A M. TESSIER DE SAINTE-MARIE, CURÉ DE COMLLÉ
18 octobre 1783.
Monsieur, je ne puis qu'être très-édiflé du zèle et de la charité que vous témoignez pour les missions ; et , bien loin de trouver à redire à la sainte avidité avec laquelle vous désirez en savoir des nouvelles, j'y applaudis , et je consens bien volontiers à entrer avec vous dans quelques détails sur les diflerens avantages qu'elles peuvent tirer des aumônes que plusieurs personnes charitables leur ont déjà faites ou pensent à leur faire.
i° Je me trouvechargé de l'administrationde trois provinces, dont les différentes chrétientés sont tellement éloignées les unes des autres , qu'il faut faire plusieurs journées de chemin avant d'en rencontrer une. Il n'y a que i3 mission-
naircs dans ces trois provinces ; aussi plusieurs chrétientés ne peuvent être visitées que tous les deux ans. Il est aisé d'apercevoir l'inconvénient do cette pratique dans un pays où l'on n'est point libre d'être chrétien , mais où c'est un crime de l'être , et où ce prétendu crime est souvent puni. Il a fallu pourvoir à cet inconvénient , mais par des moyens fort dispendieux. Le premier est d'ériger des écoles. Les hommes sont chargés d'instruire les jeunes garçons; plusieurs femmes pieuses et éprouvées se sont consacrées à celte bonne œuvre en faveur des jeunes filles. On fait cotiser les chrétiens pour l'entretien et la nourriture de ces maîtres ou maîtresses; mais dans les chrétientés pauvres, c'est la mission qui les nourrit et les entretient ; c'est elle aussi qui indemnise les parens pauvres du travail des enfans un peu grands qu'ils envoient aux écoles. Ce seul objet coûte quelquefois à la mission plus de cent pistoles par an. Le second objet de dépense, ce sont les livres. Nous en avons fait imprimer un assez bon nombre ; nous les distribuons gratis , par la crainte que l'avarice > qui est un vice dominant des Chinois, ne mit obstacle à leur instruction. Comme, dans ces dernières années , le nombre des prosélytes s'est grandement accru , la dépense des livres a été considérable; nous n'avons pu fournir à la moitié des besoins. Un troisième moyen pour soutenir la foi parmi les chrétiens, et pour l'étendre parmi les infidèles , c'est la mission des catéchistes , qui sont de deux sortes. Il y en a qui sont fixés constamment dans chaque chrétienté ; ce sont communément des chefs de famille zélés, instruits, et d'un âge un peu avancé. C'est chez eux que se tient , les dimanches et fêtes, l'assemblée des chrétiens, ainsi que lors de la visite du missionnaire. C'est aussi chez eux que se rendent les nouveaux convertis pour s'instruire des préceptes de la religion; ce qui constitue ces catéchistes dans des dépenses considérables, surtout quand le nombre des
prosélytes est grand. Il faut que la mission les aide. Les autres catéchistes , qu'on peut appeler ambulans , sont destinés principalement à la conversion des infidèles. Chaque missionnaire en a un certain nombre. Quand il y a quelque espérance de conversion dans un endroit, on y envoie ces sortes de catéchistes, qui réfutent les superstitions du pays, et prêchent la vérité: ce sont eux qui risquent le plus. Il ne seroit pas prudent aux missionnaires , et surtout aux Européens, qui ont la couleur, la figure et l'accent si ditferens des Chinois, de paroitre ainsi devant les païens. Suivant les lois du pays, ils ont deux crimes capitaux contre eux : l'un , d'être étrangers -, et l'autre , de venir prêcher le christianisme. Il suffiroit d'un homme de mauvaise volonté pour exposer la mission aux dernières extrémités, en traduisant le missionnaire , comme cela est déjà arrivé, et en particulier à moi , qui ai eu le secret de me faire prendre ; mais Dieu m'a délivré. Ce sont donc nos catéchistes ambulans qui paroissent d'abord, qui éclairassent les premiers doutes, et qui jettent dans les esprits les premières semences de la foi. Quand les païens se sont rendus et qu'ils ont adoré Dieu, détruit leurs idoles, et qu'on trouve dans leur conduite des preuves de sincérité, pour lors le missionnaire va les visiter et les instruire plus particulièrement , en les disposant peu à peu au baptême. La mission défraie ces catéchistes des dépenses qu'ils sont obligés de faire dans leurs voyages. Puissions- nous doubler et tripler leur nombre ! Nous aurions bientôt des milliers de chrétiens de plus. Un quatrième objet de dépenses, c'est de fournir les chrétiens de chapelets , de crucifix , médailles et autres images de religion. Cette pratique éloigne les chrétiens des coutumes superstitieuses des païens , qui portent sur eux beaucoup de signes de la religion de leurs dieux, et qui en affichent, pour ainsi dire, à chaque coin de leur maison-, nous ne plaignons point la dépense à cet égard. 3. 12
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a0 Le nombre des chrétiens s'augmentant , il falloit chercher les moyens d'augmenter le nombre des missionnaires. Nous trouvons , il est vrai , des ressources dans le séminaire des missions étrangères ; mais on ne peut en espérer qu'un assez petit nombre de prêtres , à raison de ses grandes charges (1). Les frais pour leur départ sont considérables ; une bonne partie des voyages, jusqu'à la mission, sont aux charges du corps -, il faut fournir chaque missionnaire d'un viatique annuel , ordinairement de cinq cents livres; il faut le munir d'une chapelle complète -, il faut entretenir des bureaux de correspondance , particulièrement dans les Indes , à l'effet d'introduire les missionnaires dans leurs missions respectives ; il faut supporter quelquefois des pertes qu'on ne peut réparer que par la voie des emprunts; par la suite des temps , ces dettes s'accumulent; le séminaire se voit forcé de retrancher le nombre des missionnaires en en envoyant un plus petit nombre, afin de satisfaire aux dettes les plus pressées. Ainsi, ne pouvant compter sur le séminaire pour satisfaire à nos besoins , nous tachons d'y suppléer par la formation d'un clergé national. Nous choisissons parmi les enfans des chrétiens ceux qui marquent le plus de dispositions , tant pour la piété que pour l'étude. Nous les réunissons dans un petit collège, sous la conduite d'un missionnaire européen principalement occupé de cet objet , qui les instruit dans la langue latine. Ils sont nourris et entretenus à nos frais. Ceux qui sont encore jeunes, et qui donnent des espérances, sontenvoyés,
(t) Si dès 1782 le séminaire des missions étrangères ne pouvoit suffire à toutes les dépenses et les charges des missions, comment pourroit-il suffire maintenant que, dépouillé des grands biens qu'il possédoit alors, il n'a presque plus d'autre ressource que dans les libéralités des personnes pieuses et zélées pour la propagation de la foi ?
au bout d'un an ou deux dépreuves , au collège général du corps, situé maintenant à la côte de Coromandel (i). Chaque mission en fait autant. C'est pour lors le séminaire qui se charge de leur nourriture et entretien, jusqu'à ce qu ils soient en état d'être ordonnés prêtres. Les plus àgéâ restent au petit collège, y apprennent ce qu'il y a d'essentiel dans la théologie positive et morale, et à lire simplement le latin sans l'entendre-, ensuite, quand ils ont atteint le degré suffisant pour être légitimement ordonnés, ils le sont en vertu d'une dispense du saint siège. Ceux-ci sont ordinairement des catéchistes qui se sont distingués dans le ministère. Parmi six prêtres chinois que j'ai dans ma mission, il v en a trois qui ont souffert généreusement Ils tortures. Un des trois, après avoir fini un exil de trois ans, en est revenu avec plus de courage qu'auparavant, et a mérité d'être élevé à lhonneur du sacerdoce. Nous nous attachons d'autant plus à cette partie que c'est, sans contredit, le moyen le plus propre à perpétuer la religion en Chine. Si tous les Européens étoient pris ou dispersés, ce qui est déjà arrivé, les chrétiens se trouveroient sans ressources. Les malheurs du Japon ont fait ouvrir les yeux sur l'importance de cette oeuvre. Quand on en eut chassé ou mis à mort les Européens qui s'y trouvoient , et qu'on leur eut fermé efficacemen t la porte de ce pays , cette chrétienté si florissante, et qui compte tant de martyrs, est tombée faute d'un clergé national ; et , depuis deux cents ans , elle n'a pu encore se relever. Notre malheur ici , c'est que nos fonds ne nous permettent d'en élever qu'un trèspetit nombre.
3n \lêvêque est obligé de se choisir un lieu fixe de résidence, non pas qu'il y demeure habituellement, les besoins de la mission exigent de lui des courses et des visites
(1) Ce collège fut dissous vers cette même année 178a.
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presque aussi longues et aussi multipliées que celles des autres prêtres ; ruais cette résidence est nécessaire pour donner la facilité aux missionnaires et aux chrétiens de recourir à lui quand il en est besoin. Cette maison est située ordinairement au centre de toute la mission , et dans un endroit où la chrétienté est assez nombreuse. L'évêque y demeure quelques mois de l'année. En son absence , il y laisse un ou deux domestiques instruits des différens endroits où il peut être , et qui y conduisent ou y adressent ceux qui ont des affaires. Or, cette maison qui, en grande partie , est l'auberge des chrétiens des différentes provinces , entraine des dépenses exorbitantes. Si nos chrétiens étoient à leur aise, ce seroit sans doute à eux à fournir à de pareilles dépenses ; mais les riches sont assez rares parmi eux. La malédiction que l'Ecriture prononce contre les riches se vérifie ici plus qu'ailleurs, l'avarice et l'amour de l'argent y étant portés à leur comble. Il faut que le foible subside que nous lirons du séminaire supplée à tout. Certes, nous n'employons pas notre revenu à nous adoucir beaucoup la vie, ni à entretenir aucun luxe. Nous vivons comme les gens du commun, mangeant du riz, des herbes , quelquefois de la viande de cochon, de la volaille quand on nous en donne, buvant du vin de riz quand il y en a; cela suffit, et parfois il y a de l'abondance. Nos habits sont tels , que le dernier des Chinois qui les porteroit ne se feroit point remarquer. Leur nombre ne nous charge pas beaucoup. Je vous avoue, en grande simplicité , que je n'ai que trois chemises à mon usage , encore ont-elles bien près de deux ans chacune. Mon lit consiste dans une couverture et une natte , avec une botte de paille qu'on met par- dessous; de sorte qu'en mettant mon lit, avec ma garde-robe d'été et d'hiver, sur les épaules d'un homme, il est très à son aise , et se trouve en état de faire 80 lieues ;.vcc moi le suivant. Or, mes missionnaires ne sont ni plus
riches ni mieux meublés que moi ; s'il y en a qui enchérissent sur leur évèque , c'est en mortifications et en pauvreté. Les murailles de la maison épiscopale sont de boue enduite de chaux •, un corps de logis passable et couvert en tuiles sert de chapelle ; le reste est construit avec des roseaux du pays, et couvert de paille. On a peine à s'y préserver de la pluie. Hors le cas de maladie , nous faisons tous nos voyages à pied. Ce détail paroîtra minutieux à bien des gens du monde ; d'autres , effrayés de la vie dure et pauvre des missionnaires , étoufferont peut-être une première étincelle de vocation qui les appeloit à cet état. Je dirai aux premiers : Quand on demande l'aumône, il faut détailler sa misère, et ne pas faire le glorieux. Je dirai aux derniers : Vous voyez les croix, venez-en goûter les consolations. La joie, les plaisirs , ne nous manquent pas : nous faisons régner Dieu dans les cœurs, et nous arrachons à la mort des milliers de malheureux.
4° Il y a encore plusieurs objets particuliers de dépenses , bien dignes du zèle et de la charité des personnes qui s'intéressent à notre œuvre. Un des premiers , c'est le salut des eufans des païens. Quoiqu'il ne soit pas permis de les baptiser indifféremment, il est du devoir des missionnaires de contribuer au salut des moribonds qu'il faut chercher. Pour cela , nous envoyons de tous côtés des chrétiens fidèles, assez entendus dans la médecine, pour les trouver et leur administrer le baptême, sous prétexte de leur donner des remèdes. H y a jusqu'à àes femmes pieuses, qui s'introduisent dans les maisons des particuliers , et surtout des pauvres, se donnent pour médecins exerçant la médecine gratis, comme quelques païens le font par ostentation ; elles baptisent les cnfans , suivant l'exigence des cas. Il faut munir ces espèces de médecins de remèdes , dont on leur a fait connoitre la vertu et l'usage, et leur donner de quoi vivre. Depuis trois ans que cette bonne œuvre a été
poussée avec plus de zèle , à l'occasion d'une grand^ famine que nous avons éprouvée, et de la peste qui s'en est suivie, nous comptons près de cent mille enfans d'infidèles baptisés. Il a fallu tout sacrifier pour cela : c'étoit l'oeuvre la plus pressée. Dans ces trois provinces , sans aucun fléau, il meurt tous les ans plus de cent mille enfans. Avec quatre ou cinq cents livres par an on feroit merveille. Un second objet , c'est le soin que nous devons prendre des confesseurs qui souffrent la persécution , et sont emprisonnés pour la foi. Lorsqu'une famille est accusée d'être chrétienne, aussitôt le mandarin envoie une troupe de satellites sans frein, enchaîner les accusés et les conduire à son prétoire. Sous prétexte d'examiner la maison et d'y chercher des effets de religion , ils y volent tout ce qui leur convient; argent, riz, habits, tout est à leur discrétion. Ils conduisent ensuite les accusés au prétoire , où il faut attendre dix à vingt jours avant de paroître devant le mandarin. Pendant cet intervalle, ils tiennent les chrétiens attachés dans des auberges attenantes au prétoire, s'y font servir comme ils veulent , et les forcent à payer pour eux. Quand les chrétiens ont subi leur interrogatoire, et qu'on a employé contre eux toutes sortes de tortures , on les charge ordinairement de la cangue , avec laquelle ils ne peuvent faire usage de leurs mains ni pour boire ni pour manger , ce qui les oblige à gager quelqu'un pour les servir. En Chine, il est d'usage que les prisonniers se nourrissent eux-mêmes; s'ils sont hors d'état de le faire , et que personne ne les soutienne, on les laisse volontiers mourir de faim. Or, il arrive souvent que la persécution tombe sur les pauvres qui ne vivent que de leur travail ; ils se trouvent sans ressource, ainsi que leurs familles, qui comptoient sur leur secours. 11 faut y suppléer nécessairement, et avec d'autant plus de zèle, que la tentation la plus forte qu'ils ont à soutenir au milieu de leurs tribulations, c'est
la crainte de manquer du nécessaire , tant pour eux que pour les leurs. Nous mettons , dans ces circonstances , tous les chrétiens du lieu à contribution -, nous leur donnons les premiers l'exemple 5 mais il arrive, surtout quand les persécutés sont en grand nombre , que si ce n'est pas eux , c'est au moins leurs familles qui souffrent de la faim. Les chrétiens sont quelquefois punis d'exil. Bien que ces sortes d'exilés pauvres soient en Chine moins à plaindre qu'ailleurs , parce que c'est en grande partie le public qui se charge de leur nourriture , cependant comme il faut qu'ils la demandent , et qu'ils vivent en espèce de mendians , portant toujours sur eux des marques publiques de leur exil , ce qui est une vie bien dure et bien humiliante pour des chrétiens honnêtes , on tâche de leur adoucir la vie , et de rendre leur exil moins ignominieux. Un troisième objet, où la charité trouve beaucoup à s'étendre, c'est de pourvoir les jiïïes des pauvres , pour empêcher qu'elles ne soient livrées aux gentils. Il est commun en Chine de faire alliance avec des familles, en fiançant les enfans dès le plus bas âge. Ces prétendues fiançailles ne peuvent presque plus se rompre, et l'autorité civile les maintient avec beaucoup de fermeté. La coutume est aussi de faire passer les fiancées, dès l'enfance, chez les familles alliées. Elles habitent sous le même toit que le futur époux -, elles sont nourries et élevées de la même manière jusqu'au temps dumariage. L'indigence fait quelquefois que les chrétiens , ne trouvant pas de familles chrétiennes avec qui s'unir, contractent alliance avec des païens. Dans de pareilles circonstances , la fille est absolument perdue. Nourrie et instruite par des infidèles , elle profane son baptême en adorant les idoles , et en se livrant à toutes sortes de superstitions , elle et ses descendans. Une charité bien ordonnée empècheroit de si grands malheurs. De simples exhortations font ordinairement peu sur des pauvres qui souffrent, quand l'aumône ne les ac-
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( ompagne point j mais comment pouvoir tout faire, si nous ne sommes aide*»? Cm quatrième objet, qui nou-, constituequelquefois dans de» dépenses considérables, c'est le besoin on nous sommes de suppléer et Je multiplier les chapelles de, missionnaires. La Chine, au moins dans les provinces où noua sommes, est infestée de brigands Lien armes, qui s'emparent de tout ce qu'ils rencontrent. Pins d'nne chapelle de missionnaires a déjà passé dans leurs mains. Outre ce danger, ou missionnaii e passe devant les douane-, on les paquets sont ouverts, pour savoii si les effets volés ne I v trouvent point, ou si on ne porte pas d arme-. Lue
chapelle mise en évidence donneroit au.-.- douaniers de terribles préjugés. ( .<■ sont des habits inconnus, des livres écrits en caractères étrangers : j ai vu des missionnaires, an milieu de cet dangers, n'être sauvés de leurs mains que par miracle. .Nous lâchons de les diminuer, en multipliant les chapelles , et les plaçants distance convenable dans les différentes chrétientés : de manière que- Je missionnaire le^ porte le moins qu il e-,t possible avec lui. An reste, en fait de ces chapelles, nous nous bornons au simple nécessaire : un calice d'argent â pied de cuivre, ou. â son défaut, un d'étain, une aube, un amict, une ceinture, one pierre sacrée, deux nappes d'autel , dont une se plie en deux, m devant d autel de toile des quatre couleurs , et Je- reste de 1 oj nement de la même étoffe , doublé de noir poui la i des moi ts, avec la boni se et ce qn elle doit contenir j enfin un petit, rituel et un petit missel in- 12. Le missionnaire portesui lui une i -u st.oeJf on petit ciboire en cas de besoin, avec la boite aux saintes huiles. Ces deux objets ne sont point doubles.
Tels .oui. monsieur, en général et en particulier, les difleren i be oins qui regardent la mission , et J usage que pouvons i di e des aumônes que la charité des fideJelui prép ir< l'ai 1 honneui -, i