‹ Choix des historiens grecsChapitre 239 sur 286 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

De Pisistrate et des Pisisfntides.

PisrsTRATB devint tyran d'Athènes sous Tarchonte Comias, comme le dit expressément Plutarqne, sur la un de la vie ' de Solon. Les Marbres de Paras s'accordent parfaitement avec cet auteur, et ajoutent que ce fut Tan S9T de l'ère attique. Le savant P. Pétau place en conséquence le commencement de la tyrannie de Pisistrate la première année de la cinquante-cinquième olympiade^ an 4454 delà (lériode Julienne, 560 ans avant notre ère; en quoi il a été suivi par le P. Corsini » clerc * régulier des Ecoles-Pies. Feu M. le président Bouhier, ne ftûsant point attention à l'archonte Comias , dont parlent Plutarque et les Marbres , et ne s'atUchant qu'à l'époque * énoncée dans ces mêmes Marbres , fixe ce commencement à l'an 4155 de la période julienne, 561 ans avant notre ère , c'est-à-dire un an plus tôt que les pères Pétau et Corsini , parce qu'en ajoutant 297 à 264 , qui est le terme auquel l'auteur de la Chronique de Paros rapporte toutes ses épocpies ^ on aura l'an 4455 de la période julienne , 564 ans avant notre ère.

Ces savants se sont trompés, faute d'avoir fait attention que l'ennéadécaétéride de Méton n'était point encore établie. Avant son établissement, l'année civile des Athéniens précédait de six mois Tannée olympique. Ainsi l'archontalde Comias concourt avec les six derniers noiois de la quatrième année de la cinquante-quatrième olympiade et les six premiers mois de la première année de la cinquante-cinquième olympiade. Pisistrate avait usurpé la souveraineté le septième mois de la quatrième année de la cinquantequatrième olympiade , qui était le premier de Tan 4454 de la période julienne , 560 ans avant notre ère , et Comias commençait alors son archontat. L'auteur de la Chronique de Paros a eu tort de fixer cette époque en 297 de l'ère attique, et voici la cause de son erreur. Comme il écrivait 264 ans avant not te ère, il y avait 468 ans que le cycle de Melon était établi. L'année civile des Athéniens concourant alors avec l'année olympique , les auteurs qui parlèrent des temps antérieurs à cet établissement fixèrent presque toujours les dates comme s'il n'était point arrivé de révolu tion dans l'année civile des Athéniens, et comme si cette année avait toujours commencé avec Tannée olympique. Cette négligence doitd'antant moins nous surprendre qu'il en est arrivé une pareille dans notre histoire, et que le nouveau style ,

■ Plotarch., Vit. Parall. pag. 97, A.

> Fast. Attic., tom. ni , pag. 94 et seq.

' [Recherches et diuertatioos lar Hérodote, cbap. iiv.

Wi CHRONOLOGIE

fhlMuil au mois de décembre 4 582, a occasionné queiquefois des erreurs contidétables. L'auteur de la Chronique de Paros, sachant que Pisistrate s'était emparé de l'èiAorité sotivê^ârf Ae àti commencement de l'archonlat de Comias , et que cet archontat répondait âniz six derniers moi ji de la quatrième année de la oiiKyinrtîtè-<}Oàtl1ème olymt)tade , plaça cette épotfaB à i'atfftéé de l*èfC attfqne qui correspondait avec le conmenéetnent de cette quatrième année ; €tc*68t<»e ^'à îndtffi en erreur M. le président Bouhter. Les pères Pétra et Corsiniont eu raison de fixer l'Qsur|toti<^n de Pisistrate sous l'archonte Comias, en 4l54defa période julienne, 560ansavant notra ère, parce qtfen effet II s'empara de la sonvéraineié an mois de janrier de cette année; mais ils ont att tort de la mettre la première année de la oinq«àiite-cinqmème olympiade. Il est vrai que cet arfchOHtat (Concourt aus^r avec lés six premiers mois de âetteolympiade; mat^puisquePisistrate commença à régner, selort lès Marbres, en 29T, et sous ParchontM de Comias , H s'ensuit nécessairement que le cohnmencement de sa tyrannie date du septième mois de la quatrième année de la cinquante -quatrième olympiade, qui répond au premier mois de Tan 4154 de la période juKenné, 560 ans avant ) ère vulgaire. On sait que Pisistrate fat chassé deux fois , qu'il remonta autant de fois sur le trône , et que la dernièi-e il le conserva jttsqu'à la mort. Il s'agit maintenant de déterminer ces dates. Aristote assure' qn^if y eût 5^ ans d'intervalle entre sa mort et le ciimimencemélit de sa domination. Il piourut, par coHisé^ueAt, sur la fin de l'an 4186 ie h période julienne , 5S8 ans avant notre ère. On sait aussi par le même Aristote quie , pendant ces 55 ans , il ne gmiverna que IT ans. Voici la manière dont je les arrange. Il s'empara du gouvernement l'an 4154 de la période julienne, 500 ans avant notre ère. Comme 6t>n autot-ité n'aVait pas encore jeté de profondes racines, il fut cha:^ l'année suiVahte, après avoir régné un an. Il fiit rétabli êinq ans après, en 4100 de là |iériô(fe julienne , 554 ans âvapt l'ère vulgaire, pai^ iéë ihirigûes de Mégaclès , dont il avait épousé la fille. Mais ayant fiait à cette jeûne ^ personne un de ces affronts que les femmes ne pardonnent jamais, Mégadès le chassa de nouveau. Ce second exil dut suivre de près son rétablissement, parce qu'il commît cie|tç insulte aussitôt après son mariage, et parce que Mégaclès né différa sa vengeance qu^autant de temps c(tfl\ lui en fallut pour lier sa partie. n /buï donc placer ce second exil l'année suivante , je veux dire en 41 64 de la période julienne, 55o ans avant notre ère. Pisistrate, qui voulait dominer à

* Arisiot.» de Republicâ, lib. v, cap. xn , pag. 41 1

* Heradot., lib. i,$LXi.

D'HÉRODOTE

quelque prix que ce fi^t, $e fit des amis hort de l'Attique, et soudoya des troupes, par le moyen desquelles il fut rétabli , après une victoire qu'il renipo: ta sur lej Athéniens. Cet événement est da èommencementde la onzième année après son second exil , ttà èvlitàTGu ereosl, oomqi^e Ic dît ' co termes positifs Hérodote : donc il remonta sur le trône au commencement de Fan 4172 de la période julienne , 542^ ans avant notre ère; et comipe il sot s'y maintenir jusqu'à sa mort, qui arnva vers la fin de l'an 4 186 de la période julienne, 528 ans avant Fère vulgaire, il s'ensuit que son dernier règne fat de 4 5 ans, et les deux autreà d'im an chacun. On a donc, par cet arrangement, appuyé d'Hérodote et d* Aristote, -17 ans de règne et 46 ans d'exil.

Il n'est pas facile de déterniiper combien de temps régna Hipparqife , successeur immédiat de Pisistrate. Les Pisistratides régnèrent ei) tqut 55 ans, selon * Aristote ; Pisistrate, 17 ans en troié knt dilKrentes; Hipparque et Hippias, 48 ans entre eux deux. Mais Hérodote, beaucoup plus ancien qu' Aristote, assigne 56 ans à la tyrannie des ^ Pisistratides. Il peat se faire que i'un de ces deux écrivains se soit trompé. Cependant je crois possible de les concilier. Si l'on suppose que Pisistrate soit revenu de son premier bannissement avant que Tannée fût révolue, il s'ensuivra qu'il aura gouverné 17 ans et quelques mois. L'historien , qui savait qu'il avait coaunencé la dixhuitième année de son règne, lui aura donné 18 ans complets , afin de faire im compte rond. Le philosophe , de son côté , qui en était également instruit, aura cru devoir négliger deux ou trois mois que Pisistrate aura régné aii delà des 47 ans comme une chose peu importante. Ce qu'il y a de certain , c'est que ce tyran étant mort vers la fin de l'année 4486 de la période julienne, 528 ans avant notre ère, et vers la fin du sixième mois de la quatrième année de la soixante-troiiiième olyinpiade, Hipparque devint d'abord tranquille possesseur du trône. Mais ensuite il fnt tué par ^ Aristogitopi et Harmodiuf. Hippias, ayant succ^é à son frère, gouverna avec une sévérité qui le reudit odieux et qui le fit chasser, après un r^oe de quatre ans. Si , comme le disept ^ Hérodote pt Arislole , ces deox frères régnèrent 4$ ans, Hipparque en régna 44% Il faut donc placer sa mort en 4200 de la période julienne , 514 ans avant notre ère , la troisième amiée de la soixante -«ixièipç olyi](ipi^e, «t l'expulsion d'Hippias en 4204 de la période julièiui^, 510 ans

* Herodot., Ub. i, S xuv, etc.

* Aristot., de Repnblicà, lib. v, oap. xu, pag. 411, C. ' Herodot., lib. v, S lxv.

4 Id., ibid., S LV.

' Id., îbid. Ariftot., loeo superius landalo.

PAR LARCHEB.

avant Tère vulgaire , e( sur la lin de la seconde année qe h( §olxaDte-s<;p^èin^ olympiade. .

Platon ' çie donne que trois ans de règne à Hip- ^as ; mais Thucydides ' assure qu'il se retira la quatrième année y c'est-à-dire qu'il régna tr<M» ans entiers , et qu'il commença la quatrième. Hérodote lui efia donné quatre , afir^ de foire un compte rond. On peut ajouter aux preuves ci-dessus celles-ci , que j'emprunte de Thucydides. Cet hisitonen ^ raooi^t^ qjù'HIppias revint 20 ans apr^^, et qu'il se trouva à la bataille de Marathon. Cette bataille se donna Tai^ 4SS4 de la pér^e juliennç, 490 ans ^vanl notre ère, et la troisième ani|feée de la 8oixante-4onzièitte olympiade : ^lonc Hippias fut chassé l'an 4S04. Le même historien dit * anU-e part que ce tyran fut expulsé 400 aqs %vant la domination des 400. Cette tyrannie fut é(ab!ie sui^ la lin de ^'année 4905 de la ^riode Julienne. , 4U ans avant notre ère y et la troisième année de la quatre-vingt-douzième olympiade , et fut détruite quelques nu>ia après , l'an 4504 de la période julienne, 4iÔ ans avant l'ère vulgaire , et là troisième année 4c la quatre-vingt-douzième olympiade : done l'expulsion d'Uii^iaa est de l'an 4^4 de la période julienne. ^

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