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DES MANDARINS

Les mandarins sont des magistrats établis par lé prince pour le soulager d'une partie du poids de son gouverne-

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ment. Les dignités et les places qui y sont attachées dépendent de la faveur ou de la volonté absolue de l'empereur, et elles sont de leur nature amovibles; aucune n'est héréditaire. Les mandarins sont choisis dans toutes les classes des sujets de l'empire , et la plupart sont tirés des classes inférieures. Il n'est d'autre moyen de parvenir au mandarinat que le mérite et les services rendus à l'état.

Les Chinois se divisent en sept classes : les mandarins , les gens de guerre , les lettrés, les bonzes, les laboureurs, les ouvriers, les marchands. On voit que les mandarins forment la première classe ; le père Amyot en fait monter le nombre dans tout l'empire à quatre cent quatre-vingttreize mille environ. C'est improprement que les écrivains d'Europe les appellent le premier ordre de l'empire. Il y a diverses classes de citoyens à la Chine , ou , pour parler plus exactement , de sujets ; mais il n'y a point d'ordre de l'état , comme il n'y a point de fiefs , de terres seigneuriales , de titres , de domaines héréditaires ; les princes du sang eux-mêmes n'ont point de terres qui soient attachées à leur rang ; ils n'ont que des revenus affectés sur l'état. On ne peut pas dire que les mandarins forment un corps dans l'état , et la dénomination de tribunal des mandarins n'est pas plus exacte. Ils ne s'assemblent pas collectivement , et ne font aucun acte comme corps de mandarins ; mais chacun d'eux est attaché à un tribunal chargé d'une administration particulière.

On compte, ainsi que nous lavons déjà dit, six tribunaux de mandarins : le tribunal des rites , des cérémonies religieuses, et de tout ce qui a rapport au culte et aux sacrifices ; ceux des finances , de la guerre , et de toutes les affaires militaires; celui de la police et de tout ce qui concerne la surveillance sur la conduite des particuliers et le bon ordre à établir dans les familles ; le tribunal chargé de l'inspection de tout ce qui regardé" le commerce et l'éco-

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nomie : ce tribunal connoit de tout ce qui a rapport aux ouvrages et aux édifices publics. Outre ces six tribunaux , il y en a deux qui ont un rapport plus direct encore avec la personne de l'empereur; le premier est le tribunal de la maison de l'empereur et de la famille impériale ; et le second, le tribunal des censeurs publics ou en titre d'office.

On distingue ordinairement les mandarins en deux classes principales : les mandarins civils ou de robe , les mandarins militaires oud'épée. On divise aussi les uns et les autres en grands mandarins, et simples mandarins ou subalternes.

Les grands mandarins sont les gouverneurs généraux des provinces, au nombre de vingt-six 5 les dix-neuf trésoriers générajix , les lieutenans-généraux du tribunal des crimes, les inspecteui's-juges de ce qui concerne les lettres; les commissaires impériaux , chargés de veiller sur la conduite des gouverneurs particuliers des villes. Après ces officiers , qui ont une inspection générale sur toutes les provinces, viennent les gouverneurs des villes du premier, du second et du troisième ordre. Tous ces mandarins ont sous eux une multitude de mandarins chargés de l'exécution des lois relatives à chaque administration. Le total des mandarins nommés par l'empereur, pour l'administration des affaires dans les différentes provinces, se monte à huit mille neuf cent soixante-cinq, dont les noms se trouvent dans l'almanach politique. En comptant les mandarins subalternes , qui sont à la nomination des grands mandarins , le nombre total est évalué à quatre-vingtneuf mille et au-delà ; encore n'y comprend-on pas ceux du tribunal des mathématiques , ceux de la surintendance des écoles et de l'instruction publique , qui se confondent avec les membres du tribunal des rites.

Tout, dans l'histoire de la Chine, porte jusqu'à l'àme la

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vénération et le respect que l'on doit à 1 antiquité. L'institution des tribunaux de mandarins remonte au-delà de onze cents ans avant 1ère chrétienne-, elle est due à Tcheou-Kong, premier ministre et régent de l'empire pour son frère Ou-Ouang. Ce prince régent est compté parmi les plus grands hommes de la Chine ; il passe pour avoir composé le li-ki ou livre des rites. Il étoit astronome et géomètre , et versé dans les connoissances les plus étonnantes , eu égard au siècle où il vivoit. Plus célèbre encore par les qualités de son cœur et ses grandes vertus , toute sa science et ses talens furent consacrés au bien public. Il s'appliqua sans relâche à asseoir le gouvernement de l'empire sur ses véritables bases, et à organiser les différentes branches de l'administration. Le code des lois, appelé alors le cérémonial de l'empire , est divisé en six parties , qui répondent chacune à un des six tribunaux qu'il institua. La première partie est adressée aux vénérables présidais des affaires qui regardent le ciel. L'emploi de ce premier ordre de mandarins étoit de prendre soin de tout ce qui avoit rapport aux sacrifices du culte , avec les distinctions propres au Tien, aux esprits, aux ancêtres 5 c'étoit encore à eux à déterminer ce qu'il falloit observer, selon les anciens usages de l'empiré , lorsque lejîls du ciel (l'empereur) donnoit des audiences à ses vassaux et aux ambassadeurs des princes étrangers, et le cérémonial prescrit pour les festins publics d'apparat, et pendant toute la durée des grands deuils. Ce premier ordre de mandarins étoit encore chargé de tout ce qui concernoit la personne de l'empereur ; de régler ce qui devoit se pratiquer dans l'intérieur du palais , par les officiers qui le servoient 5 de veiller à l'éducation des fils des princes et des grands; enfin de la surintendance de la musique de l'empire. Les législateurs de la Chine , ainsi que l'histoire nous l'apprend de la Grèce , étoient dès-lors persuadés que la musique ,

et en général tous les arts de l'imagination, ont une grande influence sur les mœurs publiques ; et que, sans une surveillance entière de la part des magistrats , ces arts deviennent bientôt des sources funestes de corruption pour la morale publique et le culte religieux.

Le second ordre des mandarins étoit composé des officiers absolus des affaires de la terre. Les montagnes, les rivières, les forêts, les campagnes, les jardins, les revenus du prince, l'imposition des taxes, l'échange des denrées avec les signes de convention , enfin , tout ce qui concerne en général le commerce étoit de leur ressort.

Après ces deux juridictions générales , venoit celle des mandarins du printemps , chargés de veiller spécialement sur la conduite et les biens des personnes , et sur tout ce qui appartenoit à la parenté de l'empereur. La quatrième jur ridiction, composée des mandarins de l'été, avoitdans ses attributions tout ce qui avoit rapport au militaire et à la guerre. La cinquième, instituée pour établir le bon ordre et maintenir la concorde parmi les citoyens , connoissoit des crimes , et de tout ce qui portoit atteinte à la morale et à la tranquillité publiques. On appeloit ces magistrats les mandarins d'automne.

Enfin, on appeloit mandarins d'hiver, les officiers qui avoient l'inspection de tout ce qui concernoit les édifices et les ouvrages publics. On remarque toujours avec une nouvelle surprise d'admiration , que ces six juridictions principales , les officiers qu'on y employoit , les affaires dont elles connoissoient, les règles qui leur étoient prescrites il y a plus de trois mille ans , dans l'exercice de leurs fonctions , ne sont au fond , et pour tout ce qu il y a d'essentiel , que tout ce que sont encore aujourd'hui les six grands tribunaux de l'empire, et qu'il n'y a guère que les noms de changés. On pourroit même dire que cette organisation primitive date encore de plus haut que la dynastie des

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Tcheou, puisque le prince Tcheou-Kong, celui de leurs descendons qui composa ce code des usages, les avoit choisis parmi ceux des premiers temps de la monarchie , et en particulier parmi ceux que ses ancêtres avoient pratiqués dans la principauté de Tcheou , qu'ils possédoient , à titre d'apanage ^ avant l'empire.

Les mandarins jouissent de plusieurs prérogatives affectées à leur ordre. Ils sont exempts des taxes et des contributions qui pèsent sur les autres Chinois ; ils sont reçus à emprunter juridiquement sur le trésor public des sommes proportionnées à leur grade , et il est rare que le gouvernement ne leur fasse pas remise des intérêts. L'état paie six mois d'avance tous les mandarins de robe et d'épée sur les appointemens de leur charge. Il fait défrayer sur la route ceux que la cour envoie en commission. Il loge tous ceux qui sont d'un tribunal ; et on a tellement déterminé leurs habits, soit du grand, soit du petit cérémonial , tellement fixé les différences qui distinguent les grades , et borné les jours et les circonstances où ils doivent les porter, que leur vanité ne peut pas entamer leur économie sur cet article ; ce qui lient à leur représentation est également déterminé ; le nombre de leurs domestiques , le train de leur maison , leurs festins et tout ce qui a rapport à leurs dépenses.

Le gouvernement permet aux mandarins d'accepter en présent, de leurs inférieurs, des choses usuelles; et celte coutume , qui n'est ni à charge au public , ni dangereuse pour leur probité , est un secours assorti à leur rang. À la mort de leur père , de leur mère , de leur épouse , il le ai' assigne , selon leur grade , une certaine somme pour les dépenses funéraires.

Les mandarins ont exclusivement le droit de porter des habits brochés d'or, et ils ne peuvent en porter que de conformes à leur grade, et seulement à certains jours mai-

qués. C'est une disposition des lois somptuaires , publiées pour empêcher les dépenses de luxe et de fantaisie. Un bourgeois, un négociant, seroient riches à millions , est-il dit dans le préambule de la loi , que leurs habits ne pourroientpas avoir un fil d'or. Nous laissons aux sages, ajoute le législateur, à examiner combien cette étiquette politique est utile à l'état. Elle regarde pareillement les femmes, et délivre leurs maris des ruineuses chimères de leur vanité. Le grade des maris décide du rang des femmes, et les fixe à leur place , soit vis-à-vis des femmes de mandarins , soit vis-à-vis de celles dont les maris n'ont ni charge ni titres. Elles ne peuvent pas se mesurer avec leurs supérieures ; elles sont au niveau de leurs égales , et elles n'ont besoin de rien pour éclipser leurs inférieures.

Tous les mandarins qui se distinguent dans leurs emplois, obtiennent de l'empereur la faveur de pouvoir faire refluer leur gloire sur leurs ancêtres, c'est-à-dire , de leur donner des titres, de leur faire des cérémonies annuelles, d'orner leur sépulture , et de faire peindre leurs portraits avec le costume de grands mandarins, n'eussent-ils été pendant leur vie que de simples artisans ou cultivateurs*, mais ces grâces sont toujours proportionnées au grade du mandarin à qui elles sont accordées. Ajoutons que les fautes des mandarins refluent aussi sur les ancêtres , et qu'on dégrade les sépultures des ancêtres des mandarins qui se sont avilis par quelque bassesse ou rendus coupables de certains crimes.

Les mandarins de robe , jusqu'au quatrième degré pour la capitale , et jusqu'au troisième pour les provinces , comme aussi les mandarins d'armes du second ordre , ont la faculté d'envoyer un de leurs enfans au collège impérial. Après trois ans d'études et d'exercices , s'ils se sont bien comportés, ils entrent dans la carrière des petits emplois , ou attendent avec des appointemens s'il n'y a pa:> de places vacantes. Enfin les épouses légitimes des mandarins

de tous les ordres, reçoivent aussi des titres proportionnés au grade de leurs époux. Quand l'épouse d'un mandarin a un fils élevé à cette dignité, on ajoute le mot lai, (très), par excellence , à ses noms et titres.

Ainsi toujours , dans les mœurs de ce peuple , la piété filiale et la vertu des parens sont la source des récompenses ou des punitions , de l'élévation ou de l'abaissement, de la gloire ou de l'opprobre des familles.

Heureuses les nations où le talent, toujours inséparable de la vertu , et un mérite long-temps éprouvé sont la meilleure recommandation pour s'ouvrir la porte aux emplois du gouvernement, aux dignités et aux illustrations sociales ! Du choix que font les princes dépend leur gloire, et le plus souvent la destinée des empires. Ce fut la première qualité de Louis XIV, et c'est par elle qu'il s'est fait un si grand nom dans nos annales : c'a été dans tous les temps la sage politique et la vertu par excellence des empereurs de la Chine. Que de précautions et de recherches sont nécessaires avant que de présenter un candidat à l'empereur pour la dignité de mandarin ! Les sages maximes de Confucius ont passé dans les mœurs publiques sur ce point important. C'est encorde d'après leur esprit que le gouvernement se décide dans presque toutes ses promotions. La nomination est toujours précédée d'une information rigoureuse et secrète. Elle s'étend à tout, à la conduite, aux mœurs , à l'estime dont le candidat doit jouir dans sa patrie , à la bonne renommée des parens , au mérite des bonnes actions qu'il auroit faites , à la nature des fautes qui lui seroient échappées, à la douceur de son caractère ou à l'impétuosité de son zèle , à la fermeté de son âme ou à la mollesse de ses inclinations. Cette information parcourt les diÛerens âges de sa vie, les places qu'il a successivement occupées ; elle remonte jusqu'à son enfance, à l'inquiétude ou aux espérances qu'il a données dans sa

première éducation. Ce tableau de toute sa vie, et pour ainsi dire de tout son être , mis sous les yeux de l'empereur, le décide , ou pour accorder , ou pour suspendre , ou pour refuser.

Le gouvernement chinois ne perd jamais de vue ceux qu'il a promus à une dignité ou chargés de quelque partie de l'administration. Tous les mandarins , de quelque ordre qu'ils soient, Tartares et Chinois, d'armes et de lettres, sont obligés de donner, tous les ans, une confession par écrit des fautes qu'ils auroient à se reprocher dans l'exercice de leurs fonctions. Outre qu'ils sont soumis à la surveillance des censeurs qui, chaque année , remettent leurs notes à l'empereur , et leurs procès-verbaux de visites dans les provinces , on fait examiner à la cour la conduite des mandarins des quatre premiers ordres ; et dans les tribunaux des gouverneurs de provinces, celle des autres classes. L'examen et les informations roulent principalement sur les articles suivans : l'application aux aifaires qui sont de leur ressort $ leur fidélité à observer les lois et à les faire exécuter ; leur âge , leurs talens , leur capacité , leur caractère , leurs mœurs publiques et privées. Après un examen détaillé et appuyé des pièces probantes qu'on s'est procurées , le bien et le mal sont mis dans la balance. On distingue en trois classes tous les mandarins; ceux à qui on donne des points de diligence, ou qu'on élève à des emplois plus considérables ; ceux qui ont mérité de mauvaises notes et que l'on admoneste -, ceux que l'on suspend pour quelque temps ou que l'on destitue.

Les grands mandarins sont responsables de toutes les fautes de leurs inférieurs , et de tous les délits commis par ceux qu'ils emploient, à moins qu'ils ne prouvent qu'ils ont fait toutes leurs diligences et usé de tous les moyens qui sont à leur disposition pour informer, les citer à leur tribunal, et les punir.

Les mandarins répondent encore , sous peine de perdre leur emploi , du moindre désordre qui règne dans la province ou dans la ville où ils commandent. La cour de Pékin les tient sans cesse en haleine par des visiteurs, des censeurs , des inspecteurs , qui sont revêtus de toute l'autorité du souverain. Quelquefois, au temps où l'on s'y attend le moins, l'empereur sort de sa capitale pour voyager dans les provinces , et recevoir en personne les plaintes du peuple contre les gouverneurs et les vice-rois.

L'instruction du peuple est un des principaux devoirs des mandarins. Ils l'assemblent régulièrement tous les quinze jours, et lui adressent des discours dans lesquels ils entrent dans tous les détails sur les devoirs de père , d'époux , d'homme moral et de citoyen. C'est une loi de l'empire dont ils ne peuvent se dispenser; et, pour, s'assurer qu'elle sera exécutée suivant les intentions du gouvernement, l'empereur lui-même règle souvent les matières qu'ils doivent traiter.

Enfin il est encore un moyen très-propre à contenir les mandarins dans l'ordre de leurs devoirs, et à les tenir sans cesse sous les regards de la nation. La cour fait imprimer à Pékin une gazette qui se répand dans toutes les provinces de l'empire. Elle ne renferme que les nouvelles qui se rapportent au gouvernement. On y trouve les noms des mandarins qui ont été récompensés ou punis, élevés à de nouveaux grades ou dépouillés de leurs emplois. On ne manque pas de rendre compte des motifs ou des raisons qui leur ont attiré ou les faveurs ou la disgrâce du souverain. Cet ouvrage est périodique , et il contient une notice exacte sur les affaires criminelles, les arrêts qui ont prononcé des sentences de mort, les malheurs qui sont arrivés dans les provinces , les secours que l'empereur y a fait passer, les grâces du prince, l'ouverture des labours et les fêtes de l'agriculture, les lois et les dé~

elarations nouvelles. On voit que si le mandarinat est une émanation de la puissance impériale , et que s'il porte aux honneurs , aux brillans emplois faits pour flatter l'ambition et porter un simple sujet à tous les grades où la passion de s'élever et de s'illustrer puisse prétendre , il est bien capable aussi d'effrayer par l'étendue des devoirs qu'il commande, et par la perspective des dangers auxquels il expose.

Biais telle est la nature de l'homme, qu'il ne croit jamais acheter trop cher l'avantage d'acquérir du pouvoir et de se placer au-dessus de ses semblables. Et, il faut l'avouer , la politique chinoise concourt efficacement à cet égard, pour séduire l'amour -propre et jeter dans l'ivresse de la vanité. Sur tout le reste, attentive à encourager la simplicité des mœurs et à réprimer le luxe , cette politique accorde aux grandes places de l'empire des distinctions , des préséances , des honneurs , toutes les décorations faites, d'un côté, pour stimuler l'ambition , et de l'autre, pour éblouir, frapper la multitude, et lui en imposer, afin de la plier plus sûrement sous le joug de l'obéissance et de la surbordination : vues sages et profondes , qui , cachant sous cet appareil le simple particulier pour ne laisser voir que l'homme public et un grand de l'empire , le force lui-même à s'observer, à se contenir, à se respecter. Imaginez de quelles émotions doit être agitée l'àme d'un mandarin qui, sorti des dernières classes de la société, reçoit, au jour de sa promotion, les félicitations de sa famille , de ses proches , de ses concitoyens , sur lesquels il lui semble voir se réfléchir l'éclat de sa nouvelle dignité ; ou lorsque , faisant son entrée solennelle dans la province qu'il va commander , il voit tous les ordres de l'état accourir en foule , s'abaisser devant lui , et lui rendre le même respect, les mêmes honneurs que Ton rend dans l'empire au souverain qu'il représente ; alors

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vous ne serez plus surpris cpie son ambition satisfaite ne s'effraie ni du sacrifice de sa liberté , ni des dangers inséparables de la responsabilité.

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