‹ Choix des historiens grecsChapitre 216 sur 286 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Chronologie d'Athènes,

Si Ton veut^se former une idée claire de ces anciens temps , et approcher du yrsA autant que la nature du sujet peut le permettre , H faut nécessairementadopterquelquespointsfixesetâ peu près incontestables , et partager l'intervalle entre ces points de la msnière ia plus vraisemblable. Si l'on ne parvient point par ce moyen à une grande précision , du

des Pélasges, deaeendment des Lydiens j "*®'"'«»^«-^on des approximations; et c'est tout ce

qui s'étabUreat en Italie sous la convoite de Tyrrbtft* ttus et prirent de lui le nom de Tyrrhéniens. Bien Uma d'être Pélasges , ils les diassèreni de fltalie.

On serait tenté de croire que M. Dupnis a cherché à répandre de gatté de cœur les ituages les ptns épais nar l'origine des nations , en brouillant et en confondant toutes les idées reçues. Si tel a été son dessdn, on ose dire qa^il a pleinement réussi. Le même iittéralcur dît, iwge 60 de son Mémoii^ , que toute fa chronologie ancienne est à refondre. Il y a , il est vrai, des difficultés considérables dans la partie ancaenae de la chronologie; mais H s'y trvinve des 4oanées certaines, et 4e reste se dédoit de ces don^ néea, sinon avec certitude , du moins avec beanoonp de ▼nisêmblanoe. Si maHieureosement M. Dopuis se livre à la olfroaologie, il est bien à craindre que ce Aambean de l'histoire ne s*éteigne entre ses mains , et qu'an lieu d'y répandre la Inmiére , il n'y verse C|ve des ténèbres palfiaMes : Et leneln-œ arani t^per fadwm ébyssû

Ce nânoire sans ordre, sans liaison , n'cM qu'on aiBas conftis de matériaux épars de côté et d'autre , qui attendent la main d'un architecte assez habile pour élaguer les uns et pour placer les autres dans l^ordre qui leur convient. Si les Pélasges, que M. Du-

* Dfooia. Hidicani. AniSq. RouIm Mb. i , $ tn.

* IMaoéraida llostitrt Kat. , ixm, ii , pag. M.

qu'on est en droit d'exiger d'un auteur dans cet éloigncment des \emps, et dans la disette où nous sommes des monuments et des écrits des anciens. Ces point fixes ou époques sont : I o le règne d'Ogygès;2ole déitïge d'Ogygès et la première année de Gécrops ; 5o la première année de MélanOios; 4o la première année de MédOn , premier archonte perpétod ; 5» la première année d'Eschyle, douzième archonte perpétue! . Ces cinq époques formeront amant de paragraphes.

Ogygès est le plus ancien roi de ce pays que Ton connaisse. Les A théniens le ' croyaient eux-mêmes îndigène, et Eusèbe « le compte au nombndè leorsrofe. Théophile le reconnaît également dans M'ouvrage adrosé à Antolycus, quoique son texjke aoU niaérablement altéré. Tàn ^k, r^^ ^^pc^ èKét^^t" Axr^ç xXrfiii.

U» bf nédictjns , qui ont donné cetle Mtion , ne se sont pas doutés que ce passage lit corrampu. Cependant il l'est visiblement , et la restitution étaît fatîîle.

itiartueivroi, Africanii Ghroâograph.àpnd Eusebii Pnepar. Evangd. lib.x, cap. x. pajg. 488, D.

• Euseb. Chronicor., Ifb. poster., pag. 6è.

• Theophii. ad Autolye . , lîb. m , pag. 599. B

$4H CHRONOLOGIE

il fallait corriger ?,• 1V/uyo« x6rt ;j^ç«, comme Mearsias Tavait ' fait le siècle dernier, et traduire : « Ogygiis régnait alors dans le pays qui s*appelait » de sun temps ÂCié , et que Ton nomme actuelle- » ment Altique. »

Hellanicus ' et Philochorus , qui ont écrit Thistoire d'AUiènes ; Castor et Tballus qui ont composé celle de Syrie; Diodore * de Sicile, qui a renfermé dans sa Bibliothèque celle de toutes les nations, et Alexandre Polyliislor, attestent qu'Ogyjsès régnait 1020 ans avant la première olympiale. Le règne de ce prince est donc de Tan 294 8 de la période julienne, 4796 ans avant notre ère.

Ils y eut sous ce prince une inondation prodigieuse qui dévasta l'Attique. La plus grande partie des habitants périt ou chercha ^on salut dans la fuite. Ogygès fut du nombre de ces derniers. Quelques-uns en petit nombre se réfugièrent sur les montagnes. Lorsque les eaux se furent écoulées , ils descendirent dans la plaine; et comme un état né peut subsister sans une forme de gouveruemeni quelconque, Tanarchie ne put pas être de longue durée. Accoutumés i la royauté, et ne connaissant peut-être aucune autre forme de gouvernement , ils élurent un roi. On ignore sur qui tomba leur clioix, et quels furent les princes qui succédèrent à celui qu'on avait élu. On sait seulement que * Porpl»yrion fut un de ces rois, et qu'Actœus régna ' longtemps après loi. Porphyrion ^ éleva un temple à Vénus Uranie dans la bourgade des Athmonéens. Aciœus n'eut qu'une fille. Elle épousa ' Cécrops, qui lui succéda.

Il est vrai que, si Ton en croit* Philochorus, ces princes n'ont jamais existé. Mais si Ton pèse les raisons que je viens de donner, et que Ton ajoute à ces raisons le témoignage de Pausauias, qui nomme deux de ces princes, on sera pleinement convatncn que Philochorus s'est trompé.

Quoi qull en soit , Cécrops fut reconnu roi 489 ans après cette inondation , si Ton en croit les auteurs cités par » Jules Africain. Mais Ton ne peut fixer l'époque de cette inondation que Ton n'ait déterminé celle du commencement du règne de Cécrops.

• Meurs, de Regibos Athéniens. , lib. i , cap. m.

> Africani Gbronograpb. apud Eusebli Pneparat. Evangelicam , lib. z , pag. 458, D. 489, A.

• C'était probablement dans le livre sixième. Il est perdu, aiofi que les quatre suivants.

4 Pausan. , lib. i , cap. ziv , pag. 56.

• Ib. , ibid. , cap. ii , pag. 7.

• Id., ibid. , cap. xiv, pag. 56.

' Id. , ibid. , cap. ii , pag. 7.

' • African. apud Eusebii Piteparat. Evangellcam, pag. 490, A. Syncelli Chronograpb. , pag. 448.

• Africaa. apud oseb^Prapp. EvaQg.,pag. 489 A, 01 490, A.

D'HÉRODOTE

S n. Déloge d'Ogygèi. Première aimée de Gécropt*

Les Marbres de Paros ■ Mettent la première année de Cécrops Tan 4518 de Tère altique, qai répond à Pan 5452 de la période julienne, 45S3 ans avant notre ère ; Eusèlie , Tan 5458 de la période jatienne, 4556 ans avant Tère vulgaire, et le Syncelle ' Tan da monde 5945, qui revient à Tan 5150 de la période julienne, 4555 ans avant notre ère, ee qui fait entre Eusèbe et la Chronique de Paros une différence de 26 ans. Cependant cette différence étonne moins que Tacoorddeces deux chrondogîes dans la durée des règues depuis Cécrops jnsqu^à la dernière année de Ménesihée, qui se trouve dans l'une et dans Tautre de 574 ans. A laquelle de ces deux clu'onologies duit-on donner ia préférence ? C'est ce que je vais examiner le plus brièvement qu*il me sera possible.

Les temps historiques ne font certains pour les dates, chez les Grecs , que depuis la première olympiade. On se servait, pour déterminer les années qui avaient précédé cette époque, des générations, règle qui est infaillible pour approdier de très-près lorsqu'il s'agit d'un assez grand nombre de générations , mais qui devient illusoire lorsqu'il est question d'un très-petit nombre. Il fautquecesgénérttiODs soient exactes. Le fil une fuis brisé , ce ne sont p!ns des générations, ce sont des successions, -et Ton est obligé de recourir à une autre règle pour trouver des évaluations A peu près certaines. Il paraît liors de doute qu'Eusèbe n'avait pas d'autre moyen pour fixer le commencement du règne Cécrops que celui des générations , ou que s'il ne s'en est point servi , il n'a fait que copier des auteurs qui en avaient fait usage. Voici quelle a dil être sa manière de procéder.

Apollodore et Ëratosthènes commençaient leurs dironologies à la prise de Troie , ou , tout au plus^ à ia naissance d'Hercule. Cela parait évident , parce qu'ils avaient pris pour base de leurs calculs la famille des rois de Lacédémone, qui remontait en ligne directe jusqu'à ce liéros. Je ne m'arrête point à le prouver, me réservant de le Caire dans le chapitre XIV, concernant l'époque de la prise de Troie. Eusèbe , qui fait partout profession de suivre pas à pas ces deux écrivains , emprunta de ses guides la date de cette prise ; mais ne trouvant rien dans leurs chronologies qui concernât les rob d'Athènes , il eut

* Marniora Ozoniens. Epoch. i, p^g. 49.

* Le SyDcelle donne 486 ans de durée aof onie premiers rois, parce qu'il assigne, contre toute autorité, 55 ans i Ménestbée , qui' n'en a régné que 25. Il est vrai que, pour se retrouver, il ne donne que 25 ans de règne à Démopboo , son sueoeiseur, quoique ce priooe en ait régné JVS.

PRR LARCHEK.

recours à Tauteurde la Chronique deParos, ou aux écrivains d'après lesquels cet auteur Pavait rédigée. Ayant trouvé dans cette Chronique un intervalle de 574 ans entre la première année du règne de Cécrops et la dernière de Méneslhée , il Tadopta, et retrancha 974 de la date de la prise de Troie , qu*il avait trouvée dans ApoUodore et Ëratosthènes. Il eut alors pour la première année du règne de Ce^crops l'an 5458 de la période julienne , 4556 ans avant notre ère. Cette manière de procéder est d^autani plus vicieuse qu'elle confond deux systèmes en un et qu'il parait cerUin qu'Apollodore et Ëratosthènes auraient donné une date très-différente à Tavénement de Cécrops au trône, s'ils eussent prolongé leurs chronologies jusqu'à son temps.

LeSyncelle, qui contredit quelquefois Ëusèbe, lorsqu'il est question des Assyriens , le suit presque toujours lorsqu'il s'agit des Grecs. Eusèbe avait mis entre la première année du règne de Cécrops et la dernière année dé Ménesthée un intervalle de 575 ans. Le Synoelle , ne s'étant pas douté qu'Eusèbe avait confondu deux systèmes en un, mit aussi entre le commencement de ce pretnier roi d'Athènes et la mort de Méneslhée , un intervalle de 575 ans. Je sais que dans les éditions de cet auteur l'intervalle est de 586 ans. Mais cette erreur vient probablement de ses copistes, qui ont donné 55 ans de règne à Ménesthée , qooiqoe tous les chronologisies conviennent qu'il n'en régna que 23: En effet , ces mêmes copistes s'étant aperçus qu'ils avaient dérangé la clironologie atlique, et qu'ils seraient obligés de reculer de 40 ans la première olympiade , qui éUit cependant un point fixe et invariable, ils aimèrent mieux donner 40 ans de moins à Démophon que de commettre, une pareille erreur, ou de réformer ce qu'ils avaient dit sur la durée du règne de Ménesthée. Us n'accordèrent conséquemment que 25 ans de règne à Dempphon , quoiqu'il en eût régné 55. Le Synrelle s'accorde donc parifoiiement au fond avec Eusèbe.

Ces deux écrivains sont presque les seuls auteurs ecclésiastiques dont nous ayons une chronologie suivie. Dans les premiers siècles du christianisme , on s'était proposé de prouver que les Grecs étaient une nation récente , qu'ils tenaient tontes leurs connaissances des autres peuples, et qu'ils avaient emprunté des Hébreux leur morale et leurs lois. On s'imaginait favoriser la causo de la religion , qui n'y gagnait cependant rien, et Ton ne s'apercevait pas qu'en recourant à des moyens aussi futiles on prélait le flanc à ses ennemis. La prévention fit passer par -dessus toute considération , et l'on fit un accueil favorable à un système qui retranchait près d'un siècle d'antiquité à cette nation. On était alors si peu versé dans la connaissance de la critique,

qu'on ne s'aperçut pas qu'en laissant aux (vrecs ce siècle, il n'en était pas moins constant qu'ils étaient très modernes en comparaison des Juifs et des Egyptiens. Il est certain que les Grecs avaient pris beaucoup de choses des Egyptiens et des Asiatiques, et que les colonies de Cécrops , de Danafis et de Cadmus avaient beaucoup contribué à les policer ; mais on ne prouvera jamais qu'ils aient rien emprunté des Juifs , on même qu'ils aient connu ce peuple avant le règne d^Alexandre. Quoi qu'il en soit , les chronologistrs modernes , qui s'étaient proposé pour but de faire accorder la chronologie des Hébreux avec celle des autres peuples , ne manquèrent point d'adopter, en tout ou en partie, un système qui favorisait leurs vues, sans examiner si ce système avait de l'ensemble, si ce n'était pas plutôt un assemblage monstrueux, incohérent, de différents systèmes, et si les diverses parties dont était composé ce nouveau système étaient posées sur une base solide. S'ils eussent procédé à cet examen à l'aide de la critique , on leur aurait une obligation infinie. Mais puisqu'ils n'oQt pas jugé à propos de le faire, ou plutôt, puisqu'ils n'y ont pas même songé , je me crois obligé d'entreprendre ce travail , persuadé qiron me saurait gré de m'èlre tracé une route nouvelle, quand même je n'aurais pas pleinement réussi.

H est évident qu'Eusèbe et le Syncelle ont piis d'Apoilodore et d'Eratosthènes la date de la prise de Troie,'et qu'ils ont emprunté de la Chronique de Parus, ou des auteurs qui avaient servi à la rédaction de cette chronique, ce qui regardait la chronologie des Athéniens. J'examinerai dans le chap. xiv le système d'Apoilodore et d'Eratosthènes sur la prise de Troie. Quant à la seconde partie , qui concerne la chronologie athénienne , je vais actuellement m'en occuper.

Il /aut se rappeler qu'avant les olympiades , les Grecs ne connaissaient qtte quelques dates , et que lorsqu'ils voulurent mettre de Tordre dans leur histoire, et assigner aux faits une date quelconque , ils imaginèrent la règle des générations; l'auteur de la Chronique de Paros, ou les écrivains qui lui avaient servi de guides, n'avaient pas d'autre moyen. Ils prirent pour base de leur calcul la prise de Troie, et la fixèrent à l'an 5505 de la période julienne, 4300 ans avant notre ère, ou plutôt à l'année suivante. Ce n'est point ici le lieu d'examiner les motife qui engagèrent l'auteur de cette chronique à adopter cette date; je me réserve de le faire dans le chapitre où je parlerai de cette prise. Cet auteur partit de cette époque comme d'un point fixe et invariable, et remontant de la dernière année de Ménesthée, qui coïncidait avec la prise de cette ville, jusqu'à la première année de Cécrops, il trouva douze rois, y compris Démophon, successenr deMé*

CHRONOLOGIE DHÉKODOTE.

neslhée; m daos le cak»i des générations, on compte toDJoiirs les deax extrêmes. Regardant ensoite ces dtHize rois comme s'ils s'étaient snccédé de père en fiLt, ii les prit pour autant de générationsy et calcula leurs règnes en conséquence. Douze générations fiml 400 ans. Ainsi Cécrops était né, selon ce système , 400 ans avant la prise de Troie. Cet auteur le fit régner 27 ans aprèi sa naissance, et il est assez vraisemblable qu'il soit monté sur le liône à peu près à cet âge. Il était Égyptien, et probablement d*un sang illustre: il devait être alors dans ki première jeune$>sô , dans Tàj^e où le sang a le plus d'effervescence. Soit qu'il parût dur à un homme de sa naissance de vivre en simple particulier, soit qu'il eût échoué dans quelque entreprise haisardeuse que lui avait suggérée son ambitiou, il s'expatria et vint dans TAltique, qui était alors gouvernée par Actieus. Ce prince fit accueil à cet étranger, et reconnaissant en lui des talents supérieurs , il lui fit épouser ■ sa Ûlle unique , et te destina à être son successeur. L'Egypte était depuis longtemps un pays policé, et cultivait avec succès les arts et les sciences. On ne peut guère douter qu'avant Tépoque du déluge ^'Ogygès, TAltique ne connût les arts, du moins ceux de première nécessité; car comment des hommes rassemblés en société pourraient-ils vivre sans arts ? Mais il est vraisemblable que, la plupart de ses habitants ayant péri dans cette inondation, et les autres s'étant sauvés , il est,dis-je, vraisemblable que ceux qui, après l'écoulement des eaux, descendirent des montagnes où ils s'étaient réfugiés, privés de toutes connais^anceB, vécurent comme des sauvages. Il est naturel d'imaginer qu'un prince qui apportait avec loi les arts utiles et de bonnes lois fût regardé |>ar le peuple comme un dieu tulélaire, et qu'on eiU d'autant moins de peine à lui déférer ia couronne qn'il avait épousé la fdle de leur dernier roi.

Il y a des auteurs qui prétendent que Cécrops était indigène. Supérieur à ses compatriotes, autant . par ses taleuts que par une naissance illustre , il sot se concilier la bienveillance du roi , t\ s'attirer le respect de la nation. Le prince , qui ne voyait personne dans ses états qu'on pût comparer à Cécrops, lui donna fsa fille en mariage; et le peuple, qui le respectait, lui déféra d'autant plus volontiers, qu'il ne paraissait en cela que confirmer le choix qu'en avait tait le roi foiv lui succéder. Ainsi, quelle que soit l'hypothèse que l'on adopte, soit qu'on regarde Cécrops comme Égyptien, ou qa'on le suppose indi-

* Pansau. AttTc. sive lib. i, cap. ii , pag. 7.

^ApoRodori BibUoth., lib. ni, cap. xni, pag. «f. Afrîoao. âpiitf Euscbii Praeparsf. KYan^cHcam , lib. x, cap. X, paf. m, D. Trienphit. ad ktmA^a,, lib. m, pajf.

gène, on n'aora pas de peine à comprendre con> ment il parvint à la royauté.

L'auteur de la Chronique de Paros fiisait dbfllre , com'iie on l'a vu , Cécrops l'an MOB de la périodô julienne, 4600 avant notre èate\ el sOpposant, par des vraisemUanees très-josiea, que Ton infèrtcte son système , qu'd était venu dans l'Atti^fie à Idge de 37 ans , il le fit régner l'an SI53 de la période jalienne, 4582 ans avant notre ère.

Telle est la méthiide qu'ont suivie l'aotemr de la Clironique de Paros, Ëusèbe et le SyneeUe; eàr ib s'accordent à mettre un intervalle de 37& ans enire la première année du règne de Cécrops et hi dernière de Ménesthée ; et s'ils dtfCèreiit entre eox sur la date de la première année de Cécrops, c'est qu% plaçaient L'époque de la prise de Troie, les nns dans un temps, les autres dans un autre.

J'osç avancer que ees écrivains se sont grosssèremeni trompés. Ces douze rois, ne s'étant pas snccédé de père en fils , ne doiveol point être eontplés pour autant de générations. Cécrops Ma Egyplien, Cranaûs Athénien , et n'était point parent de Cécrops. Ampîiioiyon était gendre de Qranaû», d nmi son fils. Ericikihonîus , fils de Yiileaia , ebaasa An»phiety on, de même <pie cektt-d avait <Aas8é Granafis. Les rois gui vinrent enmite se sueeédèrent de père en fils , excepté Ménesthée, fui était d'one anire branche. Il y a ^nelque doute espeudant sur Ce* crops II et Pandion , parce qn'Ëusèfae el le Syncelle préteudent qne le premier de cas âenx prinees était frère d'Ërechthée, et non son fils, elle second fils d Ërechthée , et neo son petit-tile. Il s'ensnic de là que le nombre de générations étant trè»-petit« on n'a pu se servir de ce moyen pcMir calenler la du* rée des règnes de ces priuees. Les aueeessiona étant encore en moindre nombre , en a pu enoore moine eu faire usage. On aurait dû pluiAl employer ma terme moyen entre trente-trois et dix^neiif, qui sosl les nombres auxquels on évalue ko fédération» et les successions. ^ prends en eonséqueiiee vingt-eimi, que je multiplie par d5»uxe : on a 500. Si en lee ajoute à iSOd, qui est l'époque de la prise de Troàa« selon l'auteur de la Clu-oniqne de Paroa, il s'ensoil que cet écrivain aurait dû placer la première auBèe du règne de Cécrops l'an 5i05 de la période julienne, 4500 aw avant notre ère, et fiusèbe l'an 5tôa de la période julienne, 448ât avant l'eve vulgaire : du mçMnsauraient-ils caleuié Tiatervaile entre l'avènement de Cécrops au liôoe et la merl de Ménesthée , aussi juste qu'il était possible, de le Wre> Tordre des générations étant rompu. Us se seraient cependant trompés, parce qu'ils s'étaient mépris sur la véritable époque de la prise de Tcoie.

Je pose en fait actuelkment que cette viUe a été pri&e Tau 54 H de la période julienne, 4270 ans

PAR LA.RCHER.

iS&l

avant l'ère vulgaire, el je le prouverai dans le chapitre conceroaDl celte époque. Méuesibëe est donc mort celle années et, suivant la règle que j'ai établie, Cécrops a dii rommeucer à ré^er l'an 3H4 de la période julieone , 4370 ans ivaut notre ère. Si le déluge d'Ogygës est arrivé 18» ans auparavant, comme nous l'avons avancé ■ d'après l'Africain, il s'ensuit qu'il est de l'an 2055 de la période julienne, 175!* ans avant l'ère vulgaire, et de la ST'aunéedu règne d'C^ygès.

Ce déluge lit une terrible impression sur l'esprit des peuples de l'Atlique. Pour en perpétuer la mémoire, on en célfbra l'anniversaire le premier jour d'anthestérion, qui répond ait 6 de février. IL est vrai que Plutarque préiend que ce jour répond aux calendes de mars. Je ike duuie pasqu'il ne l'ait trouvé ainsi dans les Mémoires de Sylla, qu'il avvit, de son aveu, considiés; mais il aurait dû fdire ailention que l'année romaine était alors dans un dérangement con.~idéralile. Quoi ()u'il en soil, il n'en est pas moins certain , d'après le rapport du même ■ Plutarque , que lorsque iifita prit la ville d'Atlièoes, l'an 4028 de la période iulienne, 86ans avant l'ère vulgaire, et la seconde année de la CLXXlli* olympiade, on faisait la commémoration de ce déluge, c'est-à-dire qu'on la celebiail encore 1673 ans après qu'il fut arrivé.

L'auteur d<: la ClironiquedeParos, Eutèbe,etle Syncelle, ayant évalué l'iiit^rvalle eiiire la première année de Cécrops et la dernière de Heueslliëc i 573 ans ou eaviruii ont donné cousequemmeut des règnes très-longs , et tels qu'il s'en trouve peu dans riiistoire d'aucun pays. J'ai prouvé que cet intervalle h'éiait que de 50U ans. Il a donc fallu nécessairement que j'abrégca^e la durée de ces règnes, sans aucun égard pour celle que leur attribuaient ces auteurs, parce qu'elle était ron<iée sur un taux principe. Me voyant alors en pleine lilwrté, j'ai disiriboé à mon gré ces 300 ans, de manière que les princes i qui les Marbres de Parus et Eusèbe dooneat on plus long règne en aient aussi un plus long dans ce nouvel arrangement, el de manière aussi que les principaux événements de l'Iiistoire corretpandent avec les princes i qui on les aiiribue.

La dernière année de Méneslbée étant inconlesl»blemeut de l'an 3444 de la période julienne, tSBit ans avant l'ère vulgaire , el ce prince ayant régné 33 ans, la première aunée de son règne est de l'an 3421 de la période julienne, 121(3 ans avant notre Ère. Ce prince descendait ' d'Erechtbée par Péléns et Oméus, et se trouvait, par conséquent, k la qoa-

• Estai Mir la Cbrooolo^.

« PlniaKb. io SylU , pag. «I , A . cWnWe 455.

■ Flutarch. In Tbesro, pag, 15, B,

trième génération. Les quatre généraiions font lU ans. Il n'y a qtte 4S8ans entre l'avènement d'Erechtbée i La couronne et celui de Héoestbée. Tbésèe a a dil régner an moins 39 aps ; Eusèbe et le Syncelle lui en donnent 30; et ctunme il avait 50 ans lorsqu'il enleva Hélène, qui n'était pas enoi»e nubile, je mets sa naissance en 3368 de la période julienne, 1346 ans avant l'ère vulgaire. Quant aux princes qui l'ont précédé, je les place assez arbitrairement , si l'on excrpte Cécrops, dont le règne est posé sur des principe* qui me paraissent incontestables. Voici mûntenaot le tableau, ou cuion de leurs règnes.

Ogygè»

DeiuKe d'Ona'v

AclBui, rcf[De24 am

Cécrops, premier riii, Msns . . , ,

CriDiSs, second lol, 10 an

Amphietyoo,lrouirmeroi, 12 bm, .

EHclitbiiniui, i|uslrième roi, 36 ans.

PaiidloD t', eim|UiNue roi, SI sni. .

fcreettttiee , dii(>nie roi, SI sni. . . . (.ecroptlJ, septième roi , 10 sus . .

raniMuD ri, huitième r<ii,2G ans . .

E|t«e, neafltme rai , 3t) an*

l'b«sée,diuimeroi,2ï*Bns . . . .

MéneEtbée , ottiième roi , 23 aoi . . .

MorldeMdDPsKi^. ■ ani

IMmopbon, iii>niièaie mt, 41 aoi. ■

Oiynt

)i , 30 ai

Apliidas , qualonitme roi, Thjmiellitv, qaimiènierol, Saui. .

MelanlhiH, saiiièaie riH,S7sin. . , Codrus, dix-srplitmeroi, 21 ans. . .

DéiODenient deCodrui

S lU. DcU prCDilireaanMdarigiiede.

Mélanibus était roi de Messénie, et descendait de Nélée au sixième degré ' . Les Héraclides, étant ren^ très dans le Péloponnèse, le chassèrent de sesétnts". Il se rértigia à Athènes. Les Alliëniens éiaient alors en guerre avec les Béotiens au sujet de Mélsenes >, petite place sur IfS frontières de l'Auiiiue el de la Béoiie. Les Athéniens étaient commandés par Thymatës, leur roi, et les Béotiens par Xanihus. I^s deux peuples convinrent de remettre la décision de leur différend à un combat patlîculier entre les deux rois. Thymcetès refusa le combat, et fut snr-le-champ privé de la couronne. Mélanlhus , qui se trouvait à l'armée, l'ayant accepté, sortit victorieux, et fut recomm en qualité de roi. Le retour des Héraclides dans le Péloponnèse est de l'an 5324 de la période julienne, 1190 ao« avant nuire ère, comme je l'a prouvé dans le chapitre xv( , concernant les Héraclides. Il y a donc un intervalle de 80 ans ' enlre la prise de Troie et la conquête du Péloponnèse. L'in-

• Panun.CoriDlbiacslTeUb. it ,cap. xTHi,pag. t3<. >Id.,ibid.,paB. Isa.

'■ PotraolStratagemat. , lib. i , cap. in, ptg. 5S e( S9. "'4'vôyn le cbspitre m , concemSDt les Bétaclides,

CHRONOLOGIE D'HÉRODOTE

lervalle est, par conséquent, le môme entre la première année de Démoplion et la première année du r^ne de Mélantlius à Âtliènes. Cependant Eusèbe De donne que 54 ans pour les règnes de Démophon. d'Ozyniès , d'Aphidas et de Thymœtès. Il est donc évident que ce chronographe a trop abrégé les règnes de ces princes. Mais par quelle rai&on les a-t-il abrégés, lai qui aurait dH les alonger , s'il eût suivi la règle des générations , comme j'ai avancé plus haut qu'il l'avait fait? Cette objection a quelque chose de spécieux. Je ne la crois pas cependant bien solide. Eusèbe avait établi le règne de Mélanthus par les générations. Il réduisit les treize générations, depuis la première année de Mélanihus, jusqu'au commencement de l'archonte i£schyle, à douze générations , parce que Codais avait été tué, et qui ) n'était pas question de déterminer Tannée de la naissance de MélanUius , mais celle de son avènement au trône. Douze générations, à 30 ans, f<mt 560 ans, lesquels, étant ajoutés à 776, qui est l'année de l'institution desolympiades, lui donnèrent Tannée 5378 de la période julienne, 4156 ans avant notre ère. Cependant il a mieux aimé placer la première année de Mélanlhus 9 ans plus tard, parce qu'il suivait pas à pas Casior , qui donnait

j'augmente les règnes de Démophon et d'Oxyntès» de manière qu'ils fassent 71 ans. Ce changement était absolument nécessaire; la somme des règnes de ces quatre princes étant déterminée à 80 ans, puisque tous les chronotogistes mettent cet intervalle entre la prise de Troie et le retour des Héraclides , qui coïncide avec la première année de Mélanthus , et les règnes d'Âphidas et de Thymœlès ayant été très-courts, par les raisons susdites.

Mais peut-être Eusèbe ne s'est- il pas donné tous les soins que je suppose qu*il a pris. Il est certain qn'Apollodore et Eratosihènes n'ont fixé la prise de Troie et le retour des Héraclides que d'après la suite des rois de Lacédémone :^Diodore de Sicile ■ et Plutarque le disent positivement. Il y a grande apparence que ces savants n'avaient pas embrassé la Grèce entière dans leur chronologie , et qu'ils s'étaient contentés de parler de Lacédémone , en remontant jusqu'à Hercule, tige des rois de ee pays. Eusèbe se proposa pour but une chronologie universelle. Ayant remarqué que celle d'Eratostliènes avait une grande réputation, il l'adopta sans balancer pour les époques d'Hercules, de la prise de Troie, du retour des Héraclides et des rois de Lacédémone. Mais comme il faisait aller de pair la chronologie

58 ans de règne à Mélanthus et à Codrus , et Era- d'Athènes , il se vit obligé d'abréf^ les règnes des

tostbènes , qui mettait la colonie ionienne 60 ans après le retour de Héraclides. S'étant vu dans la nécet^siié de placer Mélantlius Tan 5587 de la période julienne , 4427 ans avant notre ère , il a été forcé d'abréger les règnes des quatre princes antérieurs à Mélanthuft.

La méthode d'Eusèbe est vicieuse. Il aurait dû faire attention que Thymœtès était frère d'Aphidas , et qu'il avait été dépouillé de la couronne. Ces quatre princes ne devaient être comptés que pour quatre successions , lesquelles font, à 49 ans l'une portant l'autre, 76 ans ; ce qui appproche beaucoup des 80 ans d'intervalle que mettent les auteurs les plus accrédités entre la prise de Troie et le retour des Héraclides, et par conséquent entre la prise de Troie et la première annéede Mélanthus. J'ai donc été forcé d'alonger quelques-uns de ces règnes , de manière qu'ils fiïsent ensemble 80 ans. Aphidas eut un règne très- court , et même il ne régna qu'un an, si l'on en croit Eusèbe. Je suis d'autant plus volontiers de son avis que son frère Thymœtès , qui lui succéda» et à qui le même Eusèbe ne donne que huit ans de règne, était dan&la force de l'âge , lorsqu'il fiit dépotisédé : car sans cela , le défi que lui proposa Xanthus n'aurait pas été ^al , et les Athéniens n'auraient pu déposer ce prince , à cause de son refus , sans commettre la plus criante de toutes les injustices. Je laisse donc à ces deux princes les neuf ans de règne qui leur sont attribués par Eusèbe , et

rois et des archontes , parce qu'Eratosthènes , son guide , avait, en suivant une méthode vicieuse, que je développerai ailleurs, raccourci les temps des rois de Lacédémone. Le même Eusèbe n'avait point de guide pour la chronologie des rois d'Athènes antérieurs à la prise de Troie, ou, s'il en avait, il suivait Dlcaearqne, ou Tanteur de la Chronique deParos; ce qui est d'autant plus vraisemblable qu'il donne aux rois d'Athènes, depuis Cécrops jusqu'à Ménesthée , le même nombre d'années que la Chronique de Faros. Si le commencement du règne de Cécrops ne se trouve pas dans sa chronologie la même année que sur les Marbres, cela vient de ce que les Marbres mettant la prise de Troie l'an 5505 de la période julienne , 4900 ans avant notre ère, ils remontaient de là jusqu'à Cécrops; au lien qo'Eusèbe ayant fixé, avec Eratosthènes , la prise de Troie en l'année 55Sâde la période julienne, 4482 ans avant notre ère , il a été forcé , en prenant dans Eratosthènes Tépoque de la prise de cette ville, et dans la Chronique de Paros , ou dans quelque autre autenr, la durée des règnes des rois d'Athènes depuis Cécrops jusqu'à la fin du règne de Ménesthée; il a , dis-je, été fbrcé de mettre Cécrops 96 ans plus tard que ne l'avait fait l'auteur de la Chronique de Paros. Eusèbe n'avait donc pas de système suivi et uni-

* Diodor. Sicul. , Itb. i , pag. 9 , Piutarcb. in Lyeurgo » pag. 58 , F.

PAR LARCHER

OÔÙ

forme dans la chronologie. Il puisait tantôt dans une source , tantôt dans une autre. H prenait dans Ctésias, etc., ce qui regarde l'Assyrie; dans la Chronique de Paros, ou dans les écrivains qtie l'auteur de cette Chronique avait pris pour guides , ce qui concerne les rois d'Athènes; dans Eratosthènes et ApoUodore , tout ce qui a rapport aux rois de Laoédénume, etc. Il a rassemblé ces chroniques éparses, et en a fait un tout , en alongeant on en abrégeant les temps selon que Teiigeaient les circonstances, sans avoir de vues générales, sans s^étre fait de système approfondi. Aussi siiis-je très-persnadé de lui avoir prêté des vues trop vastes en supposant qu'il avait calculé les générations quand il a été question des rois d'Athènes depuis Cécrops jusqu'à Ménesthée inclusivement. Je sois actuellement convaincu qu'il a pris la durée de leurs règnes ou dans les Marbres de Paro^, ou dans quelque autre chronique athénienne, et que, pour les temps postérieurs, il a suivi Eratosthènes, et qu'il a abrégé, par cette raison, tout ce qu'il a trouvé sar les rois et les archontes athéniens dans les chroniques d'Athènes , afin de concilier ces chroniffoes avec celle d'Eratosthèiies sur les rois de Lacédémone. Il ne fout donc pas être surpris de voir cet auteur si peu d'accord avec les Marbres sur la durée des règnes et des archontats; et Ton doit conclure de ce que je viens de dire qu'il est, en matière de chronologie, d'une très-mince autorité.

S IV. De la première année de Uédoo , premier aichonte

perpétuel.

Castor ' nous apprend que les règnes de Mélanthus et de Codrus font ensemble 58 ans. La fin du règne de Codrus , et la première année de Tarchontat de Médon , est donc de l'an 3582 de la péliode julienne, iiS± ans avant notre ère. Eosèbe avait sans doute sons les yeux la chronologie de Castor lorsqu'il donnait * à Mélanthus 57 ans de règne, et 2\ à Codnis, qui fout en effet 58 ans. J'ai cru devoir le suivre par cette raison.

Eratosthènes donne le même calcul. « Du retour ' des Héraclides , dit-il , à la colonie ionienne , il y a 00 ans. 9 Nélée, qui se mit à la tète de cette colonie, était frèie ^ cadet de Médon. Il avait voulu supplanter son frère dans l'arclioiitat , sous prétexte que celuici était boiteux. L'affaire ayant été remise à la décision de l'oracle de Delphes , ses prétentions furent rejetées. Nélée , ne pouvant se résoudre à vivre en simple particulier, alla s'établir en Asie. Il fallut au moins deux ans pour foire les préparatifs d'une co-

* Euiebii Chronicon , lib. poster. , pag. 96. > Id. , ibid. , pag. 96 , 98 et 99.

■ Clément. Alexandr. Stromat. , lib. i , pag. 402. 4 Pauno. Achaic. sive lib. vu» cap. ii, pag. 525.

lonie aussi considérable. Si elle eut lieu , comme le dit Eratosthènes , 60 ans après le retour des Héraclides, i'arcliontat de Médon doit être de l'an 5582 de la période julienne , 1452 ans avant notre ère, et Mélanthus et Codrus doivent avoir régné 58 ans, selon le même Eratosthènes. Ce qi^ prouve la justesse de ce calcul , c'est que les onze archontes suivant**, qui se sont succédé de père en fi^s jusqu'à la première olympiade, donnent, par le calcul des gé* nérations , 505 ans , lesquels étant ajoutés à 776, époque delà première olympiade, donnent i ,t50ans ; ce qui est, à 7 ans près, la même chose.

Les Marbres de Paros placent la colonie ionienne la treizième année de l'archontat de Médon. Cela ne contredit point cependant la conjecture que j'appuie sur le calcul d'Eratosfhènes. Il est certain que Nélée ne put fonder dans le même temps toutes les villes dont il est parlé dans l'époque des marbres en question. L'auteur de la Chronique a voulu indiquer que la treizième année de Médon , la colonie ionienne avait déjà commencé à prendre de la consistance, que plusieurs villes étaient déjà fondées, et que d'autres ne tardèrent point à l'être.

Ensèbe suivait Eratosthènes , comme je l'ai déjà -remarqué. Ce chronologiste ayant placé l'envoi de la colonie ionienne 60 ans après le retour des Héraclides, et par conséquent 440 ans après la prise de Troie, Ensèbe a mis la colooie ionienne la huitième année de l'archontat d'Acastus , sans s'embarrasser si cela pouvait 8*accorder avec la chronologie attique, et sans s'inquiéter si Nélée , qui fut le chef de cette colonie, était encore en vie. Il est certain que Nélée ne se détermina à passer en Asie que parce qu'il ne voulait pas vivre sous la domination de son frère. Eusèbe n'aurait pas commis l'absurdité de différer rémigration des Ioniens ju8(]u'à la huitième année d'Acastus, s'il eût fait la plus légère attention à cette particularité, et cela seul aurait dû lui faire voir qae le système d'Ératosthènes snr l'époque de la prise de Troie n'était pas recevable.

Par une suite do même attachement à Eratosthènes, Eusèbe a été forcé d'abréger Ips archontats des douze premiers archontes perpétuels , et de ne leur donner que 294 ans , quoique ces archontes se soient socccédé de père en fils, et qu'ils fassent, par conséquent, autant de générations, qui comprennent

La règle des générations est »i simple et si naturelle qu'il est étonnant qu*il ne l'ait point adoptée. Onze génératiouii, pour les archontes qui ont précédé la première olympiade , font 565 ans. Mélanthus et Codrus ont régné 58 ans; Démophon, Oxyntès, Aphidas et Thymœtès , 84 ans. Ces trois sommes ajoutées à 776, époque de la première olympiade , auraient donné à Eusèbe, fiour la prise de Troie,

CHRONOLOGIE D'HÉRODOTE

Tan 3437 de la période julieoae, 427T avant Fore vulgaire ; ce qui n'aurait différé du calcul d'Hérodote que de 7 ans.

L'auteur de la Chronique de Paroa n'avait pas de système plus suivi, plus uniforme. Il avait pris pour base de son système la prise de Troie. C'était la conmiune opinion que cette ville avait été prise la dernière année du règne de Ménestbée. Mais pour déterminer le temps où elle fut déiniite, il eut recours à l'autorité de Diciearque sans doute, ou de quelque autre auteur, comme on l'a fiiit voir, et la mit l'an 4209 avant notre ère. De là, remontant par les générations, il fixa la première année de Cécrops l'an 3452 de la période julienne, 4382 ans avant Tère vulgaire. Nous avons fait voir dans le $ II , page 2S8 et suivantes , en quoi il s'était trompé ; mais il n'en était pas moins conséquent à son système sur la prise de Troie. Lorsqu'il fallut ensuite déterminer les temps postérieurs à c«?lie prise, il sentit qu'il était impossible de suivre l'ordre des générations , et qu'il devait néeessaîrement abréger les règues et les archontats postérieurs, afin de se rencontrer avec l'iastiiution des olympiades. Peut être croyait-il, demêmeqne les écrivains de cesiède, que la colonie ionienne était postérieure de 440 ans à la guerre de Troie; peut-être suivait-il quelque autre auteur qui la reculait un peu moins. S*it suivait les premiers , il n'a mis l'envoi de cette colonie qne 452 ans après la guerre de Troie , parce qu'il a bien senti que s'il la plaçait 440 ans après cette guerre , elle tomberait nécessairement sur la première année de Tarchontat d'Acastus. La connaissance qu'il avait de rbivstoire d'Athènes lui a fait sauver cette ab* surdité. Mais dans le reste il s'est cru permis d'abréger la durée des archontats à sa volonté, ei sans suivre , à ce qu'il paraH , de règle certaine.

Après avoir prouvé que l'auteur de la Gluxwiqiie de Parus, Ëusèbe et le Syncelle avaient abrégé, de dessein prémédité , la durée des onze premiers archontes perpétuels^ il ne reste plus qu'i déterminer la juste durée de chacun de ces archontes. Maiseette tâche est aujourd'hui impossible, famé de monoments historiques. Je ne puis donner que des approximations , et je dois alonger à volonté les règnes des archontes , de manière cependant que je fasse coïncider avec ces règnes les événements que placent les Marbres de Parus sous ces mêmes lègnes ; que je laisse subsister tels qu'ils sont d^ns Eusèbe les arcliontats qui sont assez longs , et que j'alonge ceux qui sont courts, mais d'une manière proportionnée à la durée que leur donne le même Eusèbe. Par ce moyen, Hésiode , qui fleurit sous l'archon* tatde Mégaclès, selon les marbres de P»ro8, et en 680 de l'ère atiique, se rencontre sona le même Mégaclès, en 5770 de la période julienne , 944 ans

avant notre ère. De même, par notre arrangement, Homère , que Ifs Marbres de Parus placent sons Diognète , et en 645 de l'ère attiqne, se trouve soua le même archonte et à la ntême époque, qui correspond avec l'an 5807 de la période Julienne, 907 ans avant notre ère L'époque de Phidon , qui inventa les poids et mesures, qui chassa les Agonothètes des Ëléens , et qui fut enfin détrôné par les Lacédémoniens, doit être placée, selon les mêmes Marbres, sous Piiéréclès, et l'an 654 de l'ère atlique. J'ai mis, par cette raison, Tinveniion des poids et mesures sons Phéréclès, et Tan 5849 de la période julienne , 805 ans de notre ère , qui correspond avec Tère aitique dont je viens de parier. L'auteur de la Chronique de Parus ne parle que de Tinvention des poids, des mesures et des monnaies d'argent. Pausanias ' ajoute que ce prince rhassa les Agonothèies des Eléens en la huitième olympiade, et Strabon % qu'il fut détrôné peu après. Si l'on entend les olympiades de Corœbos, il est certain qi^e., bien loin que ees événements soient arrivés sous l'archontat de Phéréclès , Phidon n'était pas encore né , ou il faut supposer qu'il y a eu deux Phidons. Mais j'ai prouvé, dans un mémoire hi à l'académie en 4780, qu'il n'y a eu qu'un ^ seul Phidon , et qne la violence qu'il exerça envers les Agonotbètes des Eléens regarde la huitième olympiade d*Iphitus. Or, on sait que celte olympiade commença l'an 5850 de la période julienne, 884 ans avant notre ère, et 408 ans avant celle de Corœbus, qui est presque la seule qui ait servi à marquer les dates des principaux événements. Phidon chassa donc les Agonotbètes des Ëléens l'an 5858 de la période julienne, 856 ans avant notre ère, et peu après il fut détrôné par les Lacédémoniens , la troisième année de cette huitième olympiade , qui correspond avec Tan 5860 de la période julienne, 854 ans avant l'ère vulgaire. Phéréclès vivait encore , et ne mourut que Tannée suivante.

Je vais maintenant présenter te tableau de ces douze premiers archontes, avec les événements arrivés sous eux , suivant Pausanias et l'auteur de la Chronique de Paros.

* PaussD. Eliacor. poster, stve lib. vi, cap. xxii, p. 50!^.

* Strab. , lib. viii , pas. 549.

> Mémoires de l'Académie des Belles -Lettres» tome xLTi , pag. 2^ et SUIT.

PAR LARCHËH.

âSS

Punte <te VinlMMiiiti

f MédoB, MQb. 21^

2 AcasUtf , ardu ........ 56

a Archij)pas, arch 2^

4 Tbenippin, arch 41

5 PborbaiL, arcb S7

6 Megaclès, arcb

Hé>iode ffeuril

7 DiogQèle» arch m

?[oiiière Ûeupt • . . . • hêréclès, arch 43

Phîdoo ioveote les poirfs , Irs mesurci et tesmoDiiaiei d'argenl

Olympiade d'Tphilus

Phidoo chasse lés Agoùoihèles

des K^^eiif

Pbidon, détrôoé par ks Lacé-

démnaiens

^ Ariphrao y areM 25

10 Thespiéus, arcb 27

11 Affainestor, arch 23

42 iËscbyie, arch 23

Olympiade de Corcebus

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