CHAPITRE X
Des rois d'Argos.
S I. Des loacbides.
Deux maisons ont régné à Argos avant fa conqoètedes HéraeUdes : les Inachides et les descendants de Danafis. La suite des rois de la première maison n'entre pas dans mon plan, et je me serais abstenu d'en parler sil n'eût pas Ikllo fixer Tannée de fa naissance d'Inachus, qui en est le chef, afin de pouvoir d'^ferminer le temps où fut enlevée lo, qui descendait de ce prince.
Si Ton s^en rapportait à Eusèbe, la chose serait bientôt décidée. Il place' le règne d'Inadius Tan 464 delà naissance d'Abraham, et, par conséquent, l'an S857 de la période julienne, 1857 ans avant notre ère. De cette année à la prise de Troie , il y a , selon le même Busèbe , 674 ans , qui ne (bnt qne vingt généraliona. Cependant les auteurs les plus aecrédités en comptent vingt- trois, f>armi lesquelles il y en a une de femme. Il aurait fdllu qu'Ensèbe eût mis la prise de Troie pins près de notre temps qu'il ne Ta feit, ou qu'il eiftt éloigné davantage le règne dTInaefans. Il est certain qne ce chronographe prenait ses dates, tantôt dans un auteur, et tantôt dans un autre, sans s'embanrasséir si elTes j^ouvaient se eoneiKer. Voici la méthode qife j'aî suivie.
CBnotms * et son ftère Pencétius fondèrent deux colonies en IiaRe , dix-sept générations avant ?a prise de Troie. Peu importe de savoir qtielle était ropmion de Denys d'HaKeamasse sûr le temps où cette viUe fut détruite. Il toffit de savoir qu'elle Te fot dix-sept générations après l'arrivée d'OEnotrus en Halte. Hérodote met la prise de cette ville Fan 5444 de la période julienne, ItTO ans avant l'ère vulgaire ; donc OEnotrus vint en Italie fan 2877 de la période julienne, 4857 ans avant noire ère. Il devait avoir alors au moins 24 ans ; donc il était né Tan 9655 de hi période juKenne, 4864 ans avant
* Eusebii Chrooic. Ca^, j^ piig. 96.
' Diouys. Halicaro. Àntiq, ftom., Hb. i , § xi » psg, 9<
CHRONOLOGIE DHÉllODOTE,
rèrc vulgaire. D'OBnotrus à Inachas, il y a' six généralloDs, parmi lesquelles il y en a une de femme. Inacbus fut père d'JEzéus ; JEséus le fut de Lycaoo. Lycaon eut Déjanire. Cette princesse épousa Pelasgus, fils de Niobé , et petit-fils de Phoronée , et en eut Lycaon. Celui-ci fut père d'CËnotras et de Peucétius, qui furent les ciiefe de la première colonie que les Grecs envoyèrent en Italie.
Avant que d'aller plus loin, je crois devoir foire une légère observation. Il y a , dans la version latine de Denys d'Halicarnasse^fo: Dejanird et Mzeo Lycaon aller geuitus- C'est une faute grossière qui n*a point été corrigée dans Yermta. Il fallait traduire , suivant le texte grec, ex Dejanird et Pelasgo Lycaon alter genitus.
Je reviens à mon sujet. (£notrus éUnt né Tan 2855 de la période julienne, 4864 ans avant Tère vulgaire , Lycaon , deuxième du nom , doit éire né , selon la règle des générations , en S840 de la période julienne , 4895 ans avant notre ère; Déjanire en 2802 de la période julienne, 4942 ans avant notre ère; Lycaon P' en 276i> de la période julienne, 4945 ans avant notre ère ; iËzéus en 2757 de la période julienne, 4077 ans avant notre ère, et Inachus en 2705 de la période julienne, 2044 ans avant notre ère.
Le môme Œnotrus descendait de Phoronée , antre fils d'Inachus, par Niobé, fille de Phoronée. Voici sa généalogie: Inachus, Phoronée, Niobé, Pélasgus , qui épousa Déjanire , fille de Lycaon, Lycaon , OEnotrus et Peucéiius. Il y a dans cette généalogie le môme nombre de générations, parmi lesquelles il s'en trouve aussi une de femme : donc Inachus doit éire placé en la môme année , dans cette généalogie, que dans Tautre.
Inachus étant né en 2705 de la période julienne , 2014 ans avant notre ère, il n'est pas vraisemblabie qu'il soit monté sur le trône avant Tflge de 25 ans , et avant 2728 de la période julienne , 4086 avant noire ère. Je lui donne 60 ans de règne avec Eusèbe. Son fils Phoronée, qui lui succéda, doit èlre né vers 2756 de la période julienne, 4978 ans notre ère. Il régna vers 2788 de la période julienne, 4926 ans avant Jésus-Christ. Il avait donc aiors 52 ans. Si je lui avais donné 60 ans de règne avec Eusèbe, il aurait vécu 442 ans. Cela m'a paru choquer la vra'semblauce. J'ai réduit , par cette raison, son règne à 50 ans. J'en ai agi de môme à l'égard de ses successeurs. J 'ai abrégé leurs règnes, ou je les ai alongés , de manière que la somme totale de ces règnes n'excédât pas 44 5, qui est celle où la porte Eusèbe. En alongeant quelques uns de ces règnes, j'ai toujours eu égard aux bornes ordinaires de la
* Diooys. Halicarn. AoHq. Rob., Ub. i , S xi , pag. 9.
vie humaine , sans m'inquiéter des dates de oe chronographe , puisqu'il est constant qo'il les prenait tantôt dans nn auteur et (anlôt dans un antre, et que , peu d'accord avec lui-même , il donne dans un endroit ' aux Inachides 584 ans de règne , sans y comprendre Gélanor ; et que dans * un antre il leur donne 445 ans, sans y comprendre le même Gélanor. Voici la suite de ces rois : Apis , Argus , Criasus, Phorbas, Triopas, Crotopus, Sthénélos, Gélanor.
S II. D'io.
Quelques auteurs prétendent qulo était fille d'Inacbus , et même il parait qu'Hérodote était de ce nombre. Mais M. Yalckenaer prouve très-bien, dans ^ ses notes- sur cet historien, que ces mots r^y ivâ^ou ont été ajoutés par quelque copiste. On peut ajouter aux raisons qu'apporte ce savant que, lorsqulo fut enlevée, il y avait dans la Grèce un grand nombre de ^ villes, et que celle d'Argos était la plus considérable de tontes. Mais du temps d'Inachus, bien loin qu'il y eut des villes dans la Grèce , celle d'Argos n'existait pas eni ore. Les habitants du Péloponnèse » vivaient dispersés, et ce fut son fils Phoronée qui les tassembla et qui bâtit la ville , qui fut appelée de sou nom la ville Plioronique. Elle prit le nom d'Argos , ainsi que le pays , d'Argos, petit-fils de Phoronée. Je joins à cette autorité celle du scholiaste d'Euripides. « Inachus ^ eut de Mélia Pho- M ron^e et Pbégée. Phoronée , lui ayant succédé, » appela ville Phorouique celle qu'on nomme ac- » tuellement Argos. Il eut de Péiiho,'iEgiaIée, A(hs, » Eurotas , Niobé. Pliégée bâtit la ville de Phèges. » Se» fils furent Sparton et Messon. Mycénéua , fils » Sparton, fonda la ville de My cènes. Phoronée étant » mort , et les fils de Niobé étant dispersés , Ai^os, » fils de Niobé, régna sur tonte TArgie, en dedans » de l'isthme , et nomma Argos la ville Phoro- » nique. »
D'ailleurs, le commerce que venaient foire les Phénicitns , suppose nécessairement qne les Argiens avaient des marchandises , ou au moins des denrées à donner en échange des marchandises que leur apportaient les Phéniciens, et Hérodote le dit positivement. Cependant il esi certain que dans le temps d'Inachus, les habitants du Péloponnèse vivaient dispersés , et qu'ils ne furent rassemblés dans nne ville que par Phoronée. Dans cette situation un peuple a
* ChroDîc. Canon, à pag. SB , ad pag. 115. s Chrooioor. , Itb. i , pag. 24.
' Herodor. , lib. i , S i.
' Id. , ibid.
"Pausan. Corinthiac. sive lib. ii, cap. xt» pag. 143. Stephao. Bys. voc. Argos.
• Scholiast. Kuripid. ad Oreskem , t. 1247.
PAR LARCHER
SK7
de la peine à subsister, el n'a rien à donner en échange. Il n'y a point de commerce, et il ne peut y en avoir. S*U y a en une princesse du nom d'Io , qui ait été fille d'Inachus , comme cela me parait cPaatant plus vraisemblable qu*it y a eu deux lasus et deux Argus , ce ne peut être celle dont parle Hérodote. Son récit en est une preuve manifeste. L'idendentité de nom a fait confondre ces deux princesses par des écrivains qui n'ont pas asst^ médité sur rélat où se trouvent les nations dans leur origine , et sur le nombre d*années , je dirais presque de siècles , qui doivent s'écouler avant qu'elles commencent à s'accroître et à devenir assez opulentes pour avoir des objets d'échange.
A ces raisons , qui me para'ssent pérempioires , j'en ajoute une autre qui ne me le paraît pas moins. Sî la princesse qui fut enlevée par les Piiénicicns eât été fille d'Inachus , comment auraii-cre pu avoir été surveillée par Argus Pdnoplèi, qui descendait dlnachus à la septième génération ?
Il me semble donc plus sAr de s'en tenir au sentiment ' d*ApolIodore, qui L\i ainsi la généalogie d'Io : Inachus, Phoronée , Niobé, Argus, lasus, Agénor , Argus , surnommé Panoptès , lasus et lo. Ce second Argus fut surnommé Panoptès, parce que, suivant la fable , il avait des yeux tout autour de la tête, ou par tout le corps. On voulait exprimer par cette allégorie sa vigilance et l'exactitude avec laquelle il surveillait sa peiite-fille lo. Inaclms étant né en2705dela période julienne, 2011 ans avant notre ère , comme on l'a vu $ I , lo doit être née , selon la règle des générations, Tan 2951 de la période julienne, 4765 ans avant l'ère vulgaire; et comme elle devait avoir an moins \S ans quand elle fut enlevée, il s*ensuit que ce rapt est de Tan 2969 de la période julienne, 4745 ans avant notre ère.
S lil. De la cokMiie envof ée eu Thessalie.
La Tbessalie est un pays environné de tous côtés par de hautes montagnes. Ce n'éfalt anciennement qu'un vaste marais ; les eaux n'avaient point encore d'écoulement. Mais TOssa ' ayant été séparé de TOlympe par un tremblement de terre , le Pénée se déchargea dans la mer par celte ouverture , et le pays se dessécha. Hérodote ' raconte aussi la même chose.
Pélasgns régnait alors en Arcadie. On vint * lui annoncer que les eaux, venant à s^écouler, avaient laissé à découvert les plaines immenses de la Thessalie. Il se rendit dans ce pays avec des Pélasges , ses
* ApoHodorl Bibliolb., Ilb. ii , cap. i , S n et m.
> Slrab. , lib. IX , pag. 65S , A.
' Herodot. , lib. vu , S eu».
^ Athen. Deipoosoph. , lib xiv, pag. 659.
sujets. Celait une tradition constante que Pélasgns était venu dan& ce pays avec des Arcadiens. Car Apollonius de Rhodes dit ', qu'Aristée quitu la Phthie par l'ordre de son père Apollon , et qu'il se transplanU dans l'Ile de Céos avec des Arcadiens, descendants de Lycaon , qu'il avait rassemblés. Pélasgns descendait d'Inaclius à la quatrième génération, parPhoronée et Niobé. IléUitdoncné ian 2787 de la période julienne, 1927 ans avant notre ère. Il régna dans le pays appelé depuis Arcadie vers l'an 2810 de la périodejulienne, 4904 ans avant notre ère , et il pouvait avoir 44 ans lorsqu'il passa dans la Tbessalie, c'est-à-dire vers 1 an 2851 de la période julienne, 4885 ans avant notre ère. Le tremblement de terre doit avoir précédé celte colonie de deux ans, et être arrivé vers l'an 2829 de la période julienne , 1885 ans avant l'ère vulgaire; car il ne fallut j[mis moins de deux ans pour rendre ce pays habitable.
On institua à ceite occasion une fête en Tbessalie, afin de perpétuer la mémdre de cet événement. Cette fêle fut appelée Pélories ou Saturnales , de Pélorus , nom de celui qui porta le premier à Pélasgns la nouvelle de l'écoulement éts eaux. J'ai parlé plus au long de cette fête » dans un Mémoire * lu à l'Académie de belles-lettres , sur quelques fêtes dis Grecs omises par Meursius et Castellanus.
Environ six générations après , c'est-à-dire vers Tan 2987 de la période julienne, 1727 ans avant l'ère vulgdire, unautre Pélasgns, fils de Neptune et de Larisse , pissa en Tbessalie , accompagné de ses frères Achaîus et Pbthius et d'un grand nombre d'aventuriers auxquels il avait donné son nom , et en cliassa les anciens Pélasges. Mais un peu plus de cinq générations a^ rès, je veux dire en 5475 de la période julienne, 45i4 ans avant l'ère vulgaire , ils en furent citasses par Deucaliou % qui envahit ce pays avec des Curetés et des Lélèges , auxquels on donna dans la suite le nom d'iËtoliens et de Locriens, et un grand nombre d'habitants du Parnasse.
S IV. De DaoaOs.
Danaf» est la souche de la seconde maison des rois d'Argos. Lyncée , ayant épousé sa fille Hj'permnfstre, lui succeéda. Celui-ci eut pour fils Abas , Abas eut Acrisius , Acrisius Danaê , Danaê Persée , PerséeAlcée, Alcée Amphitryon, qui fat père d'Hercule. On pe peut compjer Danails , parce qu'à son arrivée dans l'Argolide il maria sa fille Hypermnestre à Lyncée. Lyncée lui-même ne peut être compté que pour une succession, parce qu'il ne s'a-
* ApoUoo. Rbod. , lib. ii, v. 519.
s Mémoires d r l'Académie des Belles- Lettres . tom. xlv, Mém. , pag. 429.
' Dlonys. Halieani. , lib. i , $ xvii, pag. 14.
itôS
CMRONOI.OGtE
git point de déterminer Tannée de sa naissance, mais celte de son mariage avee Hypermnestre. On ne doit pas non plus compter Dana^ , parce qu'elle ne soccéda point à Âcnsins. Ainsi Ton aura cinq générations et QD« succession , qni feront 184 ans avant la naissance d'UerciHe. J'ai prouvé dans le cbap. XIII , concemam ce héros , qu'H était né l'an 3350 de la période julienne, 4S84 ans avant l'ère vulgaire. On aura donc, poorle mariage de Lyncée avec Hypermnestre , fille de Danaiis , Tan 5446 de la période julienne , 46M ans avant Tère vulgaire: L'arrivée des fiUes de Danaiis en Grèce précéda de peu ce mariage , et rétablissement des Thesmophories dans le Péloponnèse ie suivit de près. J'ai dû placer l'institution de cette lète en celte année , afin de rendre Hérodote conséquent à tui-mème.
Telle est l'époque que donne le calcu) par les générations. On peut encore prouver la même chose de cette manière. Castor ' donne SdS ans de règne auit Inachides ; mais * Eusèbe , peu d'accord avec son guide ou avec lui-même , assigne à cette maison 445 ans de règne , sans y comprendre Gélanor , qui fut cbassé par Danaâs, comme on le vmt dans ^ Pausanias et ^ Apoliodore. Le Syncelle * dit aussi que la plupart des écrivains domiebt ,415 ans de règne aux tnaciûdes , sans spécifier le règne de Gélanor. Aucun auteur n'a déterminé combien de temps régna ce prince; mais il y a grande apparence qu'il n'é ait pas encore bien affermi sur le trône , puisqu'il le céda si facilement à un étranger, qui ne pouvait pas avoir amené avec lui des forces considérables, et qui n'avait pas encore eu le temps de se faire un grand nombre de partisans. Ainsi Je ne donne que deux ans de règne 4 Gélanor. Le peu d'années qu'il r^na est peut-être la raison qui Pa fait omettre par la phipart des chronohïgistes. Les tnachides ont donc régné en tout 416 ans.
J'ai prouvé , $ I ^ qn'Inachoa était né vers Tan 97^ de la période julienne, 9044 ans avant hotre ère. Il est probable qu'il ne monta sur le trône qu'à l'âge de 25 ans, c'est-à-dire vers l'an 2728 de la période julienne , 4t)86 ans avant l'ère vulgaire. Si l'on ajoute 415 à 2728, on aura l'an 5145 de la période julienne, 4574 ans j|vant l'ère vulgaire , qui est posiérieure d'un an à l'arrivée de Danaûs eà Grèce.
Diodore de Sicile raconte que Danaiia étant arrivé
* Ëosebii Ghrouic. pars poster, latina, pag. 65.
* Ejusdem Chrome. , lib. prier, pan grœca , pag. 24 , Un. 2.
' Pausan. Corinthiac. sive lib. ii , cap. xvii, pag. 445; cap. XIX , pag. 152 et 155.
* ApoUodor., lib. ii, cap« i,$n, yag. 7$. ' SyoceUi Ghronogr., pag. 124.
D HÉRODOTE
à nie de Rhodes avec ses filles , Cadnuis ' abaiia peu après ces temps-là à la même lie, jtwfèvV ^yrspcv roûTftii» tûv x^^vwy. J'ai prouvé dans le chapitre XI, concernant Cadmus, que ce prince était venu en Béoiie l'an 5465 de la période julienne, 4541^ ans avant l'ère vulgaire. Son arrivée à Linde, da s 111e de Rhodes doit précéder de deux ans on environ, et se rencontrer l'an 5165 de la période juHenne, 4554 ans avant Père vulgaire. Aiasi l'arrivée de Cadmus est postérieure à celle de Danaûs de 24 ans ; ce qui s'accorde , par conséquent » aveo le récit de Diodore de Sicile.
L'auteur de la Chronique de Paros , qui a auivi une méthode erronée pour fixer la date de la prise de Troie et la chronologie des rois d' Athènes , a mis l'arrivée des filles de Danaûs sous Erichlboniiis , et l'anjQOSde la période julienne, 4514 ans avant l'ère vulgaire. Suivant noire chronologie d'Athènea, ce devrait être l'an 5220 de la période julieime , 1 494 ans avant noire ère, puisque Erichthonius n'est monté sur le ti due qu'en 5246 de la période julienne, 4498 ans avant noire ère. M^iis le fait ^t que Tanleur de la Chronique de Paros ayant placé, par les raisons que l'on verra dans le chap. xiv , la prise de Troie 64 ans après la date d Hérodote, il a faUa avancer de ces 64 ans l'arrivée des filles de Danaus« On aura alors l'au 4542 de la période julienne, 4572 ans avant l'ère vulgaire, qui répond à quatre ans près au calcul fondé sur les générations; et cette année 5142 correspondra avec la onzième année du règne de Cécrops , selon les Marbres de Paros. Mais j*ai fait voir dans le chap. ix , concernant la chro* noiogie d'Athènes , que Cécrops u'a pu monter sur le trône qu'en 54 44 de la période julienne , 4570 aas avant l'ère vulgaire ; que la méthode suivie par l'auteur de la Chronique de Paros est vicîeuae, «t que cette date précède par conséquent de deox ans ravênement de CéjCrops à la cauraiiMe.
On poun*ait présumer que l'époque de l'arrivée de Danaôs en Grèce est postérieure â celle que je lui ai assignée , parce qU' Archandre , fils d'Adiaus et petit-flts deXttthus, épousa * l'une de ses filles. En effet , si l'on compare ce que J'ai dit sur l'arrivée de Xuthus dans l'Attique, au chap. xv, section m, i III, coacemant la colonie fonienne, avecla chro« Bologie d'Athènes, il en résoltenitiu' Archandre tte peut être né que vers Tan 5545 de la période jukenne, 4404 ans avant Tère vulgaire, etqnll ne quitta la Pfathiotide, ne passa à Argos, et ne s'y maria que vers l'an 5540 de la période julieime, 4374 ans avant notre ère. L'époque de farrivéè de Danaûs, et celle du mariage d' Archandre avec Pnne
* Diodor. Sicnl., lib. v, S umt , pag. f7f , tio. f t.
* Uèrodot. , lib. ii , $ xcviN.
PAR LARCHER
de
entre
persuadé
naûs, et dont Tune deâ filles épousa Ârchandre,
n'est point celai qui passa d'Egypte à Argos; et Ton
ne troure, ni dans le passage de cet historien , ni
dans * Pansanias , qui raconle 'a n^éme chose , rien
qui puisse le donner â penstr. Il est à présumer que
c'es(t un prince de la même maison, qui portait le
nom de son chef.
On pourrait me faire une autre objection que je crois devoir prévenir. Quelques auteurs prétendent que Danaûs est frère de Sésostris ; et comme les uns mettent ce prmce beaucoup phis haut que l'époque que j*ai assignée à Danaiis, et les autres beaucoup pins bas, il s'ensuit qu'il faut réformer celle-ci d'une manière ou d'autre. Mais celte opinion n'est fondée que sur un passage de Manéthon qui assure que ^ Séthosis s'appelait aussi .Cgyptns , et son fière Àr* mali Danaûs. Gomme tout ce que cet auteur avance an snjct de Séthosis ne peut convenir qu'à Sésostris, il faut croire qu'il pensak que Sélhosis et Sésostris étaient un seul et même prince. Cet écrivain est le seul qui soit de ce sentiment ; car il ne hM' pas compter Joseph, Joies Africain . £u.<^he et le Syncelîe, qui l'ont copié servilement. Manéthon re mérite aucune croyance , et Pérîzonins ♦ va même jusqu'à le soupçonner d'avoir voulu faire bassement sa cour aux princes macédoniens qui régnaient pour lors en Egypte» P^ï'cc qu'ils descendaient incontestablement de Danails par Hercule. On peut encore ajouter qu'Hérodote, le plus ancien et le plus instruit de tous les historiens , parle de la révolte du frère de Sésostris sans nommer * ce prince , et san^ remarquer qu'il pa«sa en Grèce. Get auteur, qui ne laisse jamais échapper l'occasion de remonter aux origines de son pays et â celle des grandes maisons, aurait saisi avec empressement celle qui se présentait, dlllustrerla familîe des rois d*Argos et d'Hercule, dont les descendants régnaient de son temps sur la plnpart des états de la Grèce. Il en avait encore one autre occasion , lorsqu'en parlant * de Persée , il dit que Danaûs el Lyncée étaient de Chemmis, en Egypte, et qti'ils naviguèrent en Grèce. Si Danaûs eût été le frère de Sésostris, il en aurait certainement fait la remarque. Mais il était si éloigné de soupçonner ce prince d'être de la famille de Sésostris , qu'on croirait , à ta manière dont il s'exprime , qu'il étoit un simple particulier de Chemmis. Bien
* Hérodot., lib. n , S xcvni.
' Pausan. Achaic. sive lib. ? ii , cap. i , pag. 521 . ' Joiepb. contra Apionem , lib. i, $ xv, pag. 447.
* Periionii Origtn. .ASgypt. , cap. xTi , pag. 554. *Herodol. , lib. ii , $ cvii et cviii.
' Id. , ibid. , S ICI.
tris. S'il eôt pensé qu'Bgyptus eût été le même personnage que Sésostris , il n'aurait pas manqué d'en faire la remarque, parce qu'en la supprimant, il n'aurait pu ignorer que par son silence il auroit induit ses lecteurs en erreur, qui, en voyant deux noms différents , ne se seraient jamais imaginé qu'il était question du même prince. Je ne m'arrêterai pas davaiitage sur ce sujet , persuadé que le pea que j'en ai dit suffît pour prouver que celte origine est une fable imaginée par Manéthon, et trop légèrement adoptée par Josepli et par les auteurs ecclésiastiques.
Acrisius fut le dernier prince de cette maison qui régna à Argos. Persée, son petit fils, l'ayant tué involontairement, se retira à Tiryns, vers * Mégapenihès, fils de Prœtus , à qui il confia le royaume d' Argos. Je crois devoir saisir cette occasion pour rétablir le ' texte d'Eudocie , qui est misérablement
altéré. On lit itpôs Ik rbv fiéya itévB^t npoivûv iX$m ,
X. T. A. Il ( tait très-facile de corriger itpbs Zi Mr/aTt^v5ïjv T^y npoUou iXOoiv, « étant venu trouver Méga- » penthès, fils de Prœius. » M. Chardon de la Rochette m'a fi^t observer que cette correction éuit conforme à la scolie de Tzetzès sur le vers 858 de Lycophron , d'où ce passage d'Eudocie est tiré. Je reviens à mon sujet. Mégapenthès céda Tiryns à Persée. Cette ville avait été environnée d'une forte muraille ♦ par les Cyclopes sous le règne de Piœtus, qui s'y était retiré, après avoir été chassé d'Argos par Acrisitis. Persée fit eeindre de murs la ville de Midia et celle de ^ Mycènes, où il transféra le siège de ses états. Ëlectryon succéda à son père Persée, Stlienélns à Ëlectryon , son frère, et Eiirysthée à son père Sthénélus. Le royaume d.6 Mycènes passa ensuite à Atrée , fils de Pélops , dojR la sœur Lysidice avait épousé ^ Mestor , fils de Persée.