‹ Choix des lettres edifiantes ecrites des missions etrangeres (volume 3)Chapitre 13 sur 19 · AU PÈRE DE BROISSIA · texte numérisé non relu

AU PÈRE DE BROISSIA

A Jao-ïcheou, le 10 mai iji5.

Mon révérend père, il est juste que je vous rende compte de la mission de King-te-Tching , puisqu'elle est l'ouvrage du feu père de Broissia, votre frère, qui Ta conduite plusieurs années avec un zèle vraiment apostolique , et qu'elle est entretenue des libéralités de votre autre frère, M. le marquis de Broissia.

C'est en décembre que je quittai Jao-Tcheou pour aller à King-te-Tching. Je n'y trouvai aucun des quatre mandarins que j'y avois laissés, et dont le premier mhonoroit de son amitié. Je n'avois nulle habitude avec les nouveaux, dont la protection étoit cependant nécessaire ; car j'appris que celui qui nous a vendu le terrain où est bâtie notre église songeait à nous inquiéter, pour peu que les nouveaux mandarins ne parussent pas favorables à la religion. C'est pourquoi je résolus de les visiter au plus tôt, et de ménager leur amitié et leur protection par quelques présens d'Europe, qu'on ne peut se dispenser de leur faire-, j'y allai en effet après les solennités de Noël , et j'en fus bien reçu. Le principal de ces mandarins agréa mes présens , et m'admit jusque dans l'intérieur de son hôtel , où il me témoigna beaucoup de bonté. Deux jours après, un valet

de l'audience vint rn'avertir que son maître approchoit , et il parut bientôt avec tout son train. J'allai le recevoir à la porte de mon église , où il entra et demeura plus d'une heure. On lui présenta ensuite du thé dans des porcelaines très-fines, et par-Là j'eus occasion de lui dire que ces porcelaines étoient un gage de 1 amitié dont m'honoroit son prédécesseur.. Toute la ville eut connoissance de l'honneur que nous faisoit le mandarin, qui, à son retour chez lui , selon la coutume qui se pratique à la Chine à l'égard des étrangers, m'envoya de la volaille, de la farine, du vin, des chandelles, etc. La somme d'argent qu'on est obligé de distribuer aux domestiques dans une pareille occasion , est souvent plus considérable que les présens , mais c'est une distinction que les principaux d'une ville acheteroient bien chèrement, afin de se mettre à couvert des avanies, et d'être en droit d'en faire impunément. Vous ne doutez pas que nous n'ayons beaucoup à souffrir de la gêne que nous impose ce commerce avec les grands , presque sans nulle espérance de les convertir ; mais le jour que je visitai le mandarin en cérémonie , j'avois porté le viatique à un bon vieillard logé dans une méchante chaumière : ce sont là les véritables délices d'un missionnaire 5 quand il fait un autre personnage, c'est toujours contre son gré, et il en gémit au fond du cœur : c'est la ferveur de nos chrétiens qui nous dédommage d'une contrainte si importune, mais en même temps si nécessaire pour le bien de la religion. Si nous garantissons ainsi la religion de quelques coups de l'autorité , nous ne sommes pas toujours assez heureux pour préserver nos catéchumènes des persécutions de leurs familles. Un de ces catéchumènes, qui tenoit les livres de son oncle , riche marchand , n'eut pas plus tôt reçu le baptême, qu'il fut chassé de la maison et réduit à une extrême misère. De faux amis lui conseilloient d'abandonner la foi en apparence, et de mener en secret une vie chrétienne,

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Il rejeta cette proposition et conduisit sa femme et ses enfans dans un village où il en coûte peu pour vivre , et* se livra à un travail auquel il n'étoit nullement accoutumé. Mais, son oncle touché enfin de sa peine, l'a rappelé à son service.

Un lettré, habile et riche, qui me témoigne de l'amitié, et dont la tante est chrétienne, informé du dessein que sa mère avoit de recevoir le baptême, éclata contre elle par toutes sortes de reproches et d'invectives. Il en vint jusqu'à la menacer que le jour même quelle seroit baptisée, il prendroit un habit de deuil, et qu'en cet état il parcoureroit les rues pour déplorer publiquement sa malheureuse destinée.

La fille d'un de nos chrétiens avoit été promise dès le berceau au fils d'un lettré : les lois autorisent ces sortes de promesses à la Chine. Cette jeune fille étoit élevée chez son beau-père. Elle tomba en langueur, et on la renvoya chez ses parens, dans l'espérance qu'elle se rétabliroit par leurs soins. Ceux-ci , qui venoient d'embrasser la foi, l'instruisirent des vérités chrétiennes, et je la baptisai. Aussitôt qu'elle fut rétablie , sa belle-mère la rappela auprès d'elle. Quand le lettré s'aperçut qu'elle étoit chrétienne, il courut au tribunal du mandarin, pour y porter ses plaintes : mais l'officier auquel il s'adressa lui dit : «Vous n'y pensez pas; comment parloz-vous de la religion chrétienne ? Ne savez-vous pas que le mandarin, mon maître et le vôtre, en juge autrement que vous ? Direz-vous qu'il se trompe? Et quand cela seroit vrai de lui, oseriez-vous en dire autant de l'empereur qui autorise cette religion, et qui en fait l'éloge ? » C'est ainsi que fut conjuré l'orage qui étoit tout prêt de se former.

Les jugemens de Dieu sur la conversion des infidèles sont impénétrables. Tel qu'on désespère de gagner à Jésus- Christ , se convertit tout à coup ; tel autre , dont la con-

quête paroissoit comme assurée , persévère dans son aveuglement.

Je m'étois souvent entretenu des vérités de la religion avec un Chinois, qui me paroissoit vivement touché, et qui ne soupiroit , ce semble , qu'après la grâce du baptême. Dans un repas , un os s'arrêta au milieu de son gosier , et, quelques efforts qu'il fit, il ne put ni le jeter dehors ni le pousser en dedans. Etant à demi mort, il m'envoya dire de prier Dieu pour lui , en m'assurant que s'il guérissoit, il se feroit aussitôt chrétien. Mais, un do ses amis idolâtre lui ayant donné un breuvage mystérieux, et le malade s'étant trouvé soulagé, l'enfer conserva sa proie que j'étois près de lui ravir.

Le vieux père de deux de mes chrétiens persévéroit dans son infidélité avec une opiniâtreté que je n'avois jamais pu vaincre. L'un de ses deux enfans eut un voyage à faire et communia avant que de s'embarquer. Comme il passoit le lac de Jao-Tcheou, sa barque heurta contre une autre, se brisa à l'instant, et presque tous les passagers périrent. Ce jeune homme fut de ceux qui se sauvèrent. Son père reconnut la protection de Dieu, et vint aussitôt me prier de l'instruire et de le baptiser.

Un autre vieillard, que la seule curiosité avoit conduit à l'église, souhaitant de voir un Européen , me fut amené. Je le reçus avec amitié et lui laissai le temps de tout contempler à loisir. Je l'entretins ensuite des vérités de la religion ; il les goûta : je sentis même qu'il avoit un autre maître qui l'instruisoit au fond du cœur. Il m'apporta quelques jours après un sac rempli d'idoles, dont quelques-unes étoient de prix : elles furent mises en pièces et jetées au feu, et je le baptisai.

La petite vérole avoit mis la fille d'un infidèle à l'extrémité. Il sut qu'un chrétien avoit sauvé ses enfans de la même maladie, par un remède du missionnaire. Il alla

trouver le chrétien, qui vint ni'avertir. Les parens me firent la promesse que si leur fille guérissoit , ils permettroient qu'elle fût instruite des vérités de la religion • mais mon remède vint trop tard. Son père a voit eu recours aux superstitions qui sont en usage pour honorer la déesse de la petite vérole ; comme on lui représentoit que cette fausse divinité ne lui avoit pas été propice , et qu'elle étoit devenue indigne des honneurs qu'il lui rendoit : « JN'importe, répondit-il, j'ai d'autres enfans, et si je manquois à mon devoir, elle pourroit bleu me les enlever, comme elle m'a enlevé celle-ci. »

La manière dont quelques médecins chinois traitent la petite vérole mérite d'être rapportée : ils se vantent d'avoir le secret de la transplanter, en quelque sorte, et voici comme ils s'y prennent 5 quand la petite vérole sort avec abondance , et sans aucun fâcheux accident , ils en prennent les croûtes quils font sécher , qu'ils pulvérisent, et qu'ils gardent avec soin. Lorsqu'ils aperçoivent dans un malade les symptômes d'une petite vérole naissante , ils aident la nature, à ce quils prétendent, eu lui mettant dans chaque narine une petite boule de coton où cette poussière est semée , et ils s imaginent que ces esprits , passant du cerveau dans la masse du sang , forment une espèce de levain , qui produit une fermentation utile , et que par ce moyen la petite vérole sort abondamment et sans aucun danger , étant ainsi entée sur une bonne espèce (1).

Je reviens à nos chrétiens chinois. L'un d'eux fut at-

(1) Cette méthode est l idée mère de V inoculation , qui a été apportée de l'Asie à Constantinople , et de Constantinople en Angleterre , d'où nous l'avons tirée. C'est aussi de l'Angleterre que depuis nous avons tiré la vaccine, qui a remplacé si heureusement l'inoculation.

teint d'une phlhisie; il vovoit les approches de la mort avec constance, et navoit d'inquiétude que pour sa femme, près d'accoucher, craignant avec raison qu'elle ne fût livrée à quelque infidèle qui la pervertit, ou du moins ne lui permit pas de faire profession ouverte de sa foi. Pour la préserver de ce malheur , il ne donna point de repos à un chrétien de ses amis, qu'il ne lui eût promis de l'épouser après sa mort, et il détermina sa femme par de pareilles instances à consentir à de secondes noces.

C'est la coutume à la Chine que les veuves de qualité restent dans le veuvage par respect pour la mémoire du défunt. Il n'en est pas de même d'une personne de condition médiocre. Les parens qui veulent retirer une partie de l'argent quelle a coûté au premier mari, la forcent malgré elle de se remarier. Souvent même le nouveau mari est choisi et l'argent compté sans qu'elle en ait connoissance. Si elle a une fille qui soit encore à la mamelle , elle entre dans le marché de la mère. Il n'y a qu'un moyen pour elle de se délivrer de cette oppression ; c'est qu'elle ait de quoi subsister, ou qu'elle se fasse bonzesse : mais cette condition est fort décriée, et elle ne peut guère l'embrasser sans se déshonorer.

La femme dont je parle accoucha d'une fille après la mort de son mari. La succession appartenoit de droit au neveu qui étoit infidèle; car c'est encore la coutume ici, que les filles n'héritent pas des biens immeubles, et le défunt navoit qu'un laboratoire de porcelaine. Ce neveu , comme le plus proche héritier, vendit aussitôt la veuve à un inûdèle, qui ne manqua pas dès le lendemain d'envoyer une chaise à porteur, avec des gens aflîdés, qui enlevèrent cette pauvre veuve, et la transportèrent dans la maison du nouveau mari. Une pareille violence la désespéra ; elle mit en pièces la chaise où on 1 avoit enfermée, et quand elle fut arrivée chez celui à qui on la livreit ,

elle ne fit que pleurer et gémir, ne mangeant point, et menaçant de se laisser mourir de faim, plutôt que d'être la femme d'un idolâtre , qui ne lui permettroit pas l'exercice de sa religion, et qui vendroit sa fille à quelque autre idolâtre.

Cependant les chrétiens délibérèrent sur les mesures qu'ils avoient à prendre pour la mettre en liberté. Leur partie étoit riche, et il n'y a rien qu'on ne puisse obtenir à la Chine avec de l'argent ; on empêche même les requêtes d'aller jusqu'au mandarin. Il fut conclu néanmoins qu'on porteroit une plainte à son tribunal. Un chrétien , parent éloigné du premier mari , eut le courage de se faire chef de l'accusation -, il va à l'hôtel du mandarin , et frappe trois coups sur une espèce de timbale qui est à côté de la salle où l'on rend justice. C'est un signal qui ne se donne que dans les malheurs extrêmes , et alors le mandarin doit tout quitter sur l'heure , pour accorder l'audience qu'on lui demande } il est vrai qu'il en coûte la bastonnade à celui qui donne l'alarme, à moins qu'il ne s'agisse de quelque injustice criante, qui mérite un prompt remède. Mais notre charitable chrétien s'étoit préparé au châtiment. Il le reçut, et présenta sa requête au mandarin. Il n'eut garde d'alléguer qu'il n'étoit pas permis à une chrétienne d'épouser un infidèle-, il prit l'affaire au criminel , il la traita d'un rapt violent, et il se plaignit de l'inexécution de la loi, qui défend de vendre une femme à un nouvel époux , avant qu'elle ait achevé le mois de son deuil. Cette loi est souvent négligée ; néanmoins quand on se plaint de son infraction , on embarrasse le mandarin , pour peu qu'il cherche à conniver. Le mandarin ne put donc se dispenser de répondre à la requête, et les parties furent citées. Comme cette généreuse néophyte sait lire, ce qui est rare ici parmi les personnes du sexe, on lui fit tenir plusieurs billets , qui lui donnoient avis des mesures

ECRITES DE LA CHINE. jtfn

qu'on avoit prises. Elle fut conduite à l'audience, où elle soutint qu'elle avoit été enlevée de force aussitôt après la mort de son mari. Comme le mandarin biaisoit, et cherchoit des tempéramens pour accommoder l'a flaire , elle tira des ciseaux, et fit semblant de vouloir se couper les cheveux, pour lui faire entendre qu'elle aimoit mieux renoncer au mariage que de consentir à être l'épouse de celui qui l'avoit ravie. Le mandarin se vit obligé de prononcer, et il ordonna qu'elle seroit mise en liberté. Tout paroissoit fini après ce jugement , et les chrétiens se reliroient fort satisfaits. Mais leur joie fut bien courte. A peine cette pauvre femme fut-elle dans la rue , qu'on l'enleva une seconde fois. On comprit aisément que le ravisseur se sentoit fortement appuyé. La néophyte s'abandonna de nouveau à toute sa douleur, laquelle, jointe aux insomnies et à l'abstinence, lui causa une fièvre des plus violentes. Alors son prétendu mari , qui alloit la perdre, consentit à la remettre entre les mains de celui qui le rembourseroit de son argent. Le chrétien qui avoit promis de l'épouser accepta la condition -, et c'est ainsi que se termina cette fâcheuse affaire.

Un autre chrétien, âgé de quarante ans, avoit amassé avec bien de la peine de quoi se marier, c'est-à-dire de quoi acheter une femme. Le mariage étoit conclu , lorsqu'il apprit que sa prétendue femme , qu'on lui avoit dit être veuve, avoit encore son mari. L'embarras pour le chrétien ne fut pas tant de la renvoyer que de retirer l'argent qu'elle lui avoit coûté. L'indigence avoit porté le mari à la vendre, et il avoit dépensé toute la somme qu'il avoit reçue. Les parens du chrétien, qui étoient infidèles, firent tous leurs efforts pour l'engager ou à la garder, ou du moins à la revendre à quelque autre -, car le véritable mari refusoit de la recevoir, à moins qu'on ne lui donnât de quoi la nourrir. La tentation étoit délicate pour un

(lliinois. Cependant le chrétien tint ferme ; il s adressa au mandarin , lui exposa le fait , et lui déclara qu'étant disciple de Jésus -Christ il ne pouvoit, ni ne vouloit garder la femme d'un autre ; qu'il étoit pourtant de la justice qu'il fût remboursé, ou par le mari qui avoit reçu son argent, ou par les entremetteurs qui l'avoient trompé -, mais que si cela ne se pouvoit pas , il le supplioit d'ordonner au mari légitime de reprendre sa femme. Le mandarin, autant surpris qu'édifié de celte proposition , fit de grands éloges d'une religion qui inspire de pareils séntimens 5 et, avant fait chercher le seul des entremetteurs qui restoit , il le fit châtier sévèrement. Cependant le chrétien n'a point de femme, et a perdu toute espérance de pouvoir jamais amasser de quoi en avoir une. Pour peu qu'on sache ce que c'est pour un Chinois que de ne pouvoir se marier , cette action paroitra héroïque et prouve le zèle de nos nouveaux chrétiens.

Hélas ! il y a trois ans , notre mission de la Chine si fructueuse fut sur le penchant de sa ruine par la malignité de Fan-chao-tso , mandarin et censeur, l'un des plus puissans et des plus cruels ennemis du christianisme, qu'il attaqua ouvertement avec le dessein de le faire proscrire de tout l'empire. Le devoir des censeurs publics est d'avertir des désordres qui se glissent dans l'état , de relever les fautes des magistrats, et de ne pas même épargner la personne de l'empereur, lorsqu'ils le croient répréhensible. Ils se font extrêmement redouter par leur hardiesse et leur fermeté. On en a vu accuser des vice-rois tartares , quoiqu'ils fussent sous la protection de l'empereur. Ils aiment mieux tomber dans la disgrâce du prince , et être mis à mort , que de se désister de leurs poursuites , quand ils croient qu'elles sont conformes à l'équité et aux règles d'un sage gouvernement. Voici le fait qui a fourni à Fan-chao-tso des armes contre nous :

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Nos jésuites français ont une chrétienté nouvelle à Oaeji-Jigait , patrie du censeur. Il avoit un petit-fils assez affectionné au christianisme, qui épousa une jeune néophyte ; on étoit convenu, avec lui et avec ses parens, qu'elle auroit une liberté entière de pratiquer les exercices de sa religion. Cependant , le jour même du mariage , on la conduisit dans une chambre où il y avoit plusieurs idoles bien ornées. On lui proposa de les honorer, et comme elle le refusoit constamment, sa belle-mère, et d'autres dames ses parentes , usèrent de violence pour la forcer de baisser la tète et d'adorer ces idoles. Après bien des efforts inutiles, voyant qu'elles ne gagnoient rien sur son esprit ni par leurs caresses , ni par leurs menaces , elles la traitèrent pendant plusieurs jours avec toute sorte de rigueur; mais la néophyte demeura toujours ferme , et c'est ce qui offensa infiniment le censeur, grand-père du nouveau marié. Il dressa sur-le-cbamp une requête contre la religion chrétienne , et il la présenta à l'empereur, lequel reçut la requête , et mit au bas , selon la coutume , quatre lettres qui signifient : « Que le tribunal des rites délibèresur cette affaire, et quil m'en fasse son rapport. » Ce tribunal nous étant peu favorable , la religion étoit dans un extrême danger : mais la Providence disposa favorablement le cœur de nos juges , et leur délibération fut telle que nous pouvions la souhaiter. Elle finissoit ainsi : « La requête du censeur Fan-chao-tso , par laquelle il demande qu'on proscrive la religion chrétienne, n'est pas recevable , et l'on ne doit y avoir nul égard. Cela nous paroît ainsi ; nous le déclarons à votre majesté ; nous attendons avec respect sa décision. » La décision de l'empereur fut conforme au sentiment du tribunal ; il répondit : « Cela est bien ; telle est ma volonté ; je confirme cet ordre; qu'il soit enregistre. » Je suis. etc.

3gO LETTRES ÉDIFIANTES

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LETTRE (extrait) DU PERE MAILLA.

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