‹ Choléra et peste dans le pelerinage musulman, 1860-1903Chapitre 5 sur 69 · Yambo de la mer · texte numérisé non relu

Yambo de la mer

:>. Yambo des palmiers.

LE IIEDJAZ

terres. Yambo-Bahr sert de port à Médine et n'offre aucune ressource ni pour l'approvisionnement , ni pour le logement des pèlerins ; la baie est excellente et peut contenir — bien qu'elle ne soit pas aménagée — une vingtaine de navires de fort tonnage ; on y accède par un chenal qui serpente au milieu de rochers à fleurs d'eau : c'est là que débarquent puis se rembarquent chaque année une dizaine de mille de pèlerins. La ville, déjà misérable par elle-même et composée surtout de masures en ruine, n'est pas entretenue; il n'y a pas d'hôpital, pas de lazaret; aucune installation n'y est prévue pour un aussi grand nombre de pèlerins en temps ordinaire, et encore moins en temps d'épidémie. Aussi chaque fois que le choléra s'y déclare, le nombre des décès est considérable pendant le séjour à Yambo.

L'eau potable n'est qu'une boue liquide et infecte apportée à dos de chameau dans des outres, par les Bédouins qui vont la chercher à quinze kilomètres; cette eau se vend ordinairement 3 francs la charge de chameau1, prix qui double ou triple même les années où le pèlerinage est nombreux.

Taïf est une petite ville de 8.000 habitants située à deux jours de la Mecque ; elle sert pendant l'été de résidence au gouverneur du Hedjaz. Elle s'étend dans une vallée relativement fertile dont les légumes et les fruits sont transportés à la Mecque et même jusqu'à Djeddah ; ce sont d'ailleurs à peu près les seuls que l'on puisse se procurer dans le Hedjaz. Le climat y est bon et la température assez fraîche pendant l'été. Taïf n'a aucun intérêt dans le sujet qui nous occupe, les pèlerins ne s'y rendant pas ; seules

1. La charge de chameau équivaut à une soixantaine de litres d'eau.

les caravanes arrivant du Yémen et de l'Assyr y passent à l'aller et an retour.

Je réserve la description de Djeddah pour un chapitre spécial.

Bédouins du désert, — Dans le resle du Hedjaz on ne rencontre plus que quelques villages de Bédouins épars dans le désert dont ils sont les seuls habitants. Nomades pour la plupart, ils ont comme métiers apparents ceux de chamelier et de conducteur de caravanes; mais, en réalité, ce sont presque tous des pillards. Ils attendent le passage des caravanes s'ils sont en nombre sul lisant pour les attaquer, ou guettent au contraire les retardataires s'ils opèrent isolément. « La récolte du Bédouin, c'est le pèlerin *. » Aussi les années où la récolte est maigre, c'est-à-dire le pèlerinage peu nombreux, le Bédouin s'agite et vient piller jusque dans Djeddah.

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