‹ Choix des tragédies de Corneille, suivi d notes, précédé d'un essaiChapitre 92 sur 252 · SCENE n · texte numérisé non relu

SCENE n

SABINB, JULIE.

SABINE

En est-ce fiût, Julie? et que m'apportez- vous?

Sst-ce la mort d'un frère, ou celle d'un époux?

J6 fimeste suecès de leurs armes impies

)e tous les combattants a-t-il fait des hosties ;

% m'enviant l'horreur que j'aurois des vainqueurs^

*wa tous tant qu'ils étoient demande-t-il mes pleurs ?

JULIE

tttoi ! ce qui s'est passé, vous l'ignorez encore !

SABINE

'ous &ut-il étonner de ce que je l'ignore ?

\t ne savez- vous pas que de cette maison >our Camille et pour moi l'on fait une prison ? ulie, on nous renferme, on a peur de nos larmes ; ans cela nous serions au milieu de leurs armes, It, par les désespoirs d'une chaste amitié, fous aurions des deux camps tiré quelque pitié.

JULIE

l n'étoit pas besoin d'un si tendre spectacle; «eur vue à leur combat apporte assez d'obstacle, itôt qu'ils ont paru prêts à se mesurer, * >n a dans les deux camps entendu murmurer.

Ul HORACR

A Toir de tds sbu» de& pcntMues â proches.

Venir po«r lc«r patiie «ox mortelles Ufftoc b ie s, L*iim s*ê»eat de pttiéy Tantre est saisi dlmnear, L*aiiti« d^m à ennd zèk admire fat foreur; Tel porte jvsqa'anx cienx leur rertn. sans ^ale, Et tel rose nommer sacrilège et hnitale.

Ces diTers sentiments n'ont pourtant qu'une Tfôx, Tons accusent leurs chefs tous détestent leur diux; Et ne pouTunt souffiir un «mibat si barbaie.

On s'écrie, on s'ftTanee; enfin on les sépare.

SABIHB.

One je vous dob d'encens, grands dieux, qui m'esanees.

Vous n'êtes pas, Sabine, encore où vous peasex : Vous pouvez espérer, tous avez moins à craindre; Mais il vous reste encore assez de quoi tous plaindre. En Tain d'un sort si triste «m les veut garantir ; Ces cruels généreux n'y peuvent consentir.

La gloire de ce choix leur est si précieuse.

Et charme tellement leur âme ambitieuse, Qu'alors qu'on les déplore ils s'estiment heureux. Et prennent pour afiBront la pitié qu'on a d'eux. Le trouble des deux camps souille leur renommée, Us combattront plutôt et l'une et l'autre armée, Et mourront par les mains qui leur font d'autres lois, Que pas un d'eux renonce aux honneurs d'un tel choix.

SABINE

Quoi ! dans leur dureté ces cœurs d'acier s'obstinent!

JULIE

Oui : mais d'autre côté les deux camps se mutinent,

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