Sambouck, embarcation à voile en usage dans la mer Rouge
A Djeddah encore nos 45.000 hadjis paieront chacun un droit de passeport de 1 fr. 50, d'où une nouvelle somme totale de 67.500 francs. Ceux qui sont sujets étrangers acquitteront des taxes de valeur différente à leurs consulats respectifs.
En additionnant les diverses dépenses énoncées cidessus nous trouvons déjà un total de 18.300.000 francs soldés par les pèlerins; il ne leur reste donc plus que 26.000.000 de francs sur l'argent qu'ils ont emporté, soit environ 550 francs par tête pour tous les autres frais; si l'on songe que les hadjis sont absents pendant trois mois de leur pays, qu'ils voyagent dans une région où tout se paie et très cher, même le peu d'eau indispensable pour ne pas mourir de soif au désert, on voit que cette somme n'a rien d'exagéré et que les évaluations auxquelles je viens de me livrer sont — en moyenne — très proches de la vérité.
Le pèlerinage donne lieu en outre à quelques transactions commerciales : les Malais, les Javanais et les Indiens apportent des soieries, les Persans font commerce de tapis, de turquoises, de pierres précieuses, la caravane du Nedjd vend des chevaux, les caravanes de FAssyr et du Yémen trafiquent sur le café, les chevaux, les ânes et les mulets; mais en général ce négoce est assez restreint et va en diminuant, la Mecque ayant perdu beaucoup de son importance commerciale ancienne.
Cet exposé n'a qu'un but, c'est de montrer que le pèlerinage crée au Hedjaz un énorme mouvement d'affaires. Il serait donc facile, avec un bon administrateur, de régler toutes les questions d'hygiène concernant ce vilayet.