CCII. Les Perses livrèrent à Phéréiime les
plus coupables d'entre les Barcéens : aussitôt elle les fit meitreen croix autour des murailles ; et, ayant fait couper le sein à leurs femmes, elle en fit border le mur. Les Barcéens furent tous mis au pillage , par l'ordre de cette princesse, excepté les Battiades , et ceux qui n'avaient eu aucunepart à l'assassinat de son fils : ceux-ci eurent la permission de rester dans la ville.
CCin. Les Perses ayant réduit en esclavage le reste des Barcéens, se mirent, en marche pour retourner en Egypte. Quand ils furent arrivés ù Cyrène , les Cyréneens , par égard pour un oracle, les laissèrent passer librement par leur ville. Pendant qu'ils la traversaient , Barès ^ , qui commandait l'armée navale, leur dit de la piller; mais Amasis, qui était à la tête des troujif s de terre , ne voulut pas le permettre, leur représentant qu'ils n'avaient été envoyés que pour réduire Barca. Lorsqu'ils l'eurent traversée , et qu'ils eurent assis leur camp sur la colline de Jupiter Lycéen , ils se repentirent de ne s'en être pas emparés. Ils retournèrent donc sur leurs pas , et tentèrent de rentrer dans la place; mais les Cyréneens se mirent en devoir de s'y opposer. Quoiqu'il ne se présentât personne pour combattre, les Perses furent néanmoins tellement effrayés , qu'ils se retirèrent précipitamment à soixante stades de là, et y posèrent leur camp. Tandis qu'ils y campaient, il leur vint un courrier de la part d'Aryandès, qui les rappelait: ils eurent alors recours aux Cyréneens , et les prièrent de leur donner des vivres. Les Cyréneens leur en ayant accordé , ils reprirent la route d'Egypte. Mais, tant qu'ils furent en marche, et jusqu'à leur arrivée en Egypte , les Libyens ne cessèrent de les harceler pour enlever leurs habits et leurs bagages, tuant tous les tratneurs et tous ceux qui s'écartaient du gros de l'armée.
CCIV. Cette armée des Perses ne pénétra pas plus avant en Libye que le pays des Évespérides. Quant à ceux d'entre les Barcéens que les Perses avaient réduits en servitude, on les envoya d'Egypte au roi Darius. Ce prince leur donna des terrés dans la Bactriane avec une bourgade , qui subsiste encore' maintenant ,
^Hérodote rappelle BaArht, S clivii.
<7* toStOïRE fi'HÉRODOTË. Ma.i^
et à laqueHe ils donnèrent le nom de Barca. corps fonrmilla : faut il ^ vrai que les dieux
CCT. Phërëtîrfte fit une fin malheureuse. A peine fut-elle de retour de Libye en Egypte , après s'être vèngëe des Barccens, qu'elle périt misérablement , dëvorëe par les vers doht son
haïssent et châlienl ceux qui portent trop loin leur ressentiment. Telle fut la vengeance que j^fiërétînie , femme de Battus , exerça contré lesfiarcëens.