‹ Choix des tragédies de Corneille, suivi d notes, précédé d'un essaiChapitre 97 sur 252 · ACTE III, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE IV

La nature en tout temps garde ses premiers droits ; Aux dépens de leur vie on ne fiût point de choix, Aussi bien qu'un époux ils sont d'autres nous-mêmes, Et tous maux sont pareils alors qu'ils sont extrêmes. Mais l'amant qui vous charme, et pour qui vous brûlez. Ne vous est, après tout, que ce que vous voulez : Une mauvaise humeur, un peu de jalousie.

En fidt assez souvent passer la fimtaisie.

Ce que peut le caprice, osez-le par raison, Et laissez votre sang hors de comparaison.

C'est crime qu'opposer des liens volontaires A ceux que la naissance a rendus nécessaires. Si donc le ciel s'obstine à nous persécuter, Seule j'ai tout à craindre, et rien à souhaiter: Bfais pour vous, le devoir vous donne dans vos plfdntes Où porter vos souhaits, et terminer vos craintes.

CAMILLE

Je le vois bien, ma sœur, vous n'aimâtes jamais ; Vous ne connoissez point ni l'amour ni ses traits: On peut lui résister quand il commence à naître. Mais non pas le bannir quand il s'est rendu maître, Et que l'aveu d'un père, engageant notre foi, A fait de ce tyran un légitime roi.

Il entre avec douceur, mais il règne par force, Et quand l'âme une fois a goûté son amorce, Vouloir ne plus aimer, c'est ce qu'elle ne peut, Puisqu'elle ne peut plus vouloir que ce qu'il veut ; Ses chaînes sont pour nous aussi fortes que belles.

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