Les médressés sont des écoles religieuses
LES PÈLERINS
Quant au nombre de ceux qui demeurent dans les médressés, et qui, par conséquent, disparaissent des contrôles de retour, je le crois compensé par le départ de ceux qui, restés Tannée précédente, profitent, pour regagner leurs foyers, des navires venus pour le nouveau pèlerinage. D'ailleurs, s'il en était autrement, la population des villes du Hedjaz augmenterait constamment, alors qu'elle demeure stationnaire ; une telle augmentation portant sur des sujets étrangers serait connue des consuls résidant à Djeddah.
Ces disparitions, — quelles qu'en soient les causes, — s'élèvent à un total élevé; les exemples suivants suffiront à le démontrer :
Un des anciens consuls anglais de Djeddah raconte 1 que de 1885 à 1892, sur 91.493 pèlerins venus des Indes, 31.137, — soit plus du tiers, — n'ont pas reparu.
En 1889, M. le Dr Vaume2 note que sur 48.000 hadjis, 11.000 ne sont pas repartis.
En 1899, sur 36.642 pèlerins, 8.600 ne reviennent pas.
De 1900 à 1902, 145.444 hadjis débarquent au Hedjaz, et 45.145 sont absents au moment du départ.
On peut évaluer qu'au moins 25 p. 100 des pèlerins disparaissent pendant leur séjour au Hedjaz, et sur ce nombre 20 p. 100 meurent. 11 faut ajouter encore le chiffre de ceux qui décèdent pendant les voyages d'aller et de retour, à bord des navires, chiffre élevé suivant les dires du chirurgien général Guningham qui l'a recherché3.
Mais je n'ai parlé jusqu'à présent que des années où le pèlerinage n'amène point avec lui d'épidémies : le total des disparitions est alors plus grand.