XXIV NOTICE HISTORIQUE
ilèclies! « Il en étoit tout hérissé, dit le père Charlevoix , qu'il parloit encore avec une action surprenante , tantôt à Dieu à qui il olfroit son sang pour le troupeau , tantôt à ses meurtriers qu'il nienaçoit de la colère du ciel , en les assurant néanmoins qu'ils trouveroient toujours le Seigneur disposé à les recevoir en grâce s'ils avoient recours à sa clémence. »
De pareils traits d'héroïsme finissoient par toucher les cœurs des barbares. Le cardinal de Richelieu n'avoit pas trop présumé de nos missionnaires , en confiant à leurs vertus le soin de conserver et d'étendre les conquêtes de la France dans le Canada. « Si la France vit son empire s'étendre en Amérique par-delà les rives du Meschacebé , si elle conserva si long-temps le Canada contre les Iroquois et les Anglais unis , elle dut presque tous ces succès aux jésuites. Ce furent eux qui sauvèrent la colonie au berceau en plaçant pour boulevard devant elle un village de Hurons et d'Iroquois chrétiens, en prévenant des coalitions générales d'Indiens , en négociant des traités de paix , en allant seul s'exposer à la fureur des Iroquois , pour traverser les desseins des Anglais. Les gouverneurs de la Nouvelle-Angleterre ne cessent dans leurs dépèches de peindre nos missionnaires , comme leurs plus dangereux ennemis; ils déconcertent, disent-ils, les projets de la puissance britannique, ils découvrent ses secrets , et lui enlèvent le cœur et les armes des sauvages. » ( Génie du christianisme. )
Une institution qui rendoit de si grands services à la religion et à l'état , avoit droit à la protection spéciale de nos rois. Ce n'étoit point assez que d'accorder aux missions le tribut de quelques secours passagers , il falloit assurer aux missions une perpétuité qui ne pouvoit exister, si elles continuoient d'être abandonnées au zèle individuel de quelques pauvres religieux. Déjà le père de Rhodes,