‹ Choix des lettres edifiantes ecrites des missions etrangeresChapitre 63 sur 70 · SECONDE PARTIE · texte numérisé non relu

SECONDE PARTIE

Je vous dois tout , j'en fais l'aveu sans peine ; Votre propre substance a composé mon corps ;

Je respire de votre haleine,

Je n'agis que par vos ressorts.

Quand , pour donner carrière à ma reconnoissance , Conduit par le devoir, je me rends en ces lieux ,

J'y jouis de votre présence.

Vous descendez pour moi du séjour glorieux ; z Oui , vous êtes présens ; votre auguste figure Fixe par son éclat mes timides regards ; Le son de votre voix , de la douce nature, Réveille dans mon cœur les plus tendres égards. Humblement prosterné, je vous rends mes hommages,

O vous dont j'ai reçu le jour ; Daignez les accepter comme des témoignages Du plus profond respect, du plus sincère amour.

On croit que les ancêtres descendent du ciel pour recevoir ces hommages , et qu'ils sont présens à cette grande

solennité que l'on célèbre en leur honneur. Après les oblations et les prosternations répétées , l'empereur se relève et se tient debout, dans la même attitvide que pendant le chant de la seconde partie. Alors les musiciens entonnant la troisième partie , les ancêtres sont réputés quitter à ce moment la terre, et remonter vers le ciel.

TROI8I BME PARTIE.

Je viens de retracer dans ma foible mémoire Les vertus , les travaux , les mérites sans prix De ces sages mortels , qui , parmi les esprits , Sont placés dans le ciel au faîte de la gloire. Ils tiennent à mon cœur par les plus forts liens , Ils m'ont donné le jour, je possède leurs biens ,

Et plus encor.... j'ai honte de le dire. Moi chétif ,

(ces deux mots à demi- voix, et d'un ton presque tremblant)

Après eux je gouverne l'empire ; Le poids d'un si pesant fardeau Me feroit vaciller sans cesse , Si le ciel ne daignoit soutenir ma foiblesse

Par un secours toujours nouveau.

Je fais ce que je peux , quand le devoir commande $ Mais comment reconnoître , hélas ! tant de bienfaits ? Trois fois avec respect j'ai fait ma triple offrande ; Ne pouvant rien de plus , mes vœux sont satisfaits.

L'hymne fini, l'empereur se retire dan6 le même ordre que lorsqu'il est entré dans la salle des anciens. Des danseurs, avec une gravité imposante , imitent par leurs attitudes , leurs gestes et leurs pas compassés , toutes les paroles chantées par les musiciens. Ce chant est accompagné d'un grand nombre de différens instrumens. Cet hymne, dans le chinois, n'est composé que de vingt-quatre vers, de quatre monosyllabes chacun. A peine faudroit-il trois à quatre minutes pour la lecture j cl dans la musique , il ne

se trouve qu'une seule note pour chaque monosyllabe. Quant à l'exécution , telle est la lenteur avec laquelle le chant procède avec les figures de danses qui l'accompagnent , qu'elle dure près d'une heure et demie. Voici les notes des deux premiers vers : Fa, ut, la, fa, la, ut , re, ut. Ces notes reparoissent souvent dans le chant. On voit que tout se réduit à un simple plain-chant assez monotone, et sans harmonie marquée. Nous transcrivons ici \ hymne chinois , pour donner une idée de la langue aux lecteurs qui désir eroient d'en avoir un modèle sous les yeux.

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