‹ Choix des historiens grecsChapitre 75 sur 286 · LIVRE VIL ii*'S · texte numérisé non relu

LIVRE VIL ii*'S

prenaient aussi. Mais Persée , fils de Jupiter et de Danaé, étant allé chez Cépliée, fils de Bélus, épousa Andromède sa fille, et en eut un fils, qu'il nomma Perses. 11 le laissa à la cour de Cëphée; et comme celui-ci n'avait point d'enfants mâles, toute la nation prit de ce Perses le nom de Perses.

LXIl. Les Mèdes marchaient vêtus et armés de même. Cette manière de s'habiller et de ^ sarmer est propre aux Mèdes, et non aux Perses, Ils avaient ù leur tête Tigraoes, de la maison des Achéménides. Tout le monde les appelait anciennement Ariens; mais Médée de Colchos ayant passé d'Athènes dans leur pays, ils changèrent aussi de nom, suivant les àfèdes eux-mêmes. Les Cissiens étaient habillés et armés comme les Perses; mais au lieu de tiares, ils portaient des mitres. Anaphès, fik d'Otanes, les commandais Les Hyrcaniens avaient aussi la même armure que les Perses, et reconnaissaient pour générai Mégapane, qui eut depiiis le gouvernement de Babf lone.

LXIII. Les Assyriens avaient des casques d'airain tissus et entrelacés d'une façon extraordinaire et difficile à décrire. Leurs boucliers, leurs javelou et leurs poignards ressemblaient à peu près a ceux des Égyptiens. Outre cela « ils portaient des massues de bois hérissées de nœuds de fer, et des cuirasses de lin. Les Grecs leur donnaient le nom de Syriens, et les barbares celui d'Assyriens. LesChaldéens faisaient corps avec eux . Les u os et les autres étaient commandés par Otaspès, filsd'Artachée.

LXIV. Le casque des Baci riens approchait beaucoup de celui des Mèdes. Leurs arcs étaient de canne à la mode de leur pays, et leurs dards fort courts. Les Saces, qui sont Scythes, avaient des bonnets foulés et terminés en pointe droite, des hauts-de-chausses, des arcs à la mode de leur pays, des poi- » gnards, et, outre cela, des haches appelées sagaris. Quoique Scythes Amyrgieos, on leur donnait le nom de Saces; car c'est ainsi que les Perses appellent tous les Scythes. Uystaspes, fils de Darius et d'Atosse, fiOedeCyrus, commandait les Bactriens et les Saces. .

LXV. Les Indiens portaient des habits de' coton, des arcs de canne, et des flèclies aussi" de cannearmées d'une pointe de kr. Ces peuples, ainsi équipés, servaieiil iioua PlHirii»/ij-

HISTOIRE D'HÉRODOTE

thrès» fils d*Artaba(es. Les arcs des Ariens ressemblaient à ceux des Mèdes, et le reste de leur armure à celle des Bactriens. Ils étaient ooromnndéspar Sisamnès, fils d*Hydarnes.

LXYI. Les Paribes, les Chorasmiens, les SogdienSylesGandarienset les Dadices étaient armés comme les Bactriens. Artabaze, fils de Pharnaces, commandait les Parthes et les Gho- . rasmiens; Azanes, fils d'Artée, les Sogdîens, et Artyphius, fils d*Artabane, les Gandariens et les Dadices.

LXYIL Les Caspiens étaient vêtus d'aie saie de peaux de chèvres. Ils avaient des arcs et des flèches de canne, à la mode de leur pays, et des cimeterres. Ariomarde, frèred'Artyphius, les commandait. Les Sarangéens avaient des babits de couleur éclatante; leur chaussure, en forme de bottines, montait jusqu aux genoux. Leurs arcs et leurs javelots étaient à la façon des Mèdes. Phérendaies , fils de Mégabaze , était leur commandant. Les Puctvices avaient aussi vu ^ale de peaux de chèvres , et pour armes des arcs à la faconde leur pays, et des poignards. Us étaient commandés par Artynté», fils d'Ithaiitatrès.

LXVIII. Les Outiens » les My ciens et les Paricanions étaient armés comme les Pactyices. Arsamënès, fils de Darius , commandait les Outiens et les Mycieos, et Siromitrès, fils d'OEbasas, les Paricaniens.

LXIX. Les habits des Arabes étaient amples et retroussés avec des ceintures. Ils portaient au côté droit de longs arcs qui se bandaient dans l'un et l'autre sens. IjCS Éthiopiens, vêtus de peaux de léopard et de Mon, avaient * des arcs de branches de palmier de quatre coudées de long au moins , et de longues flèches de canne, à Textrémité desquelles était au Keu de fer une pierre po ntue, dont ils se

• servent aussi pour graver leurs cachets. Outre cela , ils portaient des javelots armés de cornes de chevreuil pointues et travaillées comme un fer de lance, des massues pleines de nœuds. Quand ils vont au combat, ils se frottent la moitié du corps avec du pIAtre, et l'autre moitfé avec du vermillon. Les Éthi(»piens, qui habitent au-dessus de l'Egypte et les Arabes, étaient sous les ordres d'Arsamès, fils de Darius et d'Aryhtone, fille de Cyrus, que Darius

* avait aimée plus que toutes ses autres femmes^

et dont il avait fait faire la statue en or, et travaillée au marteau.

LXX. Les Éthiopiens orientaux ( car il y avait deux sortes d'Éthiopiens à cette expédition ) servaient avec les Indiens. Ils ressemblaient aux autres Éthiopiens, et n'en différaient que par le langage et la chevelure. Les Éthiopiens orientaux ont en effet les cheveux droits, au lieu que ceux de Libye les ont plus crépus que tous les autres hommes. Ils étaient armés à peu près comme les Indiens, et ils avaient sur la tête des peaux de front de cheval enlevées avec la crinière et les oreilles. Les oreilles se tenaient droites , et la crinière leur servait d'aigrette. Des peaux de grues leur tenaient lieu de boucliers.

LXXI. Les Libyens avaient des habits de peaux, des javelots durcis au feu. Ils étaient commandés par Massages, fils d'Oarizus.

LXXII . Les casques desPapfalagoniens étaient tissus, leurs boucliers petits, ainsi que leurs piques. Outre cela, ils avaient des dards et des poignards. La chaussure à la mode de leur pays allait à mi-jambe.

Les Ligyens , les Matianiens , les Marîandyniens et les Syriens * , que les Perses appellent Cappadociens , étaient armés comme les Paphlagoniens. Dotus, fils de M^asidrès, commandait les Paphiagoniens et les Matianiens ; et Gobrias, fils de Darius et d'Artysione, les Mariandyniens , les Ligyens et les Syriens.

LXX III. L'armure des Phrygiens approchak beaucoup de celle des Paphiagoniens ; la différence était fort petite. Les Phrygiens s'appelèrent Briges, suivant les Macédoniens, tant que ces peuples restèrent en Europe et demeurèrent avec eux ; mais étant passés en Asie, ils changèrent de nom en changeant de pays, et prirent celui de Phrygiens.

Les Arméniens étaient armés comme les Phrygiens , dont ils sont une colonie. Les uns et les autres étaient commandés par Artochmès, qui avait épousé une fille de Darius.

LXXIV. L'armure des Lydiens ressemblait à peu de chose près à celle des Grecs. On appelait autrefois ces peuples Méoniens, mais dans la suite ils changèrent de nom , et prirent celui qu'ils portent de Lydus, fils d'Atys. Les

' Les Leoco-Syrieut.

4i0if;j.-«.

POLYMNIE. - LIVRE Vil.

Hysicns avaient des casques à la façon de leur pays, avec de petits boucliers et des javelots durcis au feu ; ils sont une colonie de Lydiens, et prennent le nom d'Olympienniens du mont Olympe. Les uns et les autres avaient pour commandant Artaphernes , fils d*Artaphernes, qui avait fait une invasion à Marathon avec Daiisf.

LXXV. Les Thraces' avaient sur la tête des peaux de renards , et pour habillement des tuniques, et, par-dessus, une robe de diverses couleurs, très-ample, avec des brodequins de peaux de jeunes chevreuils. Ils avaient outre cela des javelots, des boucliers légers , et de petits poiguards. Ces peuples passèrent en Asie, où ils prirent le nom de Bilhyniens. Ils s'appelaient auparavant Strymoniens, comme ils en conviennent eux-mêmes, dans le temps qu'ils habitaient sur les bords du Strymon , d*où les diassèrent , suivant eux , les Teucriens et les Hysiens.

LXXVI. Bassacès, fils d'Artabane, commandait les Thraces asiatiques ^ Ils portaient de petits boucliers de peaux de bœufs crues, chacun deux épieux à la lycienne, des casquesd'airain, et, outre ces casques, des oreilles et des cornes de bœuf^ en airain avec des aigrettes. Des bandes d'étoffe rouge enveloppaient leurs jambes. Il y a chez ces peuples un oracle de Mars.

LXXVII. Les Cabaliens-Méoniens et les Laaoniens étaient armés et vêtus comme les Ctlidens. J*en parlerai lorsque j'en serai aux troupes ciliciennes *, Les Miiyeiis avaient de courtes piques, des habifs attachés avec des agrafes, des casques de peau, et quelques-uns avaient des arcs à la lycienne. 6adrès,fils d'Hystanès, commandait toutes ces nations. Les Mosches portaient des casques de bois, de petits boucliers et des piques dont la hampe était petite et le fer grand.

LXXVIII. Les Tibaréniens, les Macrons et les Mosyiioeques étaient armés à la façon des Mosches. Ariomarde, fils de Darius et de Parmys, fille de Smerdis et petfie-fillede Cyrus, eojimandait les Mosches. Les Macrons et les

' Voyei Ut. yi , $ xctr, cxi et niiv. > Les Tbraoes d'Asie.

' 11 y a ici une lacaoe.

* Gi-deiMNis,$xci.

Mosynœques étaient sous les ordres d'Artayctès * , fils de Ghérasmjs, gouverneur i\t Sestos sur THellespont.

LXXIX. Les Mares portaient des casques tis* sus à la ftiçon de leur pays, et de petits bou cliers de cuir avec des javelots. Les habitants de la Golchide avaient des casques de bois , de petits boucliers de peaux de bœufs crues, de courtes piques , et outre cela des épées. Pharandates , fiis de Téaspis , commandait les Mares et les Colchidiens. Les Alarodiens et les Sapires , armés à la façon des Colchidiens , recevaient l'ordre de Ma^istius, fils de Sirqmitres.

LXXX. Les insulaires de la mer Erythrée , qui venaient des îles où le roi fait transporter ceux qu'il exile, se trouvaient à cette expédi* tion ; leur habillement et leur armure approchaient beaucoup de ceux des Mèdes. Ces insulaires reconnaissaient pour leur chef Mardontès , fils de Bagée , qui fut tué deux ans après à la journée de Mycale, où il commandait ^

LXXXT. Tels étaient les peuples qui allaient en Grèce par le continent, et qui composaient l'infanterie. Ils étaient commandés par lescticfs dont je viens de parler. Ce furent eux qui formèrent leurs rangs, et qui en firent le denom* brement. Ils établirent sous eux des commandants de dix mille hommes endix mille hommes, et les commandants de dix miile'hommes créèrent des capitaines de cent hommes et des dizainiers. Ainsi les difféi ents corps de troupes et de nations avaient ù leurs têtes des officiers subalternes; mais ceux que j'ai nommés commandaient en chef.

LXXXII. Ces chefs reconnaissaient pour leurs généraux, ainsi que toute l'infanterie, Mardonius, fils de Gobryas; Tritantsechmès , fils de cet Artabane qui avait conseillé au roi de ne point porter la guerre en Grèce ' ; Smerdoménès, fils d*Otanes, tous deux neveux de liarius, et cousins -germains de Xerxès; M.isisles, fils de Darius et d'Atosse; Gergis, filsd'Atize; et Mégabyze, fils de Zopyre..

LXXXin. Toute Tinfanterie les reconnaissait poui* ses généraux, excepte les dix mille ,

• Yoyei n triite fin , ttv. n , scimi et oinr. >Lir. tx,S€i. *

' Voyei ci-detMify $ x.

HISTOIRE D'HÉRODOTE

corps de troupes choisi parmi tous les Perses, qiiictaientcominandësparHydarDès, fils d'Hydarnès. On les appelait immortels, parce que si quelqn*UD d'cDtt 'eux venait à ii)anquer pour cause de mort ou de maladie, on en élisait un autre en sa place, et parce qu'ils n étaient jamais ni plus, ni moins de dix mille. LesPerses surpassaient toutes les autres troupes par leur raa{p[iificencG et parleur courage. Leur armure ot leur habillement étaient tels que nous les avons décrits. iMais indépendamment décela, ils brillaient par la multitude des ornements en or dont ils éta ent décorés. Ils menaient avec eux des harmamaxes pour leurs concubines, et un (jrand nombre de domestiques superbement vé'us. Des chameaux , et d'autres béics de tharge, leur portaient des vivres, sans compter ceux qui étaient destinés au reste de l'armée.

LXXXIV, Toutes ces nations ont de la cavalerie; cependant il n'y avait que celles-ci qui en eussent amené. La cavalerie perse était armée comme l'infanterie, excepté un petit

ma's ces derniers menaient tous aussi des chariots. Les et les Paricaniens étaient armés

comme leur infonterie. Les cavaliers arabes avaient aussi le même habillement et la même armure que leurs gens de pied ; mais ils avaient tous des chameaux dont la vitesse nétait pas moindre que celle des chevaux.

LXXXVII. Ces nations seules avaient, fourni de la cavalerie. Elle montait à quatre-vingt mille chevaux, sans compter les chameaux et les chariots. Toutes ces nations, rangées par escadrons, marchaient chacune à son rang; mais les Arabes occupaient le dernier, afin de ne point effrayer les chevaux, parce que cet animal ne peut souffrir le chameau.

LXXXVIII. Harmamithrès et Tithée, tous deux fils de Datis, commandaient la cavalerie. Pharnuchès, leur collègue, était retenu a Sardes par maladie que lui avait occasionnée un accident faucheux dans le temps que Tatmée partait de celte ville. Son cheval, effiayé d'un chien qui se jeta à l'improviste entre ses jambes, se dressa et le jeta par terre. Pharnuchès vo-

nombre qui portait sur la tête des ornements mit le sang, et iomhsL dans une maladie qui

d'airain et de fer travaillés au marteau.

LXXXV. Les Sagariiens, peuple nomade, sont originaires de Perse, et parlent la même langue. Leur habillement ressemble en partie à celui des Perses, et en partie à celui des Pactvices. Ils fournirent huit mille hommes de cavalerie. Ces [>euple8 ne sont point dans Tusage de porter des armes d'airain et de fer, excepté des poignards; mais ils se servent à la guerre de cordes tissues avec des lanières dans lesquelles ils mettent toute leur confiance. Voici leur façon de combattre. Dans la mêlée ils jettent ces cordes, à l'extrémité desquelles sont des rets; s'ils en ont enveloppé un cheval ou un homme, ils le tirent à €ux, et le tenant enlacé dans leurs filets, ils le tuent. Ils feisaient corps avec les Perses.

LXXXVI. La cavalerie mède était armée comme leur infanterie, ainsi que celle des Cissiens. Les, cavaliers indiens avaient les mêmes armes que leur infanterie; mais indépendamment des chevaux de main, ils avaient des chars armés en guerre, traînés par des chevaux et des zèbres. La cavalerie bactrienne était armée comme leurs gens de pied. Il en était de même de celle des Caspiens et des Libyens ;

dégénéra en phthisie. Ses gens exécutèrent surle-champ l'ordre qu'il leur avait donné dès le commencement au sujet de son cheval. Ils conduisirent cet animal a l'endroit où il avait jeté pur terre son maître, et lui coupèrent les jambes aux genoux. Cet accident fit perdre à Pharnuchès sa place de général.

LXXXIX. Le nombre des trirèmes montait à douze cent sept. Voici les nations qui les avaient fournies. Les Phéniciens et les Syriens de la Palestine en avaient donné trois cents. Ces peuples poriaient des casques à peu près semblables ù ceux des Grecs, des cuirasses de lin , des javelots , et des boucliers dont le bord n'était pas garni de fer*. Les Phéniciens habitaient autrefois sur les bords de la mer Erythrée, comme ils disent eux-mêmes; mais étant passés de là sur les côtes de Syrie, ils s'y établirent. Cette partie de la Syrie, avec tout le pays qui s'étend jusqu'aux frontières d'Egypte, s'appelle Palestine.

Les Égyptiens avaient fourni deux cents vaisseaux. Ils avaient pour armure de têledes

' C'était œtti^ erpeoe de IxNicUer, écliancré comme «elai des Âmazooes , qa'oo appelait pellt.

PbLYMNlE. -^

casques de joclc tissu. Ils portaient des boucliers convexes, dont les bords étaient garnis d'une large bande de fer , des piques propres aux combats de mer, et de grandes haches. La multitude avait' des cuirasses et de grandes ëpëes. Telle était l'armure de ces peuples.

XG. Les Gypriens avaient cent cinquante vaisseaux. Voici comment ces peuples étaient armés. I^urs rois avaient la téie couverte d'une mitre, et leurs sujets d'une cilare; le reste de rhubillement et de Farniure resseniblait à celui des Grecs. Les Gypriens sont un mélange de nations différentes. Les uns viennent de Salamine et d'Athènes, les autres d*Ârcadie, de Gythnos, dePhénicie et d'Ethiopie, comme ils le disent eux-mêmes.

XCL Les Giliciens amenèrent cent vaisseaux. Ils avaient des casques à la façon de leur pays, de petits boucliers de peaux de bœufs crues avec le poil, et des tuniques de laine, et chacun deux javelots, avec une épée à peu près semblable à celle des Égyptiens. Anciennement on les appelait Hypachéens; mais Cilix, fils d*Agénor, qui était Phénicien, leur donna son nom.

Les Pamphyliensfournirenttrente vaisseaux, lis étaient armés et équipés à la façon des Grecs . Ges peuples descendent de ceux qui , au retour de i'expcdition de Troie, furent dispersés par la tempête avec Amphifochus et Galchus.

XCIL Les Lyciens contribuèrent de cinquante vaisseaux, lis avaient des cuirasses, des grévières, des arcs de bois de cornouiller, des flèches de canne qui n'étaient point empennées, des javelots, une peau de chèvre sur les épaules, et des bonnets ailés sur la tête. Ils portaient aussi des poignards et des faulx. Les Lyciens viennent de Grète et s'appelaient Termites ; mais Lycus, fils de Pandion, qui était d'Athènes, leur donna son nom.

^^IIL Les Doriens asiatiques donnèrent trente vaisseaux. Ils portaient des armes à la façon des Grecs, comme étant originaires du Pëloponèse. Les Gariens avaient soixante-dix vaisseaux. Ils étaient habillés et armés comme les Grecs. Ils avaient aussi des faulx et des poignards. On a dit dans le premier livre ^ quel nom on leur donnait autrefois.

' Lit. I, $ (LUI.

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XGIV. Les Ioniens amenèrent cent vaisseaux, lis étmeui armés comme les Grecs. Ils s'appelèrent Pélasgès i£gialéens, comme le disent les Grecs, tout le temps qu'ils habitèrent la partie du Péloponése connue aujourd'hui sous le nom d'Achaïe, et avant l'arrivée de Danaiis et de Xuthus dans le Péloponése. 1^1 ais dans la suite ils iiirent nommés Ioniens, d'Ion, fils de Xuthus.

XGV. Les insulaires, armés comme les Grecs, donnèrent dix-sept vaisseaux. Ils étaient Pelasges, mais dans la suite ils furent appelés Ioniens, par la môme raison que les douze villes ioniennes fondées par les Athéniens. LesÉoliens amenèrent soixante vaisseaux. Leur armure était la même que celles des Grecs. On les appelait anciennement Pélasgès, au rapport des Grecs. Les Hellespontiens, excepté ceuxd'Abydos, qui avaient ordre du roi de rester dans le pays à la garde des ponts, et le reste des peuples du Pont, équipèrent cent vaisseaux. Ges peuples, qui étaient des colonies d'Ioniens et de Doriens , étaient armés comme les Grecs.

XGVI. Les Perses , Mèdes et les Saces combattaient sur tous ces vaisseaux, dont les meilleurs voiliers étaient phéniciens , et principalement ceux de Sidou. Toutes ces troupes, ainsi que celles de terre, avaient chacune des commandants de leur pays. Mais n'étant point obfigé à faire la recherche de leurs noms, je les passerai sous silence. Ils méritent en effet d'autant moins qu'on en parle , que non-seulement chaque peuple, mais encore toutes les villes ayant leurs commandants particuliers, les officiers ne suivaient pas en qualité de généraux , mais comme les autres esclaves qui marchaient à cette expédition , et que j'ai nommé les généraux qui avaient toute l'autorité, et les Perses qui commandaient en chef chaque nation.

XGVII. L'armée navale avait pour géaérad» Ariabignès, fils de Darius, Prexaspes, fils d'Aspathinès, Mégabaze , fils de Mégabates, et Achéménès, fils de Darius. Les Ioniens et les Gariens étaient commandés par Ariabignès, fils de Darius et de la fille de Gobryas; et les Égyptiens par Achéménès, frère de père et de mère de Xerxès. Les deux autres généraux commandaient le reste de la flotte , les vais- 1 seaux à trente et à cinquante rames, les cei-

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cures, ceux qui servaîent au transport des chevaux, et les vaisseaux longs, qui allaient à trois mille.

XCVUI. Entre les officiers de la flotte, les plus célèbres, du moins après les généraux, étaient Tétramneste, fils d'An} sus, de Sidon; Mapen , fils de Siromus, de Tyr ; Merbal , fils d*Agbal , d' Arados ; Syennésis , fils d'Oromédon , de Cilicie ; Cy bernisque , fils de Sicas, de Lycie; Gorgus, fils deChersis; etTimonax^ fils de Timagoras, tous deux de l'île de Cypre; Hîsliée , fils de Tymnès ; Pigrès , fils de Selpome, et Damasithyme, fils de Candaules, de Carie.

XCIX. Je ne vois aucune nécessité de parler des autres principaux officiers. Ja ne passerai pas cependant sous silence Artémise. Cette princesse me parait d'autant plus admirable, que , malgré son sexe , elle voulut élre de cette expédition. Son fils se trouvant encore en bas âge à la m«rt de son mari, elle prît les rênes du gouvernement, et sa grandeur d'âme et son courage la portèrent à suivre les Perses, quoiqu'elle n'y fût contrainte par aucune nécessité. Elle s'appelait Artémise, était fille de Lygdamis, originaire d'Halicarnasse du côté de son père, et de Crète du côté de sa mère. Elle commandait ceux d'Halicarnasse, de Cos, de Nisyros et de Calydoes. Elle vint trouver Xerxès avec cinq vaisseaux les mieux équipés de tome la flotte, du moins après ceux des Sidoniens ; et parmi les alliés, personne ne donna au roi de meilleurs conseils. Les peuples soumis à Artémise^ dont je viens de parler, sont tous Doriens, comme je le pense. Ceux dllalicarnasse sont originaires de Trézen, et les autres d'Ëpidaure. Mais c'en est assez sur l'armée navale.

C. Le dénombrement achevé, et l'armée rangée en bataiile, Xerxès eut envie de se transporter dans tous les rangs, et d'en faire là revue. Monté sur son char, il parcourut l'une après Tauire toutes les nations, depuis les premiers rangs de la cavalerie et de l'infanterie jusqu'aux derniers, fit à tous des questions, et ses secrétaires écrivaient les réponses. La revue des troupes de terre finie, et les vaisseaux mis en mer, il passa de son char sur un vaisseau sîdonien , où il s'assit sous un pavillon d'étoffe d'or. Il vogua le long des proues des

vaisseaux, faisantaux capitaines les mémesquestions qu'aux officiers de l'armée de terre, et Si écrire leurs réponses. Les capitaines avaient mis leurs vaisseaux à l'ancre çpviron à quatre p lèthres du rivage , les proues tournées vers b^ terre, sur une même ligne, et leç soldats sous les armes, comme si on eût eu dessein de livrer bataille. Le roi les examinait en passant entre les proues et le rivage.

CL La revue finie, il descendit de son vais* seau , et envoya chercher Démarate', fils d'Ariston, qui l'accompagnait dans son expédion contre la Grèce. Lorsqu'il fut arrivé, Démarate, lui dii-il, je désire vous faire quelques questions; vous êtes , Grec et même, comme je l'apprends et de vous-même et des autres Grecs avec qui je m'entretiens, vous êtes d'une des plus grandes et des plus puissantes villes de la Grèce. Dites-moi donc maintenant si les Grecs oseront me résister. Pour moi , je pense que tous les Grecs et le reste des peuples de rOccident , réunis en un seul corps , seraient d'autant moins en état de soutenir mes attaques qu'ils ne sont point d'accord entre eux.Afais je veux sa^ir ce que vous en pensez. > — c Seigneur, répondit Démarate, vous di- > rai'je la vérité, ou des choses flatteuses? » Le roi lui ordonna de dire la vérité, et l'assura qu'il ne lui en serait pas moins agréable que par le passé.

CH. c Seigneur, répliqua Démarate, puisque vous le voulez absolument , je vous dirai la vérité; jamais vous ne pourrez dans la suite convaincre de fausseté quiconque vous tiendra le même langage. La Gi èce a toujours été élevée à l'école de la pauvreté; la vertu n'est point née avec elle, elle est l'ouvrage de la tempérance et de la sévérité de nos lois, et c'est elle qui nous donne des armes contre la pauvreté et la tyrannie. Les Grecs qui habitent aux environs des Doriens méritent tous des louanges. Je ne paillerai pas cependant de tous ces peuples, mais seulement des Lacédémonieus. J'ose, seigneur, vous assurer, premièi^ement, qu'ils n'écouteront jamais vos propositions, parce qu'elles tendent à asservir la Grèce; secondement, qu'ils iront à votre rencontre, et qu'ils vous présenteront ta bataille, quand

*WA?.i.^ POLYMNIE.

même tout le re$te des Grecs preadmit votre parti. Quant à leur nombre , seigneur , ne me demandez pas combien ils sont, pour pouvoir exécuter ces choses. Leur armée ne fût-elle que de mille hommes, fût-elle de plus, ou même de moins, ils vous combattront. > cm. — f Que me dites-vous, Démarate? lui répondit Xerxès en riant : mille hommes Uvreraient bataille à une armée si nombreuse? Dites-moi, je vous prie, vous avez éié leur roi. Voudriez-vous donc sur-le-champ combattre seul contre dix hommes? Si vos concifoyens sont tels que vous Tavancez , vous, qui êtes leur roi, vous devez, selon vos lois, entrer en lice contre le double ; car si un seul Lacédémonien vaut dix hommes de son armée, vous en pouvez combattre vingt, et vos discours seront alors conséquents. Hais si cesGrecs, que vousme vantez tant, vous resseml lent; si leur taille n*est pas plus avantageuse que la vôtre ou celle des Grecs avec qui je me suis entretenu, j*ai bien peur qu*il n'y ait dans ce propos beaucoup de vaine gloire et de jactance. Faites-moi donc voir d'une manière probable comment mille hommes, ou dix mille, ou cinquante mille,. du moins tous également libres et ne dépendant point d'un maître, pourraient résister à une si forte armée. Car eiifin s'ils sont cinq mille hommes, nous sommes plus de mille contre un. S*ils avaient, selon nos usages, un maître, la crainte leur inspirerait un courage qui n'est pas dans leur caractère; et, contraints par les coups de fouet, ils marcheraient, quoiqu en petit nombre, contre des troupes plus nombreuses. Mais étant libres et ne dépendant que d'eux-mêmes, ils n'auront jamais plus de courage que la nature ne leur en a donné, et ils n'attaqueront point des forces plus considérables que les leurs. Je pense même que s'ils nous étaient égaux en nombre, il ne leur serait pas aisé de combattre contre les seuls Perses. En effet, c*est parmi nous qu'on trouve des exemples de cette valeur ; encore y sont-ils rares et en petit nombre, car il y a parmi mes gardes des Perses qui se battraient contre trois Grecs à la fois ; et Vous ne débitez à leur sujet tant de sottises que parce que vous ne lesavez jamais éprouvés. >

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