SUR LES MISSIONS ÉTRANGÈRES. XXV
jésuite missionnaire , avoit formé le pieux dessein d'établir dans l'Orient un clergé indigène , et les papes Innocent X , et Alexandre VII , avoient secondé cette entreprise , en nommant des vicaires apostoliques de la Chine , du Tunquin et de la Cochincliine. Mais il restoit à créer en France un établissement central, qui pût fournir des sujets propres à former le clergé indigène et à desservir les églises naissantes dans les pays de mission.
Il étoit réservé à ce monarque , dont le nom semble attaché à toutes les grandes institutions et comme empreint sur tous les monumens de la France , il étoit réservé à Louis XIV de donner une nouvelle vie aux missions , et d'élever à la religion l'un de ses plus beaux monumens , en fondant par sa sanction royale et par les dons de sa munificence l'établissement connu sous le nom de séminaire des missions étrangères , situé rue du Bac, près celle de Babjlone , ainsi appelée du nom du propriétaire des maisons consacrées au nouvel établissement , dom Bernard de Sainte-Thérèse , carme déchaussé , évoque titulaire de Babjlone et vicaire apostolique de Perse.
Cette fondation, qui remonte au mois de juillet de l'année i663 (i) , fut confirmée par le pape dans le mois d'août suivant. Quelques années après , en avril 1676 (2) , le roi , par de nouvelles lettres-patentes, réunit le séminaire de Québec au séminaire général de Paris.
C'est encore sous le règne de Louis XIV, en iyo3 , qu'a été établie la congrégation du Saint-Esprit, chargée de former des missionnaires pour la conversion des infidèles.
Il y avoit quatre sortes de missions : les missions de la Chine , auxquelles se joignoient celles du Tunquin , de
(1) Voir ci-après l'acte n° 4.
(■2) "Voir ci-après l'acte n° 5.