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Thébalns marchèrent contre les Platéens, et les Athéniens volèrent à leur secours. Les deux armées étaient sur le point d'en venir aux mains; mJ^is les Corinthiens ne le souffrirent pas ; i|s accoururent en diligence, les réconcilièrent, et réglèrent les liio^ites , de l'aveu des deux parties , à condition que les Thébains laisseraient tranquilles ceux d'entre les peuples de Béotîe qui ne voudraient pas élre mis au rang des Béotiens. Les Corinthiens se reiirèrent chez eux après cette décision ; les Athéniens en firent autant de leur côié ; mais les Béotiens les ayaot attaqués dans leur marche, ils fondirent sur eux t et remportèrent la victoire. Ils passèrent les limites que les Corinthiens avaient fixées au territoire de Platées, e| mirent pour bornes entre les Béotiens et les Platéens , î* Asope môme et Hysies. Les Platéens s'éiant donc donnés aux Athéniens de la manière que nous venons de dire , ils vinrent alors a leur secours à Marathon.
CIX. Les généraux athéniens n'étaient point d'accord ; les uns ne voulant pas qu'on combattit, parce qu'ils étaient en trop petit nombre; les autres , et surtout Miltiades , étant d'avis qu'on donnât la bataille. Les généraux étaient donc partagés , et le pire des deux avis allait prendre le dessus, brsque Miltiades s'jadressaau polémarque. Le poléoiarque s'élit par le suffrage des fèves ; il dopne sa voix le OQziènie * , et, suivant un aocien règlement ^ elle est d'un poids égal à celle des généraux. Callimaque d*Aphidnes était alors revétq de cette dignité. Miltiades s'adressa donp à lui. c Calljmaque, p lui dit-il, le sort d'Athènes est actuellement oq- 9 tre vos maius; il dépend de voqs de la mettre 9 dans les fers» oi^ d'assi^rer sa liberté ep ac-
* quérant une gloire inimort^lle, et ^elle que 9 n'en a jamais approché celle d*Harmodius et
• d*Arisiogiton. LfdB Athéniens n'ont jamais. » couru un si grapd danger depuis la fondation » de leur ville. S'il^ succombent sous la puis- » sai^ce des Mèdes, livrés à Hippias , leur sup-
> pliceest résolu; s'ils sont victorieux, cette
> ville pourra devenir la première de la Or^.
> Mais comment ces choses peuvent-elles se f faire? comment le bonheur ou le malheur de » la république dépenden^ils absolument de
> vous? c'est ce que je vais développer. Nous
* r/fti-A-dire. Êoutèê '^ ^» flirtiM^rini
autres généraux , nous sommes partagés de sentiments; les uns veulent la bataille, les autres sont d'un avis contraire. Si nous différons de combattre , il est à craindre qu'il ne s'élève entre les Athéniens des dissensions quilesdisposent à favoriser lesMèdes. Mais si nous livrons le combat avant que de si lâches pensées entrent dans Tesprit de quelques-uns d'entre nous, j'espère qu'avec l'aide des dieux nous remporterons la victoire. Ces choses vous regardent donc actuellement , et dépendent absolument de vous. Si vous joignez votre suffrage au mien , notre patrie sera libre » et notre république la première de la Grèce. Si vous vous rangez du parti de ceux qui ne veulent point de bataille, vous aurez en partage le contraire des biens dont je viens de vous foire rénumération. »
ex. Le polémarque , gagné par ce discours, joignit sa voix à celle de Miltiades , et la bataille fut résolue. Après cela les généraux qui avaient été d'avis de combattre , remirent à Miltiades le commandement , quand ce fut à leur tour de commander. Il l'accepta ; cependant il ne voulut en faire usage que lorsque son tour
fut arrivé.
GXl. Quand il fut venu , les Athéniens se rangèrent en bataille en cet ordre : Caliimaque se mit à la tête de l'aile droite , en vertu d'une loi qui ordonne chez les Athéniens que le polémarque occupe cette aile. Après le polémarque, les tribus se suivaient , chacune suivant le rang qu'elle tenait dans Téiat, et sans laisser d'intervalle entre elles. Les Platéens étaient les derniers , et à l'aile gauche. Depuis cette bataille , lorsque les Athéniens offrent des sacrifices dans les fêtes qu'ils célèbrent tous les cinq ans, le héraut comprend aussi les Platéens dans les vœux qu'il foit pour la prospérité des Athéniens. Suivant cet ordre de bataille , le front de l'armée athénienne se trouvait égal à celui des Mèdes. Il n'y avait au centre qu'un petit nombre de rangs , et de ce côté l'armée était trèsfoible ; mais les deux ailes étaient nombreuses et fortes.
CXIL Les Athéniens étaient rangés en bataille, et les victimes n'annonçaient rien que de fevorable. Un intervalle * de huit stades sépa-
■n yi grande «pparencequllérodote ne ▼entiMiior
rait les deux armées. Au premier signal, les Athéniens franchirent en courant cet espace. Les Perses les voyant accourir, se disposèrent à les recevoir; mais remarquant que, malgré leur petit nombre et le défout de cavalerie et de gens de trait, ils se pressaient dans leur marche, ils les prirent pour des insensés qui couraient à une mort certaine. Les Barbares s'en foisaient cette idée ; mais les Athéniens les ayant joints, leurs rangs serrés, firent des actions mémorables. Ce sont , autant que nous avons pu le savoir, les premiers de tous les Grecs qui aient été à l'ennemi en courant, qui aient envisagé sans effroi l'habillement des Mèdes, et qui aient soutenu la vue de leurs soldats, quoique jusqu'alors le seul nom de Mèdes eût inspire de la terreur aux Grecs.
CXI IL Après un combat long et opiniâtre, les Perses et les Saces , qui composaient le centre de l'armée ennemie, enfoncèrent celui des Athéniens , et profitant de leur avantage , ils poursuivirent les vaincus du côté des terres. Cependant les Athéniens et les Platéens remportèrent la victoire aux deux ailes ; mais laissant fuir les Barbares , ils réunirent en un seul corps l'une et l'autre aile , attaquèrent les Perses et les Saces, qui avaient rompu le centre de leur armée , et les battirent. Les Perses ayani pris la fuite , les Athéniens les poursuivirent , tuant et taillant en pièces tous ceux qu'ils rencontrèrent, jusqu'à ce qu'étant arrivés sur les bords de la mer , ils demandèrent du feu , et s'emparèrent de quelques vaisseaux.
CXIV. Le polémarque Caliimaque fut tué à cette bataille, api*ès des prodiges de valeur. Siésilée, fils de Thrasylée, l'un des généraux, y périt aussi. Cynégire, fils d'Ëuphorion, ayant saisi un vaisseau par la partie élevée delà poupe, eut la main coupée d'un coup de hache , et fut tué, ainsi que beaucoup d'autres Athéniens de distinction.
CXY. Ce fut ainsi que les Athéniens s'emparèrent de sept vaisseaux ennemis. Les Barbares se retirèrent avec le reste de leur flotte, sans revirer de bord , et ayant repris les esclaves d'Ërétrie dans l'Ile oii ils les avaient laissés \ ils
Id qnedttpluspetU stade, qui eitd'eafiroo doquante lobes, et qu'il entend parooune, non une ooune Téritable, mais le pas redoublé.
' L'Hed^iEgilia.
490 it. J.-C.