ensuite les victimes sur le sort d'Alexandre; elles offirent les mêmes indications , il fini la même réponse.
Apollodore, pour faire preuve de zèle envers Alexandre, lui découvrit le danger qui le me^ naçait. Le roi lui en sut gré, et, arrivé à Ba*bylonCi il interrogea Pithagore sur la nature du présage que celui-ci lui révéla. Loin de se fôcher contre Pithsq^ore , le prince lui sut un gré marqué de lui avoir confié naïvement ces détaib*
Arisiobute annonce les tenir du devin même» Pithagore Gt dans la suite , sur les mêmes signes y la même prédiction à Perdiccas €\ à Antigonus; au premier , lorsqu'il faisait la guerre à Ptolémée; au second, avant la bataille d'Ipsus cûDire Seleucus et Lysimaque : l'effet suivit la prédiction.
On rapporte aussi que le philosophe Cala* nus, au moment où il s'approchait du bûcher, embrassa tous les bétaires, et s'arrêta ver$ Alexandre en lui disant: c Nqus ndus^rever- » rons à Babylone, et c'est là que je t'em- » brasserai. > On ât alors peu d'attention à ces paroles I que l'on révéla après la mort û%^ le^andre.
A sop entrée h Babylone i( reçoit des députatioQS grecques. On ne cite point le motif qui les amenait; je pense qu'elles se bornaient à lui décerner des coproniies et des féliciiaiions publiques sur son heureux retour de l'Inde. Il k^ renvoya comblées d'honneurs et d'égards; leur fit rendre les stalues des dieux et des héros enlevées par Xerxès et transportées ù Pa* spgarde» à Susé, à Babylone ou dtms les autres villes de TAsie. Ce fut ainsi qu'Athènes recouvra les stalues d'airain d'Harmodins et d' Aristogiton , et celle de Diane Cercéenne,
Au rapport d'Aristobule, il trouva sa (lotte
à Babylone, composée de deux quinquerèmes dePhénicie, trois quadrirèmes , douze trirèmes et trente triacontères. Une partie , sous la conduite de Néarque, avait remonté du golfe Persique dans l'Éuphrate; l'autre, sur lesbords de la Phénicie, avait été démontée; les pièces en furent transportées à Trapsaquc, ob, les rassemblant de nouveau, on les mit à flot sur l'Euphrate.
n ajoute qu'Alexandre fit construire une autre flotte, et abattre à cet effet les cyprès que l'on trouva dans la Babylonie. C'est le seul des bois de la Syrie qui soit propre à la construc^' tion des navires. La Phénicie, et toute la côte maritime, fournit la manœuvre et l'équipage. Alexandre fait creuser à Babylone un port qui pouvait contenir mille vaisseaux longs, et des abris pour les retirer.
Micate de Ciazomène fut envoyé avec cinq cents talents pour lever des gens de mer dans la Syrie et la Phénicie. Le projet d'Alexandre éiait de jeter des colonies le long du golfe susceptibles de le disputer en richesses h la Phénicie. Mais tous ces préparatifs étaient dirigés contre les Arabes, sous prétexte que leurs tribus nombreuses étaient les seules qui ne lui eussent apporté nj présent ni hommage; au fond, c'est qu'il était affamé de nouvelles conquêtes.
Comme on lui racontait que les Arabes n'adoraient que deux divinités , Uranus et Dionysus ; Uranus qui embrasse les astres et le soleil , auteur de tous If s bienfaits de la nature envers l'homme, et Dionysus vainqueur des Indçs. c Je puis être, dit-il, le troisième objet
> de leur culte, puisque mes exploits ne sont
> pas inférieurs à ceux de Dionysus. i Du reste il comptait , après la victoire, laisser aux Arabes leurs lois, comme à ceux de l'Inde. Il était d'ailleurs attiré par les richesses d'un pays où l'on recueille la casse dans les marais , la myrrhe et l'encens sur les arbres , te cinamomum sur des arbustes , et le nard dans les prairies où il croit spontanément.
Se^ côtes maritimes n'ont pas moins d'étendue que celles des Indes ) elles offrent des ports et des rades faciles , des tilles bien situées et opulentes ; plus loin sont des îles. Deux sont remarquables à reraboudiurc de TEuphraie; la plus petite en est éloignée de cent vinyt su-
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des *. Au centre, s'élève ud lemple d'Artémis entouré de Lois touffus qui servent de retraite aux habitants, aux cerfs et aux biches consacrées qui paissent en liberté , et qu'on réserve pour les sacrifices. Selon Aristobule, Alexandre donna à cette ile le nom dlcare, qui appartient à une île delà mer Egée, où le fils de Dédale tomba lorsque le Soleil, dont il eut Timprudence de s'approcher, eut fondu la cire de ses aîle^ : insigne témérité qui lui avait £ait négliger l'avis paterne 1 de ne pas s'éloigner de la terre pour affecter un vol ambitieux. Il faut un jour et une nuit de navigation favorable pour parvenir de l'embouchure de l'Ëuphrale à Tautrc Ile* On l'appelle Tylus : elle est considérable, moins boisée, moins aride ; elle est plus propre ù la culture.
Tel fut le rapport d'Archais qui, «ivoyé avec un triacontère pour reconnaître la côte , ne passa point Tylus. Androsiène, succédant à ses recherches , sur un autre bâtiment, tourna une partie de la côte; mais celui qui savança le plus loin , fut le pilote Iliéron de Soles , également envoyé pour reconnaître toute la péninsule. Il devait revenir par la mer Rouge jusqu'ù Héroopolis; il n'osa cependant aller jusque-là , quoiqu'il eût reconnu la plus grande partie des côtes de l'Arabie De retour, il annonce au prince que leur étendue est immense , presque égale à celle de l'Inde, et que la pointe de cette péninsule s'avance au loin dans la mer : ce que Néarque avait déjà découvert avant d'entrer dans le golfe Persiquc, il avait môme été sur le point d'y aborder selon l'avis d'Onésicritc ; mais il crut devoir se hâter de revenir rendre compte ù Alexandre de sa navigation, dont l'objet n'avait pas éié de naviguer dans la grande mer, mais de reconnaître la côte et les habitants, les ports, les eaux, les productions et la nature du sol, les mœurs et les institutions des peuples. Celte prudence sauva la flotte qui n'aurait pu s'approvisionner dans les déserts de l'Arabie : la même con6idcration arrêta Hiéron.
' Cette ne devrait être une de celles sitaées à la baie
du Graoe; mais la position que lui anigne Ârrîen ne
- correspond en aucane manière avec la leur. En efTet^ccnt
Vingt stades d'Arrien ue font que sept milles et demi ,
ttndis que la distance réelle est de pr^ de (rente.
D'ALEXANDRE