LE HEDJAZ
viron 7 à 8 mètres , divise la ville en deux et conduit au cimetière placé à une de ses extrémités. Les habitants sont de races diverses, comprenant des représentants de tous les peuples musulmans qui, amenés par le pèlerinage, se fixent ensuite temporairement ou définitivement dans la ville sainte de l'Islam. Ces habitants vivent exclusivement du grand mouvement d'affaires créé par le pèlerinage ; à l'époque de l'affluence des visiteurs tout devient d'une cherté excessive : les maisons se louent à des tarifs très élevés et les aliments de première nécessité ne peuvent s'acquérir qu'à un prix double ou triple de leur valeur courante.
L'état hygiénique de la Mecque est assez difficile à apprécier ; on s'accorde généralement à considérer cette ville comme d'une grande malpropre ié, surtout à l'époque du pèlerinage. En ce qui concerne l'habitation des pèlerins, les lieux d'aisances, il faut s'en rapporter à ce qui existe à Djeddali où les choses se passent comme à la Mecque. Il n'y existe qu'un seul hôpital, dont l'installation générale laisse beaucoup à désirer; il contient quatre-vingt-dix lits environ, chiffre absolument insuffisant en temps ordinaire, étant donné le nombre des pèlerins, et encore plus insuffisant lorsque règne une épidémie. Les gouvernements égyptien et ottoman ont installé chacun un dépôt de vivres où se font quelques distributions gratuites pour les pauvres.
Quant à la qualité de l'eau potable fournie aux habitants, il est impossible de la déterminer de façon certaine; elle provient de la source Zobeïda, située dans la montagne à quelque distance de la Mecque, et les renseignements recueillis à son sujet sont des plus contradictoires. Tout ce que je puis affirmer, c'est que ni dans son mode de canalisation, ni dans son mode
de distribution elle n'est mise à l'abri de contaminations possibles.
A cinq heures de marche de la Mecque se trouvent la montagne de l'Arafat et la vallée de. Mouna, où les pèlerins doivent se rendre pendant leur voyage. Dans ces deux endroits tous les visiteurs réunis à une date fixe habitent sous la tente. « A l'Arafat l'eau est conservée dans de grands bassins, elle est stagnante et verdâtre, les pèlerins s'y baignent et y l'ont la lessive. Dans la vallée de Mouna on ne trouve qu'une mauvaise eau de citerne »
Dans cette vallée, où les pèlerins séjournent trois jouis, il y a un seul hôpital, situé dans le bâtiment de l'office sanitaire cl contenant à peine quatorze lils.
Médine esi (buis l'intérieur des terres à environ 600 kil êtres au nord de la Mecque et à 2i0 kilomètre à l'est de Yambo-Bahr, c'est-à-dire du rivage de ht mer. Elle compte environ 2r5.000 habitants de races diverses résultant des pèlerinages consécutifs. Tous les Médinois vivent eux aussi du pèlerinage et leur principal métier est celui de logeur. (Test à Médine que se trouve le tombeau du prophète Mahomet.
Yambo-Bahr 2 est au bord de la mer Uouge par 24° :»' 15" de latitude nord et 33° 6' de longitude orientale. Cette petite ville compte environ 2. 500 habitants dont la majeure partie n'y demeure que pendant hi durée du pèlerinage, c'est-à-dire au moment .le- affaires; le reste de l'année ils vont vivre et travailler à Yambo-Nakl3, oasis relativement fertile à environ six heures de marche dans l'intérieur des
1. Rapport du délégué sanitaire égyptien au Hedjaz, liullelin quarantenaire d'Egypte, ± avril 1903.