‹ Choix des historiens grecsChapitre 44 sur 286 · IS · texte numérisé non relu

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Amazones; et, ayant ensuite réuni les deux camps » ils demeurèrent ensemble > et chacun prit pour femme celle dont il avait eu d*abord les foveurs. Ces jeunes gens ne pouvaient apprendre la langue de leurs compagnes; mais les Àmazonesapprirent celle de leurs maris ; et» lorsqu'ils commencèrent à s'entendre » les Scythes leurs parlèrent ainsi : c Nous avons des parents, nous avons des biens ; menons une autre vie : réunissons-nous au reste des Scythes, et vivons avec eux; nous n'aurons jamais d'autres femmes que vous, i c — Nous ne pourrions pas, répondirent les Amazones , demeurer avec les femmes de votre pays; leurs coutumes ne ressemblent en rien aux nôtres : nous tirons de Tare, nous lançons le javelot, nous montons à cheval, et nous n'avons point appris les ouvrages propres à notre sexe. Vos femmes ne font rien de ce que nous venons de dire, et ne s'occupent qu'à des ouvrages de femmes ; elles ne quittent point leurs chariots , ne vont point à la chasse , ni même nulle part ailleurs ; nous ne pourrions par conséquent jamais nous accorder ensemble. Mais, si vous voulez nous avoir pour femmes , et montrer de la justice , allez trouver vos pères, demandez-leur la partie des biens qui vous appartient; revenez après l'avoir reçue, et nous vivrons en notre particulier. >

GXY . Les jeunes Scythes persuadés firent ce que souhaitaient leurs femmes; et, lorsqu'ils eurent recueilli la portion de patrimoine qui leur revenait, ils les regoignirent. Alors elles leur parlèrent ainsi : c Après vous avoir privés

• de vos pères, et après les dégâts que nous

• avons foitssur vos terres, nous en craindrions » les suites s'il nous fallait demeurer dans ce » pays : mats , puisque vous voulez bien nous » prendre pour femmes , sortons-en tous d'un > commun accord, et allons nous établir au-delà 1 du Tanals. §

CXVI. Les jeunes Scythes y consentirent. Ils passèrent le Tanais; et, ayaot marché trois jours à l'est, et autant depuis le Palus-Mœotis vers le nord , ils arrivèrent dans le pays qu'ils habitent encore maintenant, et où ils fixèrent leur demeure. De-là vient que les femmes des Sauromates ont conservé leurs anciennes coutumes ; elles montent à chevalet vont à la chasse,

HISTOIKE D'HÉRODOTE. 50Si..j.H;.

tantôt seules, et tantôt avec leurs maris. Elles les accompagnent aussi à la guerre, et portent les mêmes habits qu'eux.

CXVII. Les Sauromates font usage de la langue scythe ; mais , depuis leur origine ils ne l'ont jamais parlée avec pureté, parce que les Amazones ne la savaient qu'imparfaitement. Quant aux mariages, ils ont réglé qu'une fille ne pourrait se marier qu'elle n'eût tué un ennemi. Aussi y en a-t-il qui, ne pouvant accomplir la loi , meurent de vieillesse , sans avoir été mariées.

ex VIII. Les ambassadeurs des Scythes, avant été admis à l'assemblée des rois des nations dont nous venons de parler, apprirent à ces princes que Darius , après avoir entièrement subjugué l'autre continent * , était passé dans le leur sur un pont de bateaux qu'il avait fait construire à l'endroit le plus étroit du Bosphore ; qu'il avait ensuite soumis les Tbraces, et traversé l'ister sur un pont , à dessein de se rendre maître de leur pays, c II ne serait pas

> juste, ajoutèrent-ils, que, gardant la neutra- • lité, vous nous laissassiez périr par votre né-

> gligence : marchons donc de concert au-de- ■ vant de l'ennemi q ui vient envahir notre patrie.

> Si vous nous refusez, et que nous nous trou-

> vions pressés , nous quitterons4e pays , ou ,

> si nous y restons, ce sera aux conditions que

> nous imposeront les Perses : car enfin , que

> faire à cela, si vous ne voulez pas nousdon-

> ner du secours? Ne vous flattez pas que votre » sort en soit meilleur, et que, contents de nous

> avoir subjugués, les Perses vous épargnent.

> Leur invasion ne vous regarde pas moins

> que nous. En voici une preuve à laquelle vous 1 n'avez rien à opposer. Si les Perses n'avaient » point'd'autre intention que de venger Tassu- » jettissement oii nous les avons tenus précé-

> demment , ils se seraient csntentës de mar- >cher contre nous, sans attaquer les autres

> peuples ; et par là ils auraient fait voir à tout

> le monde qu'ils n'en voulaientqu'aux Scythes. » Mais à peine sont-ils entrés sur ce conti- » nent , qu'ils ont façonné au joug tous les peu^ » pies qui se sont rencontrés sur leur route, et » dqà ils ont soumis les Thraces et les Gètes

> nos voisins. >

> L*A8ie.

IT. J.-ti.

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