‹ Choix des tragédies de Corneille, suivi d notes, précédé d'un essaiChapitre 27 sur 252 · SCENE VIL · texte numérisé non relu

SCENE VIL

D. FERNANB, D. SANCHE, D. ARIAS. ^

D. SANCHE

Peut-cti'e uu peu de temps le rendroit moins rebelle^ On l'a pris tout bouillant encor de sa querelle ; Sire, dans la chaleur d'un premier inouvement. Un cœur si généreux se rend mal-aisément :

Il voit bien qu'il a tort; mais ime âme si haute N'est pas sitôt réduite à confesser sa faute.

D. FERNAND

Don Sanche, taisez- vous, et soyez averti Qu'on se rend criminel à prendre son parti.

D. SANCHE

J'obéis, et me tais ; mais, de srrâce encor, sire. Deux mots en sa défense.

D. FERNAND

Et que pourrez-vous dire ?

D. SANCHE

d'une âme accoutumée aux grandes actions

Ne se peut abaisser à des soumissions :

Elle n'en conçoit point qui s'expliquent sans honte :

Et c'est à ce mot seul qu'a résisté le comte.

Il trouve en son devoir un peu trop de rigueur.

Et vous obéiroit s'il avoit moins de cœur.

Commandez que son bras, nourri dans les alarmes,

Répare cette injure à la pointe des armes ;

Il satisfera, sire ; et vienne qui voudra,

Attendant qu'il l'ait su, voici qui répondra.

Page 1