ML3I0IRE POUR LES ETUDES MÉTHODE D'INSTRUCTION
Il faudroit être sur les lieux, et-connoître la disposition des esprits auxquels vous avez affaire, pour vous donner sur ce point des règles certaines. Voici celles cpai me paroissent les plus importantes, tant en général que pour les Indiens en particulier, suivant le peu de connoissance que j'ai de leurs mœurs et de leurs maximes.
On ne peut établir une religion qu'avec bien du temps, du travail et de la patience. L'expérience nous le fait voir dans toute l'histoire de l'Eglise. Dans les deux ou trois premiers siècles , où les miracles étoient si fréquens , le progrès fut plus prompt. Aussi y avoit-il d'ailleurs des dispositions que vous ne trouvez pas. Les apôtres s'adressoient d'abord aux Juifs déjà instruits du fond de la religion, à qui il ne falloit qu'expliquer les prophéties , et leur faire connoîlre ce Messie qu'ils attendoient, et dont ils savoient que le temps étoit venu. Les Grecs et les Romains étoient préparés par la philosophie qui les avoit déjà désabusés des fables de leurs poètes , en sorte que les gens d'esprit étoient pour la plupart sans religion , et ne soulenoient l'idolâtrie que par politique pour le peuple. Cependant il fallut trois cents ans avant que la religion put prendre le dessus sur l'idolâtrie , et même , sous les. empereurs chrétiens, le paganisme se soutint encore plus de deux siècles, principalement dans le menu peuple. La vaste étendue de l'empire romain donnoit une grande commodité pour le progrès de la religion ; mais nous ne voyons guère qu'elle ait subsisté au-delà. Les traditions touchant la prédication des apôtres sont très-obscures. Il y eut à la vérité de grandes Églises dans les terres des Par thés et des nouveaux Perses, mais toujours persécutées, et les Sarrasins musulmans achevèrent de les ruiner. Quant à la mission de saint Thomas dans les Indes, l'histoire en est incertaine (1). On ne sait ce que c'est que cette Calamine où le
(i) Bossait sur ce point historique ne partageoit pas l'incertitude de