‹ Choix des historiens grecsChapitre 225 sur 286 · SECTION II · texte numérisé non relu

SECTION II

Des colonies dorieDoes autérieures à la prise de Troie.

Phorbas7,0lsde Lapithès, s'empara de l'Ile de Rhodes, 596 ans avant la prise de Troie, si i'on en croit Eusèbe, c'est-à-dire l'an 4380 avant' notre ère , selon le même écrivain. Il cherchait à s'établir en Thessalie ^ avec un certain nombre d'aventuriers qu'il avait avec lui, lorsque les Rhodiens vinrent le prier de purger leur île des serpents qui l'infestaient. Il détruisit les serpents, partagea le pays avec les Doriens ; et s'étant distingué dans toutes les oc-

* Aurel. Victor. Orig. Genlîs Rom. , cap. ▼, pag. 1 1 . s Pausau. Arcad. sive lib. viii , cap. xliii , pag. 688. Dionys. Halic, lib. i, $ xxxi , Aurel. Victor, loco laudato. B Dionys. Halic. Ant. Kom., lib. i, Szxziii. 4 Serrius ad Virgil. lEn., lib. viii, ver». 150. » Pausan. Arc. «Ive lib. viii, cap. v, page 60.

6 Id., loco laudato. Herodot., lib. ix, S xxti.

7 Eoseb. Ghronic, lib. poster, pag. 74. s Diodor. Sicul., lib. v, § LViii.

CHRONOLOGIE D'HÉRODOTE

casions, on lui rendit après ^a mort les mêmes honneurs qu aux héros. '

Son fils Triopas ' vint dans cette ile avec des Hellènes ou Doriens. Il passa ensuite en Carie*, et s'empara du promontoire qui fut appelé de son nom Triopium. Les Hellènes régnaient donc alors en Thessalie. Après la mort d'Hellen, Xalhus,run de ses fils, ayant voulu ^ s'approprier l'argent de son père, ses frères le chassèrent. Ce fut sans doute en cette occasion, et peut-être pour avoir pris le parti (ieXiithus, que Pliorbas et après lui Triopas passèrent dans l'île de Rhodes. Si cela est comme je le conjecture, Tarrivée de Triopas à Rhodes doit être à peu |irès de 1 an 5284 de la période julienne, 44SOans avant notre ère , et par coni^êquent 460 ans avant l'époque de la pr se de Troie, selon Hérodote, et 246 selon l'bypotlièse d'£usèbe sur l'époque de la prise de Troie.

Hyllus 4, fils d'Hercule, ayant été tné dans un combat paniculier par Ëcliémus, roi des Tégcates, Tlépolôme , fils d'Hercule , se retira à Tricorynthe * avec les autres (ils et petits fils de ce héros. De-là il se rendit avec Licymniusà Argos, où on lui permit de demeurer; mais ayant tué involontairement Licymnius, il passa dans Tile de Rhodes, où il fonda trois villes , Linde, lalyi^os et Camiros, avec ceux des amis des Héraclides qui l'avaient suivi. Peu âpre.-*, la gloire de son père lui fit défcTcr la royauté par tous les Rhodiens, et il aida de ses troupes Agamemnon ;iu siège de Troie. Homère' pjrle assez amplement de la fondation de ces villes , et du motif qui engagea Tl<^poléme à passer dans celte lie.

Hyllus fut tué Fan 542{ de la période julienne, 4298 ans avant notre ère, comme je l'ai prouvé chapitre xvi , concernant les Héraclides. Le séjour de Tlépolême à Tricorynthe ne fut pas sans doute loiig et il alla à Argos probablement vers Tan 3427 de la période julienne, 4287 ans avant notre ère. Il fut obligé de quitter celle ville quelques annéesaprè?, et alla fonder les villes ci-dessus nommées, vers Tan 3452 de la période jidienne, 4282 ans avant l'ère chrétienne.

SBCTION 11.

Des colonies greoqoM poslérienres à la prise de Troie. S I. De la colonie dorienne.

Mégares 7, sur les confins de TAttique, fut fondée

> Diodor. Stcul., lib. iv, § ltiii.

■ Id., lib. T, S LTii, pag. 576.

' Paosaniss Achaic. sive lib. vu, cap. f , pag. 521 . 4 Herodot,, lib. ix, S x^vi. Apollodori Biblioth., lib ii, cap. Tiii^S n.

* Diodor Sicul., lib. iv, S L^m*

* Ilomeri Uiad., lib. ii, ver*. 653 et scq. 7 Strab., lib. xit, pag. 965, C.

après la mort de Godrus, et probablement vers Tan 3585 de la période jolienne, 4434 ans avant noire ère. Les Doriens y restèrent en partie; mais d'antres se rendirent avec Althaeménès d' Argos, dans l'ik de Crète, où ils établirent une colonie , et qnelqnes-uns se dispersèrent dansTtie de Rhodes, àHalioamas^e, à Gos et à Gnide. Toutes ces colonies , si l'on en excepte celle de Rhodes par Tlépolême , sont postérieures à la conquête du Péloponnèse par les Héraclides. Elles datent vraisemblablement du temps où les Grecs, agités en sens contraires, et ne se voyant point , pour ainsi dire , de demeure fiie , quittaieiit sans peine une terre où rien ne les attachait , pour aller chercher on pays plus tranquille, et où ils ne fussent { as exposés aux orages qu'ils avaient essuyés. Mais comme je n'ai rien trouvé dans les écrits des anciens sur Tépoque précise de ces émigrations , je n'entreprendrai point de vouloir la déterminer. Je parlerai seulement , dans le $ iv, de la fondation de qi elqties villes particulières.

Pausanias ' prétend que la ville de Mégares était fondée avant le retour des Héradideii , et que les Péloponnésiens ou Doriens s*en emparèrent en s'en retournant dans leur pays, tout de suite après leur expédition contre Godrus , dernier roi d'Athènes. Mais le témoignage de Strabon , dont Texactitude et 'les connaissances sont reconnues de tout le monde , doit d'autant plus faire pencher la balance en faveur de Topinion contraire, que * Yelléius Paterculus Cbt de ravis de ce savant géographe.

S n. De la colonie xolienne.

La migration aeolienne précéda, selon 3 Strabon , rioniene de quatre générations. Cette colonie éprouva des lenteurs, selon le même géographe , et ne fut consomniée que longtemps après qu'elle eut commencé. Orestes en fut le chef ; mais étant mort en Arcadie, son fils Penlhilus lui succéda , et s'avança jusqu'en Thrace, GO'ans après la prise de Tro^e, dans le temps où les Héraclides rentrèrent dans le Pélop uinèse.

Penthilus ne s^occupa probablement de la continuation de la migration œolienne , que parce qu'il avait été chassé par les Héraclides. Strabon lui-même semble le dire , puisqu'il assure que ce fut dans le temps même où les Héraclides rentrèrent dans le Péloponnèse. C^'pendant il est certain que les princes de cette maison conquirent ce pays 80 ans après la prise de Troie, et non point 60 ans après, oonmie l'avance cet auteur. Je crois qu'il fout moins imputer cette foute à Strabon qn'à ses copistes : et cela d'autant plus, que ce géographe suit presque toojoars

* Paossn. Attic. siTelib. f, cap.xziii.

« VeJJ<>ius Pateixul., lib t, cap. 1, $ v, pag. 9.

> $lrab.,lib. xiii, pag. 872, C.

PAR LARGHKR.

B^ralosUiènes , qui plaçaii le retour des Héraclides 80 ans après la prise de Troie > comme on le verra dans le chapitre suivant, concernant les Héraclides. Je pense, par celte raison, qu'il y a dans le texte de Slrabon quelque chose de transposé, et qu'il fout mettre k^nxovxa, irtvi r&vTp«tu6iv vatêpûv après CtB

mots y OpiBxifiv fiïv yikp dpioLt Ttfv ffrÔAou. Aînsi IC; paS*

sage entier doit se lire : 'o^tfor^v /«cy y«y 4/»^«e t0u

oxàXw «{qxovTS crff9( x&v vpùiu&v Caxtpov rSurov ùk iv

lliv$ù.ov xai TTOTriA^fijv fAt/jn QpàATm, bit qèwTiîv t^v Tûy ^UpotxXssle^v iisntXo'îtroi6'<,vrt<jov xdBoZov x. t, X. Au moven

de ce léger changement, Strabon 8*accorde avecËratoslhènes et (ous les auteurs qui ont parlé du retour des Héraclides , et il assigne une dale précise à la colonie conduite par Oresles, qui en manquait auparavant , tandis que celle de Penthilus est assez déterminée par la manière dont il s'est exprimé.

Orestes aura donc commencé à conduire la colonie aeolienne 60 ans après la guerre de Troie, c'est-àdire Tan 5504 de la période julienne , 4310 ans avant notre ère. Il fut aidé dans son entreprise par ' Pisandre d'AmycIes ; mais étant mort en > Arcadie, âgé de 90 an^^ , son fils Penthilus lut succéda. Ce prince monta sur le trône Tan 5524 de la période julienne, 4495 ans avant notre ère, comme on peut l'inférer de Yelléius Palerculus à l'endroit cité; et après avoir régné trois ans , il fut chassé de ses états par les Héraclides. Ce fut alors qu'il continua la migration aeolienne, qu'il avait, ù ce qu'il parait, jusqu'alors négligée. Il s'avança jusqu'en Thraces « et probablement il y mourut. Des gens habiles d'ailleurs ont cru qu'il s'agissait ici de la Thrace proprement dite , et se sont jetés par là dans des difficultés dont il leur a été impossible de se débarrasser. Il ne s'agit point ici des pays connus sous le nom de Thrace Européenne, ou de Thrace Asiatique, mais d'un canton de la Béotie dont les Thraces s'étaient emparés, et auquel Stnibon conserve ce nom. S'il était possible d'avoir quelques doutes à ce sujet , le récit de ce savant géographe, dont je vais rapporter la substance suffirait pour les lever. Les ^ Aones , dit-il, les Temmices, qui venaient de Sonium, après avoir erré çà et là, les Lélèges, les Hyantes, peuples barbares, habitèrent dans les premiers temps la Béotie. Les Phéniciens l'occupèrent ensuite avec Cadmus. Il bâtit la Cadmée, et laissa ses états à ses descendants. Ceux-ci construisirent Thèbes, et l'ajoutèrent à la Cadmée. Ils régnèrent sur la plupart des Biotiens, et conservèrent la souveraineté jusqu'à la

* PIndari Nem. xi, vers. 45.

* Strab., lib. xiii, pag. 872, C.

' Yelleias Patercol., lib. i, cap, i.

4 Strab. loco laodato.

' Strab., lib. ix. pag. 61 5« C et seq.

e[uerre des Ëpigones : ils quittèrent Thèbes sous les Ëpigones , et y revinrent bientôt apr^s. Ayant été chassés de la même manière par les Thraces et les Pélasges , ils établirent un état en Thessalie de concert avec les Améens , et Toccupèrent lonj^temps j de sorte qne ce peuple prit le nom de Béotiens. Ils revinrent ensuite dans leur patrie, dans le temps où on équipait à Aulls, en Béotie, la flotte malienne, sur laquelle se rendirent en Asie les enfants d'Orestes. On peut ajouter, au témoignage de Strabon , celui de Thucydides. Cet historien parlant de l'alliance qoe firent les Athéniens avec Silalcès, fils de Térès, roi des Thraces, ajoute ' : Térès n'était point parent de Téréc, qui épousa Procnée, fille de Pandîon.roi d'Athènes , et n'était point de la même Thrace. Térée demeurait à Daolie , ville du pays actuellement appelé Phocide, qui éUit alors habité par des Thraces.

Les Mégariens * prétendaient qne ce Térée avait régné à Pège^ ville de la Mégaride. Mais Pausanias croit avec raison, par quelques restes de monuments qui subsistaient encore de son temps , que c*étair à Daulis, au-dessus de Chéronée. '£^2«a«v9« lïbTnptiti,

en /*iv XiyotMtv oi VLtydtpiti, txtpï Tàiïîriyàiio xài xotX ufiiiaç

rflçMrjfdpdoi, C*e&i ainsi qu'il faut écrire nvivâi avec une lettre capitale, il faut réformer la version latine d'après ma traduction. L'abbé Gédoyn , qui ne savait pas le grée , a traduit ^ : « Térée , si on en » croit ces peuples, régna vers ces sources que l'on » appelle Mégarides. » J'aurais désiré qne l'abbé Gédoyn nous eût appris ce que c'était qne ces fontaines appelées Mégarides, en quel lieu elles se trouvaient, quel auteur en parlait. S'il avait ouvert Etienne de Byzance, il aurait trouvé qne * Pèges était une habitation des Mégariens.

Pèges était aussi le nom propre d^une fontaine en Mysie, près du mont Arganthonins, on périt Hylas. Apollonius de Rhodes le dit positivement :

Atfpa * rSyc x/9>}v«iv /actcx^oc^cv, ^v xaJliovirty

Et plus bas , le même Apollonius , en parlant de Polyphême, qui accourut aux cris d'Hylas, s'exprime ainsi :

Le savant M .Brunck ne s'y est pas trompé, puisqu'il a fait imprimer ce mot avec une lettre capitale. Voyez aussi Suidas au mot 4oyvivo«> on U' foit aussi mention d'un lieu nommé Pèges. ^

■ Thocyd., lib. ii, § xzix.

> Paosan. Attio. live lib. i, eap. xLi, pag. 100.

> Pausanias François, liv.i, chap.xu, pag. 420. 4 Au mot iiYival.

^ Appollon.Rbod. Argon., lib. i, l,22f . « Id. ibid., IJb. I, 1,245.

SSi

CHRONOLOGIE DHÉRODOTE,

Mais pour en revenir à la Thrace , il est certain, par le témoignage de ces deux historiens , que les Thraces étaient maîtres d'une partie de la Béotie , lorsque les descendants de Cadmus y retournèrent, et il n'est pas moins certain que les fils d'Orestes s'eiiibarquèrent au port d'Aulis, eu Béotie , pour passer en Asie. Ainsi la Thrace , où se rendit Pen* thilus, pour se mettre à la tête delà colonie ^oHenne, devait faire partie de la Béotie, et tirait son nom des Thraces, qui en avaient fait la conquête , Penthilus conduisit donc avec son frère, en Asie , le second corps d'^oliens aussitôt après la conquête du Péloponnèse par les Héraclides , c'est-à-dire Tan 5525 de la période julienne , fl89 ans avant notre ère.

La troisième migration des ^oliens est postérieure de quelques années au retour des Héraclides. Ëcliélatus, fils de Peulliilus, en ' fut le chef. Il conduisit les ^oliens dans le pays appelé , du temps de Strabon, Cyzicène, aux environs de Dascylium. D'autres se rendirent sur les côtes de la mer Icarienne. Je ne crois pas m'éloigner beaucoup de la vérité en pla* çant c*îtte migration Tan 5540 de la période julienne, •I 474 ans avant l'ère vulgaire.

La fondation de la ville d'Halicarnasse le prouve d*une manière invincible. Tacite dit *, sous Tannée 779 de la fondation de Rome, 26 de notre ère, que cette ville ex'Slait depuis 1200 ans. Elle avait donc été fondée Tan 5539 de la période julienne , 4475 ans avant notre ère.

La quatrième et dernière ^ migration se fit sous la conduite de Grais, le plus jeune des enfants d'Ëchélatus. Aidé ' par les liacédémoniens, il § s'avança jusqu'au Granique, ets'étant mieux pourvu que les autres de tout ce qui lui était nécessaire, il fit passer la majeure partie de son armée dans l'île de Lesbos dont il s'empara. Tous ces événements , et Tordre des générations, prouve que cette dernière migration doit être postérieure à Tan 5540 de la période juieiine , 4 474 ans avant notre ère; et la fondation de la ville de Lesbos , qui est , selon Tauteur de la vie d'Homère , attribuée à Hérodote, Tan 5574 de la période julienne, 4440 ans avant notre ère, prouve qu'il faut la placer vers Tan 5565 de la période julienne, 4454 ans avant Tère vulgaire, parce que Graîs ne dut songer à de nouvelles conquêtes qu'après s'être fortifié dans les anciennes contre les incursions des peuples belliqueux qui Tenvironnaient. Qu'on se rappelle d'ailleurs que s'il y a 54 ans d'intervalle entre la troisième migration et la fondation de Lesbos, Graîs ne devait pas être encore fort âgé,

' Slrab., lib. xiii. pag. 875, A.

* Tacifl Annal. Jib. iv, S lv.

* Strab., lib. xiii, pag. 873, A.

4 Paosan. Laconic. sire lib. m, cap. ii, pag. 206. ' SIrab. loco laodato.

puisqu'il était très*jenne et le dernier des enfants d*£chélatas, lorsqu'il conduisit cette quatrième colonie.

Gleuas et^ Malaûs, tous deux descendants d'Aga-* memnon , rassemblèrent des troupes dans le même temps que Penthilus; mais la flotte de celui-ci les prévint , et passa de ' Thrace en Asie avant eux. Ils séjournèrent longtemps dans la Locride et aux environs du mont Phricium ; mais enfin s'étant embarquées, ils fondèrent Cyme et Phriconis , qu'ils nommèrent ainsi du mont Phricium en Locride. L'autenr de la vie d'Homère met la fondation de Cyme Tan 5594 de la période julienne, 4420 ans avant notre ère.

Je parlerai dans le quatrième paragraphe des fondations de quelques autres villes éoliennes.

§ m. De la colonie ionieime.

Afin de se former delà colonie ionienne nne idée claire, nette et précise , il est , je crois , à propos de remonter à l'origine des choses.

Hellen, fils > de Deucalion, régna dans la Phihîe, entre le Pénée et TAsope. Xuthus , Tun de ses fils, ayant été chassé 4 de la Thessalie par ses frères , se réfuj^ia dans ' TAttique, où il ® épousa une fi'le du roi Erechthée : il en eut deux fils , Achsus et Ion. Achaeus , ayant commis un ? meurtre involontaire , passa en Laconie , et donna son nom aux liabitanls de ce pays.

L'Attique se trouvant alors snrchargée d'un plus grand nombre d'habitants que n'en pouvait nourrir son sol sec et aride , les Athéniens en envoyèrent une ^ partie dans le Péloponnèse , sous la conduite d'Ion. Comme il était sur le point de faire la guerre

' Strab. loco laudato.

» Voyez plus haut, pag. 583, ce que j'ai dit sur la Thrace.

5 Strab., lib. vin, pag. 587, C.

4 Pausan. Achaic. sive lib. vu , cap. i, pag. 521. Il y a quelque difTérence dans le récit de Strabon. Cet auteur raconte qu'Hellen, ayant laissé ses états èTalné de ses fils, enToya les autres chercher des établissenieots s-illeun. Dorqs s'établit aux environs du Parnasse, et donua son nom aux peuples qu'il commandait. Xuthus passa dans TAttique, où II épousa une fille du roi Erechthée. Voytz Strabon, lib. tiii, pag. 588, A. Voyez aussi Gonon, Narrât. XXV II.

» Strab., ibid., vers Tan 3284 de la période julienne, 1430 avant notre ère.

« Sirab., ibid., vers Tan 5285 de la même période, 4430 ans avant notre ère.

7 Id., ibid., vers Tan 5307 de la période julienne.. 1 407 ans avant notre ère.

" Id., ibid., pag. 588, B. Vers Tan 3308 de In période julienne, f 406 ans avant notre ère.

PAR LA-RCHER-

aux habitants d\£giale et à < Sélinunte , leur roi , ce prince * lui donna sa fille Hélice en mariage , Tadopta et le désigna poar son snccessenr. Sélinonte étant mort , Ion monta sur le trône. Il donna le nom d'Hélice à la ville qu'il avait bâtie, et à ses sujets celui dloniens.

Tandis qu'il régnait sur les peuples d'jEçiale , les Athéniens ^ |e choisirent pour leur chef dans la guene qu'ils eurent à soutenir contre les Eheusiniens. Il vainquit 4 les Thraces » commandés par Eumolpus, qui s'étaient emparés d'Eleusis; et par reconnaissance , les Athéniens lui déférèrent la principale aatoritô dans le gouvernement , et s*appelèrent de son nom « Ioniens. Ce fut probablement vers ce temps-là qu'il partagea l'AUiqne en qu3tre tribus , et qu'il les appela les 7 Géléontes , les Argades , les iEgicores et les Hoplètes , du nom de ses quatre fils. Il est vraisemblable que ce fut peu après cet établissement qu'il fonda la colonie ionienne. On ne peut guère douter qu'il n'en ait été le chef après le témoignage « d'Euripide, de» Vitruve et de " Nicandre. Cependant ces témoignages sont infirmés par l'autorité de Pausanias, de Strabon, etc., de Suidas au mot iwvi«, et de l'auteur " de VEtymologieum magnum. Ces deux derniers écrivains paraissent avoir eu pour garant Hellanicos, comme on le voit dans Harpocration, au mot Epu0poîiot. Je conclus de cette diversité de sentiments qu'il passa en Asie deux colonies ioniennes , la première sous Ion , la seconde sons Nélée , fils de Codrus ; que la première fui très-faible , et ne forma que de petites habitations, et que la seconde fonda des villes. Comme la dernière est la plus considérable, et que les auteurs qui parlent de l'émigration ionienne n'entendent que celle-là , ce sera aussi la seule à laquelle je m'arrêterai, et dont je fixerai l'époque, après avoir dit deux mots de quelques événements intermédiaires ,

' Le DomiDatif grec est Sélinous; mais je forme le français du génitif, comme c'est assez l'usage en quelques mots.

* Pausnn. Achaic. siTe ïib. vit, cap. i, page 521 et 522. Vers l'an 5309 de la période julienne, l,4a'> avant notre ère.

^ Paasau., ibid. Vers l'an 3512 de la période julienne, 1102 ans avant notre ère.

* Ces Thraces ne venaient pas probablement de la Thrace. Ce sont vraisemblablement ceux qui s'étaient emparés d'une partie de la Béotîe.

^ Strabon., tib. viii, pag. 588, A. Euripides fait aussi mention de cette guerre dans les Phénidennes, vers 865. ^ Id., lib. VIII, pag. 588, B., lib. xiv, pag. 997, D. 7 Hérodot., Ub. v, $ lxvi, ^ Euripid. in lone, vers. 74.

0 Vitruv., lib. iv,cap. i, pag. 60.

"* Micandri Alexipbarm. vers. 9.

" Etymologic. magn, page 527, lin II.

qu'il est nécessaire de rapporter, afin de montrer renchalnement des faits.

Erechlhée étant mort , ses enfants ' se disputèrent la couronne. Xnthus, qui avait été pris pour arbitre, jugea en faveur de Cécrops, l'alné. Les autres enfants d'Erechthée le chassèrent de i'Attique ; il se réfugia dans le a pays d'^giale , où il mourut. Il est vraisemblable qu'Ion retourna dans ses états , et l'on ignore combien de temps il y resta; mais il est certain qu'il revint à Athènes, et qu'il y.> mourut.

Àcha)us ne fit pas un long séjour daus la Laconie. Il passa ^ en Thessalie avec des troupes qu'il (ira du pays d'^giale et d'Ailiènes, et recouvra les états de ses pères. Deux de * ses fils, Archandre et ^ Architélès, quittèrent la Phlhiotide et se rendirent à Àrgos , où ils épousèrent deux filles de Danaûs. De là , les Lacédémoniens' et les Argiens s'appelèrent Achéens. Danans était sans doute un prince de la famille des rois d'Argos , mais ne pouvait être le même qui vint d'Egypte , et qui fut la souche des rois de ce pays. Les Marbres de Paros mettent (Epoch. IX] l'arrivée de celui-ci sous le règne d'Erichihonius , qui est de l'an 5205 de la période julienne, 4541 ans avant notre ère. J ai prouvé , dans le chapitre ix , $ ii de la chronologie d'Athènes, qu'Erichthonius n'était monté sur le trône qu*en 5246 de la période julienne, 4498 ans avant l'ère vulgaire, et, dans le chapitre x , concernant les rois d'Argos, $ IV, que Danaûs était venu en Grèce vers Tau 5442 de la période julienne, 4572 ans avant notre ère, et par conséquent avant le règne de Cécrops, que je place, par les raisons que l'on a déjà vues, Tan 5,444 de la période julienne , 4 ,570 ans avant notre ère.

Les Achéens restèrent dans ce pays jusqu'au retour des Héraclides , qui les en chassèrent. Ils se retirèrent alors dans le pays^ d'.^iale, où les Ioniens les reçurent avec plaisir, à cause de leur origine commune. Mais dans la suite , ces deux peuples en vinrent aux mains, sur quelques soupçons qu'eurent les Ioniens que les Achéens voulaient metire sur le trône Tisaménns, fils d'Orestes, leur roi. Les Ioniens , ayant été vaincus , furent obligés d'abandonner leur pays aux Achéens , qui conservèrent la division qu'y avaient introduite les Ioniens , et Tap-

* Pausan. Achaic. sîve lib. vu, cap. i, pag. 521.

* Id., ibid. pag. 521.

3 Id., ibid. pag. 522.

' Id., ibid. pag. 52i.

* Pausan. Acbaic. sivelib. tu, cap. i, pag. 521.

* Ce passage est d'autant plas imporlant, qu'il sert à entendre un endroit d'Hérodote , ib. ii, § zcviii, qui a^ait paru inintelligible àGronovius.

^ Pausan., lib. vu , cap. i, pag. 525.

im

pelérenl de leur nom Achaie. Ils furent gouvernés par des rois descendant de Tisaménus jusqu'aux enfants ' d'O^gus , qui. s'étant conduits despotiquement , furent déposés , et le gouvernement démocratique prit alors la place du monarchique. Ce pays devint trés-oélébre, et conserva sa liberté jusqu'à la troisième année de la 458* olympiade, 450 ans avant notre ère, qu'il fui réduit en province romaine. Les Achéens , comme on vient de le voir, ne se réfugièrent dans le pays d'^iale, chez les Ioniens, qn*aprè.4 avoir été chassés de la Laconie par les Héraclides. Cela dut arriver la même année que le retour de ceux-ci ilans le Péloponnèse, c'est-à-dire 80 ansaprès la prise de Troie. Bientôt après, la discorde s*étanl > allumée entre ces deux peuples , comme je Tai déjà remarqué , ils en vinrent aux mains. Les Ioniens, ayant eu le dessous, se retirèrent d'abord à Hélice; mais les Achéens, les y ayant suivis, formèrent lesiége de cette ville. Les Ioniens, n'étant point en état de le soutenir, rendirent la place anx Achéens, à condition que ceux-ci leur permettraient de se retirer. Ils retournèrent dans TAttique, où les reçut Mélanthus, qui régnait alors à Athènes. La mémoire encore récente d'Ion et de ses belles actions ne contribua pas peu à les faire recevoir. On dit aussi que les Athéniens, soupçonnant les Doriens de vouloir les chasser de leur pays , accueillirent les Ioniens moins par bienveillance pour eux que pour se fortifier contre les entreprises des Doriens. Les Achéens s'élant réfugiés dans le pays d'jEgiale en 5525 de la période julienne , 4 489 ans avant notre ère , les Ioniens doivent avoir été reçus à Athènes l'année suivante , c*est*à-dire la seconde année du règne de Mélanthus. Ils restèrent à Athènes pendant la vie de Mélanthus et de Codras , qui régnèrent 58 ans , selon ' Castor. Mais après la mort de ce dernier prince , la royauté fut abolie , et Ton établit des archontes perpétuels dont l'autorité fut moûis grande que celle des rois. Le premier archonte perpétuel fut pris dans la famille de Codrus , q i avait généreusement sacrifié sa vie pour le bonheur de son pays- Mais cela même occasionna de la mésintelligence entre les enfants de Godrus. Nilée ^ ne pouvant se résoudre à vivre en simple particulier, et soumis à un frère qu'il croyait moins capable de gouverner que lui-même , résolut de chercher fortune ailleurs. Les Ioniens, qui ne trouvaient dans TAttique, pays sec et stérile, qu'une subsistance précaire , et qui n'y avaient pas encore formé de liaisons bien étroites , n'étaient pas fort attachés à ce pays : il les fit solliciter de l'accompagner en

CHRONOLOGIE D'HÉRODOTE

Asie. Il n'eut pas de peine à les y engager : il fallut au moins deux ans pour foire les préparaiifii d'un tel voyage. Ainsi les Ioniens partirent ponr se rendre en Asie 60 ans après le retour des Héraclides, et 440 ans après la prise de T^oie. C'est aussi le sentiment d'Eratostbènes , et l'opinion de ce savant sert merveilleusement à appuyer les preuves que je viens de donner. « De la prise * de Troie, dit-il, au » retour des Héraclides, il y a 80 ans , et du retour » des Héraclides à la fondation de l'Ionie , 00 ans. » Thucydides, écrivain exact , et beaucoup plus ancien qn'Ëratosthènes , place * aussi (a conquête du Péloponnèse 80 ans après la prise de Troie* Il ne dit pas , il est vrai , en termes aussi positifs , que la migration ionienne eut lieu 60 ans après cette conquête; mais il est facile de le présumer d'après son récit. En effet , il dit que ce fut avec bien de la peine ' que la Grèce, étant parvenue à jouir d'une paix solide et à ne plus éprouver de commotions 4)endant très longtemps, envoya au dehors des colonies , et que les Athéniens peuplèrent la plupart des lies. Nous avons prouvé, dans le cluipitre xiv , concernant la prise de Tit>ie , que cet historien la plaçait l'an 5444 de la période julienne , 4490 ans avant notre ère , et l'envoi de la colonie ionienne vers Tan 5584 de la période Julienne, 4450 ans avant l'ère chrétienne.

La seule difficulté qu'on puisse proposer contre ce sentiment vient de Strabon, qui s'exprime en ces * termes : « On dit que la colonie aeoiienne pré* » céda de quatre générations l'ionienne ». Il devrait y avoir par conséquent 455 ans entre le commencement de ces colonies. Cependant il ne se trouve, selon mon calcul , que 80 ans d'intervalle. On ne peut s'imaginer que Strabon ait pris dans ce passage le terme de génération pour nne évaluation de tem{is. Il ne pouvait ignorer la manière de les calculer, et d'ailleurs il savait qu'Orestes avait vécu très-longtemps, et qu'il avait régné 70 ans. Il y a plutôt lieu de croire que ce géographe a voulu dire seulement qu'il y avait eu quatre migrations des lEoliens , sous quatre princes qui se sont succédé de père en fils : la première conduite par Orestes ; la seconde, par Penthilus , fils d'Orestes; la troisième, par Echélatus , fils de Penthiius; la quatrième, par Grais , fils d'Echélatus. Cette dernière migration est antérieure de très-peu à la colonie ionienne. Cet écrivain voyait quatre migrations différentes des Eoliens, antérieures toutes les quatre à la colonie ionienne : la première conduite par Orestes, et les

' Polyb., if, $ XLi, lib. iv,$ i.

> Pausao. Acbais. siTelib.Tii.^eap. i.

* Eotebii Cfaronicor., lib. potier., pag. tM.

4 Pausao. Àchaic, nve lib. vu, cap. n.

' Eratoslben. apud Clément. Alexaodr. $tromat,lib. i, pag. 402.

> Tfaucydid. » lib. t,$xii.

> Ibid.

4 Strab., lib. xiii, pag. 872, C.

PAR LARGHËR.

trois aulrea par son fils , «m peiltrllls et son arrière^ petit-fils. Il ne lui en fallut pas davantage pour avancer que cette colonie avait précédé de quatre générations l'ionienne. S'il eAt voulu fixer les époques de ces colonies» il aurait mis plus de précision dans son récit, et n'aurait pas manqué , selon son usage , de les déterminer d^iue manière invariable par des dates certaines. Mais si, au lieu d^employer des dates, il se fût proposé de se servir du terme de génération, comme d'une marque très-connue, et presque toujours usitée parmi les écrivaia<( qui l'ont devancé, il n'aurait pu dire qu'il y avait eu quatre générations entre la première migration eotîenne et la colonie ionienne: car Orestes était âgélorsqu'il se mit à la tète des iEoliens , et il devait avoir alors 75 ans. En voici la preuve. Agam mnon fut tné par £gist lie Tannée même de la prise de Troie, c'est-àdire l'an 5444 de la période julienne, 4270 ans avant notre ère. ^iMhe ' régna sept ans , et fut lui-même tné par Orestes l'an 5451 de la période julienne, 4265 ans avant notr^^ère. Orestes régna 70 * ans ; donc il mourut l'an 5521 de la période julienne , 4 4 95 ans avant noire ère. Or, comme il ^ avait 90 ans quand il termina sa vie , il s'ensuit qu'il était né l'an 5454 de la période julienne, 1385 ans avant notre ère, et qu'il avait 75 ans lorsqu'il conduisit lapremière colonie ^olienne, qui date de Tan 5504 de la période julienne, 4240 ans avant l'ère vulgaire.

Penthilus était un homme fuit à cette date , et son fils Echélatus était né , ou vint au monde peu de temps après. Graîs, fils d'Echélatus, était trèsjeune lorsqu'il conduisit la quatrième colonie œo- Henné. Strabonle dit positivement, livre xiii , page 875 , A. Donc on ne doit compter ces quatre princes que pour deux générations et demie, qni font 82 ans; ce qni revient , à deux ans près , à l'intervalle entre la première migration œolienne et le commencement de l'ionienne, intervalle que j'ai trouvé, par des moyens plus sûrs, être de 80 ans. D'ailleurs Strabon ne dit pas en termes précis que la colonie asolienne précéda de quatre générations l'ionienne, mais seulement on dit , f»^^^ Ainsi ce n'est point Topinion de cet auteur, mais celle de l'écrivain dans lequel il Ta puisée; opinion qu'il n'a pas suffisamment examinée , comme il l'annonce assez par la manière dont il s'est exprimé.*

Il y a des auteurs qui prétendent qu'Ion fut le chef de la colonie ioniçnne, et que Nilée n'en fut pas le conducteur. Tel est entre autres le sentiment d'Euripides , qui , dans la tragédie dlon, voulant illustrer le héros de fa pièce , lui attribue la fondation de la

' yelleMiBpatercal.y lib. i , cap. i.

* Id., ibid. ' ld.,ibid.

colonie , qui , de son nom , fut appelée colonie ionienne ' ; « Et il aura soin que par toute laGrèce Ion » soit lui-même regardé comme le fondateur de la » terre asiastique. »

Yitruve est aussi de cette opinion. Voici ses propres termes : Athe»iense$ ^ ex responsis ApollinU Delphiciy commun t consilio iotius Héilados tredn' cim colonias «no Umpore in Asiam deduxertini , ducesque insingulis coloniis constituerutit^ et si»m« mam imperii partem loni , Xuthi et Creusœ filio , dederwit^ quem etiam ApoUo Delphis siium filivm in responsis est professiiSy isqw eas colonicts in Asiam deduxit ^ et Cariœ fines occvpavit^ ibique civitaies ampHssimas constituit^ Ephesum^ etc.

J'en ai déjà fait l'observation plus haut; mais en même temps j'ai fait observer que cette colonie n'avait formé que de légers établissements, qu'elle n'eut aucune solidité, et que, par cette rai:ion , bien loin de la compter, on regarde Néice comme le fondateur de la colonie ionienne.

Il ne me reste plus qu'à parler de la fondation de quelques villes , tant doriennes qu'aeoliennes et io* niennes , en Asie et en Europe , et je le ferai de la manière la plus succincte qu'il me sera possible, sans cependant omettre les autoritéssur lesquelles je m'appuie , parce que les lecteurs sont en droit de les exiger, et qu'un écrivain , quel qu'il soit, ne peut mériter leur confiance , sll n'a soin de les leur présenter et de les mettre en état de les vérifier.

S IV. De la fondation de quelques rllles doriennes, a^Ifennes, ioniennes, en Asie et en Europe.

I. Alalie fut fondée dans Vile de Cyrne (Corse) par les Phocéens >, 20 ans avant la prine de Phocée, par Harpage , l'un des généraux de Cyrus. La ville de Sardes fut prise Pan 4169 de la période julienne , 545 ans avant notre ère , comme je l'ai prouvé dans le chapitre vu , concernant les rois de Lydie. La suite des événements racontés par Hérodote fait voir que la prise de Phocée est de l'an 4172 de la période julienne , 542 ans avant notre ère : donc Alalie fut bâtie Tan 41 52 de la période julienne, 562ans avant l'ère vulgaire.

II. Ceux des Phocéens ' qui s'étaient retirés aux Iles ^nusses après la prise de Phocée se rendirent dans l'Ile de Cyrne (Corse) , où ils demeurèrent cinq ans. La sixième année ; ils livrèrent sur mer un combat sanglant aux Carthaginois et aux Tyrrhcniens. L'avantage fut de leur côté ; mais, ayant perdu une partie de leurs vaisseaux et beaucoup de monde, ils retournèrent en Cyrne, prirent leurs femmes et leurs

< Enrlpid. Ion., vers. 74.

• Yîtruv., lib. iv, cap. i, page 60.

' Herodot.» lib. i , $ ci.xv.

4 Id., ibid., S cLxv« clvi et cuvii.

CHRONOLOGIE D'HÉRODOTE

enfants avec tons les effets qui lear appartenaient , et fondèrent dans rOEnotrie la ville d'Hyèle. Cette fondation est donc à peu près de Tan 4179 de la période julienne , 555 ans avant notre ère.

III. Hérodote ne parle pas de la fondation de la ville de Marseille , et Ton a lieu d'en être surpris. Mais si l'on fait attention qu'il n'entrait pas dans son plan de parler de toutes les cmigralions des Phocéens, mais seulement de celles qu'occasionnèrent l'arrivée et les conquêtes des Perses en lonie , celte surprise cessera.

Marseille fut fondée la première année de la xlv* olympiade 9 c'est-à-dire Tan 44U de la période julienne , 600 ans avant l'ère vulgaire. Solin ' le dit positivement , quoiqu'il ajoute des particularités qui ne peuvent s'accorder avec cette époque. Tout ce qu'on peut en conclure, c'est qu'il était médiocrement instruit de Thistoire de ces temps- là. Timée, beaucoup plus ancien que Solin, et beaucoup plus accrédité , fixe la fondation de celte ville à la même époque. Il dit , en effet, qu'elle fut fondée 420 ans avant la bataille de Salamine ^ Or on sait que cette bataille se donna l'an 4254 de la période julienne , 480 ans avant noire ère. Donc la fondation de Marseille est, selon Timée , de l'an 4H4 de la période julienne, 600 ans avant l'ère chrétienne et la première année de la XLv' olympiade. On peut encore s'appuyer du témoignage de Justin. Cet historien ^ place celte fondation sous le règne de Tarquin-l'Ancien , sans en fixer l'année. Ce prince , qui était fils de Démaratus , lun des Bacchiades , et banni de Corinthe , régna trente-huit ans. Il monta sur le trône l'an 4,099 de la période julienne, 615 ans avant notre ère, selon Denys d'Halicarnasse , lib. m , §. xi. La quinzième année de son règne concourt donc avec la fondation de Marseille.

Après des témoignages si précis et si positifs ^ on est surpris que le savant P. Pétau ait placé le commencement de cette ville l'an 4175 de la période julienne, 559 ans avant Tère vulgaire, c>st-à-dire 61 ans après sa véritable époque. Il s^appuie d'Hérodote et d^usèbe. Le premier de ces auteurs ne parle pas de Marseille , et Tautorité du second est nulle quand elle est contredite par de graves écrivains. Il aurait pu cependant s'appuyer du témoignage de Pausanias , qui dit formellement que la fondation 4 de Marseille est du même temps que celle de la ville d'Hyèle. Mais son autorité ne peut prévaloir sur celle de Timée , surtout quand on fait attention que cet auteur est peu exact , et qu'il a beaucoup souffert

' Solinl Polyhisf. , cap. ii, page 12.

* Scymni Chii Orbir Detcript, vert. 2f 0 et seq. ' Jiutiii., lib. xLiii , cap. m , tome ii , page 7f 2. ^ Pausan., lib. z, cap. tiii.

des copistes. Si on vent bien cependant lui accorder quelque sorte de confiance en cette occasion , il sera facile de concilier son témoignage avec celui de Timée. On pourra dire qne Marseille fut fondée Tan 4M4 de la période julienne, 600 ans avant Jésns- Christ , et qne les Phocéens , chassés par les Perses, se réfugièrent en partie dans cette ville, et l'agrandirent vers Tan 4179 de la période julienne, 555 ans avant notre ère , qui est la date de la fondation d'Hyèle. Mais dans cette hypothèse le P. Pétau n'en sera pas moins convaincu d'avoir placé cinq ans trop tôt la fondation de cette ville.

ly ." Oasis fut fondée ' par les Sami( ns ; on ignore le temps de celte fondation. On peut présumer qne ce fut pendant les voyages qu'ils * firent à Tartessus, c'est-à-dire vers Tan 4,074 de la période julienne, 640 ans avant notre ère.

y. Abdères s fut d'abord fondée par Timésias de Clazomènes ; mais ayant été chassé par les Thraces, elle fut rebâtie par les Téien$,qui, voyant lear ville prise par les Perses , s'embarquèrent et allèrent s'établir en Thrace. Cette seconde fondation doit être de l'an 4175 de la période julienne, 541 ans avant Tère vulgaire, parce que la prise de Pliocée la précède d'un an. Eusèbe place la fondation de cette ville en 4059 de la période julienne , 655 ass avant notre ère. Si cette date est exacte, elle regarde l'établissement de Timésias de Clazomènes.

yi. La fondation de ^ Smyrne précède l'expé Jition de Xerxès de 622 ans. Elle est donc de l'an 5642 de la période jnlienne, 4402 ans avant notre ère. Cyme en £olie fut fondée* 48 ans auparavant, c'est-à-dire* en 5594 de la période julienne, 4420 ans avant l'ère vulgaire. Lesbos ^ l'avait été 20 ans avant Cyme , je veux dire en 5574 de la période julienne ,4440 ans avant notre ère. ^

yil. L'Ile de Mélos fut fondée par des Laooniens et des Spartiates. Philonomns ? de Sparte, ayant livré Lacédémone aux Doriens, ent pour sa récompense la ville d'AmycIes. Mais en la troisième génération , les habitants de cette ville ayant excité des troubles contre les Doriens, cenx-ci les chassèrent. Les Amycléens prirent avec eux quelques Spartiates , et firent voile vers la Crète. En passant près de rile de Mélos un détachement de cette flotte la

fonda, iv T& TtetpôcnXc* Ss tou ct6X& MîjXw ebi»S«9/i9;

àtxi^tt. Je m'arrête iâ pour relever une singulière méprise de Th. Gale , éditeur de Conon. Ha £ait

• Herodot., lib. ni , S xxvi.

> Herodot.,lib. iy, $ cui.

> Id., lib. I , S CLxviii.

^ Id., in Titi liomeri , sab finem.

• Id.,ibid.

• Id., ibid.

7 CoDon, Narrât, xixvi.

PAR LARCHEPw

imprimer oijtoZnçfiii par un alpha majuscule, comme si c'eiU été un nom propre , et il a traduit en conséquence : Apodasmus Melum haJbitaiorïbus instruit L'abbé Gédoyn, qui ne savait pas le grec, a traduit , dans les Mémoires de PAcadémie des Belles-Leitrcs, tome xiv, Mem. page 214 : « Apo- » dasmus, se trouvant à la hauteur de Mélos, prit B le parti d'y débarquer une partie de ces aventu* » riers , qui s*y établirent. » Ainsi voilà un nouveau fondateur, qu'on avait jusqu'alors ignoré. Mais laissons l'abbé Gédoyn avec sa découverte , et passons à l'époque de la fondation de celle lie. La conquête de Laoédémone par les Héraclides est de Tan 5524 de la période julienne, 4490 ans avant notre ère, comme je l'bi prouvé. Philonomus eut la ville d'Amycles pour récompense de sa trahison. En la troisième génération, les Amyclcens se soulevèrent contre les Doriens. Ceux-ci les ayant chassés , les Amycléens allèrent en Crète ; mais il y en eut quelques-uns qui s'arrêtèrent dans l'île de Mélos et la fondèrent. Ainsi celte fondation est , au plus tôt, de l'an 5394 de la période julienne, 4425 ans avant notre ère, et, au plus tard , de Tan 5G22 de la période julienne , 4092 ans avant Tère vulgaire. Le récit de Conon ne fournit pas de plus grande approximation ; et il faudrait s'en contenter si nous n'avions pas celui de Thucydides , qui est plus précis. La ' seizième année de la guerre du Péloponnèse , dit cet historien , les Méliens ayant été attaqués par les Athéniens, ils assurent eux-mêmes qu'il y avait 700 ans que leur ile avait été fondée. La seizième année de la guerre du Péloponnèse tombe sur Tan 4298 de la période julienne, 416 ans avant notre ère. Si Ton retranche 700 de 4298, on aura 5598 de la période julienne, 4446 aus avant rère vulgaire, pour Tannée de la fondation de Mélos; ce qui s'accorde avec le récit de Conon, qui la place entre les années5594 et 5622.

YIII. La ville d'IIalicarnasse fut fOiidée vers Tan 5559 de la période julienne, 4475ans avant notre ère. Voyez sur cette fondation, chap. xv , sect. m , §. II.

IX. La fondation de Tlle de Corcyre , aujourd'hui Corfou , est à peu près de la même date que celle de Syracuse. Lorsqu'Archias ' se rendit en celte ville, il détacha Cheràicrates, de la race d'Hercule , qui chassa de Corcyre les Liburnes qui Toccopàient, et il y établit pour colons des bannis de Corinlhe. Il avait été lui-même banni de cette ville. De là rorîgine de l'inimitié qui subsista entre Corcyre et la métropole; inimitié qui se manifesta de

' Thucydid., lib. v, S cxii.

» Strab. , lib. vi, pag. 414, S^ho). Apollon. Rhod. ad ]ibt iVy vers. ISf $,

bonne heure par une sanglante bataille > que se livrèrent ces deux peuples , 200 ans avant la fin de la guerre du Péloponnèse, c'est à dire en 4050 de la période julienne, 664 ans avant notre ère. L'historien Timée > place la fondation de cette lie 600 ans après la prise de Tioie. Mais , ou il met la prise de cette ville beaucoup plus tôt qu'Hérodote et Thucydides, ce qui n'est guère vraisemblable , ou il se trompe. Je croirais volontiers qu'il y a ici une er-> reur du Scholiaste d'Apollonius de Rhodes, qui nous a conservé le fragment de cet historien ou de ses oo]Hstes. Cependant celte même leçon se trouve non-seulement dans toutes les éditions de cet autenr, mais encore dans l'excellenl manuscrit de la bibliothèque du Roi , d'Apollonius de Rhodes, coté 2727. Corcyre fut doue fondée vers l'an 5958 de la période julienne , 756 ans avant Tère vulgaire , comme on le verra dans peu, lorsque je parlerai de la fondation de Syracuses.

X. Crolone fut fondée un an avant Syracuses. Myscellus , fils d'Alémon , descendant d'Hercule , si l'on en croit Ovide , dans ses Métamorphoses , livre XV, vers 19-59 , était ' parti avec des Achéens pour y établir une colonie. Archias , qui allait à Syracuses , étant abordé en ces lieux , aida Myscellns à bâtir sa ville. Crolone est donc un peu antérieure à Syracuses , et à peu près de l'an 5955 de la période julienne , 759 ans avant l'ère vulgaire ; Syracuses ayant été fondée l'année suivante , comme on le verra dans peu. Denys d'IIalicarnasse assure cependant ^ que sa fondation est de la troisième année de la dix -septième olympiade , c'est-à-dire de l'an 4004 de la période julienne, 740 ans avant notre ère. Mais je pense qu'il vaut mieux s'en tenir au sentiment de Strabon , qui a écrit sur la géographie , non seulement en gé<)graphe , m lis encore en historien qui a approfondi l'histoire et lorigine de la plupart des villes célèbres.

XI. Les Pélasges, nouvellement arrivés dans rOmbrie , ayant réuni leurs forces avec celles des Aborigènes ou OEnotriens , car Denys d'Halicarnasse prétend, livre i, § xm, que c'était le même peuple, chassèrent de l'Italie les Sicules '. Ceux-ci passèrent dans la Sicanie. Cette lie portait anciennement le nom de Trinacrie, à cause de ses trois promontoires. Elle était a'ors occupée^ par les Cyclopes et les Lflestrigons. Les Slcaniens , qui habitaient la partie de l'Ibérie appelée depuis la Catalogne, sur les bords du Sicanus, aujourd'hui le Sègre, en ayant

' Tbucyd., lib. i,Sxiii.

* Apnd Sohol. ApoUoDÎi Rhod., lib. iv. vers. f2l5«

3 Strab., lib. vi , pag. 402 et 403.

4 Diouys. Halicam., Ant. rom., lib. ii, § liz. s Id.,ibid.,Ub.i,$xzii.

^ Thucydid., lib. vi , $ ii.

CHRONOLOGIE O'HÊKODOTE

été chassés par les Ligyens, firent une descente dans la Trinacrie, et en expulsèrent les anciens habitants, qui étaient en trop petit nombre pour leur résister. On ignore en quel temps se passèrent ces événements. Les Slcaniens donnèrent leur nom à Tlle. Ils en éuient depuis peu de temps ' tranquilles possesseurs , lorsque les Sicules , forcés d'évacuer rilalie, firent une descente en Sicanie. Les Sicaniens , qui n^étaient pas en grand nombre , ayant été battus , se retirèrent* vers les parties occidentale et méridionale de rile, et laissèrent à la disposition des Sicules les contrées les plus fertiles. L'Ile prit alors le nom

de Sicile.

Thncydides • prétend que cet événement est antérieur de 3H ans au premier établissement des Grecs en Sicile. Ce premier établissement est* celui de la ville de Naxos, Tan 5055 de la période julienne, T59 ans avant notre ère. Les Siciliens passèrent dohc en Sicile , selon Thucydides , Tan 5655 de la période julienne , 1059 ans avant Tère vulgaire.

Ce sentiment me parait insoutenable , parce que ce furent les Aborigènes et les Pclasges qui forcèrent les Sicules à évacuer l'Italie , et qu'à celte époque il n'y avait plus de Pélasges en Italie. Denys d'Halicarnasse ^ suppose que cet événement précéda la prise de Troie de trois génération», c'est- à -dire qu'il est de 5344 de la période julienne , 4570 ans avant Tère vulgaire. Comme cette date se lie mieux avec les migrations des Pélasges , et surtout avec leur évacuation de la Tyrrhênie et leur arrivée dans TAttique , que celle qui est rapportée par Thncydides , j'ai cru devoir d'autant plus lui donner la préférence que Phllistus de Syracuse et Hellantcus de Lesbos placent la migration des Sicules en Sicile , le premier 80 ans avant la prise de Troie , et l'autre trois (rénéralions avant le sac de cette ville, ce qui revient à peu près à la même chose.

XII. Des Chalcidiens \ partis de TEubée sous la conduite de Theuclès , fondèrent la ville de Naxos en Sicile, Tan 5955 de la période julienne, 759 ans avant notre ère. En effet, Thuoydkles dit, au même endroit , que l'année suivante , Archias , de la famille des Héradides, fonda la ville de Syracuses. Il ne s*agit donc plus que de déterminer Tannée de la fondation de cette dernière ville.

XIII. Syracuses fut fondée, selon Eosèbe, la quatrième année de la onzième olympiade. Le P. Pétau, qui s'appuie du témoignage de ce cbronologiste ,

* Diouys. Ilalicarn., Aatiq. rom. , lib. t> S zxii» p. 17.

* Thucydid., loco laudato.

> Id., lib. VI , S III.

' ThQcydid., looo laudato.

^ Diooys. Halicarn., loco snperius laudato. Id t Antiq. rom.» lib. ii , S xiii.

place cet événement la quatrième année de la neu* vième olympiade . c'est-à-dire huit ans plus tôt. Lorsque ce savant composait son grand ouvragesur la chronologie , les Marbres de Paros n'étaient pas encore connus. S'ils l'eussent été de son temps, je suis persuadé qu'il leur aurait donné la préférence surEusèbe. Ces Marbres placent la fondation de Syracuses la vingt-et-unième année de Tarchonte perpétuel ^chyle. Or, on sait que les olympiades , qui sont de l'an 5958 de la période julitnne , 776 ans avant notre ère , furent instituées la troisième année de cet archonte : donc la vingt-et-unième année de son archontat correspond à la troisième année de la cinquième olympiade , c'est-à-dire à Tan 5956 de la période julienne , 758 ans avant notre ère.

On peut m'objecter que la date des Marbres est actuellement effacée , et qtte celle de 494 , qu'on lit dans la dernière édition, a été substituée par les éditeurs. Je réponds que , quoique la date de 494 ne soit fondée que sur une conjecture, elle n'en est pas moins certaine. En effet , les olym;>iades furent instituées la troisième année de rarchoniat d\¥lschylf. Or , elles le Turenl fan 5958 de la période julienne, 776 ans avantnotre è e. Si la troisième année d'^chyle se rencontre avec Tan 776 avant notre ère , la vingt-et-unième année de cet archonte doit correspondre avec Tan 5956 de la période julienne, 758 ans avant notre ère. Cette date est encore confirmée par l'âge du poète Eumélius, qu Ëusèbe dit avoir fleuri en la troisième olympiade. Or, saint Clément d'Alexandrie assure ' qu'il s'était joint à Archias, qui avait fondé Syracuses. Il pouvait avoir alors 45 ans; ce qui n'est pas un A^ trop avancé ponr se joindre à une nouvelle colonie. Mais si Archias n'avait fondé Syracuses qu'en la quatrième année de la onzième olympiade, comme le voulaient Eusèbe et Dodwell , Eumélius aurait eu 70 ans , et aurait été trop vieux pour songer à se transporter ailleurs.

Dod well place, de même qn'Eusèbe, la fondation de Syracuses Tan 5982 de la période julienne, 752 ans avant notre ère. Je discuterai son opinion en parlant de la'fondation de Mégares.

Xiy. Les Locricns - Epizéphyriens furent kfùdés dans la Brutiie , un peu au-dessus du promontoire Zéphyrium , par les Locriens-Ozoles , peu après la fondation de Crotone et de Syracuses \ c'est-à-dire vers Fan 757 avant notre ère. Evanthe fut le chef de cette colonie. Ephore attribuait la fondation de Locres aux LocriensOpuntiens. On pourrait appuyer cette opinion par ce vers de Virgile t :

Htc et NarycH posuemat mœnia Locri.

' Clément. Alezandr. Stromat., lib. t , p. 996, Kn. 15

' Strab.,llb.vi,p.597,B.

' yirgil., JBnelà, , lib. m , vers. 599.

PAR URC«En.

Car il est certain qne Naryx ou Narycion était attaqua la capflale de ses états et la prit. Mégai*ée, une ville des Locrîens-Opuntiens '. i gendre de Nisus, lui succéda. Aicathoûs , fils de Pé-

Mais ceux qid soutiennent ce sentiment sont for- - lops , attaqua la ville de Mégare , la prit , et ayant eés d'avouer que cette ville fut fondée peu après la ' --"*"• ' *^ -** •- -:.--»^ir- jx*-«:» 1^- ^.^

prise de Troie , par ces Locriens, compagnons d*A^ jax , fils d'Ollée , qui échappèrent au naufrage de la flotte de ce héros , près du promontoire Gapharée. Voyez Servius , sur le vers de Virgile ci - dessus cité.

Denys le Périégète prétend "îque les esc'aves des Locriens ayant eu commerce avec leurs maîtresses, les enfants de ces esclaves passèrent en Italie. Ce géographe ne rapporte pas en quel temps cela aniva; mais il est vraisemblable que si ce fait a eu lieu , ce ne peut être que pendant le siège de Troie. Les Locriennes , abandonnées de leurs maris , et désespérant de leur retour , se livrèrent à leurs esclaves. Les Locriens , revenus de Troie , chassèrent cette jeunesse de leur pays. C'est faire remonter trop haut la fondation de cette ville.

Si Ton en croit Conon'^ , cette fondation remonte au temps d'Hercule. Phasax fut le premier roi de nie Schérie, qui depuis fut nommée Corcyre. Il eut deux iils , Âicinofis et t^ocrus. Ces deux princes ne pouvant s'accorder , Locrus se retira dans le pays des Bruttiens , avec quelques Corcyréens qui l'accompagnèrent , et auxquels il donna son nom.

Je crois qu'il vaut mieux s'en tenir à Topinion de Slrabon.

XV. Cinq ans après la fondation de Syracuses ', des Chalcidiens , partis de Naxos en Sicile , sous la conduite de Tiieuclès , fondèrent la ville de Léontium , d'où ils avaient chassé les Sicules ; et ayant mis ensuite à leur tête Euarchès , ils bâtirent la ville de Catane.

Je dirai deux mots de Mégares, dans TAttlifue, à cause de la colonie qu'elle envoya en Sicile , colonie qui fonda dans cette lie une ville de même nom.

XVI. La Mégaride fut habitée dans les anciens temps par des Léléges ^Pandion ii, ayant été chassé par les Iils de Métion ^ , se réfugia auprès de Pylas, roi de la Mégaride , qui lui fit épouser sa fille Péiia. Pylas , ayant tué son oncle Bias , se retira avec des troupes dans le Péloponnèse , où il fonda la ville de Pylos, et laissa le petit royaume de Mégares à Pandion, sou gendre. Nisus, fils de Pandion, régna * dans la Mégaride après la mort de son père. Minos

' Plio., Hist. nat., lib. iv, cap. vu , p. 498.

' Dionys. Perieg., Orbis descript., vers. 565-

3 Ck>ooDif Narrât., pag. 246 et 247.

^ Thucyd., lib. vi,$ m.

^ " Pausan., lib. i, cap. sxxix.Ovid. Meiamorph.» viii> 6. " * Apollodor., Bibliotb., lib. m , cap. iiv, $ v.

' Id., iUd., S VIII.

rétabli ' les murs de la citadeife, détraits par les Cretois , il mérita le titre de fondateur. C'est par cette raison que les Mégariens sont appelés les habitants d'Âlcathoûs , xXxaOùou Mcer^^c, dans une inscription trouvée à Mégare , et rapportée par Taylor dans le second volume de Démosthènes , page 358 ; car c'est ainsi qu'il fout lire, et non AAxaacbu. Les Athéniens restèrent les maîtres de c«tte ville jusqu'à Codrus. Les Péloponnésiens, étant venus attaquer ce prince la vingt-et-unième année de son règne, furent baUus*. Cependant ils s'emparèrent de Mégares; et depuis ce temps , cette ville resta an pouvoir des Doriens. Voyez section ii, $ r.

XVII. Vers le temps de la fondation de Léontium s , Lamis , sorti de Mégares sur les frontières de i'Atiique , fonda Troiilos eu Sicile. Il passa dans la suite chez les Léontins , et gouverna leur république avec les Chalcidiens. Mais ayant é<é chassé par les Léontins, il fonda Thapsos , où il mourut. Ceux qui ravatent accompagné, obligés de s'enfuir, fondèrent Mégares en Sicile. La centième année après cette fondation , les Mégariens bâtirent Sélinante , et la deux cent quarante-cinquième année , ils furent chassés parjGélon, roi de Syracuses. L'année de la destruction de Mégares n'ayant po'nt été déterminée , il est presque impossible de fixer celle de sa fondation. En pareil cas , il faut se contenter d'approcher de très- près. Noos savons par Thucydides que, lorsque Gélon détruisit cette ville, il était déjà roi de Syracnses. Mais en qtiel temps s'emparat-il de celte ville ? c'est une nouvelle difficulté. Les Marbres de Paros' supposent que ce futsous l'archon* tat de Timosthènes , et l*an 215 de l'ère attique , c'est-à-dire l'an 4256de la période julienne. 478ans avant notre ère , parce que l'ennéadécaéiéride n'étant pas encore établie , il font ajouter seulement 265 annaux années attiqnes pour avoir l'année avant notre ère. Cette date est contredite par Pausanias , qui assure « , en termes poiitifb , que ce prince se rendit maître de Syracuses la seconde année de la soixante - douzième olympiade, sous l'archontat d'Hybrilidès, c'est-à-dire en 4225 de la période julienne, 4M ans avant l'ère vulgaire. Ainsi les Marbres placent l'avènement de Gélon au trône de Syracnses 45 ans pins Urd que Pausanias. Ensèbe

* Pansan., lib. i, cap. xli, pag. 99. Conf. Theognid. Sentent., vers. 75f .

' Strab., lib. ix , page 602.

» Thucyd., lib. vi , S iv.

4 Marmora Otonfent. Epocfa. uv, ' Pausan., lib. vi> cap. ix, pag. 475.

CHRONOLOGIE D'HÉRODOTE

met cet avènement la seconde année de la soixantetreizième olympiade, c'est-à-dire en 4227 de la période julienne , 487 ans avant noire ère.

Ces témoignages sont sans doute respectables; mais lorsqu'ils se contredisent, et lorsqu'ils sont contredits par d^utres témoignages non moins graves, on devient plus indécis que jamais, et Ton ne doit pas être surpris de la diversité des opinions parmi le; modernes, et de l'embarras où j'ai dû me trouver. Cependant, comme il faut se décider, voici le parti que j'ai pris , et les raisons qui m'ont déterminé.

4° Diodore de Sicile ' assure que Gélon régna sept ans à Syracuses; et en cela, il s'accorde, avec l'auteur des Marbres , puisque celui-ci dit qu'il s'empara de Syracuses sous i'arohontatde Timosthènes, c'est-à-dire, en 4236 de la période julienne, 478 ans avant notre ère , et qu'Hiéron lui succéda sous celui de Cliarès , en 4245 de la période julienne , 474 ans avant notre ère. Aristote, antérieur à Fauteur de la Chronique et à Diodore , est aussi * de même avis. On doit donc regarder comme constant que Gélon ne régna à Syracuses que sept ans. S'il s'est emparé de cette ville en 4223 de la période julienne, 494 ans avant notre ère, comme le vent Pausanias, il mourut en 4,230 de la période julienne, 484 ans avant notre ère. Cependant il était encore vivant l'année même de la bataille de Salamine, qui est postérieure de quatre ans, puisqu'Hérodote ^ assure que les Grecs envoyèrent une députationàGélon, pour l'engager à les secourir. Il y a grande apparence que Pausanias s'est trompé , et qu'il a pris le commencement du règne de Gélon à Gela pour celui de son règne à Syracuses. Cela est confirmé par le récit de Denys d'Halicarna^se, qui^ porte^ en parlant de la députation des Romains en Sicile, qu'Hybrilidès était alors archonte, et qae Gélon, fils de Dinomènes, venait de s'emparer de la tyrannie d'Hippocrates, vtcMxï tî?» ' iitnoxpdfrovi tu* TtavvcSft TsafitiXrifùi, Or, Uippocrates n'avait régné qu'à Géla. Si Ton suppose que l'usurpation *de Gélon était antérieure de quelques mois, comme semble l'insinuer le récit de Denys d'Haiicamaise, il s'ensuivra qu'elle avait commencé dans les six premiers mois de l'an 4,225 de la période julienne, 494 ans avantnotreère, et vers les derniers mois de la première année de la soixante-douzième olympiade. Pausanias se trouvera , par ce moyen , d'accord avec cet auteur, à cela près qu'il met en cette année

* Diodor. Sicul., lib. xi, SxxxTiii.

> Aristotel. Polilic., lib. y, cap. sir.

> Herodot. , lib. tu , $ cliii.

4 Dionys. Halicarn. Antiquitatum Romanar., lib, vu, Si,p, 402,

le commencement de son règne à Syracuses, et Denys celui de son usurpation à Géla.

2? Gélon mourut , selon ' Diodore de Sicile, sons l'arcbontat de Timosthènes, après avoir régné sept ans à Syracuses. Cette année est celle où ce prince monta «ur le trône de Syracuses, selon les Marbres. Diodore étant Sicilien, il est vraisemblable qu'il était mieux instruit de l'histoire de sa patrie que l'auteur de la Chronique de Paros ; et son témoignage, appuyé d'ailleurs de celui d'Hérodote, conune je l'ai remarqué un peu plus haut , doit être d'un plus grand poids. De plus , Diodore * ajoute que, Thrasybule ayant été chassé , les Syracusains conservèrent leur liberté pendant 60 ans, jusqu'à ce que Denys l'Ancien eût changé la forme du gouvernement. Or , on sait que Denys ^ se rendit maître de Syracuses sur la fin de la troisième année de la quatre-vingt-treizième olympiade, c'est-à-dire au commencement de l'an 4509 de la période julienne , 405 ans avant notre ère. Ce nombre se trouve juste puisqu'il met l'expulsion de Thrasybule la^ troisième année de la soixante- dix-huitième olympiade, c'està-dire les six premiers mois de l'an 4249 de la période julienne, 405 ans avant notre ère. La troisième année de la soixante-dix-huitième olympiade, correspondant avec les six derniers mois de la période julienne 4248, 466 ans avant l'ère vulgaire, et avec les six premiers mois de l'an 4249 de la période julienne , 465 ans avant notre ère , peut très-bien convenir au conmiencement de cette année. Cependant le même Diodore de Sicile parait fixer cet événement à l'année julienne précédente, puisqu'il le rapporte à l'arcbontat de Lysauias , qui commença certainement avec l'an 4,248 de la période julienne, 466 ans avant notre ère. Mais il faut faire attention que, lorsque cet historien écrivait, l'année civile des Athéniens commençait, depuis plusieurs siècles, avec l'année olympique , et qu'il a presque toujours suivi la manière de compter en usage de son temps, de même que nos historiens modernes suivent la manière actuelle de compter les années , sans s'embarrasser si dans les anciens temps l'année commençait en mars ou en janvier , et sans prendre garde à la différence qu'il y a entre le vieux et le nouveau siyle. Hiéron , si l'on en croit * Diodore de Sicile, gouverna onze ans et huit mois, et son frère ' Thrasybule un an. Mais dans un autre endroit , il « donne onze ans jusqu'à Hiéron. Sept ans à Gélon ,

* Diodor. Sîcal. , lib. xi , S xxxviit. ' Id., lib. $ Lxviii.

* Id., lib. XIII, s xcv, xcvi. Xenopb. Hellen., 11b. ii, cap. II.

^ Diodor. Sicul. , lib. xi , § zxxvid.

' Id. , ibid., § uvr, « Id., îbid.

PAR LARCHER

onze ans à Hiéron , ud an à Thratybnle , et 60 ans de liberté, font 79 ans : donc Gélon se rendit nuâtre de SyracQses 79 ans avanl la tyrannie de Denys. Si Ton retranche 79 de 4309 , on aura les six premiers mois de 4230 de la période julienne, 484 ans avant notre ère , pour le commencement de son règne à Syracoses ; les six premiers mois de 4225 de la période julieime , 491 ans avant notre ère , pour celui de son usurpation de Gela : il mourut donc dans les six derniers mois de Tan 4236 ie la période julienne , 478 ansavaot notre ère, sousrarclionteTimosthènes, comme ledit Diodore. San frère Hiéron lui succéda et mourut dans les six derniers mois de l'an 4247 de la période julienne , 467 ans avant notre ère , et Thrasybule fut chassé dans les six premiers mois de Tannée Buivante, selon le même auteur.

Gélon * ne fiit pas plus tôt maître de Syracuses , qu'il Tagrandit, et qu'il s'appliqua à la fkire fleurir. Il détrnbit Camarine , et en transporta les habitants à Syracuses. Il y transporta aussi la moitié des habitants de Gela. U assiégea ensuite la ville de Mégares , et la détruisit, de dernier événement doit être arrivé vers la troisième année de son règne , puisqu'il lui fallut à peu près deux ans pour transporter et établir à Syracuses les habitants de Camarine et de Gela , et que Mégares éUit déjà détruite, et Syracuses dans Tétat le plus florissant , lorsque les Grecs députèrent à Gélon , pour le prier de les secourir contre les Perses. Or, cette -députaUon est du printemps de l'an 4234 de la période julienne , 480 ans avant notre ère , vers la fin delà quatrième année de la soixante-quatorzième olympiade. Je place, par cette raison, la destruction de Mégares en 4232 de la période julienne , 482 ans avant notre ère, et sa fondation en 3987 de la période julienne , 727 ans avant notre ère. Séiinunte fut bâtie par les Mégariens, 400 ' ans après, c'est-à dire en 4087 de la période julienne, 627 ans avant notre ère.

Dodwell s'accorde, à un an près, avec ce calcul ; mais il s'en sert pour rapprocher les colonies grecques dont nous venons de parler, et surtout celle qui fonda Syracuses , sans s'embarrasser de l'autorité des Marbres de Paros. Ce savant ayant acquis dans la république des lettresune réputation bien méritée, j'ai cm, par cette raison, devoir discuter son opinion. Vers le temps , dit-il , de la fondation ^ de Catane , Trotiloa fut fondée par Lamis. Ce Lamîs s^éUnt joint aux Léontins, et ayant été chassé de leur ville peu après, il fonda Thapsos, où il mourut. Les compagoons de Lamis , chaasés de Thapsos , bâtirent la ville de M^ares. Dodwell suppose, contre la noto-

> Herodot. , lib. clvi , S vu.

9 Thocyd. , lib. vi, S iv.

3 Dodwell, Annal. Thucyd., pag. 40.

CHRON

riété des faits, que Mégares, dont la fondation est à peu près de l'an 5987 de la période julienne , 727 ans avant notre ère, fut fondée presque tout de suite après Trotilos. Celle-ci ayant été bâiie vers le même temps que Catane , et Catane l'ayant été cinq ans après Syracuses , il s'ensuit , selon son hypothèse , que Syracuses a été bâtie la troisième année de la onzième olym|Nade , qui correspond avec l'an 5981 de la période julienne , 755 ans av^nt notre ère. Ainsi il n'y aurait que six ans d'intervalle entre la fondation de Syracuses et celle de Mégares , et qu'tm an entre celle de Catane et de Mégares.

Le récit de Thucydides suppose nn intervalle beaucoup plus long. Vers le même temps, dit ■ cet historien, qu'Euarchès fondait Catane, Lamis aborda en Sicile, et bâtit la ville de Trotilos. L'ayant quittée dans la suite, il passa chez les Léontins , qu'il gouverna quelque temps avec les Chalcidiens. Mais , en ayant été chassé, il fonda la ville de Thapsos , où il mourut. Les Chalcidiens, qui l'avaient accompagné, obligés de s'enfuir de Thapsos , bâUrent la ville de Mégares.

Je demande si, d'après cet exposé, on peut raisennablementconclureque Mégares ait été fondée un an après Catane. Trotilos fut bâtie environ un an après Catane. Thucydides ne dît pas combien de temps Lamis resta à Trotilos ; mais il est à présumer qu'il y demeura au moins huit ans. Je ne crois pas qu'on puisse fonder une ville , et donner à son gouvernement une forme stable, dans un moindre espace de temps. Il passa ensuite à Léonlium , qu'il gouverna peu de temps, àXtyov xpo^ov Je sais que cette expression est indéterminée; mais on ne peut lui faire signifier guère moins de quatre ans , lorsqu'on fliit attention que les Léontins ne mirent pas de prime abord Lamis à la tête de leur république, qu'il lui fallut lier sa partie bien adroitement pour venir à bout de son entrepri^e , et qu'il dut employer beaufonp de temps en cabales , en brigue», en menées ; car aucun historien ne dit qu'il se mit par force à la tète des affaires. L'^aunée suivante il bâtit la ville de Thapsos , on il mourut. Thucydides ne marque pas combien de temps il survécut à cette fondation. Je suppose que ce fut 40 ans. Ceux qui l'avaient accompagné furent chassés l'année suivante, et fondèrent Tannée d'aprèi la ville de Mégares. Ainsi Mégares fût bâtie 26 ans après Catane , et 51 ans après Syracuses. Par conséquent l'époque de la fondation de cette dernière ville , rapportée par les Marbres , s'accorde avec le récit de Thucydides.

On peut inférer de Diodore de Sicile qne Mégares I a été construite en 5965 de la période julienne ,

* Thncyd.» lib. vi, S iv.

CHRONOLOGIE D'HÉRODOTE

T5I ans avant notre ère :car Sâinnnte, dit-îl ' , fo^ j détruite la qBatrîtee aonée de k quatr^Tingt-door ! TTème olyœ^ade, 243 ans a|vèi a iMdaiîQQ. Donc Sdinonte fiit fondée, eekNi eettûstorka , l'an 4W9 de la période julienne, CM ans avant notre ère. Séli* nqnte étanteUermèflK postérieure de 100 ans i liégares , ee)le<i doit aToîr été bâtie i'anSOOS delà période jolieone, l$f ans avant notre ère. Cela lii| nœ dificrence de 24 ans entre le récit de DMore et celai de Xboqrdides. Pana rincertUnde que deî* vent natiiremnH^ bîre naître des dales li disoor* , dantes, je pendie natocelleoicnt vers Thneydidas y qui n'était pas moins instruit qne Dîodore, etqvi, étant beaucoup plus ancien que cet écrivain , avait de plus grandes Cscililés pour connaître les véritables : époques des fondations dêsirincipalesvilksdeSictle. . Je ne m*arrète point à l*opiniond'£Mèbe , qui place , la fondation de Selioonte en 4000 de la période julienne, 048 ans avant notre ère^ paioe qneseo té- [ raoigoage a peu d'antorité, surtout quand il est eon- j tredit par des passagfs fomids d'anciens autenrs. |

XVIII. Gela ' fut fondée par Anlîphéoins de \ Rhodes et Entimus de Crète, 45 ans apiès Syracuses,c'est-àdireea4001 de la période inlicnne, 713 ans avant notre èrç.

XIX. Zaï^cle, si l'on s>p > rapporte à Thucydides, fot fondée par les Sicnles vers Tan S095 de ia période julienne, 40{M) ans avant note èie? mais comme les Sicoles passèiem en Sicile vers Tan 3544 de la période julienne, 40Ï0 ans avanC notre ère , ainsi que je Tai prouvé, n^ XI : il est évident qu'il faut faire remonter la fondation de Zancle à peu près à celte époque. Les Grecs y envoyèrent dans la suite une colonie, qui s*en empara. On ne peut en déterminer le temps. Je présume cependant qne ce fut dans le même siècle où le goût des émigrations fut le plus dominant, e'est-à-dire è peu près vers le temps où Syraonses lui fondée. Quoi qu'il en soit, des Samiens, s'éumt sauvés de rionie après la prise de. Miiet, s'en emfiaràrent. SqHhes 4 éloit alois tyran de Zande. La prîae de Milet éUnt de Tan 42J0de la période julienne, 498 ans i^vapi notre ère , ks Samiens devinrent les maîtres de Zancle Tannée snivantcw Anaiiks, tyran de Rhégium, soumit ccitle ville en 4920 de la période julienne , 4^ ans avant notrn ère. EIn void^la preuve. Dipdore de $icî(ei' nons apprend ^pn'il mourut en 4238 de la période jnlienna, 470 ans avant notre èrç., la pcmière année de. la soiiant*-

seizième olj^piade, après nn règne de 18 ans. S «misa}onte> 48 è 470, et si voas les retiamtbej. de 4288, voQs aurez 4220 de la période joKrane, et 404 ans avant notre^e, poor Tannée nà- il eomraençaft régner à Zande. Anaxilasne flbt p» plos têt maître de cette ville qn*9 en changea fe ntai , et Ini donna celui de Mesaène', son anôenne patrie. Ce prince était sans doute Messénien d'erigme. Oa peut voir dans * Pansanias dl^qoelle manière 9 s'empara de eeUe ville. BHe y est èiaetement neomée, A cela près que cet antetir rapporte ceCdt i la vingtnenviènie ol jmplade , quoiqu'il soit de la trotMème année de l»soixanteH>nzièoie, comme je riens de le prouver.

XX. La fondation d'Himère ' est postérienre à celle de Zancle. Eudides, 9hnuset Sacea étaient les cheft de ia colonie qui s'y établit vers l'an 4005 de la période julienne , 040 ans avant notre ère, et la quatrième année de la trente-deuxtème olympiade : ear * Diodere de Sicile assure qn'die fol détraite par les Gartliaginoi», la quatrième année de la qoatre*vlngtHloariènie ^ympMe, 2lO ans après sa fondation. Acres* fat bâtie 70 ans après Srr»cn8es,c^est-à-direrai 4020 de la «période julienne, 008ansavanlnotreère,et Casmènes' 20 ans après lieses, Tan 4040de la période julienne, 008 ans avant Tère vulgaire, (^étaient deux colonies de Sy-

' Dlodor. Sicol , lib. sm , S ui.

' Tbocydtd., llb. vi, S iv.

»id., ibîd.

4 Herodot., lib. vi, S uni.

•Biodor. SIcuK , llb. xi, S ilviii.

£XI. Les hdnUnts de Gela ' envoyèrent , 100 ans après leur fondation, nne colonie qni bâtit la ville d' Acragas , on Agrigenle , c'est-i-dtre en 4401 de la période julienne , et 005 ans avant Tère chrétienne.

XXn. Camarine éprouva différentes vicLaitndes. Elle fut fondée ' par les Syracosalns, 455 ans après Syracnses, c'est-à-dire en 4094 de la période julienne, 025 ans avant notre ère. Dascon et Méné^ ookM furent les cbefe de cette colonie. S'étant ensuite révoltée contre les Syracusains, elle fut détmite fan 4245 de la période julienne, 499 ans avant Tèie vulgaire. Peu après, Hippocrates, tyran de Gela, la rétablit. Gomme Hippocrates régna à Gela en 4ilO de la période julienne, 498 ans avant noire ère, ce rétablissement de Gamarine doit être à peu près de Fan 4247 de la période julienne , 497 ans avant notre ère, et sa destruction de Tan 4245 de

• Thncydid., lîb. vi , S v.

> Paus^n., lib. it, cap. xxui, pag. SS6 et S7.

• Thoqdid., lib. yi^$i.

4 Diodor., Sicnl., llb. xiii, $ lxii. pag. 5dO. » Tbncydid., llb. vi, S ?.

• Id., ibîd.

7 Id. , ibid. , s If.

■Id., îWd., 5 Y.

la période jolienne , 499 ans avant notre ère. Gélon la détrdiiît de nouTeau , et en transpolta les • habitants à Syracoses. Iftéiait alors tyran de Syracuses, et oela se passa au commencement de son règne, il «^empara de Syracuses ^d 4290 de la période julienne y 484 ans avant notre ère : donc Camarine fut détruite vers Tan 4251 de la période juliemie , 485 ans avant notre ère. Je ne m'arrête point à l'opinion ' du sdwliaste de Pindare, qni prétend que la prise de Camarine arriva vers le temps de Texpédilion de Darius en Grèce , qui est de Fan 4224 de la période julienne , 490 ans avant notre ère. L'autorité d^Hérodote est supérieure à celle d'un grammairien obscur, dont le texte même est altéré. Gélon rétablit dans la suite Camarine , comme nous l'apprenons de ^ Tliucydides. Ce fut probablement vers la fin de son règne , cl Fan 4235 de la période julienne , 479 ans avant notre ère.

Si Gélon se rendit maître de Gela en 4225 de la période julienne , 494 ans avant notre ère; il s'enaait qu'Hippocrates , qui en était tyran , périt cette année. Hippocrates régna sept ans à Gela, comme le dit * Hérodote. Il commença donc à régner Fan 4216 de la période julienne , 496 ans avant notre ère. Il succéda à son frère Giéandre , qui fat tué par Sabyllus. Cléandre avait aussi r^gné sept ' ans à Gela. Il était fils de Pantarès. Gélon descendait d'un habitant de File de Télos , qui accoftipagna Anti- {rfiémus de Rbodes lorsqu'il fonda la ville de Gela. Un de ses descendants , nommé Télinès, derint hîén»phante de Gérés et Proserpine. Hérodote raconte de quelle manière il parvint à cette dignité.

XXni. Tarenle, dans la Grande-Grèce, fut fondée après la première guerre de Messène, par Pbalanthe, qui se mit à la tête des Parthénîens. Strabon parle fort au long du sujet qui donna lieu à cette fondation. On peut le consulter, livre vi , pages 426 et 42Sr. Cette première guerre commença Fan 5974 de la période jolienne, 745 ans avant notre ère , et finit Fan 5991 de la période julienne, 725 ans avant notre ère. La fândatioii de Tarente, qui suivit de pfès la fin de cette guerre, est donc envii-on de Fan 8993 de la période julienne , 722ans avant notre ère.

XXHI. Épidamne, plus Connue des Romains sous le nom de D^rracliiom , était une ^ colonie des Corcyréens. Phalins, fils d'Eratoclides , Corinthien, et de la race dTHercule, en fut le chef. On ignore le tempp de sa fondatbn.

* HerodoU » ttb. vu, § clvi.

> Scbol. Pindart, ad Olfoipic., v, pa^f. 19. . * Tbocyil., lib. vi, $ v. • 4 Uerodot., Ii>. vu , S clv. • 8ld.,ibid.,SGLiVk

* TbQ(7dlil.| Wm, $ iiiv. Sirab., Ub. tii« pa^. 480, B.

PAR LARCHER. i^i^s

Page 1