‹ Choix des lettres edifiantes ecrites des missions etrangeres (volume 3)Chapitre 4 sur 19 · VI · texte numérisé non relu

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inB LETTRES édifiantes

maison pour me Ia\er et me purifier , el de revenir sans délai y recevoir, de votre main, les divines Ecritures, voui reconnoître pour mon maître , et entrer enfin dans la sainte loi. Voudrez»vous bien , monsieur, mTadmettrc au nombre de vos disciples?

Le DOCTEUR. C'est dans la seule vue d'étendre la religion que, mes compagnons et moi , nous avons quitté noire pairie, fait un long voyage avec de grandes fatigues, et que nous vivons sans regret dans une terre étrangère. Ainsi , notre consolation et notre joie est de voir que l'on veuille sincèrement entrer dans notre sainte loi. \ ous voulez , monsieur, vous laver; par-là vous ne purifierez que votre corps : les souillures de lame , voilà ce que Dieu a en horreur. La porte de la religion chrétienne est le baptême ; celui qui veut v entrer doit auparavant concevoir un vil repentir de ses péchés passés, et former une ferme résolution de marcher dans le chemin de la vertu, et ensuite se faire baptiser 5 alors il reçoit la grâce et l'amitié de Dieu : tout le reste est oublié , et il devient aussi et plus pur qu'un enfant qui ne fait que de naître.

Au reste, monsieur, nous ne prétendons point nous ériger en maîtres ; touchés de voir les hommes s'égarer clans de fausses routes, nous tâchons de les remettre dans la bonne voie pour vivre tous ensemble en véritables frères , puisque nous sommes tous les enfans du père commun . Comment oserions-nous usurper ces titres d'honneur , et avilir le nom de maître en nous le donnant? Quant aux divines Ecritures, le style en est fort différent du style chinois; je ne les ai point encore traduites d'un bout à l'autre ; j'ai seulement choisi ce qu il y a de plus important à savoir, et j'en ai rendu le vrai sens. Mais je voudrois, monsieur, que de tout ce que je vous ai dit jusqu'ici, vous vous en rappelassiez les points essentiels, et que vous les méditassiez à loisir ; et lorsque vous n'aurez

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plus aucun doute sur tout cela, vous pourrez sans dillicultélire le saint Evangile, l'étudier, recevoir le baptême «•t entrer dans la loi.

Le Lettré. C'est Dieu qui m'a créé, et j'ai été ai longtemps sansconnoître Dieu! Quel bonheur pour moi, monsieur, que vous ayez bien voulu venir de si juin avec tant '!< fatigues et de dangers, pour m'enseigner la véritable religion! Vous n'ignorez uni: voua avez eu la bonté de commencer à n'instruire, el je vois à découvert mes anciens égaremens. \<>u^ m'avez fart connoître les volontés ili\ iius, etjem'yrends. Ala vue de tant défaits, je ne puis exprimer ni ma douleur sur Le passé, ni ma joie sur le présent \ \o \ ais retourner chez moi 5 je retracerai dam bm mémoire loutes vos instructions; je Les mettrai en écrit pour ne les oublier jamais ; ensuite je bourrai mieux m instruire à fond de la sainte doctrine. Jeprie le seigneur du ciel, monsieur, qu'il soutienne votre sèle, qu'il béaisse vos travaux , qu'il vous fasse voir la Chine entière chrétienne, et tous les peuples attachés aux ténèbres marchant à la brillante lumière de l'Evangile.

Nota. On a pu remarquer, dana le* catretiena <jui précédent . divei lei Dotions -^ni te système au monde, qui se trouvent en opposition directe avec lc« idées aujourd'hui reçues dans nos étales Noué les avons laisse passer sans observation , supposant bien que le \<> tem le reporterait i L'époque où vivoit le p< re lin ci , époque antérieure de pn s d'un siècle au 1 m - "M 1 on a commencé à enseigner publiquement le système actuel.

< Jette remarque s'applique également à l'incertitude sur lu même sysii mi- . que témoigne l'abbé de Fleury , dans son Mémoire ]><mr les éludes des missions étrangères, inséré dans notre premier volume.

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