Conférence de Paris
Pendant l'épidémie de 1893, M. le D1' Karlinski1, envoyé par le gouvernement autrichien, suivit les pèlerins étape par étape, en dehors du Hedjaz, bien entendu, et il évalue ainsi leur mortalité :
En Arabie 30 p. 100
ADjeddah 17 —
Avant le séjour au lazaret de El Tor 4 —
Pendant le séjour au lazaret de El Tor .... 7 — Pendant le ^séjour au lazaret de Clazomènes. 1 —
Soit, au total, 59 p. 100 de décédés; il est vrai d'ajouter que cette épidémie fut exceptionnelle, même pour le Hedjaz. Cependant, dans une épidémie ordinaire de choléra, 40 p. 100 des pèlerins disparaissent : en 1891, sur 46.000 pèlerins, 21.000 ne sont pas revenus.
En un mot, on peut dire que, suivant les années, de 25 à 40 p. 100 des hadjis ne reviennent pas; il n'y a jamais eu, je crois, d'opération de guerre qui se soit terminée par un pareil total de pertes.
Pèlerinage au point d3 vue économique. — Je voudrais ici fournir quelques renseignements d'ensemble sur le mouvement d'affaires créé par le pèlerinage du Hedjaz, en montrant le total des sommes dépensées par les pèlerins et la répartition approximative de ces dépenses ; il ne s'agira ici que des frais faits par les hadjis à partir du port d'embarquement, ceux des voyages antérieurs étant impossibles à évaluer; de même, il ne saurait être question des dépenses supportées par ceux qui viennent en caravanes.
Je prendrai comme type un pèlerinage moyen de 45.000 hadjis, se décomposant entre les diverses races ainsi que je l'ai indiqué plus haut.