THALIE. — LIVRE TII
de mauvais augure. Alors il la menaça de ne la marier de longtemps s'il revenait sain et sauf de ce voyage, c Je souhaite , lui répondit-elle , I que vos menaoes aient leur effet ; et j'aime
> mieux rester longtemps vierge, que d'être
> privée de mon père, t
CXXY. Poiycrates sans aucun égard pour les conseils qu'on lui donnait , s'embarqua pour se rendre auprès d*Orétès avec plusieurs de ses amis et entre autres avec le médecin Democèdes ; fils de Calliphon de la ville de Crotone , et le plus habile homme de son temps dans sa profession. Étant arrivé à Magnésie , il y périt misérablement , et d'une manière indigne de son rang et de la grandeur de son âme. En effet 9 de tous les tyrans qui ont régné dans les villes grecques 9 il n'y en a pas un seul , si l'on excepte ceux de Syracuse, dont la magnificence mérite d'être comparée à celle de Poli* crates. Orétès l'ayant fait périr d'une mort que j'ai horreur de rapporter, le fit mettre en croix. U renvoya tous les Samiens qui l'avaient suivi , et leur dit qu'ils devaient lui savoir gré de la liberté qu'il leur laissait. Quant aux étrangers et aux esclaves qui avaient accompagné Poiycrates , il les retint tous dans la servitude. Poiycrates, élevé en l'air, accomplit toutes les circonstances du songe de sa fille. Il était baigné par les eaux du ciel * et oint par le soleil dont la chaleur faisait sortir les humeurs de son corps. Ce fut là qu'aboutirent les prospérités de Poiycrates comme le lui avait prédit Amasîs.
CXX VI. La mort de Poiycrates ne tarda pas à être vengée sur Orétès. Cambyses étant mort et les mages s'étant emparés du trône , Orétès, qui résidait à Sardes, bien loin de rendre aucun service aux Perses à qui les Afèdes avaient enlevé la couronne , profita de ces temps de troubles et de désordres pour faire périr Miirobâtes , gouverneur de Dascylium , qui lui avait fait des reproches au sujet de Poiycrates , et son fils Cranapes, quoiqu'ils fussent l'un et l'autre en grande considération parmi ks Perses. Outre une infinité d'autres crimes , un courrier lui ayant apporté de la part de Darius des ordres qui ne lui étaient pas agréables , ilaposta des assassins pour l'attaquer sur le chemin
* Par Jupiter, quand il pleofiit.
Mn
lorsqu'il s*en retournerait : ils le tuèrent lui et son cheval et firent disparaître les cadavres.
CXXVn. Darius ne fut pas plutôt sur le trône , qu*il résolut de ne point laisser impunis les crimes d'Orétès et particulièrement la mort de Mitrobates et de son fils. Mais il jugea d'autant moins convenable d'envoyer une armée directement contre lui au commencement de son règne et dans le temps où les affaires étaient encore dans une espèce de fermentation, qu'il savait qu'Orciès avait des forces considérables. Sa garde, en effet, était composée de mille Perses, et son gouvernement comprenait la Phrygie, la Lydie et Tlonie. Voici ce qu'il imagina.
11 convoqua les Perses les plus qualifiés. Perses , leur dit-il , qui d'entre vous me promettra d'exécuter une chose où il ne s'agit que d'habileté et où il n'est pas nécessaire d'employer la force et le grand nombre? car la violence est inutile quand il ne faut que de l'adresse. Qui d'entre vous tuera Orétès ou me l'amènera vif, lui qui n'a jamais rendu aucun service aux Perses et qui a commis plusieurs crimes? Il a fait périr deux d'entre nous, Mitrobates et son fils; et, non content de cela, il a fait assassiner les courriers que je lui envoyais, pour lui ordonner de se rendre auprès de moi. C'est une insulte qu'on ne peut supporter. Prévenons, par sa mort , des maux encx)re plus grands qu'il pourrait faire aux Perses. > CXXVni. Sur cette proposition, trente Perses promirent, à l'envi l'un de l'autre , de le servir. Pour terminer leurs contestations, Darius ordonna que le sort en déciderait. On tira donc, et le sort étant tombé sur Bagéus , fils d'Artontès, .voici comment il s'y prit. U écrivit plusieurs lettres sur différentes affaires , les scella du sceau de Darius , et partit pour Sardes avec ces dépêches. Aussitôt qu'il y fut ar-« rivé, il alla trouver Orétès, et donna les lettres, l'une après l'autre, au secrétaire du roi, pour en faire la lecture : car tous les gouverneurs de province ont auprès d'eux des secrétaires du roi. En donnant ces lettres , Bagéus avait intention de sonder les gardes du gouverneur, pour voir s'ils seraient disposés à l'abandonner. Ayant remarqué qu'ils avaient beaucoup de respect pour ces lettres, et encore plus pour
les ordres qu'elles conienaient, il en donoaaiie autre conçue eu ces termes : c Perses , 1^ roi I Darius vous défend de servir désormais de > gardes à Oréiès. > Là-dessus, ils mirent surle-cliamp, leurs piques bas. Bagéu^» encouragé par leur soumission , mit entre les mains du secrétaire la dernière lettre, ainsi conçue : < Le 9 roi Darius ordonne aux Perses, qui sont à I Sardes, de tuer Orétès, » Aussitôt les gardes tirent leurs cimeterres, et tuent le gouverneur sur la place. Ce fut ainsi que la mort de Polycrates de Samos fut vengée par celle du Perse Orétès.
GXXIX. Les biens de celui-ci ayant été tonfisqués et transportés à Suses , il arriva , ^u de temps après, que Darius, étant à la chasse, se donna une entorse au pied en sautant en bas de son cheval. Elle fut si violante f une la cheville du pied se déboita, Darius avait a sa cour les médecins qui passaient pour les plus habiles qu'il y eût en Egypte. S'étantmis d'abord entre leurs mains , ils lui tournèrent le pied avec tant de violence, qu'ils augmentèrent le mal. Le roi fut sept jours et sept nuits sans fermer l'œil , tant la douleur était vive. Enfin, le huitième jour, comme il se trouvait très-mal, quelqu'un qui , pendant son séjour à Sardes, avait entendu dire quelque chose de la profession de Démocèdes de Crotone , lui parla de ce médecin : Darius se le fit amener en diligence. On le trouva confondu parmi les esclaves d'Orétès , comme un homme dont on ne faisait pas grand cas. On le présenta an roi couvert de haillons , et ayant des ceps aux
pieds.
GXXX. Darius lui ayant demandé s'il savait la médecine , Démocèdes n'en convint point ^ dans la crainte de se fermer à jamais le chemin delà Grèce , s'il se faisait connaître. Darius, s'ctant aperçu qu'il tergiversait , en disaut qu'il n'était pas médecin , quoiqu'il le fût effectivement, ordonna à ceux qui le lui avaient amené, d'apporter des fouets et des poin^ns *. DénKKÀles ne crut pas devoir dissimuler plus longtemps. 11 dit qu'il n'avait pas une connaissance profonde de la médecine; mais qu'il en avait pris une légère teinture en fréquentant un médecin. Sur cet aveu , le roi se mit entre
' C'^tail on imlninMnt 4e torture.
fit$TO|B£ lyHÊRODOTE. mkf.^
ses mains, Dânoràdes l« traita i )a manj^ desGrecs^ et faisant succéder les i'eoBèd^4oiix et calmants aux remèdes viplents , il parvint i lui procurer du sommejl, et ea pea d« temp$ il le guérit, quoique ce prince 04t perdu toute espérance de pouvoir jamais se servir de $Qn pied* Cette cureachevéei Darius Ifû fit présent d^ deux paires de ceps d'or. Dénoocèdes Im demanda s'il prétendait doubler M#i sm «al en récompense de sa guérison* ire roi » diajria4 de ceue repartie , l'envoya à ses fenunes* Les eunuques, qui le conduiraient , leiur dirent quft c'était lui qui avait rend« b w an rpî» Ces femoies firent présent à Démocèdes 4e «latèr^ qu'elles puisaient dwsmi coffre avep une ¥Ht* coupe. Ce présent fut si considérable » que le domestique qui le suivait , et qiii ^'appelilt Sciton , fit une gro^^ saDune des pièces d'<>r qu'il ramassaà mesure q/u'elles toqibaiept des soucoupes.
CXXXI. Voici à quejild (M)pii»ioo Déenooèdes avait quitlé Crotone, sa patrie , et ^'était att»^ cbé à Pojyerates. U vivait avec un père d'w caractère dur et col^. file pou^vant gk» sup* porter son btuoeur , il alla à Égiee, où c'était établi, il surpassa, dès la prewiière wnée, les plus habiles médecins, quoiqu'il ne §fi f àt poiac préparé sil y exerce sa prole^sioii, et<i|iii'iln'e4t aucun des instruvuents ii^siijtiires \ l«a se^ coude année f les Égiaètes luî dowèrent uo talent ^ d^ pei^sion swr 1^ trésor pi4>IiiC/. La U*Qi* sième« les Atbénien# lui ^eiu we pensiou de cent mines '. Enfin la quatrième année , Po<lycrates lui offrit deux lalent^ ^ ; ^t, par çfi^te amorce^ l'attii^ 4 Si^mo^. Cestà lui ^ue les médecins de Cre^^ae doivent la plus graade partie de leur réputation. U ftitun tePVisott on les regarda comme (es preqE^rs médecias de toute la Grèce, et les Cyrén^us oomiae les seconds. Vers le»éme tiemp^les Àrgiens p^ saient pour les plus Ipabiles lau^îciens de la Grèce.
CXXXU. Démqc^es ayaac yariNiepieait guéri D^rim/ on lui donna aae trèspgraade
> JjBL chirurgie n'était jtoiat antrefoli Mparée de la me* decîDe.
> 5,400 liT. de noire monnaie, s 9,000 liT.
4 10»800Ut.
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maison à Suses ; il mangeait à la table do roi, et rien ne lui manquait , que la liberté de retourner en Grèce. Il obtint du roi la grâce des Ég^'ptiens, qui étaient auparavant ses médecins ordinaires, et qui, pour s'être laissé surpasser en leur art par un médecin grec , avaient été condamnés à être mis en croix. Il fit rendre la liberté à un devin d'Élée, qui avait suivi Po* lycratesy et qu'on avait mis au nombre des esdaves, sans qu'on songeât à lui. Enfin Démocèdes jouissait » auprès du roi , d'une trèsgrande considération.
CXXXIIL II survint, peu de temps après, à Atosse, fille de Gyruset femme de Darius, une tumeur au sein, qui s'ouvrit et fit d^ grands progrès. Tant que le mal fut peu considéra-» ble , cette princesse le cacha par pudeur , et n'en dit mot à personne. Hais quand elle vit qu'il devenait dangereux, elle manda Démocè* des, et le lui fit voir. Il lui promit de la guérir; mais il exigea d'elle, avec serment, qu'elle l'obligerait , à son tour, dans une chose dont il la prierait, l'assurant , au reste , qu'il ne lui demanderait rien dont elle eût à rougir.
GXXXIY. Atosse, guérie par les remèdes deDémocèdes, résolut de lui tenir parole. Étant au lit avec Darius, elle lui paria ainsi, selon les instructions de Démocèdes : c Je m'étonne ,
> seigneur , qu'ayant tant de troupes à votre j disposition, vous demeuriez tranquillement » dans votre palais, sans songera conquérir de
> nouveaux pays , et à étendre les bornes de
> votre empire ; cependant il convient à un
> monarque jeune , et qui possède de grandes
> richesses de se signaler par des actions qui B fiassent connaître à ses sujets , qu'ils ont un
> homme de cœur à leur tête. Il vous importe, » par deux raisons , de suivre mon conseil : la
> première, pour montrer aux Perses qu'ils ont
> un roi plein de courage et de valeur ; la ser 9 oonde, afin qu'occupés de grands travaux, l'oi-
> siveté ne les porte point à se soulever contre » vous. Faites donc quelques beaux exploits,
> tandis que vous êtes dans la fleur de Tâge.
> L'âme croit avec le corps ; mais, à mesure
> que le corps vieillit^ Tâme vieillit aussi, et de- » vient inhabHe à tout. » Ainsi parla Atosse , suivant les instructions de Démocèdes.
— > Vos discours, lui répondit Darius, s'acy-cordent avec mes desseins, Tai résolu de
marcher contre les Scythes, et de construire à cet effet, un pont pour passer de notre continent sur Tautre. II ne faut que peu de temps pour en venir à bout, f -^ Seigneur, reprit Atosse, ne commence? point, je vous prie, par les Scythes ; ils seront à vous quand vous le voudrez : marchez plutôt contre la Grèce ; car , seigneur , sur ce que j'ai oui dire des femmes de ce pays , je ne désire rien tant que d'avoir à mon ser* vice des Lacédémoniennes , des Argiennes p des Athéniennes et des Corinthiennes. Vous avez ici l'homme du monde le plus propre k vous instruire de ce qui regarde la Grèce, et à vous servir de guide dans eette expédition; c'est celui qui vous a guéri de votre entorse» 4 — Puisque vous êtes d'avis , répondit Da« rius, que nous commencions par la Grèce, il me semble qu'avant tout, il esta propo d'envoyer quelques Perses avec l'honmie dont vous me parlez, poui* pr^dre une cou* naissance exacte du pays ; et , lorsqu'à leur retour, ils m'auront instruis de tout ce qn'ils auront vu et appris , je me mettrai en marche. >
CXXXV. A peine eut-il dit ces choses qu'il les exécnta. Dès que le jour commença à paraître , il fit venii* quinze Perses des premiers de la nation, leur commanda de suivre Démocèdes, de reconnaître avec lui tous les pays maritimes de la Grèce , et leur enjoignit surtout de prendre garde qu'il ne leur échappât , et de le ramener avec eux , quelque chose ^ui arrivât. Ces ordres donnés, il manda Démocèdes, le pria de revenir , dès qu'il aurait bix voiraux Perses toute la Grèce. 11 lui commanda aussi de porter avec lui tous ses meubles , pour en faire présent à son père et à ses frères, lui promettant de le dédommager au ceutople ; et« outre cela , il lui dit qu'il le ferait accompagner par un vaisseau de charge, rempli de ces présents, et de toutes sortes de richesses. Les promesses de ce prince étaient ^ comme je le crois , sans artifice ; cependant Démocèdes , craignant qu'il n'eût dessein de l'éprouver, accepta tous ses dons sans montrer beaucoup d'empressement* Mais , pour les meubles et autres effets qui lui appartenaient, il dit qu'il les laisserait à Suaes, afin de les retrouver à son retour. U se contenta du vaisseau
HISTOIRE D'HÉRODOTE
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de charge que lui promettait le roi « afin de porter les présents qa*il faisait à ses frères.
GXXXVI. Darius, lui ayant aussi donné ses ordres , lui dit de se rendre , avec les Perses « sur les bords de la mer. Lorsqu'ils furent arrivés en Phénicie, ils allèrent à Sidon, où ils firent équiper sur-le-champ deux trirèmes el un gros vaisseau de charge , qu'ils remplirent de toutes sortes de richesses. Leurs préparatifs achevés, ils passèrent en Grèce, dont ils visitèrent les côtes, et levèrent le plan. Enfin , après en avoir reconnu les places les plus célèbres , ils firent voile vers Italie , et abordèrent à Tarente. Aristophilides, roi de ce pays , fit ôter, par bonté pour Démocèdes, le gouvernail des vaisseaux des Mèdes , et arrêter , en même temps, les Perses comme espions. Tandis qu'on les tenait en prison, Démocèdes se retira à Crotone. Lorsqu'il fut arrivé chez lui , Aristophiliides relâcha les Perses , et leur rendit ce qu'il avait fait enlever de leurs vaisseaux.
CXXXVIT. Les Perses , ayant remis à la voile, poursuivirent Démocèdes , et arrivèrent à Crotone. Ils l'arrêtèrent dans la place publique, où ils le rencontrèrent. La crainte de la puissance des Perses avait disposé une partie des Crotoniates à le leur remettre ; mais d'autres l'arrachèrent de leurs mains , et les repoussèrent à coups de bâtons.
c Crotoniates, leur disaient les Perses, pre- 9 nez garde à ce[que vous faites : celui que vous 1 nous enlevez est un esclave fu{;itif; il appar- > tient au roi. Pensez-vous donc que Darius » souffre impunément une telle insulte, et que I vous vous trouviez bien de nous avoir arra- 9 ché Démocèdes ? car enfin, votre ville nese- 1 ra-t-elle pas la première que nous attaque- » rons, et que nous tâcherons de réduire en » servitude ? >
Ces menaces furent inutiles. Les Crotoniates, sans y avoir égard , leur enlevèrent nonseulement Démocèdes, mais encore le vaisseau de charge qu'ils avaient amené avec eux. Les Perses , privés de leur guide , retournèrent en Asie, sans chercher à pénétrer plus avant dans la Grèce pour reconnaître le pays.
Démocèdes, à leur départ, leur enjoignit de dire à Darius qu'il était fiance avec la fille de Milon. Le nom de ce lutteur était alors fort connu à la cour de Peinse. Pour moi, je pense
qu'il hâta ce mariage , et qu'il y dépensa de grandes sommes , afin de faire voir à Darius qu'il jouissait aussi dans sa patrie d'une grande considération.
CXXXVIII. Les Perses ayant levé l'ancre, les vents les écartèrent de leur route , et les poussèrent en lapygie, où on les fit prisonniers. Mais Gillus , banni de Tarente, les délivra, et les remena à Darius. La reconnaissance avait disposé ce prince à lui accorder toutes ses demandes. Gillus lui raconta sa disgrâce » et le pria de le faire rétablir à Tarente. Mais , pour ne pas jeter l'épouvante et le trouble dans la Grèce , comme cela n'aurait pas manqué d'arriver, si l'on eût envoyé â cause de lui une flotte considérable en Italie, il dit que les Cnidiens suffiraient seuls pour le rétablir dans sa patrie, et qu'étant amis des Tarentins, il était persuadé qu'à leur sollicitation , on ne ferait nulle difficulté de lui accorder son rappel. Darius le lui promit : et , sans différer plus long-temps, il envoya un exprès à Cnide, avec ordre aux Cnidiens de conduire Gillus à Tarente. Les Cnidiens obéirent ; mais ils ne purent rien obtenir des Tarentins, et ils n'étaient point assez puissants pour employer la force. C'est ainsi que les choses se passèrent. Ces Perses sont les premiers qui soient venus d'Asie PU Grèce, pour reconnaître le pays.
CXXXIX. Apros ces événements , Darius prit Samos. De toutes les villes, tant grecques que barbares, celle-ci fut la première qu'il attaqua, pour les raisons qubje vais dire. Beaucoup de Grecs avaient suivi Cambyses , fils de Cyrus , dans son expédition en Egypte ; les uns comme on peut le croire, pour trafiquer, d'autres pour servir, et quelques-uns aussi par curiosité^ et pour voirie pays. Du nombre de ces derniers fut Syloson, banni de Samos , fils d'iEacès, et frère de Poly craies. Il lui arriva une aventure qui contribua à sa foirtune. Se promenant un jour sur la place de Memphis, un manteau d'écarlate sur les épaules^ Darius, qui n'était alors qu'un simple garde^du-corps de Cambyses, el qui ne joui>sait pas encore d'une grande considération , l'aperçut , et eut envie de son manteau. Il s'approcha de cc't étranger, e; le pria de le lui vendre. Syloson , remarquant que Darius en avait une envie extrême, lui répondit, comme inspiré de quelque