‹ Cholécysto-Pancréatite Essai de PathogénieChapitre 9 sur 11 · EXPÉRIENCES · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCES

La technique que nous avons employée a été la suivante. — Animal en expérience : chien. — Évacuation, par aspiration, de la bile contenue dans la vésicule. — Injection dans celle-ci, de formol, soit pur, soit au tiers, en quantité variant de 1 demi à 3 centimètres cubes, et abandonné dans la cavité, soit totalement, soit en partie. — Nous avons fait suivre celle première injection d’une seconde, constituée de noir de fumée finement pulvérisé et maintenu en suspension, soit dans l'eau, soit dans l'huile stérilisée. Notre but était de faire absorber, en même temps quel'agent toxique, un corps facilement reconnaissable, et permettant ainsi de suivre facilement partout la propagation de cet agent toxique lui-même. Ce but n'a, d’ailleurs, pas été atteint, et cela sans que nous ayons pu en découvrir la cause, car, sauf peut-être dans un seul cas où la réaction fut particulièrement violente, le charbon n’a pas été absorbé, peut-être parce que les particules en étaient encore de volume trop considérable, — Anesthésie par le chloroforme; après injection, 20 minutes auparavant, de 1 centimètre cube par 3 kilogrammes d'animal de la solution : eau, 100 centimètres cubes; chlorhydrate de morphine, 1 gramme; alropine, Oo gr. 10. — Animaux sacrifiés par inhalation de chloroforme.

Chien 1.— Un centimètre cube de formol au üers, retiré après quelques secondes. Noir de fumée en suspension dans l'huile. — Sacrifié au bout de 14 jours : l'animal avait notablement maigri, mais paraissait bien portant.

Plaie très légèrement suppurante.

Aucune trace du charbon injecté, ni dans le péritoine, ni dans aucun organe.

Vésicule biliaire : de volume normal, d'aspect non modifié, ni épaissie, n1 indurée à la palpation ; contient une bile très légèrement trouble, mais sans trace de charbon. — Le cholédoque, perméable, permet l'introduction d’une sonde cannelée, qui est facilement conduite jusque dans le duodénum.

Foie d'aspect normal.

Pancréas. — La tête pancréatique est augmentée de volume ; elle est augmentée surtout de consistance, elle est très dure dans son ensemble, et surtout dans la partie la plus rapprochée du duodénum; prise entre les doigts à ce niveau, elle donne par place une sensation cartilagineuse. Sur la coupe, aspect nette-

ment sclérotique.

Plusieurs ganglions hypertrophiés occupent la région. L'un, d'environ 1 centimètre de longueur, occupe le hile du foie; un autre, d’une taille un peu inférieure à celle d’un grain de blé, de consistance ferme, est directement appliqué sur le duodénum, au niveau de la tête pancréatique; deux autres, plus volumineux répondent au bord supérieur du lobe horizontal, l'un, allongé suivant la direction de ce lobe, et d'environ 3 centimètres de longueur, le second arrondi, un peu plus petit que le précédent. Ces ganglions ne sont pas noirs, et ne montrent pas non plus de charbon à la coupe.

Examen histologique. — Vésicule. -- La tunique musculeuse est diminuée d'épaisseur. La muqueuse a des villosités bien plus développées que normalement, à la fois plus longues et plus rameuses; les cellules de l’épithélium sont plus hautes; elles ont subi par place un commencement de dégénérescence muqueuse, et apparaissent en clair, représentées seulement par leur

noyau, le stroma est plus dense et à éléments lymphoïdes plus nombreux.

Foie : dans la région juxta-vésiculaire, présente des nodules d'infiltration leucocytique, formée surtout de polynucléaires: certains de ces nodules sont dans les espaces porte, mais la plupart se trouvent en plein parenchyme. Les cellules hépatiques ont par place subi un commencement de dégénérescence graisseuse.

Pancréas. — Sur toule la périphérie, une épaisse bande fibreuse est immédiatement appliquée contre le tissu glandulaire.

Elle se continue en dehors avec une très épaisse couche de tissu.

cellulaire, presque tout entier transformé en une sorte de tissu adénoïde. Celui-ci, où les cellules graisseuses sont assez rares, est formé surtout d'un fin réticulum, contenant de très nombreux leucocytes, parmi lesquels dominent les mononucléaires mais où les polynucléaires sont très nombreux. Ces deux couches, en certains points, se continuent l’une dans l’autre insensiblement. Par place des groupes d'acini sont enclavés dans la couche fibreuse, De la coque fibreuse périphérique, se délachent de larges travées formées de fibres, qui s'enfoncent en clous dans le parenchyme, diminuant progressivement de volume à mesure qu'elles avancent entre les lobules; des travées plus fines s'en détachent à leur tour et parcourent ces lobules, s'élargissant autour des canaux et surtout des vaisseaux, puis reprenant au delà leur calibre antérieur. — En de nombreux points, le parenchyme est normal, à éléments lassés et fortement colorés. Mais en d’autres points, à la périphérie surtout, plus rarement le long des travées scléreuses, les fibres envahissent la périphérie des lobules, s'insinuant entre les acini, qui apparaissent de ce fait espacés el parfois Lout à fait isolés. D'autres lobules ne sont ni limités, ni parcourus par des travées fibreuses, mais tous les acini en sont écartés les uns des autres par un abondant réseau formé de cellules conjonctives éloilées et leurs prolongements, avec seulement quelques rares fibres; en certains points mêmes, les cellules conjonctives pénètrent dans les acini et les disso-

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cient.— Les acini, normaux en de nombreux points, présentent à la périphérie une multiplication de leurs noyaux; ceux qui sont directement au contact de la couche fibreuse, sont souvent en dégénérescence graisseuse. Le long des travées inter-lobulaires et surtout dans les lobules où la prolifération conjonctive est inter-acimeuse, ils sont souvent en dégénérescence granuleuse et parfois même, à la périphérie de certains lobules, en complète désintégration. — Les îlots de Langerhans, dans les lobules où la sclérose est inter-acineuse, ont perdu leur forme régulière; ils sont petits, peu apparents, nombreux, et beaucoup sont envahis par des cellules conjonctives qui les dissocient.— Les canaux excréteurs ne présentent pas d’autres modifications que la desquamation de leur épithélium, lombé souvent d'une seule pièce dans la lumière. Cértains, à côté desquels passe une travée fibreuse, sont entourés de quelques fibres; mais cette sclérose n’est jamais intense, el beaucoup n'en présentent aucune trace.

En somme, pancréatite interstilielle, à évolution chronique, revêtant les deux formes : inter-lobulaire et inter-acineuse. Type inter-lobulaire peu abondant. Bien plus grande fréquence du type inter-acineux, et parfois même intra-acineux, plus marqué dans les lobules ne présentant pas le premier lype, et s'accompagnant de pénétration et de dislocation des îlots de Langerhans par les cellules conjonctives.

Chien 3. — Un demi-centimètre cube de formol pur, retiré après une à deux minutes. Noir de fumée en suspension dans l'huile. Sacrifié au bout de 14 jours.

Plaie cicatrisée. Péritoine normal. Pas trace de charbon.

Vésicule : enfouie dans le foie, qui s'est refermé au-dessus d'elle, la cachant entièrement. Sa paroi est épaissie; la muqueuse a ses villosités très saillantes. À l’intérieur, un liquide épais, . mélange d'huile, de charbon, de boue biliaire. — Cholédoque entouré de tissus fibreux; il est épaissi, induré, comme d’ailleurs le hile du foie, et contient une boue charbonneuse,

Foie : intimement accolé et adhérent à la vésicule; son tissu

dans la région juxta-vésiculaire se montre à la section induré et blanchâtre.

Pancréas d'aspect normal, rosé; à la surface, quelques petites taches noires sous-péritonéales.

De nombreux ganglions hypertrophiés se voient le long du pancréas, au niveau de la région pylorique ; ils ne sont pas noirs.

Examen histologique. — Foie : en dégénérescence graisseuse; avec agrandissement des espaces-porte.

Pancréas. — La lobulation est plus marquée qu'à l'état normal; les lobules sont séparés les uns des autres par d'assez larges fentes, soit entièrement vides, soit contenant seulement quelques très fins tractus conjoncetifs; en un point seulement, une travée fibreuse inter-lobaire. Le parenchyme n’est pas tassé comme normalement; les acini sont écartés les uns des autres, entre eux se trouvent des cellules conjonctives à noyau mal coloré et surtout des tractus conjonctifs. — Les cellules acineuses ont leur noyau mal distinct, elles ont pris une sorte de coloration en masse; beaucoup sont en voie de dégénérescence granuleuse. Celle-ci est complète à la périphérie, ainsi qu'au niveau de certains lobules, atteints dans leur ensemble; dans ces lobules frappés tout entiers de dégénérescence granuleuse, les cellules acineuses sont dissociées; par places se voient des restes d'îlots de Langerhans, encore reconnaissables. — Ces îlots, dans la plus grande partie du parenchyme, ne sont ni plus nombreux ni plus volumineux que normalement: ils sont mal colorés, à noyaux peu nets, et paraissent avoir été touchés d'emblée. En certains points seulement, ils sont plus apparents que dans la glande saine, et un peu plus volumineux. Ils sont envahis par des cellules conjonetives à noyau mal coloré, et en de nombreux Les canaux excréteurs sont normaux.—Les taches noires sous-péritonéales consta-

points sont en voie de disparition progressive.

tées macroscopiquement sontdes veines, dilatées et thrombosées.

En somme, pancréalile chronique du lype inter-acineux, avec envahissement des îlots de Langerhans, s’accompagnant de dégénérescence granuleuse.

Chien 4. — Trois centimères cubes de formol pur, dont un üers seulement est retiré après une demi à une minute. Noir de fumée en suspension dans l'huile. Incident opératoire : intestin grèle traversé par l'aiguille.

Mort au bout de trois jours, après d’abondants vomissements. Dans le péritoine, un épanchement peu abondant, et des adhérences, déjà très résistantes, notamment au niveau du cæcum et de l’appendice.

Vésicule : à parois noirâtres, épaissies et indurées, reliées au foie par quelques faibles adhérences; elle contient une bile fluide, mais pas d'huile, ce qu'il reste de charbon est aggloméré en un.noyau de la grosseur d'un très petit pois.

Foie d'aspect normal.

Pancréas. — Présente une lobulation bien plus marquée qu'à l'état normal, extrêmement marquée même en certains points, où les lobules apparaissent tout à fait indépendants les uns des autres. À la coupe, très nombreuses taches noires, formées par des vaisseaux dilatés et remplis de sang, la’ plupart punctiformes, quelques-uns de Ia taille d'une tête d’épingle.

‘Le long du cholédoque, deux ou trois ganglions, de la grosseur de grains de millet, l'un d'eux au confluent du cystique et de l'hépatique.

Examen histologique.— Vésicule : muqueuse presque entièrement unie; seulement de très rares villosités, et très basses. Épithélium manquant par places, formé de cellules basses; il repose presque directement sur la couche musculaire,les glandes. ont à peu près entièrement disparu. Couche musculeuse conservée, infiltration sanguine entre les fibres. Couche celluleuse presque complètement détruite, disparition du tissu cellulaire, hémorrhagie entre le foie et la vésicule. La paroi tout entière est très vascularisée. — Canal cystique : pas de villosités, épithélium bas, glandes conservées. — Cholédoque : épithélium en partie tombé, formé de cellules basses, en régénération: glandes peu nombreuses: dans le derme, infiltration sanguine et lymphoïde ; tunique musculeuse conservée; il contient du charbon.

Pancréas, — Lobulation extrêmement marquée; c'est un véritable morcellement du parenchyme, qui se trouve divisé en un très grand nombre de lobules, la plupart très petits. Ces lobules sont séparés les uns des autres par de larges espaces, vides le plus souvent, ou occupés seulement par de fins tractus conjonctifs avec quelques globules rouges et des débris cellulaires; en certains points, ces tractus conjonctifs se sont ‘condensés en une masse granuleuse, contenant quelques globules rouges et blancs; en quelques points seulement, entre les plus grands lobules, des fibres conjonctives jeunes. Les acini, dans la très grande majorité des lobules, ne sont pas tassés comme à l’état normal; ils sont légèrement écartés les uns des autres, sans qu'il y ait pourtant rien entre eux que de rares cellules conjonctives. — Les îlots de Langerhans sont très nombreux et très apparents, en général petits; certains, très petits même, paraissent en voie de formation; la plupart montrent des capillaires dilatés, remplis de sang.— Les canaux excréteurs ont souvent feur épithélium détaché, tombé dans la lumière tout d’une pièce. — Mais ce qui, avec le morcellement du parenchyme, est le trait le plus frappant, c'est la congestion énorme de l'organe, tous les capillaires sont très dilatés et remplis de sang, el les coupes leur doivent, à un faible grossissement, un aspect pointillé remarquable, à côté du pointillé plus petit et plus clair formé par les îlots de Langerhans,

En somme, congestion intense et morcellement du parenchyme, qui étaient probablement le début d'une sclérose inter-acineuse.

Chien 5. — Trois centimètres cubes de formol pur, dont les deux tiers sont relirés après une demi où une minute, Noir de fumée en suspension dans l'huile,

Mort au bout de quatre jours, après d'abondants vomissements jaunâtres.

Épiploons très chargés de graisse, Le duodénum, très congestionné, présente à sa surface de lrès apparentes arborisations

vasculaires.

Vésicule : cachée sous le foie, qui l’a recouverte; contient une bile verdâtre, filante, avec huile abondante et beaucoup de charbon, tout ce qui a été injecté, semble-t-il.

Foie : sur la coupe, gros points hémorrhagiques.

Pancréas. — De consistance dure, surtout à la tête, moins sur le lobe horizontal, moins encore surle lobe vertical. La lobulation n'est d'aspect normal que dans la moitié inférieure du lobe vertical, lequel est étroitement uni au duodénum par un méso Jusqu'à sa partie terminale, Partout ailleurs, la lobulation est extrêmement marquée, surtout à la tête, et sur une partie du lobe horizontal (qui présente macroscopiquement l'aspect d'un cordon thymique déroulé, avec lobules indépendants les uns des autres). À la coupe, nombreux points noirâtres formés par des vaisseaux dilatés, surtout abondants à la tête et à l'extrémité du lobe horizontal.

Examen histologique. — Vésicule. — Muqueuse à villosités très espacées, très peu hautes; épithélium conservé, mais à cellules basses; disparition à peu près complète des glandes. Tunique musculeuse conservée. Tunique celluleuse très épaissie, dissociée, avec infiltration de leucocytes.

Foie, — Dans la région juxta-vésiculaire, grosses dilatations veineuses; dégénérescence graisseuse des cellules hépatiques, en certains points infiltration Iymphoïde.

Pancréas. — Lobulation plus marquée que normalement. A la

périphérie, une couche, assez épaisse en certains points, de tissu cellulaire infiltré de globules rouges et de polynucléaires. Des travées s’en détachent, qui pénètrent entre les lobules, en diminuant progressivement de largeur, et en se subdivisant en de plüs minces qui, se coupant entre elles, vont parfois d'un bord à l'autre de la glande. Ces travées sont formées d’un très fin réticulum, bordé seulement de fibres conjonctives au contact du tissu glandulaire; dans ce réticulum, qui renferme par, places des cellules graisseuses, se trouvent de rares globules rouges, de nombreux leucocytes surtout polynucléaires, et quelques noyaux allongés. Les acini sont écartés les uns des autres, séparés

par des cellules conjonctives étoilées, dont certaines, surtout à la périphérie et le long des plus larges travées, dissocient même leurs cellules, — Les îlots de Langherans, peu apparents, sont assez nombreux, mais pelits; à la périphérie et le long des grosses travées, ils sont envahis par les cellules conjonctives et presque entièrement détruits, à peine reconnaissables parfois par une ou deux cellules; dans le centre des lobules, ils persistent, mais réduits, irréguliers, et envahis également. Les capillaires sont très dilatés et remplis de sang.

En résumé, début de sclérose à la fois inter-lobulaire et interacineuse, les deux types évoluant parallèlement et indépendamment l’un de l’autre,

Chien 6. — Un demi-centimètre cube de formol pur, abandonné dans la vésicule. Noir de fumée en suspension dans l'huile.

Mort au bout de sept jours.

Quelques adhérences péritonéales, mais pas d'épanchement.

Vésicule : agrandie, en partie cachée par le foie, rabattu sur elle; ne contient ni bile, ni muceus, ni charbon.

Foie dans la région juxta-vésiculaire : sur la coupe, nombreux vaisseaux dilatés, remplis de sang.

Pancréas. — Lobulation d'aspect normal. Consistance un peu augmentée. Au niveau de la tête, dans la partie immédiatement contiguë au duodénum, la coupe tombe sur une grande cavité anfractueuse, formée par une hémorrhagie intra-glandulaire, qui a dissocié le parenchyme. Dans la région voisine, une autre partie semble en lransformalion graisseuse complète ; deux ou trois pelits ganglions s'y trouvent accolés. Au niveau de la queue, un ganglion, de la taille d’un noyau de cerise, est adhérent au issu glandulaire. :

£æamen histologique. — Vésicule : plus aucune villosité, muqueuse entièrement détruite ; la couche la plus superficielle est formée par les fibres musculaires, mal colorées, à noyaux non visibles. Au-dessous, nombreux vaisseaux dilatés, remplis de sang. Couche celluleuse transformée en un réticulum, conte-

nant des globules rouges et surtout des leucocytes, en majorité des polynucléaires. Cette infiltration se continue insensiblement avec la couche la plus superficielle du foie, dans laquelle se trouvent en certains points de nombreux néo-canalicules biliaires, et où les cellules hépatiques sont mal colorées, à noyaux indistincts, à peine reconnaissables.

Fote.— Grande dilatation des espaces-porte,rameaux-porte très dilatés, remplis de sang; hémorrhagie inter-trabéculaire ; cellules hépatiques en dégénérescence graisseuse ; par places, du pigment sanguin.

Pancréas.— 1° A la tête : lobulation à peine plus marquée que normalement, au moins dans la plus grande partie; les lobules sont seulement dessinés par de fines fentes, très minces. En d’autres points, sortes de craquelures, larges, irrégulières, sinueuses, comme si le parenchyme avait éclaté. A la périphérie, dans la partie adjacente au duodénum, couche en certains points très épaisse de Lissu conjonctif. La partie la plus interne de cette couche est formée de fibres; plus en dehors est du tissu cellulaire, qui est infiltré à la fois de sang, dominant en certains points, et beaucoup plus de leucocytes, en majorité polynucléaires ; en quelques points, apparence de tissu adénoïde. Plus en dehors, des cellules graisseuses: la majorité, avec leur aspect ordinaire, vidées de leur contenu par les manipulations, mais ayant conservé leur noyau pariétal ; d’autres, en certains points, ayant subi la nécrose graisseuse, et formant des îlots de cytostéatonécrose. Dans ces îlots, bien limités, les cellules adipeuses ont perdu leur noyau. Les unes, à contours indistincts, sont remplies d’une masse amorphe, continue, de savons insolubles, colorée en violacé pâle par l’hématéine; les autres sont remplies de cristaux aciculaires d'acides gras, groupés en paquets et souvent en véritables oursins. Ces îlots sont limités, et aussi infiltrés, surtout à leur périphérie et près des cellules à aiguilles, par une grande quantité de lymphocytes. De la couche périphérique entourant la glande, se détachent par places des prolongemen(s qui la pénètrent, s'enfonçant en clou entre les lobules, puis

diminuant très vite de largeur et disparaissant ; 1ls sont formés de fibres ; ceux qui partent des points de la périphérie où dominent les globules rouges sont aussi infiltrés de sang ; quelquesuns, à trajet très court, ne sont formés que de tissu graisseux normal.— Les acini sont séparés les uns des autres, sans cependant être notablement écartés, par des cellules conjonctives, qu'on voit mal et qui même ont dissocié leurs éléments sur de nombreux points, où de ce fait la structure acineuse est à peine reconnaissable. Ces acini ont multiplié leurs noyaux. A la périphérie et le long des grosses travées qui en émanent, ils ont subi la dégénérescence graisseuse.— Lesilots de Langerhans sont très nombreux et très apparents, petits pour la plupart ; beaucoup montrent des capillaires remplis de sang ; sur plusieurs points, on voit la transformation des cellules acineuses en cellules insulaires. Un peu de congeslion veineuse, dans la partie adjacente au duodénum. Les canaux exeréteurs sont normaux. — Dans une autré partie de la tête, également adjacente au duodénum, le tissu glandulaire a subi une transformation graisseuse complète; seuls subsistent quelques canaux de pelit calibre, reconnaissables à leur épithélium. Une hémorrhagie très abondante y a eu Heu, dissociant les tissus. De petits ganglions s'y rencontrent, infiltrés de sang et aussi de pigment sancuin.

— 2° À la queue : Mème lobulation qu'à la tête, à peine plus marquée que normalement. En certains points de la périphérie, mince couche fibreuse ; ailleurs, épaisse couche cellulo-graisseuse, avec hémorrhagie cellulaire et foyer de cytostéalonécrose, présentant comme à la tête savons amorphes et cristaux d'acides gras, mais presque pas d'éléments lymphocylaires. De la périphérie partent quelques travées fibreuses minces, s'enfonçant entre les lobules. Le parenchyme est tassé comme à l'état normal, mais la structure acineuse y est peu nette ; les cellules acineuses présentent de la multiplication des moyaux ; à la périphérie, acini en dégénérescence graisseuse, [lots de Langerhans très peu apparents. Congestion des veines et des capillaires. Le

ganglion adjacent à cette région est infiltré de globules rouges et de polynucléaires.

En résumé, début de sclérose, à la fois inter-lobulaire et surtout inter- et même intra-acineuse; avec poussée aiguë d’hémorrhagie pancréatico-péritonéale el de cytostéatonécrose.

Chien 7. — Un demi-centimètre de formol pur, abandonné dans la vésicule. Noir de fumée en suspension dans l'huile. — Mort au bout de 16 jours, avec vomissements et diarrhée jaunes.

Grand épiploon adhérent au bord inférieur du lobe horizontal du pancréas; il est très chargé de graisse et présente, surtout dans la région pylorique, de nombreuses taches noires, formées par du sang. :

Vésicule : absolument enfouie sous le foie, multilobé, qui s'est refermé au-dessus d'elle. Elle est très ectasiée. Elle est remplie d'une boue verte, contenant des concrétions noirâtres, de la taille de grosses têtes d’épingle, qui ne sont pas du charbon, mais paraissent être de la bilrubine.

Foie d'aspect normal.

Pancréas augmenté de consistance, surtout à Ja tête. Le lobe vertical, dont la lobulation est effacée, et qui adhère au duodénum sur une très grande étendue, présente à la surface cinq ou six taches noirâtres sous-péritonéales, de la taille de grains de millet; des fragments de ce lobe, dans les points où la lobulation normale a entièrement disparu, jetés dans le formol y surnagent complètement. Le lobe horizontal à son extrémité terminale a aussi perdu son aspect lobulé normal; il présente aussi une hémorrhagie punctiforme à la surface.

Le long du bord supérieur du lobe horizontal,et plus sur la face postérieure que sur la face antérieure de l'organe, nettement

sur le trajet des vaisseaux spléniques, se voient trois ganglions hypertrophiés : le plus rapproché du duodénum, allongé horizontalement, de la taille d'un haricot, noirâtre, noir aussi, à la section non induré; un autre, beaucoup plus petit, à sa

gauche, blanc; enfin le troisième, de la taille d'un gros noyau de cerise, mais allongé, légèrement rougeâtre.

Examen histologique. — Vésicule. — I n'existe pour ainsi dire plus de villosités, à peine une très basse, de place en place et en grande partie détruite. Épithélium presque entièrement disparu, il n'en reste que quelques débris, de préférence sur ces villosités rudimentaires;il est formé de cellules basses, se colorant en masse et fort mal, à noyau indistinct et paraissant remplies de taches claires. Il repose à peu près directement sur le tissu musculaire, peu épais et également très mal coloré. Au-dessous, se colorant mieux, une épaisse couche celluleuse, renfermant de nombreux débris cellulaires, et infiltrée de mononucléaires et de globules rouges. La séparant du foie, une mince couche de fibres.

Foie dans la région juxta-vésiculaire :’hémorrhagie inter-trabéculaire; canaux biliaires dilatés, entourés d'une gangue scléreuse; vaisseaux dilatés et remplis de sang; par places, petits nodules formés de mononucléaires, et dégénérescence graisseuse des cellules hépatiques.

Pancréas.— À la tête, lobulation beaucoup plus marquée qu'à l'état normal; les lobules sont séparés les uns des autres par de très larges espaces, soit entièrement vides, soit contenant quelques rares et fins tractus conjonctifs. La périphérie en certains points présente une couche épaisse de tissu cellulaire, d'apparence adénoïde, avec par places une large infiltration sanguine. Dans certains lobules seulement, les plus gros, se voient de rares travées fibreuses, contenant des cellules graisseuses, el se continuant à la périphérie avec la couche celluleuse externe.

Dans tous les lobules, mais bien plus nettement dans ceux qui ne sont séparés que par des espaces vides, les acini sont légèrement distants les uns des autres, et entre eux se voit un réseau très nel formé par des cellules conjonctives étoilées et leurs prolongements. Les acinisontpelits, comme étouffés par cette mulüiplication conjonctive, qui en certains points dissocie même leurs cellules; leurs noyaux sont multipliés.—Lesilotsde Langherans sont peu apparents, mais nombreux, de volume très inégal

et envahis eux aussi par la prolifération conjonctive. Les canaux excréteurs sont normaux. Dans les ganglions voisins, très abondant épanchement sanguin. — Dans la partie inférieure du lobe vertical, comme dans la partie gauche du lobe horizontal, la lobulation est beaucoup moins marquée qu’à la tête, tout en le restant plus que normalement; les lobules sont séparés par les mêmes espaces, le plus souvent vides. Quelques très minces travées fibreuses, parcourant de rares lobules. Mais le parenchyme est à peu près aussi compact qu'à l’état normal, les acini n'étant pas écartés par les quelques cellules conjonctives que l'on voit entre eux. Il y a surtout une congestion intense, veines et capillaires sont dilatés et remplis de sang, légère infiltration sur certains points entre les acini même. Ilots de Langherans peu apparents, petits, remplis de capillaires gorgés de sang. Certaines parties de ce lobe vertical sont en transformation graisseuse complète; à peine y reconnaît-on de place en place des restes de quelques canaux excréteurs de petit calibre.

En résumé, sclérose à peu près exclusivement inter-acineuse, dans certaines parties de lobes, dégénérescence graisseuse ; poussée congestive aiguë en d’autres points.

Chien 8. — Un centimètre cube de formol pur, à plusieurs reprises aspiré et réinjecté, finalement retiré. Noir de fumée en suspension cette fois dans l'eau. — Chien vieux, aveugle et qui a sous le chloroforme une crise épileptiforme.

Mort au bout de 3 jours, avec vomissements jaunâtres.

Les épiploons sont très chargés de graisse.

Vésicule enfouie sous les lobes du foie, qui s’est refermé et partiellement soudé au-dessus d’elle ; elle est de volume normal, et contient peu de bile mais beaucoup de charbon.

Foie dans la partie adjacente, montrant à la coupe des vaisseaux dilaiés et remplis de sang.

Pancréas : augmenté de volume et de consistance, surtout à la tête, qui est nettement tuméfiée et plus dure qu'à l’état normal. À la surface se voient des traînées rougeâtres, en certains

points franchement rouges, plus larges et plus abondantes à la tête. La coupe montre, sur tous les points, une apparence de mosaïque, due à des traînées rougeâtres qui dessinent un véritable réseau, avec, aux points nodaux, des taches franchement sanguines. La coupe de la tête montre aussi ces mêmes travées, rougeâtres ou noirâtres, mais beaucoup plus abondantes, beaucoup plus larges, reproduisant la disposition d’une branche avec ses rameaux ; à côté d'elles, par places se voient des vaisseaux extrêmement dilatés, remplis de sang. On ne voit macroscopiquement aucune trace de charbon injecté.

Examen histologique. — Vésicule: Muqueuse presque unie, plus que quelques villosités, espacées, très basses ; épithélium relativement bien conservé, mais formé de cellules assez basses ; il est déchiré par places par des globules sanguins qui ont fait irruplion dans la cavité ; glandes nombreuses : derme bien conservé, avec capillaires dilatés et légère infiltration sanguine. Couche musculeuse bien conservée, avec dilatation des capillaires. Couche celluleuse très épaissie, presque entièrement détruite, ne se composant guère que de sang et de débris cellulaires. l

Fote dans la région juxta-vésiculaire : la couche la plus superficielle est largement infiltrée de globules rouges et de polynucléaires, les cellules hépatiques n’y prennent plus les colorants ; au delà, hémorrhagie inter-trabéculaire, tous les vaisseaux, surtout les rameaux-porte, extrêmement dilatés el gorgés de sang.

Pancréas. — Au niveau de la tête, le parenchyme est divisé en un grand nombre de lobules, de taille inégale mais jamais très petite, par des travées en général épaisses se continuant avec la couche périphérique analogue. Ces travées, restant en général très larges, se divisent el se subdivisent, et s'unissent entre elles en un réseau, aux points nodaux duquel elles s’élargissent, ainsi qu'autour des vaisseaux. Elles sont formées essentiellement d'une charpente fibrineuse, constituée par de fins filaments, tantôt restant déliés, tantôt s'agglutinant en de plus gros tractus, et mêlée par places de cellules graisseuses. Elles sont surtout

infilirées d'une quantité énorme de globules blancs et de globules rouges, les deux sortes d'éléments étant présents dans les points les plus nombreux, avec prédominance, tantôt, et le plus souvent, de globules blancs, tantôt de globules rouges ; en certains points, des globules rouges seuls. Les globules blancs sont en majorité des polynucléaires; viennent ensuite de grands mononucléaires, à grand noyau pâle entouré d’une très mince couche de protoplasma. La couche périphérique se continuant avec ces travées présente la même constitution; elle n'est très épaisse que dans les points où elles s’en détachent. Dans certaines des travées, se voient par places de fines particules de charbon. En deux ou trois points, dans le tissu cellulo-graisseux, soit de la périphérie, soit des parties voisines des grandes travées, petits foyers de cytostéatonécrose, contenant surtout des cellules remplies de savons amorphes.— Les lobüles sont parcourus par de minces fentes, dans lesquelles se trouvent par places quelques fibres jeunes. A la périphérie, ils sont envahis dans leur couche la plus superficielle par la couche externe; leurs acini en ce point ont subi la dégénérescence graisseuse, beaucoup sont détruits ; mêmes lésions le long des plus grosses travées. À l'intérieur des lobules, très grande dilatation des capillaires, gorgés de sang. — Les îlots de Langerhans sont extrêmement nombreux, très apparents, de taille inégale ; les noyaux de leurs cellules se colorent fortement ; dans la plupart, capillaires dilatés par le sang.— Le parenchyme, au lieu d’être compact comme à l'état normal, montre partout les acini légèrement écartés les uns les autres, avec, entre eux, seulement quelques noyaux allongés et par places des globules rouges. Le plus souvent même, la structure acineuse n’est plus reconnaissable, les cellules sont dissociées : on voit une profusion de noyaux, les uns grands, pâles, à nueléole net, comme ceux des cellules acineuses normales, les autres petits, très fortement colorés, comme ceux des cellules insulaires : il semble que le tissu glandulaire tout entier se transforme en îlots.—Les canaux excréteurs sont normaux, les plus grands seuls ont leur lumière effacée, par la tuméfaction de

leur paroi, infiltrée de sang. — Au niveau de la queue, on ne trouve pas les grosses travées séparant et écartant les lobules ; ceux-ci sont à peine marqués plus que normalement, et n'ont entre eux que quelques filaments fibrineux avec des globules rouges. D'ailleurs, même dislocation du parenchyme, même effacement de la structure acinense avec prolifération de petits noyaux, même abondance d’ilots de Langherans; le tout pourtant à un degré un peu moindre qu'à la tête. Seule la congestion est plus intense peut-être ; en de nombreux points hémorrhagies inter-acineuses. En résumé, pancréalite aiguë hémorrhagique, avec cytostéalonécrose.

Chien 9. — Un centimètre cube de formol pur, à plusieurs reprises aspiré et réinjecté, finalement retiré. Noir de fumée en suspension, cette fois encore, dans l'eau.

Sacrifié au bout de 46 jours.

Des adhérences péritonéales assez étendues soudent la face supérieure du foie au diaphragme; une autre, peu étendue et peu résistante, unit l'extrémité du lobe droit à la seconde portion du duodénum. Les épiploons sont infiltrés d'une grande quanüté de graisse. |

Vésicule : entièrement cachée par le foie, dont les lobes se sont rabattus et soudés entre eux au-dessus d'elle. Elle est petite, rétractée d’une façon d'autant plus frappante qu'on l'avait remarquée très grande lors de l'intervention. Elle est remplie de mucus vert. Cholédoque rempli de charbon.

Foie d'aspect normal.

Pancréas non induré, non augmenté de volume, le lobe horizontal semble même en partie atrophié. Au niveau de la tête pancréatique, se voient trois ganglions, échelonnés le long du lobe horizontal, très petits, un peu allongés, noirâtres, noirs également à la coupe. Dans le mésentère, au niveau de l'angle iléocæcal, trois ganglions volumineux, allongés, blancs à la surface ainsi que sur la coupe. Un autre, moins gros, dans le méso du côlon iliaque près de son extrémité inférieure,

Examen histologique. — Vésicule : tunique celluleuse normale. Tunique musculeuse bien développée. Derme de la muqueuse, compact dans les villosités où il est infiltré d'éléments lymphoïdes, n’existant plus pour ainsi dire dans leur intervalle, où il est remplacé par de très nombreuses glandes. Énithélium en transformation muqueuse, formé de cellules très hautes, claires, sans plateau, avec un noyau petit el rond, semblable enfin à celles des glandes à mucus. Villosités très développées, hautes et rameuses, avec cellules épithéliales extrêmement hautes par places. Mucus abondant.

Foie dans la région juxta-vésiculaire : espaces-porte très agrandis, avec dilatation des rameaux-porte; par places, dégénérescence graisseuse des cellules hépatiques.

Pancréas. — Lobulation extrêmement marquée, morcellement des lobules ; entre eux, larges espaces entièrement vides. — Parenchyme très dissocié; les acini sont très écartés les uns des autres, sans qu’il y ait entre eux autre chose que de fins fila ments, paraissant émaner de rares cellules conjonctives, mais ne formant en aucun point un réseau, même là où ces cellules conjonctives sont un peu plus abondantes. — Lesacini sont petits, formés d’un petit nombre de cellules. La majorité sont dissociés en leurs cellules constituantes, et manifestement en voie d’atrophie. — Les îlots de Langerhans sont peu nombreux, très peu apparents, petits ; beaucoup sont en voie de destruction, à peine reconnaissables par une ou deux cellules. La dissociation inter et même intra-acineuse, et aussi la destruction des îlots, sont aussi marquées dans le centre des lobules qu'à leur périphérie. — Les canaux ne présentent aucune lésion. Pas de traces de charbon en aucun point. — Les lésions sont les mêmes à la queue de l'organe, sauf que les îlots y sont mieux conservés, mais la dissociation intra-acineuse y est peut-être plus nette encore, et on y voit plus de cellules conjonctives entre les éléments glandulaires.

En résumé, panceréatite à évolution chronique, surtout paren-

chymateuse.

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