LXXXIX. Mais les M^niens n'arrivèrent
sur le peuple, qui s'était soulevé avec Micddrome, ils envoyèrent au supplice ceux^ qui tombèrent entre leurs mains. Mais ils commirent en celte occasion un sacrilège qu'ils ne purent jamais trouver moyen d'expier par aucun sacrifice, et ils furent chassés de l'ileavantquc d'avoir apaisé la colère de la déesse ^ Comme on conduisait au supplice sept cents hommes du peuple qui vivaient été faits prisonniers, un d'enir'eux s'échappa des liens qui le retenaient , et se réfugia dans le vestibule de Cérès Thesmophore '• Il saisit le piarlcau de ta porte , et s'y tint fortement attaché. Les exécu'teiirs firent tous leurs efforts pour lui faire .lâcher prise; mais n'ayant pu réussir, ils lui coupèrent lesmalni, qui restèrent attachées à la poignée de la porté, et le menèrent en cet état au supplice.
XCtL Ce fut ainsi que les Ëginèles traitèrent les rebelles. Ils furent ensuite attaqués par les Athéniens avec soixante-dix vaisseaux ; ayàat été vaincus, ils implorèrent la secours des Argiens, à qgiils s'étaient adressés précédemment. Mais ceux-ci ne voulurent plus leur en donner. Us se plaignirent de ce. que les vaisseaux d'Kgine, que Cléomèoès avait enlevés par
* Cërèg.
* Législatrice. .
fbrce , étaient abordes aux côtes de F Ar^lide, que leurs troupes étaient descendues à terre avec celles des Lacëdémoniens, et que des vaisseaux de Sicyone s'étaient joints auxleursdans celte même invasion. Les Arfpens avaient condamné les Égittèies et les Sicyoniens à une amende de mille talenis ' , c'est-à-dire à cinq cents pour chacun de ces deux peuples '• Les Sicyoniens étaient convenus de leur tort, et, moyennant cent talents', les Argiens leur avaient remis- le reste de l'amende, suivant raccord fait entre eux. Mais les Ëginètes, qui étaient plus fiers, n'avaient pas même voulu reconnaître leur foule. Aussi quand ils prièrent les Argiens de leur donner du secours , Fétat ne leur en accorda point en son nom ; mais mille vo^pntaires passèrent à leur service. Ils avaient à leur télé Eurybates, qui pétait exercé au Pentathle. Ils furent débits en Égine par les Athéniens , et périrent pour la plupart avec leur commandant. Comme ii s*était exercé aux combats d'homme à (^omme,*3 tua trois enne« mis dans autant de combats ; mais il périt dans le quatrième de la main de Sophanès de Déçélee •
XGIII. La flotte d'Égine, profitant du désordre de celle des Athéniens pour l'attaquer , remporta la victoire, et prit quatre vaisseaux avec les troupes qui les montaient. ^
XGIV. Tandis que ces deux peuples se faisaient ainsi la guerre , Darius oiifaUait d'autant moins l'insulte des Athéniens, ^qu'un de ses officiers * la lui rappelait continuellement, et que les Pisistratides ne cessaient de l'assiéger
HISTOIHE D'HÉRODOTE. m iv. i^.
ordre d'en réduire tons les habitants en escbvage , et de les lui amener.
XCV. Ces deux généraux n'eurent pas plus tôt été nommés, qu'ils prirent congé du roi, et se mirent en marche. Etant arrivés en Cilicie avec une nombreuse armée de terre bien pourvue de tout, ils campèrent dans la phiine Aléienne. Tandis qu'ik y étaient, ils furent joints par toute l'armée navale, dont chaque nation * avoK reçu ordre de fournir son contingent. Les vaisseaux de transport pour la cavalerie , que Darius avait commandés l'année précédente aux peuples qui lui payaient tribut , se rendirent aussi au même endroit , et l'on y fit em« barquer les chevaux. L'armée de terre s'embarqua aussi , et se rendit en lonie avec six cents trirèmes^ De là les Perses ne voguèrent pas droitvers THeliespont et fai Thrace en côtoyant le continent; mais ils partirent de Samos, et prirent par la mer Icarienne «^ travers les îles, a^ d'éviter, à mou avis, le mont Athos, que la per le considérable qu'ils avaient essuyée l'année précédente, en voulant le doubler, leur foiisait beaucoup redouter. D'ailleurs l'Ile de Naxos , dont auparavant ils n'avaient pu se rendre maîtres, les forçait a prendre cette route.
XCVL Au sortir de la mer Icarienne , on aborda à^axoè. Le souvenir de l'affront que les Perses avaient reçu précédemment devant cette place , leur faisait désirer ardemment de l'attaquer la première. Les Naxiens s'enfuirent dans .les montagnes sans les attendre ; les Perses mirent le feu aux temples et à la ville , et après avoir réduit en esclavage tous ceux qui
juguer tous les peuples de la Grèce qui lui avaient refusé la tefre et l'eau, saisit ce préf
Hardonius, qui n'avait pas été heureux sur mer, le donna à.Datis, Mède d'extraction, et à son neveu Artaphernes , fils d'Ariaphernes *, et les envoya contre Athènes ei Érétrie, avec
4 Voyei Uf. x,$Lnif.
*Voyctlif.v, Se?.
^ j^iaptaero», gowariiBiir de Smrêt$, était frère de Dariof.
de leurs calomnies. Ce prince, qui désirait sub* tombèrent entre leurs mains, ils se remirent en
mer pour aller aux autres Iles.
> XCViL Sur ces entrefaites, les Déliens s'en-
texie. Il ôU le commandement de l'armée è fuiVent aussi de leur île , et se réfugièrent a
Ténos. Les Perses prirent la rouie de Délos ; mais Datis, dont le vaisseau devançait la flotte» leur défendit d'y aborder, et leur ordonna de se rendre à Tile deRhénée, qui est au-delà». Quand il eut appris le lieu de la retraite des Déltens, il leur envoya un héraut, qui leur parla ainsi en son nom : < Hommes sacrés , n pourquoi fuyez-vous? Pourquoi concevoir de » moi une opinion peu favorable? Je suis natu-
« C'étaient seulcdieot Ici (waplet dee provînoei mariUr mes. 9
4d5AT<i.<c; ERATO. •--'
* > rellement porté à épargner le pays qur a va » nattre Apollon et Diane , et à ne fiiire aucun 1 mal à ses habitants ; et d'aiUeurs j'en ai reçu » Tordre du roi. Retournez donc dans vos mai- 1 sons; et cultivez vos terres en paix. > Tel est le discours que tint de sa part le héraut aiix Déliens. II fit ensuite brûler trois centyalents d'encens qu'il avait fait entasser sur l'autel ^
XCVIII. Gela fait, Ik|tis s'avança d'abord avec l'armée navale vers Erétrie, accompagné des Ioniens et des Éoliens. Quand il fuft parti de DéloB , on y éprouva un tremblement de terre, à caque disent les Déliens; et jusqu'à mon temps c'est la seule foi^-que cette Ile en ait jamais essuyé. Mais le dieu voulut par ce prodige faire connaître aux hommes les maux qui allaient fondre sur eux ; carlaGrèceen éprouva plus sons les trois règnes consécutifs de Darius , (ils d'Hystaspes, de Xerxès, fils de Darius, et d'Artaxerxès, fils deXerxès, que pendant les vingt générsuions qui ont précédé le premier de ces prinees. Ces maux lui sont venus en partie des Perses, et en partie des plus puissants de ses peuples' qui se sont disputé les armes à la main le commandement sur le reste du pays. Il n'est donc point contre 4a vraisemblance que cette tie, qui avait été jusqu'à ce temps-là immobile, iiît alors tremblé. L'oracle avait annoncé cet événement, c J*é-
> branlerai aussi, avait-il dit, l'Ile de Délos ,
> quelque immobile qu'elle soit. » Darius signifie en grec celui qui réprime, Xerxès un guerrier, et Artaxerxès un grand guerrier. On ne se tromperait point , en appelant ainsi ces princes en notre langue.
XCIX. L^ Barbares étant partis de Délos , levèrent des troupes dans les lies ou ils abordèrent, et y prirent pour otages les enfants des insulaires. Après avoir navigué autour de ces fies , ils abordèrent à Caryste *, dont les habitants ne voulaient ni leur donner d'otages, ni marcher contre les Érétriens et les Athéniens leurs voisins. On les assiégea , et on ne cessa
« Le talent attfqoe pesait 51 ti?ret, 6 onces, 7 gvM, 22 graiof. Atasi les SOO talents équlraleot lK45»429 liTret, 7 ODoes, S gros, 4S grains.
' Il veut parierde la goerreda Péloponnèse, dont Dam le eonuneooenieiit,
> ViUe d'Eabée.