TULLE
C'est Tefiet vertueux de votre expérience.
Beaucoup par un long âge ont appris comme vous Que le malheur succède au bonheur le plus doux ; Peu savent comme vous s'appliquer ce remède ; Et dans leur intérêt toute leur vertu cède.
Si vous pouvez trouver dans ma compassion Quelque soulagement pour votre affliction, Ainsi que votre mal sachez qu'elle est extrême. Et que je vous en plains autant que je vous aime.
^ VALEfiE.
Sire, puisque le ciel entre les mains des roi»
154 HOBACE.
Dépose sa justice et la forée des lois.
Et que l'état demande aux princes légitimes
Des prix pour les vertus, des peines pour les primes,
Souflfrez qu'un bon sujet vous fosse souvenir
Que vous plaignez beaucoup ce qu'il vous fiuit punir;
6ouffi*ez. . . .
LE VIBIL HORACE.
Quoi ! qu'on envoie un vainqueur au suf^lice?
TDLLE.
Permettez qu'il achève, et je ferai justice.
J'aime à la rendre à tous, à toute heure, en tout lien ;
C'est par elle qu'un roi se fait un demi-dieu;
£t c'est dont je vous plains, qu'après un tel service
On puisse contre lui me demander justice.
VALERE
Souffi*cz donc, à grand roi, le plus juste des rois. Que tous les gens de bien vous pai'lent par ma voix : Non que nos cœurs jaloux de ses honneurs s'irritent ; S'il en reçoit beaucoup, ses hauts faits les méritent : Ajoutez-y plutôt que d'en diminuer ; Nous sommes tous encor prêts d'y contribuer ; Mais puisque d'un tel crime il s'est montré capable, Qu'il triomphe en vainqueur, et périsse en coupable. Arrêtez sa fureur, et sauvez de ses maius.
Si vous vouiez régner, le reste des Romains ; 11 y va de la perte ou du salut du reste.
La guerre avoit un cours si sanglant, si funeste, £t les nœuds de l'hymen, durant nos bons destins, Ont tant de fois uni des peuples si voisins.
Qu'il est peu de Romains que le parti contraire