TOM. II. G
«2 CINNA
Ma perte n'a surprise, et ne m*a point troublée ; Mon noble désespoir ne m'a point aveug^lée:
Ma vertu tout entière agit sans i^éraouvoir ; £t je vois malgré moi plus que je ne veux voir.
MAXIME
Quoi ! vous suis-je suspect de quelque perfidie ?
EMTLIS.
Oui, tu Tes, puisqu'enfin tu veux que je le die. L'ordre de notre fuite est trop bien concerté, Pour ne te soupçonner d^aucune làebeté :
Les dieux seroient pour nous prodigues en miracles S'ils en avoient sans toi levé tous les obstacles. Fuis sans moi : tes amours sont ici superflus.
MAXIME
Ah ! vous m'en dites trop.
EMILIE
J'en présume encor plus.
Ne crains pas toutefois que j'éclate en injures, Mais n'espère non plus m'ébkmir de paijures.
Si c'est te faire tort que de m'en défier, Viens mourir avec moi pour te justifier.
MAXIME
Vivez, belle Emilie, et souffrez qu'un esclave. . . .
EMILIE
Je ne t'écoute plus qu'en présence d'Octave.
Allons, Fulvie, allons.