‹ Choix des tragédies de Corneille, suivi d notes, précédé d'un essaiChapitre 173 sur 252 · ACTE IV, SCENE VI · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE VI

£t puisque Pamitié n'en fiûsoit plus qu'une âme, Aimez en cet ami l'olviet de votre flamme :

Avec la même ardeur il saura vous chérir, Que...

EMILIE

Tu m'oses aimw, et tu n'oses mourir !

Tu prétends un peu trop : mais, quoique tu prétendes, Rends-toi digne du moins de ce que tu demandes ; Cesse de fair en lâche un glorieux trépas.

Ou de m'offiir un cttur que tu fids voir si bas; Fais que je porte envie à ta vertu parfaite ; Ne te pouvant aimer, fais que je te regrette ; Montre d'un vrai Romain la dernière vigueur, Et mérite mes pleurs au défaut de mon cœur.

Quoi! si ton amitié pour Cinna s'intéresse.

Crois- tu qu'elle consiste à flatter sa maîtresse ? Apprends, apprends de moi quel en est le devoir ; Et donne m'en' Pex^nple, ou viens le recevoir.

MAXIME.-

Votre juste douleur est trop impétueuse.

EMILIE

La tienne en ta faveur est trop ingénieuse.

Tu me parles déjà d'un bienheureux retour.

Et dans tes déplaisirs tu conçois de Tamour !

MAXIME

Cet amour en naissant est toutefois extrême.

C'est votre amant en vous, c'est mon ami que j*aime.

Et des mêmes ardeurs dont il fut embrasé. . .

EMILIE

Maxime, en voilà trop pour un homme avisé.

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