‹ Choix des lettres edifiantes ecrites des missions etrangeresChapitre 11 sur 70 · X1J DISCOURS · texte numérisé non relu

X1J DISCOURS

Depuis dix- huit cents ans, les Juifs sont errans et dispersés sur la surface de l'univers, se retrouvant partout divisés en petites parcelles, et partout conservant leurs mœurs, leurs coutumes, leur caractère, se mêlant à toutes les nations sans jamais se confondre avec aucune d'elles; enfin, exécutant eux-mêmes l'arrêt du ciel qui les condamne à faire connoitre à toute la terre la cause de leur dispersion, et à fournir par-là, contre eux-mêmes, une preuve toujours subsistante de la divinité du christianisme.

Soit donc que l'on parcoure les annales des premiers siècles du christianisme, soit qu'on jette les regards autour de soi , ou qu'on ouvre les livres sacrés, la divinité de la mission de Jésus-Christ est à l'abri de toute critique ; l'authenticité et la fidélité des monumens de la révélation chrétienne s'élèvent au plus haut degré de la certitude historique ; les apôtres ont entendu la parole même de Jésus-Christ, et les missionnaires qui la répètent, véritables successeurs des apôtres , perpétuent l'accomplissement du précepte divin : Allez, enseignez les nations. Applaudissons donc au zèle qui les dévore pour la maison de Dieu, et appelons sur eux les bénédictions du Très-Haut.

Peuples de l'extrémité de l'Orient, ils connoissent vos besoins. Votre heure est venue. La mélodieuse voix du cygne de Cambrai vous les annonce.

« Alexandre, ce conquérant rapide que Daniel dépeint comme ne touchant pas la terre de ses pieds , lui qui fut si jaloux de subjuguer le monde entier, s'arrêta bien loin en-deçà de vous; mais la charité

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va plus loin que l'orgueil. Ni les sables brûlans, ni les déserts, ni les montagnes, ni la distance des lieux , ni les tempêtes , ni les écueils de tant de mers, ni l'intempérie de l'air, ni le milieu fatal de la ligne où l'on découvre un ciel nouveau, ni les flottes ennemies, ni les côtes barbares ne peuvent arrêter ceux que Dieu envoie. Qui sont ceuxci qui volent comme les nuées? Vents, portez-les sur vos ailes. Que le Midi , que l'Orient, que les îles inconnues les attendent et les regardent en silence venir de loin. Qu'ils sont beaux les pieds de ces hommes qu'on voit arriver du haut des montagnes, apporter la paix, annoncer les biens éternels, prêclier le salut, et dire : 0 Sion ! ton Dieu régnera sur toi ! Les voici ces nouveaux conquérans qui viennent sans armes, excepté la croix du Sauveur. Ils viennent, non pour enlever les richesses et répandre le sang des vaincus , mais pour offrir leur propre sang et communiquer le trésor céleste. Sans être attirés par aucun motif, ni de commerce, ni d'ambition, ni de curiosité, sans vous avoir jamais vus, sans savoir même où vous êtes, ils quittent tout pour vous, et vous cherchent à travers toutes les mers avec tant de fatigues et de périls , pour vous faire part de la vie éternelle qu'ils ont découverte ! Nations ensevelies dans l'ombre de la mort , quelle lumière sur vos têtes ! » (Sermon pour V Epiphanie.) Le besoin d'ouvriers évangéliques les appelle-t-il en Amérique, dans les Indes, à la Chine? Voyonsles , dans les intéressantes relations de leurs voyages , se partager entre eux ces peuples qu'ils brûlent de conquérir à l'Évangile ; aucun obstacle ne les arrête ;

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