‹ Choix des tragédies de Corneille, suivi d notes, précédé d'un essaiChapitre 77 sur 252 · ACTE I, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE IV

£t comme également, en cette extrémité, <^e cmgaois la victoire et la captivité...

CAMILLE

Curiace, il suffit; je devine le reste :

Ta fbis une bataille à tes vœux si funeste ,

£t ton cœur, tout à moi, pour ne me perdre pas.

Dérobe à ton pays le secours de ton bras.

Qu'un antre considère ici ta renommée,

Et te blâme, s'il veut, de m*avoir trop aimée ;

Ce n*est point à Camille a t'en mésestimer ;

Plus ton amour paroSt, plus elle doit t'aimer ;

Et si tu dois beaucoup aux lieux qui t'ont vu naître.

Plus tu quittes pour moi, plus tu le fais paroi trc.

Mais as-tu vu.mon père ? et peut^il endurer

Qu'ainsi dans sa maison tu t'oses retirer?

Ne prëfere-t-il point l'état à sa famille ?

Ne regarde-t>il point Rome plus que sa fille ?

Enfin notre bonheur est-il bien affermi ?

T'a-t-il vu comme j^endre, ou bien comme ennemi ?

CURIACB.

Il m'a vu comnïe gendre, avec une tendresse Qui témoignoit assez une entière allégresse ; Mais il ne m'a point vu, par une trahison.

Indigne de l'honneur d'entrer dans sa maison. Je n'abandonne point l'intérêt de ma ville ; J'aime eneor mon honneur en ieidorant Camille : Tant qu'a duré la guerre, on m'a vu constamment Aussi bon citoyen que véritable amant ; D'Albe avec mon amour j'accordois la qucrelk; Je soupinois pour vous en co.mbattant pour elle ;

Et s'il Rkltoit encor que l'an en vint aux coups,

Je combattruis pour elle ep «oupiraoC pour voiu :

Oui, mul^ les désirs de mon âme chuinée,

Si la guerre duroit, je semis dans l'année.

C'est la paix qui chez tous me donne m libre aeets, '

La poix à qui nos feux doivent ce beau mecès.

la paix ! et le moyen de croire un tel mjrtcle!

Camille, pour le moins, cro]'ez-ea votre oncle; Et sachons pleinement par quels heureux effets L'heure d'une bataille a produit cette paix.

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