‹ Choix des historiens grecsChapitre 35 sur 286 · THALIE · texte numérisé non relu

THALIE

8ttAf.J.-€.

dieu : t Pour quelque prix que ce soit» je ne » veux point le vendre ; mais , puisqu'il fout

> que les choses soient ainsi , j*aiine mieux

> vous en fiaire présent. > Darius loua sa générosité» et accepta le manteau.

GXL. Syloson croyait avoir perdu son man* teau par son trop de facilité; mais» quelque temps après» Cambyses étant mort» les sept Perses détrônèrent le mage» et Darius» Tun des sept conjurés» monta sur le trône. Syloson ayant appris que la couronne était échue à celui à qui » sur ses vives instances» il avait donné son manteau en Egypte» part pour Suses» se rend au palais» et» s*étant assis au vestibule» il dit qu'il avait autrefois obligé Darius. Le garde de la porte , qui avait entendu ce dis* cours» en fit son rapport au roi. c Quel est

> donc ce Grec » se dit en lui-même Darius » étonné» qui m'a prévenu de ses bienfaits? Je

> nai que depuis peu la puissance souveraine »

> et depuis ce temps» à peine peut-il en être » venu un seul ù ma cour. Pour moi, je ne sa- » che point qu aucun Grec m*ait rien prêté, i Mais qu'on le fosse entrer ; je verrai ce qu*il 1 veut dire. »

Le garde ayant introduit Syloson» les interprètes lui demandèrent qui il était, et en quoi il pouvait se vanter d'avoir obligé Darius. Syloson raconta tout ce qui s*était passé au sujet du manteau» et ajouta que c'était lui-même qui Tavait donné.

c 0 le pins généreux de tous les hommes !

> répondit Darius; vous êtes donc celui qui

> m*avez foit un présept dans le temps où je 1 n'avais pas la moindre autorité ! Quoique ce

> présent soit peu de chose » je vous en ai ce- » pendant autant d'obligation que si j'en rece-

> vais aujourd'hui un considérable ; et , pour

> reconnaître ce plaisir » je vous donnerai tant » d'or et d'argent» que vous n'aurez jamais » sujet de vous repentir d'avoir obligé Darius» • fils d'Hystaspes. — Grand roi, reprit Sylo-

> son » je ne vous demande ni or ni argent ;

> rendez-moi Samos , ma pairie, et délivrez-la i de l'oppression. Depuis qu'Orétès a foit » mourir mon frère Polycrates» un de nos

> esclaves s'en est emparé; c'est cette patrie » que je vous demande ; rendez-la*moi » sei-

> gneur , sans effusion de sang» et ne permet- » tez pas qu'elle soit réduite en servitude, »

Hérodote.

Page 1