I.XXXIII
que la pythie leur avait i^pondu en ces ternies : c Peuple haï de tes voisins, cher aux
> dieux immortels, tiens-toi sur tes gardes
> prêt à frapper ou à parer les coups de les 1 ennemis; défends ta tête, et ta tête sauvera
> ton corps. > Telle fut, suivant eux, la ré: ponse de la pythie avant la v^ue des députés, ils ajoutent qu'aussitôt après leur arrivée à Argos, on les admit au sénat, où ils exposèrent leurs ordres; que le sénat répondit que les Argiens étaient disposés à accorder du secours, après avoir préalablement conclu une trêve de trente ans avec les Lacédémoniens , à condition qu'ils auraient la moitié du commandement de toutes les troupes combinées; que le commandement leur appartenait de droit tout entier , mais cependant qu'ils se contenteraient delà moitié.
CXLIX. Telle fut , suivant eux, la réponse de leur sénat, quoique l'oracle leur eût défendu d'entrer dans l'alliance des Grecs. Us ajoutent que ce qui leur faisait le plus désirer la trêve de trente ans , malgré la crainte que Toracle leur avait inspirée , c'était afin de donner à leurs enfants le temps de parvenir ù Fàge viril. Ils se tranquillisaient , par ce moyen, l'esprit , n'ayant plus à craindre durant cette trêve de tomber sous le joug des Lacédémoniens ; ce qui n'aurait pas m%|[iqué d'arriver si , afBiiblis déjà par laguerrequ'ils venaientde soutenir contre eux S ils venaient encore à essuyer quelque échec de la part des Perses. Us ajoutent encore que ceux d'entre les ambassadeurs qui étaient de Sparte répondirent au discours du sénat, qu'à l'égard de la trêve, ils en feraient leur rapport au peuple ; mais qu'au sujet du commandement des armées, il leur avait été enjoint de dire, que les Spartiates ayant deux rois , et les Argiens un seul, il n'était pas possible d'ôter le commandement des troupes à l'un des deux rois de Sparte ; mais que rien n'empêchait que le roi d' Argos ne partageât l'autorité également avec eux. Ainsi les Argiens disent qu'ils ne voulurent point souffrir l'ambition des Spartiates, et qu'ils aimèrent mieux obéir aux Barbares que de rien céder aux Lacédémoniens ; qu'en conséquence ils ordonnèrent
* Toyei le paragraphe précédent, et Ur. vt , S uxyiii ,
LXXiX, LXXXet LXXXlll.
i»At.i.-€. POLYMNIE. -
aux ambassadeurs de sortir de leur 'territoire avant le coucher du soleil, sous peine d'élre traités en ennemis.
CL. (Test ainsi que les Argiens eux-mêmes racontent ce qui se passa en cette occasion ; mais on le rapporte en Grèce d une façon bien différente. Xerxès, dit-on , avant que d'entreprendre son expédition contre la Grèce , envoya un héraut à Argos , qui parla aux Argiens en ces termes : c Argiens, voici ce que vous » dit le roi Xerxès. Nous pensons que Perses , » Tun de nos ancêtres , ayant eu pour père 9 Persée , fils de Danaé , et pour mère Andro- » nàède, fille de Géphée, nous tenons de vous » notre origine. Il n'est donc point naturel ni » que nous fassions la guerre à nos pères , ni
> qu'en donnant du secours aux Grecs , vous » Yousdéclariez nos ennemis. Restez tranquMles 1» chez vous. Si cette expédition a le succès
> que j'attends, je vous traiterai avec plus de » distinction qu'aucun autre peuple. > On ajoute que quoique ces propositions eussent paru de la plus grande importance aux Argiens, ils ne firent d'abord d'eux-mêmes aucune demande aux Grecs ; mais que lorsque oeux-ci les sollicitèrent d'entrer dans leur ligue 9 ils exigèrent une part dans le commandement desarmées, afin d'avoir un prétexte de demeurer tranquilles, sachant bien que les Laoédémoniens ne voudraient pas le partager avec eux.
CLI. Il y a des Grecs qui rapportent une histoire qui s'accorde très-bien avec celle-là , et qui n'arriva que beaucoup d'années après. Les Athéniens, disent-ils , avaient député pour quelque affaire à Suses, ville de Memnon , des ambassadeurs, et entre autres Callias, fils d'Hipponicus. Dans le même temps , les Argiens y a va^nt aussi envoyé des ambassadeurs , pour demander à Artoxerxès, fils de Xerxès, à l'alliance qu'ils avaient contractée avec Xerxès subsistait encore, ou s'il les regardait comme ennemis. Le roi Art^xerxès répondit qu'elle subsistait, et qu'il n'y avait point de ville qu'il aimât plus que celle d'Argos.
GLU. Au reste, ;|e ne puis assurer queXer-
.xès ait envoyé un héraut à Argos pour dire
aux ^Argiens ce que je viens de rapporter , ni
qne les ambassadeurs des- Argiens se' soient
transportés à Suses pour demander à*Arj[o-