LIVRE VII
xerxès si l'alliance subsistait encore avec lui. Je rapporte seulement les discours que les Argiens tiennent eux-mêmes. Tout ce que je sais, c'est que si tous les hommes portaient en un même lieu leurs mauvaises actions pour les échanger contre celles de leurs voisins , après avoir envisagé celles des autres, chacun remporterait avec plaisir ce qu'il aurait porté à la masse commune. Il y a sans doute des actions encore plus honteuses que celles des Argiens. Si je suis obligé de rapporter ce qu'on dit , je ne dois pas du moins croire tout aveuglément. Que cette protestation serve donc pour tonte cette Histoire, à Foccasion de l'invitation que l'on assure avoir été faite par les Argiens aux Perses de passer en Grèce, parce qu'après avoir été vaincus par les Lacédémoniens , ils trouvaient tout autre état préférable à la situation déplorable où ils étaient pour lors. En voilà assez sur les Argiens.
CLIII.Ill vint ^ aussi en Sicile des ambassadeurs de la part des alliés, parmi lesquels était Syagrus , député de Lacédémone, pour s'aboucher avec Gélon. Un des ancêtres de ce Gélon fut citoyen de Géla. Il était originaire de Télos , ile voisine du promontoire Triopium. Les Lindiens de Ttle de Çhodes et Antiphcmus le menèrent avec eux lorsqu'ils fondèrent la ville de Géla. Ses descendants étant devenus dans la suite hiérophantes de Cérès et Proserpme , ils continuèrent toujours à jouir de cette dignité. Ils la tenaient de Télinès , l'un de leurs ancêtres, qui y parvint de la manière que je vais dire. Une sédition s'étant élevée à Géla , les vaincus se sauvèrent à Maclorium , Vtlle située au-dessus de Géla. Télinès les ramena dans leur patrie sans aucune troupe, et n*ayant que les choses consarréesà ces déesses.^ Où les avait-il prises? comment les possédaitil? c'est ce que je ne puis dire. Plein de. confiance en ces choses , il ramena les habitants de Géla ; mais ce fut à condition que ses descendants seraient hiérophantes des déesses.' J'admire ce qu'on dit de l'entreprise de Télinès r et je suis étonné qu'il ait pu en venir à bout. Il n'est pas donné , je pense , à tout le monde, d'exécuter de pareils projets ; cela n'appartient qu'à de grandes âmes ^ qu'à des hom*
HI^TOIBS OHÉRODCrrÉ.
mes hardis et courageux. Or les babitanis de Sicile dirent qu'il avait des qualités coatraÎFes, et que ç était up bomme naturellement mou et efféminé ^ Telle fi|t la manière dont il se mit en possession de cette dignité.
CLIV. Gléandre, fils de Pantarès, ayant été tué par Sabyllus, citoyen de Gela, après avoir r^Dé sept ans dans cette ville » son frère Hippocrates s'empara de la couronne. Sous le règne de celui-ci , Gélon , descendant de l'biéropbante Télii^ès, ainsi que plusieurs autres, parmi lesquels OQ compte iSoésidémus, fils de Pataicus, de simple garde-du-cprps dFIippocrates , s*é« leva en peu dia temp^, par son mérite, à la dignitç de général de la cavalerie. Il s'était en effet distingué contre les CaUipoliteSt les I^axiçns, les Zancléens, Les LéontiqSi et outre cela contre lea Syracusains, et plusieurs peuples barbares, qu'Hippocrates avait assiégés dans leurs capitales. De toutes les villes que je Yiens de pommer • il n'y eut que œllede Syracuse qui évita le joug d'Bippocrates. Il eo battit les habitants près du fleuve Élorusi maki les Goriulhiens et les Corcyréen^ les dé^ livrèrent de la servitude , et les réconcilièrent avec ce ppinoe, à condition qu'ils lui donner Trient C^imsirioe, qui leap appartenait de toute ^tiquito, • ^
et Y* Hippocratca « après avoir régné autant do temps que son frèpe Cléandre , mourut devant la ville d*HybIai en faisant la guerre W% Sicules. Alors Géloo prit en apparence la défense dKuclides et de Cléandre; tous deux fils d'UippocrateSt contre les citoyens de Gela, qui nevoulai^nt plus (es reconnaître pour leurs maîtres. Ayant vaincu ceux-ci daoa un combat, il s'empara réellement lui-même de Tautorité souveraine, et en dépouilla les fils d'Hippo-» crates. Cette entreprise lui ayant réussi , il ramena de la ville de Cosntèna ceux d'entre les Syracusains qu'on appelait Gamores. Ils avaient été chassés par le peuple M par leurs propres esclaves, iMWQwCillicyriena, En les rétahlisr $ant dans Syracose, il s'empara aussi de cette
> Cet l»omme, quoique moa et efTémiDé, poayçil trèsbien conùaitre l'empire de la sopersUiion sur la plupart dee hommes.
* C'est-à-dire sept ans. Voyez le commencement du