‹ Choix des tragédies de Corneille, suivi d notes, précédé d'un essaiChapitre 91 sur 252 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

SABINE

«8 pardy mon âme, en de telles disgrâces :

femme d'Horace, ou sœnr des Curiaces :

B de partager nos inutiles soins ; tons quelque chose, et craignons un peu moins. 18 ! quel parti prendre en un sort si contraire ? inemi choisir d'un époux ou d'un frère ?

ire ou Pamour parle pour chacun d'eux, » du devoir m'attache à tous les deux.

18 hauts sentiments réglons plutôt les nôtres ; fenome de l'un ensemble et sœur des autres ; mis leur honneur comme un souverain bien ; I leur constance, et ne plaignons plus rien.

t qui les menace est une mort si belle, Q fiiut sans frayeur attendre la nouvelle. Ions point alors les destins inhimiains ; DS pour quelle cause, et non par quelles mains ; >ns les vainqueurs sans penser qu'à la gloire ate leur maison reçoit de leur Wctoire ; s considérer aux dépens de quel sang ^u les élève en cet illustre rang, ( nos intérêts de ceux de leur famille :

te je suis femme, en l'autre je suis fille,

Et tiens à toutes deux par de si forts liens,

Qu'on ne peut triompher que par les bras des miens.

Fortune, quelques maux que ta rigueur m'envoie,

J'ai trouvé les moyens d'en tirer de la joie.

Et puis voir aujourd'hui le combat sans terreur,

Les morts sans désespoir, les vainqueurs suis horreur.

Flatteuse illusion, erreur douce et grossière, Vain effort de mon âme, impuissante lumière.

De qui le faux brillant prend droit de m'éblouir. Que tu sais peu durer, et tôt t'évanouir!

Pareille à ces éclairs qui, dans le fort des ombres, Poussent un jour qui fuit et rend les nuits plus sombres Tu n'as frappé mes yeux d'un moment de clarté Que pour les abîmer dans plus d'obscurité.

Tu charmois trop ma peine, et le ciel qui s'en ftcbe Me vend déjà bien cher ce moment de relâche.

Je sens mon triste cœur percé de tous les coups Qui m'ôtent maintenant un frère ou mon époux: Quand je songe à leur mort, quoi que je me propose, Je songe par quels bras, et non pour quelle cause. Et ne vois les vainqueurs en leur illustre rang, Que pour considérer aux dépens de quel sang.

La maison des vaincus touche seule mon âme; En l'une je suis fille, en l'autre je suis femme. Et tiens à toutes deux par de si forts liens. Qu'on ne peut triompher que par la mort des miens. C'est là donc cette paix que j'ai tant souhaitée ! Trop favorables dieux, vous m'avez écoutée!

Quels foudres lancez- vous quand vous vous irritas, Si même vos faveurs ont tant de cniautés ?

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