LIVRE Vil. àfS
au nombre de leurs amis, leur fit présent d'ud habit à la faç^n des Mèdes, et voyant avec quelle ardeur ils le secondaient dans cette guene, et apprenant que le canal du mont Athos était achevé , il leur donna degrandes louanges.
ex VII. Tandis quece prince était à AcaQtbe\ Artachées, qui avait présidé aux ouvrages du canal, mourut de maladie. H était de la maisou des Achéménides, et Xerxès en faisait grandcas. Sa taille surpassait en hauteur celle de tous les Perses; il avait cinq coudées de roi moins quatre doigts. D'ailleurs personne n'avait la voix aussi forte que lui. Xei*xès, vivement affligé de cetie perte, lui fit faire les funérailles les plus honorables. Toute l'armée éleva un tertre sur le lieu de sa sépulture, et, par l'ordre d'un oracle , les Acanihiens lui offrient des sacrifices comme à un héros, en Tuppelant par son nom. Le roi regarda la mort d' Artachées comme un grand nialheur.
CXV 111. Ceux d'entre les Grecs qui reçurent l'armée , et qui donnèrent un repas à Xerxès, furent réduits à une si grande misère» qu'ils furent obligés d'abandonner leurs maisons et de s'expatrier ^. Les Thassiens ayant reçu l'armée, et donné un festin à ce prince, au nom des villes qu'ils avaient dans la terre ferme, Antipater, fils d'Orges, citoyen des plus distingués, qui avait été choisi pour le donhor, prouva qu'il y avait dépensé quatre cents talents d'argent^.
GXIX. Il en fut à peu près de même dans le reste des villes, comme le prouvèrent par leurs comptes ceux qui présidèrent à la dépense. Ce repas devait être d'auunt plus magnifique, qu'ayant été prévenues long-temps auparavant, il se préi^arait avec le phis grand soin. Les hérauts n'eurent pas plus tôt annoncé de côté et d'autre les ordres du roi, que dans les différentes villes les citoyens se partagèrent entre eux les grains, et ne s'occupèrent tous, pendant plusieurs mois, qu'à les moudre et à en foire de la farine^. On engraissa le plus
* Voyez ci-dessus, § xiii.
* La muera les obligea à aller cberoher fortime ailleim.
3 2 J 60,000 lîTres de noire mounaie.
4 K'xtvpu est de la farine de froment , d>jfrr<K de la farino d'orge.
254 HISTOIRE DHÉRODOTE. m^r. i^
beau bétail qa'on put acheter, et Ton nourrit Tarmée navale de remettre à la voile, qu'elle dans des cages et dans des étang^s (ouïes sortes entra dans le canal creusé dans le mont Atbos, de volailles et d'oiseaux de rivière, afin de re- et qui s'étendait jusqu'au golfe où sont les cevoir rarmée. On fit aussi des coupes et des villes d'Assa,dePitore,deSiogosetdeSaria*.
Apnt pris des troupes dans ces places, elle
cratères d'or et d'ar^j^nt , et tous les auirts vases qu'on sert sur table. Ces préparatifs ne se taisaient que pour le roi même et pour ses convives. Quant au reste de l'armée , on ne lui donnait que les vivres qu'on avait exigés. Dans tous les lieux où elle arrivait, on tenait prête
fit voile vers le golfe de tberme, doubla Ainpélos, promontoire du golfe Toronéen, passa près de Torone, de Galepsus, de Sermyle, de Mécy berne et d'OIynthe, villes grecques, situées dans le pays qu'on appelle aujourd'hui
une tente où Xcrxès allait se loger; les troupes | Siihonie , où elle prit des vaisseaux et des
campaient en plein air. L'heure du repas venue, ceux qui régalaient se donnaient beaucoup de soins, et les conviés, après avoir bien soupe, passaient la nuit en cet endroit. Le lendemain ils ari-achaient la tente, pillaient la vaisselle et les meubles , et emportaient tout ' sans rien laisser.
CXX. On applaudit à ce sujet un propos de Mégacréon d'Abdères. Il conseilla aux Abdérites de s'assembler tous dans leurs temples, hommes et femmes, pour supplier les dieux de détourner de dessus leurs têtes la moitié des maux prêts à y fondre; qu'à l'égard de ceux qu'ils avaient déjà soufferts, ils devaient les remercier de ce que le roi Xerxès n'avait pas coutume de foire deux repas par jour; car si . ceux d'Abdères avaient reçu l'ordre de préparer un dîner semblable au souper , il leur aurait fallu fuir l'arrivée du prince, ou être ruinés de fond en comble.
CXXI. Quoiqu'accablés , ces peuples n'en exécuuient pas moins les ordres qu'ils avaient reçus. Xerxès renvoya d'Acanthe les commandants de la flotte, et leur ordonna de l'attendre avec leurs vaisseaux à Therme, ville située sur le golfe Therméen , et qui lui donne son nom. On lui avait dit que c'était le plus court chemin. Voici l'ordre que l'armée avait suivi depuis Dorisque jusqu'à Acanthe. Toutes les troupes de terre étaient partagées en trois corps : l'un, commandé par Mardonius et Masistès , marchait le long des côtes de la mer , et accompagnait l'armée navale; un autre corps , conduit par Tritantaechmès et Gergis , allait par le milieu des terres; le troisième, où était Xerxès en personne, marchait entre les deux autres, sous les ordres de Smerdoménès et de Mégabyse.
GXXII. Xerxès n'eut pas plus tôt permis à
troupes.
GXXIII. Du promontoire Ampélos , elle coupa court à celui de Canastrum , de toute la Pallène la partie la plus avancée dans la mer. Elle y prit pareillemeut des vaisseaux et des troupes qu'elle tira de Potidée , d'Aphytis, de Néapolis, d'iEga, de Tbarambos, de Scioné , de Menda et de Sana^. Toutes ces villes sont de la presqu'île connue maintenant sous le nom de Pallène, et autrefois sous celui de Pfalégra. Après avoir aussi longé ce pays , elle cingla vers le lisu du rendez-vous , et prit en chemin des troupes des villes voisines de Pallène et hmitrophes du golfe de Therme. Ces villes sontLipaxos, Combréa, Lises, Gigonos, Campsa , Smila , iËnia ; le pays où elles sont situées s'appelle encore aujourd'hui Crusaea. D'iEnia , par où j'ai fini I enumération des villes ci-dessus nommées , la flotte cingla droit au golfe même de Therme , et aux côtes de Mygdonie. Enfin elle arriva à Therme , où elle avait ordre de se rendre à Sindos et à Chalestre , sur l'Axius , qui sépare la Mygdonie de la Boitiéide. Les villes d'Ichnes et de Pella sont dans la partie étroite de ce pays qui borde la mer«
CXXIV. L'armée navale demeura à l'ancre près du fleuve Axîus, de la ville de Therme , et des places intermédiaires , et y attendit le roi. Xerxès partit d'Acanthe avec l'armée de terre, et traversa le continent pour arriver à Therme. Il passa par Paconique et la Crestonie, arrosée par l'Echidore, qui prend sa source dans le pays des Crestonéens , traverse la Mygdonie , et se jette dans l'Axius , près du marais qui est près de ce fleuve.
' On l'appelle le golfe Singitique , 5in«ilictis Sinus, * Cette vUle est très-différante de celle dont il eit parlé plus bant , S ixu.
4ȈT.i,Mu POLYMNIE.
CXXV. Pendant que Xerxès étaii en marche y des lions attaquèrent les chameaux qui portaient les vivres. Ces animaux , sortant de leurs repaires , et descendant des inontignes , n'attaquaient que les chameaux , sans toucher ni aux béies de charge ni aux hommes. Les lions épargnaient les autres animaux et ne se jetoîent que sur les chameaux , quoiqu'auparavaut ils n'en eussent jamais rien vu , et qu'ils n'eussent jamais goûté de leur chair. Quelle qu'en soit la cause » elle me paraît admirable.
CXXVI. On voit dans ces cantons quantité de lions et de bœufs sauvages. Ces bœufs ont des cornes très-grandes , que Ton transporte en Grèce. Le Nestus , qui traverse Abdère , sert de bornes aux lions d'un côté, et de l'autre, rAchëloiis, qui arrose l'Acarnanie. Car on n'a jamais vu de lions en aucun endroit d'Europe, i l'est, au-delà du Neslus, et à l'ouest dans tout le reste du continent au-delà de l'Achéloiîs ; mais il y en a dans le pays entre ces deux fleuves.
CXXVII. Xerxès fit camper l'armée à son arrivée à Therme. Elle occupait tout le terrain le long de la mer, depuis la ville de Therme et la Mygdonie , jusqu'au Lydias et à l'Haliacmon , qui , venant à mêler leurs eaux dans le même lit , servent de bornes à la Bottiëide et à la Macédoine. Ce fut donc en cet endroit que campèrent les barbares. De tous les fleuves dont j*ai parlé ci-dessus , l'Échidore , qui coule de la Grestonie , fut le seul dont l'eau ne suffit point à leur boisson , et qu'ils mirent à sec.
CXXVI IL Xerxès apercevant de Therme les montagnes de Thessalie, 1 Olympe et l'O^sa, qui sont d'une hauteur prodigieuse , et, apprenant qu'il y avait entre ces montagnes un vallon étroit, par où coule le Pénée , avec un chemin qui mène en Thessalie , il désira de s'embarquer pour considérer l'embouchure de ce fleuve. Il devait en effet prendre par les hauteurs , à travers la Macédoine , pour venir de là dans le pays des Perrhaebes , et passer près de la ville de Gonnos ; car on lui avait appris que c'était la route la plus sûre. A peine eut-il formé ce désir qu'il l'exécuta. 11 monta sur le vaisseau sidonien dont il se servait toujours en de semblables occasions. En même temps il donna le signal aux autres vaisseaux pour lever l'ancre , et laissa en cet endroit son
• LIVRE VU. 2â8
armée de terre. Arrivé à l'embouchure du Pénée, Xerxès la contempla; et ravi d'admiration, il manda les guides , à qui il demanda s'il n'était pas possible , en déiQurnant le fleuve , de le faire entrer dans la mer par un autre endroit.
CXXIX. On dit que la Thessalie était anciennement un lac enfermé de tous côtés par de hautes montagnes : à l'est par les monts Pélion et Ossa, qui se joignent par le bas ; au nord par rOlympe , à Touest par le Pinde , au sud par rOihrys. L'espace entre ces montagnes est occupé par la Thessalie , pays creux, arrose d'un grand nombre de rivières , dont les cinq principales sont le Pénée , l'Apidanos , TOnochonos , l'Enipée , le Pamisos. Ces rivièi es que je viens de nommer , rassemblées dans cette plaine* au sortir des montagnes qui environnent la' Thessalie, traversent un vallon même fort étroit , et 3e jettent dans la mer, après s'être toutes réunies dans le même lit. Aussitôtaprès leur jonction, le Pénée conserve son nom et fait perdre le leur aux autres.
On dit qu'autrefois ce vallon et cet écoulement n existant point encore , les cinq rivières, et outre cela le lac Bœbéis, n'avaient pas de nom , comme elles en ont aujourd'hui , que ce-, pendant elles coulaient de même qu'elles le font actuellement, et que , continuant toujour« à couler , elles firent une mer de la Thessalie entière. Les Thessaliens eux-mêmes disent .que Neptune a fait le vallon étroit par lequel le Pénée roule ses eaux, et ce sentiment est vraisemblable. Quiconque pense en effet que Neptune ébranle la terre, et que les séparations qu'y font les tremblements sont les ouvrages de ce dieu, ne peut disconvenir, en voyant ce vallon» que Neptune n'en soit l'auteur; car c^s montagnes ^, à ce qu'il me parait, n'ont été séparées que par un tremblement de terre.
CXXX. Xerxès ayant demandé aux guides si le Pénée pouvait se rendre à la mer par un autreendroit, ceux-ci, bien instruits du local, lui répondirent : c Seigneur , le Pénée ne peut
> avoir, pour entrer dans la mer, d'autre is-
> sue que celle-ci : car la Thessalie est de tous
> côtés environnée de montagnes. • On rap-
4 La ThettaNe.
* L'Olympe et rOflia, entre letqoeto oonle le Pénée.
porte que, sur cette réponse, Xerxès parla en ces termes : « Les Thessaliens sont prudents.
> Ils ont pris leurs précautions de loin , {larce i qu'ils connaissent et leur pi opre foiblesse, et » qu'il est facile de se rendre inattre de leur 9 pays. Il ne faudrait, en effet, que faire refluer • le fleuve dans les terres, en le détournant de
> son cours , et en bouchant par une digue le » Talion par où il coule, pour submerger toute f la Thelsalie , excepté les montagnes. > Ce discours regardait les fils d'Aleuas, parce qu'étant Thessaliens, ils s'étaient les premiers de la Grèce soumis au roi, et parce que Xerxès pensait qu'ils avaient fait amiiic avec lui au nom de toute la nation.
' CXXXI-. Quand il eut bien examiné celte embouchure, il remit à la voile, et s*en retourna à Therme. H séjourna quelque temps aux environs de la Piéric » tandis que la troisième partie de ses troupes coupait les arbres
^et leis buissons de la montagne de Macédoine , afin d'ouvrir un passage ù toute Tannée , pour entrer sur les terres des Perrhaebes. Pendant son séjour en ces lieux , les hérauts* qu'il avait
* envoyéii en Grèce pour demander la terre revinrent , les uns les mains vides , les autres avec 'la terre et l'eau.
CXXXII. Les peuples qui lui avaient Mi 4eurs soumissions étaient les Thessaliens , les Dolopes, lesiEnianes', les Perrhaebes, les Loeriens , les Magnètes , les Méliens , les Achéens
- dé la Phthiotide, les Thébains et le roste des
. Béotiens, excepté lesThespiens et les Platéens. Les Grecs qui avaient entrepris la guerre con-
, tre le roi se liguèrent contre eux par un serment conçu en ces termes : c Que tous ceux » qui , étant Grecs , se sont donnés au Perse
> sans y être forcés par la nécessité, paient au
> dieu de Delphes , après le rétablissement des
> affaires, la dixième partie de leurs biens, t GXXXUI. Xerxès ne dépécha point de hé-
. rauts ù Athènes et a Sparte , pour exiger la soumission de ces villes. Darius leur en avait envoyé précédemment pour ce même sujet; mais les Athéniens les avaient jetés dans le Ba* ratbre^, et les Lacédémoniens dans un puits,
« Voyex ci-detsitt, s xxiii.
^iEniemiM looiqnemeot : Xénophon les •ppHIe
,J Fawe où Von précipitait à Athènes les criminels.
où ils leur dirent de prendre de la terre et de l'eau , et de les |iorter à leur roi. Voilà ce qui empêcha Xerxès de leur envoyer faire cette demande. Au reste , je ne puis dire ce qui arriva de fâcheux aux Athéniens, pour avoir ainsi traité les hérauts de Darius. Leur ville et leur pays furent , ils est vrai , pillés et dévastés ; mais je ne crois pas que le traitement fait a Ce» hérauts en soit cause.
CXXXIY. L^ colère de Taltbybius , qui avait été le héraut d*Agamemnon , s'appesantit sur les Lacédémoniens. Il y a à Sparte un lieu qui lui est consacré , et l'on voit aussi en cette ville de ses descendants. On les appelle Tahhybia» des. La république les charge par honneur de toutes les ambassades. Après cette époque, les entrailles des victimes cessèrent à Sparte d'être favorables. Cela dura long-temps; mais enfin les Lacédémoniens , affligés de ce malheur» firent demander par des hérauts , dans de fréquentes assemblées tenues à ce sujet, s*il n'y avait point quelque Lacédénionien qui voulût mourir pour le sahit de Sparte. Alors, Sperthiès, fils d'Anérisie, et Boulis, fils de Nicolaos , tous deux Spartiates , d'une naissance distinguée et des plus riches de la ville , s'offrirent d'eux-mêmes à la peine que voudrait leur imposer Xerxès, fils de Darius , pour le meurtre des hérauts commis ù Sparte. Les Lacédémoniens les envoyèrent donc aux llèdes * comme ù une mort certaine.
CXXXV. Leur intrépidité et le langage qu'ils tinrent en ces circonstances ont droit k notre admiration. Étant partis pour Suses,il& arrivèrent chez Hydarnès, Perse de naissance, et gouverneur de la côte maritime d'Asie, Ce seigneur leur fit toute sorte d'accueil , et pendant lerepasil leur dit : « Lacédémoniens, pouri\uo\ donc avez-vons tant d'éloignemenl pour l'amitié du roi ? Vous voyez, pai- l'état de ma fortune , qu'il sait honorer le mérite. Comme il a une haute opinion de votre courage, il vous donnerait aussi à chacun un gouvernement dans la Grèce si vous vouliez le reconnaître pour votre souverain. — Hydarnès , lui répondirent-ils , les raisons de ce conseil ne sont pas les mêmes pour vous et poiu' nous. Vous nous conseillez cet état, parce
f Aux Pe ses.
woâf.i,^^. POLYMNIE.
> que vous en ayez l'expërtenoe et que vous toe
• connaissez pas Tautre. Vous . savez être es-
• clave, mais vous n'avez jamais gpûtë la liberté,
• et vous en ignorez les douceurs. En effet ,
• si jamais vous l'aviez éprouvée , vous nous
> conseilleriez de combattre de toutes nos for-
> ces pour sa défense. >
CXXXVI. Ayant été admis, à leur arrivée à Suses, à l'audience du roi , les gardes leur ordonnèrent de se prosterner et de l'adorer ; et même ils leur firent violence. Hais ils protestèrent qu'ils n'en feraient rien , quand même on les pousserait par force contre terre ; qu'ils n'étaient point dans l'usage d'adorer un homme, et qu'ils n'étaient pas venus dans ce dessein à la Gourde Perse. Après s*étre défendus de la sorte , ils adressèrent la parole à Xerxès en ces termes et autres semblables : < Roi des Mèdes\ i les Lacédémoniens nous ont envoyés pour
> expier par notre mort celle des hérauts qui 1 ont péri à Sparte. > Xerxès, faisant à ce discours éclater sa grandeur d'âme , répondit qn'il ne ressemblerait point aux Lacédémoniens, qui avaient violé le droit des gens en mettant à mort des hérauts ; qu'il ne ferait point ce qu'il leur reprochait; qu'en faisant mourir à son tour leurs hérauts , ce serait les justifier.
GXXXVn. Cette conduite des Spartiates fit cesser pour le présent la colère de Talthybius , malgré le retour de Sperthiès et de Boalis à Sparte. Mais long-temps après , à ce que disent les Lacédémoniens , cette colère se réveilla dans la guerre des Péloponésiens et des Athéniens. Pour moi , je ne trouve en cet événement rien de divin. Car que la colère de Talthybius se soit appesaniie sur des envoyés , et qu'elle n'ait point cessé avant que d'avoir eu son effet, cela était juste ; mais qu'elle soit tomb^ sur les enfents de ces deux Spartiates qui s'étaient rendus auprès du roi pour apaiser cette colère, je veux dire sur Nicolaos , fils de Boulis , et sur Anériste , fils de Sperthiès , qui enleva des pêcheurs de Tyrins , qui naviguaient autour du Péloponèse sur un vaisseau de charge monté par des hommes d'Andros , cela ne me parait point un effet de la vengeance des Dieux , et uie suite de la colère de Talthybius. Car Nicolaos et Anériste ayant été envoyés en ambas-
^ Dei Pênes.
Hérodote»
- LIVRE Vil.
âS7
sade en Asie par les Lacédémoniens , Sitaloès, fils de Térès, roi des Thraces, et Mymphodore » fils de Pythéas, delà ville d'Abdères , les ayant trahis , ils furent pris vers Bysanthe , sur THellespont , et amen^ dans l' Attique , où les Athéniens les firent mourir, et avec eux Aristéas^ fils d'Adimante, de Corinthe. Hais ces événements sont postérieurs de bien des années à l'expédition du roi contre la Grèce.
GXXXVIII. Je reviens maintenant à mon sujet. La marche de Xerxès ne regardait *en ap* parence qu'Athènes, mais elle menaçait i*éellement toute la Grèce. Quoique les Grecs en fussent instruits depuis long-temps, ils n'en étaient pas cependant tous également affectés. Ceux qui avaient feit à ce prince Ieur$ soumissions se flattaient de n'éprouver de sa part ' aucun traitement fâcheux. Ceux, au contraire, qui ne les avaient pas faites étaient effrayés , parce que toutes les forces maritimes de là Grèce n'étaient pas en état de résister aux jutaques de Xerxès, et que le grand nombre, loin de prendre part à cette guerre, montrait beaucoup d'inclination pour tes Mèdes ^
CXXXIX. Je suis obligé de dire ici mon sentiment ; et quand même il m'attirerait la liaine de la plupart des hommes, je ne dissimulerai pas ce qui parait, du moins à mes yeux, être la vérité. Si la crainte du péril qui menaçait les Athénieus leur eût fait abandonner leur patrie, ou si , restant dans leur ville , ils se fussent soumis à Xerxès, personne n'aurait tenté de s'opposer au roi sur mer. Si personne n'eût résisté par mer à ce prioce, voici sans doute ce qui serait arrivé sur le continent. Quand même les Péloponésiens auraient fermé l'isthme de plusieurs enceintes de murailles , les I^cédémb- . niens n'en auraient pas moins été abandonnés par les alliés, qui, voyant l'armée navale des Barbares prendre leurs villes l'une après Tau— ^ tre, se seraient vusdanslanécessitéde les trahir malgré eux. Seuls et dépourvus de tous secours , ils auraient signalé leur eoiirage par de grands exploits, et seraient morts généréme- • ment les armes à la main, ouils auraiem éproti# vé le même sort que le reste des alliés, -ov ^ bien, avant d'éprouver ce sort, ils auraient . traité avec Xerxès quand ils auraient vu 1^'
LeiPerm.
HISTOIftS DHÉitlOttom
mê».h^
reste d^s Grecs preadre le parti des Mèdea \ < fois «eMoker k <rim «n i|taiiti d% mppMwHSw Àiasi , dans Tuii ou Tautre de ces cas, h Grèoe lis «irivii'eBi ce cdlseili n. lai «dresèèrmciseB
serait toâibée sons ia pui^sâDoe de cette naiiea i ear le roi étant oMiitre de la meri je ne puis voir de quelle uiUîtë tarait été ie mur dont M aurait fermé 1 isthme d'un bout à l'autre. Ofl ne s'écarterait donc point de ia vérité en disant une les Athéniens ont été les lib ératears de la Grrèce. En effets quelque parti qu'ils eussent pris , il devait éire le prépondérant. En préférant la liberté de la Grèœ , ils réveillèreât le cOurage de tous les Grecs qui ne s'étaient pas encore déclarés pour les Perses, et ee furent ÇttK qui , du moins après les dieux » repoussa rent le roi. Les réponses de l'oracle de Delphes, quelqu'effrayantes et terribles qu elles Fussent» n6 leur persuadèrent pas d'abandonner la &rèce; ils demeurèrent fennes , et osèrent soutenir le choc (ie lennemi qui fondait sur leur
CXL. Les Athéniens, voulant consulteirara^ cle, envoyèrent à Delphes des thèm*es. Après . les cérémonies usitées, et après s'être assis dalis îe teitapie en qualité de suppliants, ces députés reçurent delà pf ihie, nommée AriSIBnieei une raponse conçue en ces termes :
c Malheureux! pourquoi cette posture sup*"
pi ante? Abandonnez vos maisons et les re-
ohers de votre ciiadcHe, fuyez jusqu'aux
extrémités de la terre. Athènes sera détruite
de fond en comble, tout sera renversé, tout
sera la proie des flammes ; et le redoutable
Iklars, monté sur un char syrien,'^ ruinera
non-seulement vos tours et vos forteresses*
mais encore eeiles de plusieurs autres villes.
li eml>rasera les temples. Lesdienx sent sai»
sis d eftrm , la suenr déeouie de leurs sima-
lacres, et déjà dn&ite de leurs temples oenle
im sang Doir^ présage assuré des maux qui
j vens Ineaacent. Sortes dânof AlbénienSf de
' > mon sanetuai re» armen-vons de eenrafe eon-
> ire tAnt de maux. »